Monthly Archives: mars 2011

Etranges conclusions de la FAZ…


J’ai cédé comme beaucoup d’autres au dernier test en vogue. Eh bien figurez-vous que même si vous n’avez aucune idée du pluriel des mots, la FAZ peut vous faire l’honneur de vous comparer (certes on vise loin) à une grande plume allemande. Dans mon cas:

Etrange. Je ne suis pas sûre de suivre la logique de la chose: Peter Handke aurait-il la fâcheuse tendance de faire des fautes d’allemand (volontairement, bien entendu) dans ses oeuvres? Enfin bon, un argument de plus pour me défendre quand je me plante dans les pluriels, c’est toujours ça de pris ;)

PS: certains événements récents sont à l’origine de ce silence de deux petites semaines…J’ai néanmoins des choses à vous dire, et pas que sur Peter Handke, alors patience, je reviens bientôt pour de nouveaux posts! Il risque même d’y avoir un hors sujet dans le tas ;)

PS2: on va tenter un changement de visuel pour le printemps. Avais envie d’un truc plus linéaire, un peu plus funky aussi…C’est pas encore tout à fait ça (je veux des thèmes qui ont les bonnes fonctionnalités ET qui sont sympas, pas si facile à trouver…un jour il faudra que je me mette à herumbasteln). Et en plus, ça a un goût de déjà vu pour qui me connaît bien (no comments please, tout est bon pour fuir l’autre qui commençait à m’agacer sérieusement, en clair…) mais si ça vous botte aussi alors pourquoi pas?!

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Un Strassenfeger et des hommes

On ne connaît pas Berlin si on ne connaît pas sa misère. Facile à dire, argument qui enfonce des portes ouvertes…je sais tout ça. Il n’empêche: le rapport à la pauvreté, dans Berlin, c’est toute une histoire.

D’un côté, il y a l’ombre de la gentrification. Cette sorte de mouvement d’éviction progressive des plus pauvres du centre-ville, parce que loyers en augmentation perpétuelle, parce que c’est la vie, parce que voilà, parce que c’est la nouvelle donne. Le Liebig 14, les dernières formes de squats urbains, les droits des proprios qui ne sont pas très clairs, tout ça n’est pas bien accepté, mais vit ses dernières heures. Jean-Michel l’a d’ailleurs déjà très bien résumé dans cet article. Où je veux en venir? Eh bien que non seulement les « squatteurs », mais aussi tous ces gens qui vivent de Harz IV, autrement dit d’un très mince pécule, disparaissent peu à peu du centre de Berlin, faute de pouvoir suivre des loyers qui, mine de rien, sont en hausse de 14% sur un an. C’est ma radio variété qui me le dit dans les infos du matin, alors si même elle s’y met… On a beau démarrer de bas, ça fait quand même mal. En d’autres termes, Berlin, c’est une des capitales européennes où la mixité sociale disparaît, fond progressivement sous nos yeux. Et je me demande quel est le degré d’indifférence ou d’indignation réels que cela provoque sur la population locale, anarchistes exclus.

D’un autre côté, il y a cette misère perpétuelle qui hante toutes les grandes villes, sous des formes d’indifférence qui varient du simple au double. Clochards ivres morts devant le Kaisers, Roumaines qui arpentent Checkpoint Charlie en posant inlassablement la même question avec le même ton, la même voix, le regard vide de ceux dont l’espoir et la foi en l’autre ont disparu depuis belle lurette: Speak English? Autre variante, les vendeurs de billets de métro pré-utilisés, à la sauvette, pour un euro, que tout le monde connaît, qui sont là, fidèles à leur poste, auxquels on s’habitue vite: après tout, une économie de 1,30, quel Berlinois saurait le refuser ad vitam eternam…Il y a aussi les nettoyeurs de vitres un peu plus bas sur la Friedrich., qui forcent leur chemin comme tous leurs comparses du monde, et ces automobilistes qui ne savent plus comment dire non, voire comment établir un semblant de conversation, si par hasard l’envie leur en prend. Les chanteurs de métro, sur la U1 en particulier, qui eux réussissent encore à déclencher des échanges entre passagers et animer un peu les coeurs: et qu’on danse, et qu’on rie, le jeudi soir, le samedi soir, sur les dernières stations, en direction de Warschauerstr. Toute cette misère, Berlin la connaît depuis la nuit des temps et vit avec, vous donnant parfois l’impression d’être comme un vieux manteau que vous aimez bien, mais qui va bientôt craquer sous le poids des années…Tous ces gens nouveaux, toute cette richesse qui afflue, Berlin saura-t-il l’intégrer pour garder son ouverture d’esprit sur la misère…? Pas si sûr, en tous cas je suis bien curieuse de voir ce que cela va donner. Comparé à mon expérience parisienne, on dirait bien que la chaleur humaine est ici un peu plus développée envers les plus démunis. RDV devant les Volksküche au printemps si vous en doutez.

Fin de la parenthèse généraliste, je voulais vous parler du Strassenfeger. Littéralement: le balayeur, au sens de balayeur de rues. Et une belle allusion à un concept télévisuel assez juteux, sur lequel vous pouvez en apprendre plus en allant par . Qu’est-ce que c’est? Un journal berlinois édité par une association qui cherche à réintégrer les plus pauvres par le travail. Voilà le numéro que j’ai acheté:

Strassenfeger- Mars 2011

L’idée est d’éditer un journal mensuel pour 1,50 euros. 90 centimes sont réservés au vendeur, le vendeur pouvant a priori être n’importe qui, et étant dans les faits la plupart du temps un SDF, voire un bénéficiaire de Harz IV. Vous vous souvenez de la dernière fois que vous avez vu un type avec un journal dans le métro…? Actuellement, il y aurait quelques 850 vendeurs sur Berlin et le Brandenburg, pour quelques 21 000 exemplaires vendus par an. Les chiffres proviennent de la page officielle de l’organisation que vous trouverez ici. J’espère avoir mal compris le propos, sinon ça donne un peu froid dans le dos: quelques 25 exemplaires vendus par personne et par an, soit un gain de 23 euros par personne et par an- de quoi décourager pas mal de monde, à mon sens. Pour 3,5 millions d’habitants sur Berlin (chiffres d’octobre 2010). Dommage pour une si belle initiative, non?

Comble de l’ironie, l’association Mob. eV, Obdachlose machen mobil, est située en plein Prenzlauerberg, un des quartiers les plus embourgeoisés ces dernières années.  Pas étonnant de retrouver le point de vente le plus proche sur Senefelderplatz, mais pas étonnant non plus de voir les résultats locaux, quasi nuls. Un vendeur de Strassenfeger devant un Bioladen, un vent plus que frais, des gens épuisés par leur semaine de travail qui n’ont pas remarqué ou pas voulu remarquer le SDF transi devant la sortie, quand ils ont les bras chargés de leurs courses et des soucis plus immédiats en tête. En ce qui me concerne, il a fallu un sacré coup de hasard pour que je vienne à l’idée d’acheter mon Strassenfeger…Et dire qu’en plus, c’est Carême pour beaucoup de monde, et que le plus dur n’est pas de donner quelques sous, mais de trouver l’attitude « normale » lors de l’achat: froideur? ton amical? neutralité? Dites-moi que je ne suis pas la seule à oser me poser la question. Dites-moi que cette indifférence  gênée que j’affiche comme tout le monde, probablement 25 jours sur 30 chaque mois, n’est pas quelque chose de normal. Il y a bien quelque chose qu’on peut faire pour réchauffer au moins les coeurs, non? Le pire, pour moi, ce n’est pas la misère, c’est certainement cette impression de devenir transparent, d’attendre que quelqu’un nous remarque, quelque soit la bonne volonté qu’on investisse. Une journée sans un regard et sans une parole, voilà ce que doit être l’enfer pour un de ces vendeurs.

Et vous, au quotidien, vous y pensez à faire face à la pauvreté? Quelle est votre façon de voir les choses et de combattre cette indifférence…? Bon sur ce, il me reste à le lire, ce Strassenfeger. Il parle d’intégration, en un sens ça concerne aussi les expats’ ;)

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Quelques expressions

Ca faisait longtemps que je n’avais pas fait de post sur les problèmes de langue…Alors, pour compenser, quelques expressions rigolotes  que j’ai remarquées récemment :):

1- Lieber ein Spatz in der Hand als eine Taube auf dem Dach.

>> Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras!

Côté français, l’expression remonte au XVIème siècle et semble venir d’une traduction de l’espagnol. La Fontaine popularise l’expression dans l’une de ses Fables. Je n’ai  en revanche pas trouvé l’étymologie allemande.

2- Ich habe einen Frosch im Hals.

>> J’ai un chat dans la gorge.

Côté allemand, l’expression fait référence à un terme médical concernant une partie de la gorge, Ranula. En langue courante: Froschgeschwulst. Côté français, cela vient d’un calembour, vous pouvez lire une petite explication ici.

3- Wer zuletzt lacht, lacht am besten.

>> Rira bien qui rira le dernier.

4- Jemandem einen Korb geben.

>> Envoyer quelqu’un sur les roses.

Dans les deux cas, l’expression remonte au moyen-âge. « Roses » en français désigne ici les roses sauvages, autrement dit les buissons de bord de route. En Allemagne, il semblerait que ce soit une tradition qui soit à l’origine de cette Redewendung: le prétendant envoyant un panier à la jeune femme, celle-ci appréciant ou non le cadeau et le renvoyant par la fenêtre en cas de désaccord.

5- Morgenstund hat Gold im Mund.

>> L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt.

La formule allemande vient directement du latin et fait référence à la figure mythologique de l’Aurore, qui est inondée d’or.

Les expressions et les proverbes, c’est sans doute le plus drôle à apprendre dans une langue…on ne comprend pas toujours la logique, mais en général ça se retient assez facilement. Et vous, il y en a qui vous ont marquées plus que d’autres?

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L’étrange Success Story des Super Dickmanns

La fin de l’hiver approche, on se doit donc de consommer les dernières cochonneries sucreries avant que le beau temps, voire le Carême, voire les deux, nous incitent à y renoncer. Du moins c’est comme ça que je décide de voir les choses dès qu’un paquet de Dickmanns me passe sous le nez…

Qu’est-ce qu’un Dickmann, pardon, un « Super Dickmann »? Eh bien voilà, un Dickmann, c’est ça:

Ma prochaine victime

L’image vous aide moyen? Ok, voici un gros plan:

Gros plan- la mandarine est là pour vous donner une idée de la taille, mais elle sera mangée très vite elle aussi.

Donc, si on se résume, le Super Dickmann est un dôme, a fortiori recouvert de chocolat. Pour en avoir mangé une quantité assez conséquente après que la cuisinière invétérée Daniela, prétresse du décompte de calories devant l’éternel, m’ait assurée que ce n’était pas nocif, je peux vous dire:

- ça a été plus que nocif pour moi. La preuve, j’en mange encore.

- c’est une sucrerie à base de guimauve, de Schaum, enfin bref un machin qui en soi ne contient que du sucre, ne vous cale pas du tout et qui, en plus est addictif. Si si: je vous parle d’expérience.

Le Super Dickmanns reste néanmoins un produit très populaire ici et s’impose comme la référence sur le marché des Schokokuss, y compris dans l’esprit de la personne qui écrit ces lignes (faut pas chercher à comprendre). En clair, on vend ça au rayon sucreries comme on vend des bics et des stylos billes au rayon papeterie (l’enthousiasme des foules féminines en moins). C’est cher pour ce que c’est, à mon avis (une gaufrette, une minuscule couche de chocolat, du Schaum), c’est mauvais pour la santé vu la quantité de sucre (remarque, on achète peut être précisément pour ça…), c’est immangeable en société (revoir la photo en gros plan avec la mandarine: QUI peut croquer dedans en toute élégance? A ma connaissance, personne: le Schaum colle aux lèvres, vous avez intérêt à avoir les moyens de vous laver/essuyer les mains rapidos, et pour couronner le tout il est physiquement impossible d’espérer l’avoir en une bouchée. Ou alors vous vous rabattez vers la version miniature. Bref.)

Techniquement, pour tous ceux qui ont une connaissance de la culture alimentaire québecoise, c’est un whippet. Le biscuit avait à l’origine un nom autrement plus haut en couleurs, remplacé pudiquement par le terme générique de Schokokuss, « le baiser au chocolat », comme dans les pâtisseries françaises pour les meringues au chocolat: je ne vous fais pas un dessin. Toujours est-il que la page de l’entreprise nous rend responsables de son invention: ce serait une spécialité française, ayant émergé vers le XIXème siècle. J’ai quelques doutes là-dessus, encore est-il possible que ce soit une libre adaptation germanique des meringues au chocolat françaises de nos grands-mères. Par un curieux tour du sort que je n’admettrai sans doute jamais, tout Allemand qui se respecte pense que nous disons « baiser » en lieu et place de « meringue ». Ca donne des appellations assez loufoques: Kuchen mit Baiser (tout ça pour une malheureuse tarte au citron meringuée), ou bien Schaumkuss dans une pudique adaptation allemande pour exprimer l’idée de « meringue légère ».

Pour en revenir au coeur du sujet, les Super Dickmanns marchent du feu de Dieu, en particulier aux alentours des fêtes de Noël. Des variantes artisanales sont vendues en série sur les marchés de Noël (on doit miser sur le fait qu’elles sont plus saines, sans doute…), mais la marque tient le coup. De sombres individus (milles pardons si vous en faites partie) font de merveilleuses  recettes de tartes aux Dickmanns, voir par exemple le lien par ici ou encore par pour vous faire une idée par vous-mêmes de ce que cela peut donner: de quoi rêver, saliver, vous rouler par terre…

Côté entreprise, Dickmann appartient à Storck, laquelle possède pas mal de grands noms dans le milieu des sucreries allemandes. Toffifee, Merci, Riesen, Werther’s par exemple, ça leur appartient (et moi qui pensait que Werther’s c’était anglais). D’ailleurs, on remarquera que seuls 3 produits sont proposés par Storck sur le marché français…Etrange, mon cher Watson: leur compatriote Haribo serait-il trop étouffant dans l’Hexagone?

Storck est en tous cas une entreprise allemande au passé impressionnant, et qui semble d’ailleurs avoir son siège à Berlin. L’histoire remonte au début du XXème, quand August Oberwelland décide de monter une petite entreprise spécialisée dans la confection de produits autour du sucre, le tout au fin fond d’un haras en Westphalie. Pour faire court, l’entreprise doit son succès au lancement sur le marché allemand du premier bonbon industriel à bas prix apprécié par les masses: Riesen. Ainsi qu’à sa maîtrise des réseaux de distribution sur l’ensemble du territoire allemand de l’époque, ce qui représentait quand même pas mal de monde. Son développement se confirme après-guerre, avec la création de marques juteuses comme Nimm2 et Merci, puis son développement à l’international (90 pays concernés actuellement). Plus d’informations sur Storck ici. En 1985, lancement des Super Dickmanns, suivi des mini Dickmanns en 1990. J’aimerais bien avoir plus d’informations à me/vous mettre sous la dent, mais je n’ai pas trouvé de Business report à éplucher. Dommage, j’aimerais bien savoir qui consomme ça, et pourquoi ça marche au point de vue marketing.

On se résume:

- une grosse boîte toute simple,

- un design qui semble viser les moins de 10 ans (voir ci-dessous),

- un produit sans doute fabriqué à des coûts défiants toute concurrence,

- mais peu aisé à consommer ou manipuler (et fragile, en plus).

Et l’impression de le voir partout…Ou alors c’est moi qui fait une fixette dessus?

La boîte de Dickmanns- cette chose en contient 9 à l'origine, et actuellement 2.

Bon, on parlait de manger au fait, c’est bien ça :)?

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