Monthly Archives: février 2011

Humours croisés sur Derrick

En ce moment, on fait dans les grandes découvertes culturelles sur ce blog…

Découverte de la semaine, je ne pouvais pas ne pas en parler ici:


Vidéo découverte sur ce blog d’expat. J’aime bien le coup de « 281 épisodes et pas une seule scène d’action » :). Ma grand-mère et les vôtres appréciaient sans doute précisément pour cette raison.

On disait bien que l’humour, ce n’était pas vraiment quelque chose d’universel ou d’évident, non? Heureuse de voir que ça n’existe pas que dans un sens, visiblement cela ne fait pas rire du tout la demoiselle qui ne saisit pas l’absurdité de la chose…En allant vérifier le wiki allemand, section « Parodies et Hommages », on constate qu’il y a également de la parodie de Derrick sur territoire allemand, mais pas forcément opéré de la même façon.

On va tenter de récapituler calmement…

Côté français:

Cf. la vidéo précédente faite suite à la mort de Horst Tappert et pas très sympa sur le fond, et les petites piques de nos films à la série: une petite réplique par ci, par là, dans Les Visiteurs, des sketchs plus ou moins oubliés, et certainement des tas de choses que j’ignore.

Côté allemand:

Et sans doute des tas d’autres choses. Comme d’hab, je ne suis pas sûre de saisir l’humour de cette vidéo. C’est long, c’est exagéré, mais ça en fait au moins rire deux-trois, des Allemands ;). Il paraît qu’en plus c’est super connu. Vous en riez jusqu’à quel degré, vous?

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Kokowäh ou la joie de l’offre cinématographique

Umm, le titre ci-dessus, pour tous ceux qui ignorent l’art et la manière de le lire, est une traduction littérale de la prononciation allemande du mot « coq au vin ». Bon, comme titre de film, cela n’annonce rien de bon, on admet.

Le problème principal n’est cependant pas là. Le problème est que ce film est un pur produit Til Schweiger. Lectrices, si vous ne connaissez pas, je vous suggère d’aller faire un tour sur Google Images en tapant Til Schweiger. Mais surtout, restez calmes: il date de 1963.

Bien, une fois les choses expliquées de façon carrée, j’aimerais lancer un grand débat. Pourquoi, comment est-il humainement possible qu’un navet, même pourvu de bellâtres, même dégoulinant de bons sentiments sponsorisés par Kleenex et alii, fasse salle comble? Comment se fait-il que régulièrement, méthodiquement, l’un d’entre nous cède lui aussi à l’idée selon laquelle le film ne peut pas être si bête? Mais pourquoi ai-je cédé à l’argumentaire?

Synopsis revu et corrigé par moi:

Til court les jupons, mais dans le fond, il est malheureux et c’est un écrivain torturé, ignoré du grand public qui ne voit pas son génie ô combien éclatant. Et tout un coup, la chance de sa vie lui tombe dessus: son ex, devenue célèbre après avoir piqué un manuscrit qu’il avait jeté à la poubelle, le paie pour écrire le scénario du film basé sur le bouquin. Bon, jusque là tout va bien, surtout qu’on sent bien qu’il va y avoir du rapprochement avec l’ex, très belle d’ailleurs (m’énerve). Sauf que: on lui livre sa fille biologique devant sa porte. Que va devenir pauvre Tilou?

Je ne voudrais pas vous gâcher la suite au cas où vous voudriez le voir, j’en ai assez dit comme ça. Par contre, je croise les doigts pour que ce film ne passe pas les frontières…Ca donne du Nathalie Imbruglia entrecoupé par de courtes scènes de dialogues au contenu palpitant (« Wo bist Du denn? In New York« ), du rire et des larmes de Til avec son indéboulonnable fille Emma, et un gros sentiment de déjà vu. Pour vous donner une idée, la bande-annonce…

Reste ensuite à présenter Til Schweiger pour tous ceux qui ne le connaissent pas.

Til est l’un des acteurs les plus en vogue en Allemagne en ce moment. Il sévit dans des comédies qui se ressemblent par leur format: Männerherzen (Le coeur des hommes), Keinohrhasen, Kokowäh. Et ces prestrations ont souvent une suite: autant dire que ça marche très fort.

En dehors de ça, Til a un talent (je parle sérieusement) qu’il semble exploiter relativement peu. Je n’arrive pas à savoir si c’est une erreur de jugement de ma part, ou bien un choix volontaire de son côté de ne faire que des comédies qualifiées de « typisch Schweiger’chen » par quelques Allemands isolés. On l’a vu notamment dans Inglorious Basterds (il est vrai que son personnage ne parlait pas non plus des masses), où il incarne un tueur de nazis pour le moins déterminé. Et il produit, écrit et réécrit. Autrement dit, il est responsable des plus grands succès commerciaux sur les écrans allemands depuis 15  bonnes années…c’est pas gagné. Vous trouverez d’ailleurs plus d’infos sur lui par ici.

J’ai beau réfléchir, je ne comprends pas. Et c’est pas en voyant la foule de la Berlinale que je vais trouver une réponse. Je vais y voir pour l’équivalent d’un an de cinéma, sinon je craque. Berlin, en dehors du Kino Babylon, ce n’est pas le paradis cinématographique…qu’on me donne une Berlinale tous les trimestres!

Au fait les franco-berlinois…psst…vous allez voir quoi vous?

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Retour aux sources: de Funès en Allemagne!

Bon, c’est l’hiver, le temps ici pince à nouveau méchamment, et l’activité bloguesque chute quelques peu… Hélas. Comme d’autres le disent ailleurs, je crois bien qu’on peut parler d’hibernation. Tout prend une dose d’énergie qui paraît insurmontable, au point qu’on se demande comment faire pour maintenir l’équation « travail-vie sociale-courses-administratif », pourtant encore en équilibre honorable. Si on s’écoutait, on resterait à se lover au fond d’un fauteuil, enroulé dans 4 couvertures (minimum) et avec chocolat chaud à disposition, les yeux dans le vague, quasiment prêt à dire que Tokio Hotel est un sommet musical plutôt que de devoir aller chercher ses Brötchen au coin de la rue. C’est dire.

Seulement, dans un bizarre non- instinct de survie que je ne m’explique toujours pas, je  persiste à geler sur mon vélo pour sillonner (pas tous les jours, j’avoue, mais bon…) la ville. Très étrange phénomène, et surtout très gênant pour le porte-monnaie: la moindre Arkade en vue s’apparente à un oasis de chaleur où je fonce me blottir entre un point de départ et un point d’arrivée toujours trop éloignés l’un de l’autre. Les arcades, par ce temps, c’est comme les gâteaux au chocolat: on résiste difficilement à leur attrait.

Aujourd’hui, je me suis donc retrouvée face au paradis des gadgets inutiles chez Saturn, pâle équivalent local de la Fnac- le « pâle » étant bien entendu totalement subjectif, (*ancienne addict de la Fnac*). Depuis mon acquisition impulsive d’un DVD de Max and Moritz au rabais en dessin animé (appellation abusive, les images sont pour le moins…rebutantes: les couleurs inversées, vous aimez?), il faut dire que je me méfiais…Et là, je tombe sur le rayon de Funès: nouveau choc. On vend ici, en terre germanique, des films de ce comique tellement français. Les Gendarmes, Rabbi Jacob, Fantomas…ils sont là. Et je sens que je risque de craquer pour alimenter ma vidéothèque, qu’est-ce que je peux rire devant 5 ou 6 de ses films…

Sauf que: acheter un film culte pour le voir doublé en allemand, je passe mon chemin. Et visiblement avec raison, d’après les recherches que je viens de faire. La Grande Vadrouille fait l’objet d’un débat parmi les fans allemands, voir notamment le lien suivant: mauvaise synchronisation, trois versions différentes, deux titres pour un seul film. Die grosse Sause. Drei Bruchpiloten in Paris. Et tout ça pour un film qui repose quand même sur un gros fond de clichés sur nos amis allemands…et en plus sur un passé à assumer, ce qui ici, est encore bien douloureux.

Comment ça passe en allemand, concrètement? J’ai cherché la bande-annonce en langue locale, disponible ici (commencez à environ 1:00). De Funès qui parle allemand, grands Dieux. Ca me fait vraiment tout bizarre…

Etonnant, non? Autant je comprends le succès allemand de Bienvenue chez les Chtis, autant là, je suis dépassée…C’était bien le film français que je n’aurais jamais pensé pouvoir regarder avec des Allemands. C’est un peu comme si je devais à chaque fois m’étonner que de Funès soit connu ici. Il y a quelques biographies sérieuses sur le marché, mes collègues citent Le Grand Restaurant, et La Grande Vadrouille a sa page allemande sur Wikipedia. Tout ça est un fait, mais pourquoi suis-je encore étonnée…? Dans le sens inverse, je ne connaissais aucun grand comique allemand avant de venir vivre ici…ou alors j’ai loupé une étape?

Pour tous ceux qui auraient oubliés ce film légendaire, un extrait de dialogue que j’adore, c’est tout juste si on y entend pas l’accent français au couteau, même sans le son:

-Are you ?


-You are ?


-Yes. Happy.


-Glad.


-Where is big moustache ?


-I don’t know. And if you don’t know, I don’t know, no !


-I don’t understand !


-You come with me to pick up Peter.


-No, you, you come with me to pick up MacIntosh.


-No, no you…


-I beg your pardon ?!


-And if you don’t come, I… I…Oh merde alors comment on dit ça… ?


-Comment ça « merde alors » ? But alors, you are French !

-You are not english ?

- No.

Et, pour le plaisir, le passage de l’interrogatoire (je serais d’ailleurs curieuse de savoir si ça fait partie des 7 -ou des 22- minutes coupées dans la version allemande…):

Comment ne peut-on pas rire en voyant ça? :)


Louis de Funès & Bourvil à la Kommandantur
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