Monthly Archives: novembre 2011

Le point sur Berlin-Rudow…

- Aber wo ist denn Rudow??

- Rudow? Ach, Rudow ist genau da wo Du denkst: « es kann hier aber nichts mehr geben ».

Réponse lancée à la volée par un collègue à un non Berlinois. C’est tellement vrai que je voulais le partager ici. A expérimenter, en particulier quand on va à Schönefeld en bus.

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Tous à vos écrans

Pour tous ceux (et surtout celles) qui ne le savaient pas, Tilou s’attaque au petit écran. Tilou, c’est Til Schweiger, DIE superstar allemande, dont j’ai déjà parlé abondamment ici. Un homme et un acteur qui me met des étoiles dans les yeux. J’entends son nom dans la rue, je me retourne pour vérifier des fois qu’il serait vraiment dans les parages et pour lui demander d’arrêter de traîner sa gamine partout.

Quelle ne fut donc pas ma joie d’entendre au point info de ce midi que les rumeurs vont se confirmant. Tilou souhaite décidément changer de majeure et délaisser (un peu, faut pas pousser) le cinéma pour apparaître à la TV. Mais pas n’importe où. Non non. Dans le très saint Tatort que les Allemands regardent religieusement le samedi ET le dimanche. En d’autres termes, ça a un potentiel impact très, très important. On ne peut pas comprendre l’Allemagne sans connaître l’importance de Tatort. Si vous ne connaissez pas Tatort, ce n’est pas compliqué à comprendre. Il s’agit du seul événement télévisuel qui parvient à faire vibrer les foules berlinoises sans avoir recours à 90 minutes de foot. Vous mettez un groupe de flics, du sang et une énigme à la Derrick  vaguement modernisée et voilà.  Certains cafés se remplissent grâce à ça. Tout un business. Et tout ça sans avoir eu encore recours à l’aide de Tilou: remarquable!

Pour sauver encore plus de cafés, tout va désormais s’accélérer. Til arrive. Vous me demanderez donc quel est l’intérêt pour Tatort d’aller chercher Tilou qui ne doit pas être donné, vu le cours actuel du Botox. Eh bien, apparemment, Tilou dispose d’un charisme, pour ne pas dire une crédibilité, qui manque aux protagonistes actuels. Il se trouve que ça me plaisait bien sans le charisme et la crédibilité.  Bon. Mais des fois que ça me plaise encore plus.

Quel est l’intérêt du côté de Til Schweiger? En y réfléchissant bien, je crois qu’on peut résumer ça en 3 points:

- Tilou doit en avoir assez de cette image de bellâtre vieillissant. D’autant plus que les comédies romantiques se conjuguent difficilement avec l’âge, dans le fond.  Merci à Hugh Grant de l’avoir montré malgré lui. Donc pourquoi ne pas réfléchir à un changement radical d’image via le petit écran. Camper un commissaire sexy vachement futé, vachement sur la descente, et vachement populaire, qui pour une fois n’a de bellâtre que l’apparence (en fait c’est absurde ce que j’écris: à part l’apparence, que possède un bellâtre?). Ca devrait lui plaire à Tilou. Moi à sa place j’aimerais en tous cas. Passer un cran au-dessus. A sa place, je serais même prête à m’enlaidir un peu pour sortir du rôle unique  à jouer une fois tous les 2 ans sur grand écran.

- Tilou veut encore agrandir son public féminin. Non content de les attirer au cinéma (et parfois même de faire subir ça à leur malheureux compagnon traînés là contre leur gré), il veut maintenant les surprendre chez elles, quand elles sont en train de réfléchir à leur Brötchen du soir. Il est d’ailleurs temps de penser à l’avenir: plutôt que de viser les fêtardes de 20, 30 ans qui sont susceptibles de voir les affiches de ciné, il faut viser les quinquas, fidèles dans l’adversité, plus sérieuses et attentives  à leur écran à l’heure du repas.

- Tilou se voit bien en Derrick deux. Il y a d’ailleurs relativement peu à investir: un imperméable, des grosses lunettes (faire un tour chez l'opticien, c'est en option on dirait), de la gomina, un assistant. Une carrière d’avenir si l’on se souvient de Horst Tappert, légendaire au-delà des frontières grâce à l’art du gros plan. C’est précisément ce qui manque à Tilou: l’accès aux publics féminins au-delà du Rhin et des mers. D’ailleurs Tatort, à l’étranger, pas encore entendu parler. Il serait temps. Til pourrait être l’argument clé d’une internationalisation. Je ne le comprends que trop bien, il faut jouer global et parier sur la tension dramatique. D’ailleurs ça rejoint mon point 2, bizarre, non?

Par contre pour la série je ne sais pas si c’est si futé que ça. Des fois qu’il se barre subitement pour jouer Kokowäh 2 (là où il se rend compte qu’il a non pas une gamine mais deux. 2 heures avant son mariage). Ou alors pour les producteurs de ciné. C’est vrai, il risquerait de fatiguer, à être partout.  Moins de spectateurs pour des films comme ça, ce serait dommage.

Je crois qu’on peut résumer ça par des ambitions hégémoniques de la part de la personne qui a eu cette idée. Si vous n’avez pas encore compris jusqu’où porte l’ombre de Til, songez à Banderas en Espagne et Depardieu en France. Mais en pire. Bien pire. Hégémonie, que je dis.

Lisez cet article si ça vous dit.

Bon. Tout ça pour dire que je vais voir voir Tatort tant qu’il en est encore temps. La rediffusion de la veille, ça a du bon.

Et vous, vous êtes enthousiastes?

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Eine einfache Feststellung

Il est tellement simple de venir se brûler les ailes ici. Une idée préconçue sur cette ville, une personne que l’on suit, des projets, ou encore une fuite. Chacun ses raisons. Plus je connais cette ville, plus je connais les gens qui l’habitent, plus j’ai l’impression que nous sommes des papillons de différentes origines attirés par une même flamme.  Il y en a qui échappent et qui continuent à papilloter joyeusement autour. Non pas qu’ils soient plus forts que les autres. Simplement, ils n’ont pas fait d’erreur d’aiguillage: au moment où d’autres sortent du cercle, ils savent garder un accès par des voies mystérieuses. Malgré une rupture ou des heures sup. Partie remise pour leurs ailes.

Parmi les victimes, les uns déménagent, rentrent chez eux, espérant trouver ailleurs ce qu’ils ont perdu ou même n’ont jamais trouvé ici. Les autres restent, toujours attirés par la flamme, totalement fragilisés. Moroses, englués dans le même problème, mettant d’autres noms sur ce mal si répandu.  Pauvreté. Travail inintéressant. Burn out. Maladie. Barrière de langue. Ca, c’est la version officielle.

Le fond du problème, c’est l’ultra moderne solitude. Version locale. Il y a  ici une tendance générale, presque hypocrite, à prendre les symptômes pour la cause. On les brandit pour se présenter comme le Christ en croix, livré à l’indifférence et à l’oubli dans un paysage désertique. Ces oubliés ont un point commun: ne jamais dire, ne jamais vouloir admettre qu’ils ont quitté eux-même le train et que c’est eux qui ne savent plus y remonter. L’enfer, c’est les autres. Pas eux.

« Ich kann mich an keinem Kurs anmelden, es ist mir zu teuer. So kann ich keine neue Leute kennenlernen. »

« Ich habe zuviel Arbeit, verstehst Du? Deswegen ist mein Freundkreis so niedrig geworden. »

« Mir ist es zu anstrengend, die Probleme von anderen Menschen auch behandeln zu müssen. Ich habe genug mit meinen eigenen Problemen. Und wenn keiner mich zuhört, dann soll ich mich nicht im Vorhinein opfern« .

« Ich erwarte einfach dass andere sich bei mir melden. Ich bin ja offen. In der Vergangenheit kam ich auf der Leuten zu, hat mir aber nix gebracht. Von daher. Ich warte. »

« Ich bin nicht von hier, ich weiss nicht womit ich anfangen soll. Wo kann ich Leute treffen, wenn keiner was vorschlägt »

Les humains ont besoin d’autres êtres humains. D’autres le disent mieux que moi: nous avons besoin de parler, d’échanger. Pas seulement sur la météo, et pas seulement via Skype ou par mail. Pour sortir de cette logique, la seule réponse est de ne pas fuir. Si personne ne vient à nous, alors il faut aller à l’autre et avoir le courage de mettre les mots sur les choses. Ce qui reste certes très difficile.

La chanson de Souchon à écouter si ça vous dit…

Voir tout ça autour de moi au quotidien me fait de plus en plus mal. Peut-être est-ce de la lucidité due à l’âge ou bien un pessimisme du à certaines rencontres. Toujours est-il que je crains la contagion, qu’elle commence dans quelques semaines ou quelques années. Rester en permanence à bord du train, ou bien savoir y remonter en marche. Quelle force cela doit-il demander au final. Le problème est de savoir et de savoir agir en même temps. Ich frage mich auch langsam ob ich was letztens verpasst oder verloren habe. Etwas fehlt mir nämlich schon.  Hat es schon bei mir angefangen? Es kann  aber wohl sein, dass es nur ein Fehlen amVertrauen ist. Ein bisschen Stress. Oder werde ich bald so schwach und lahm wie alle da draussen, wenn ich nicht aufpasse?

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Teaser: vos histoires franco-allemandes

Tanaaaaaaaaa! Je viens de prendre le temps de bidouiller dans mon code et j’ai enfin compris comment mettre les commentaires sur certaines pages où ils manquaient alors que tout était au vert. *Très fière de moi* Ce qui nous permet d’avancer vers une idée qui me trotte dans la tête depuis plusieurs semaines.

Tout ça pour dire que nous avons dès aujourd’hui une nouvelle catégorie. J’ai nommé: Vos histoires franco-allemandes.

Le principe est très simple: il s’agit d’une page spéciale où vous pouvez commenter autant que vous le souhaitez pour dire ce que vous aimez en Allemagne, ce qui vous a fait venir ou bien vous fera venir un jour, votre passé familial, vos envies, votre passion pour la langue, voire encore les aléas de la vie qui vous ont mené à découvrir ce pays…Tout ce qui me paraîtra authentique – et qui sera dans une démarche positive, héhé, sera publié. Bien entendu, j’ai aussi quelque chose à dire, donc attendez-vous à un petit pavé  de ma part dans quelques jours ;). Le but est de partager les témoignages.

A vos plumes!

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Monument d’histoire berlinoise: l’Oberbaumbrücke

Difficile de vivre à Berlin sans connaître l’Oberbaumsbrücke. Pourtant, je ne suis pas sûre que tout le monde sache ce qu’il représente ou bien encore tout le poids de l’histoire qui se cache derrière. La preuve, je ne savais pas non plus tout avant de me poser sérieusement la question…Et donc je partage!

L’Oberbaumsbrücke, c’est un pont néogothique qui enjambe la Spree pour relier Friedrichshain et Kreuzberg. Vu de Friedrichshain, donc en venant de la Warschauerstr., ça donne ça:

Il s’agit du pont le plus large de la ville, si j’ai bien compris. Dessus, la ligne de métro U1 fait le lien entre les deux quartiers depuis 1995, suite à une restauration des plus coûteuses. Car on se doute que pour avoir subi les bombardements, l’invasion russe et la guerre froide, il n’en restait plus grand chose, de ce pont. En 1944, pour la petite histoire, il était encore à peu près debout. C’est Hitler, dans un dernier éclair de géniale lucidité, qui a ordonné sa destruction totale pour mettre un point final à l’avancée de quelques ridicules troupes soviétiques prétendant pouvoir conquérir Berlin (une des conséquences du fameux Nerobefehl…). Du coup, en 1945, plus de pont qui tienne. Affaire réglée, invasion pas du tout empêchée. Mais passons.

Pourquoi ce nom? Il faut imaginer que la frontière extérieure de la ville passait à cet endroit à un moment donné. Pour contrôler la Spree, les Berlinois avaient imaginé un système permettant de poursuivre la frontière terrestre et laissaient un passage très étroit pour les bateaux voulant entrer dans la ville et devant montrer patte blanche à la douane au passage. Ce passage était fermé la nuit grâce à un tronc d’arbre nommé Oberbaum. A l’autre bout se trouvait le Unterbaum, donc également un Unterbaumbrücke, aujourd’hui remplacé par le Kronprinzenbrücke. Tout ça date du début 18ème siècle, époque à laquelle un premier pont en bois se situait à l’endroit actuel.

En 1894, moment où la ville a commencé à prendre une véritable ampleur grâce à l’avènement de l’ère prussienne, on décide de donner plus d’allure à ce pont. D’abord parce qu’il est question de relier Stralau (intégré dans l’actuel Friedrichshain) à Kreuzberg via la voie ferrée, ensuite parce que l’on souhaite donner de la prestance à cette ancienne porte de la ville. Otto Stahn, qui a été en quelque sorte l’architecte urbain de Berlin à la fin XIXème, s’occupe de faire les plans. Cela donne un gigantesque pont néogothique qui enjambe le fleuve en 7 voûtes. Dessus, la ligne U1, et en dessous, un espace pour les promeneurs.

Après guerre, on répare le pont comme on peut, et il reste ouvert aux piétons jusqu’en 1961. La suite, on la connaît: l’endroit sert de frontière entre deux Allemagne, et les fuyards se noient à quelques mètres de l’Oberbaumbrücke sans que personne ne puisse faire quoique ce soit. Pas étonnant, dans ce cas de figure, qu’on considère sa reconstruction comme une priorité lors de la réunification: il faut mettre l’accent sur les traits d’union entre l’ancien est et l’ancien ouest pour pouvoir accélérer les choses. Mais d’un autre côté, tout effacer, ce n’est simplement pas faisable. Alors on laisse des traces, on exhibe des cicatrices urbaines. Il s’agit de conserver les traces du passé en gardant des pans de murs entiers (East Side Gallery, juste à côté…) tout en mettant du baume sur les mémoires meurtries en reconstruisant le Berlin perdu, le Berlin d’avant, le Berlin uni. Difficile là-dedans de trouver le bon équilibre, les bonnes décisions en termes de priorité urbaine. Encore aujourd’hui, on en sent les effets. Cela donne parfois l’impression d’être face à un puzzle urbain dont l’assemblage des différentes pièces donne une ville. Vous mettez le quartier des musées autour de la Potsdamer Platz, le Görlitzer Park, l’East Side Gallery, la Spree, l’Oberbaumsbrücke et la Warschauerstr. bout à bout, et ça, c’est Berlin. Assez symptomatique du problème de la ville, non?

Pour finir sur le pont en lui-même, il est maintenant le symbole des deux quartiers réunis dans une seule circonscription administrative, Friedrichshain-Kreuzberg. Depuis 1998, il est le théâtre d’un affrontement assez bizarre: la Gemüseschlacht, bataille de légumes. Mais surtout, il est à un endroit stratégique pour tous les fêtards, que vous croisez normalement avec une bière dans le nez et l’autre dans la main, dans le métro ou sous les arcades…

Bientôt un article du même genre sur la coulée verte. Je devrais ouvrir une catégorie urbanisme moi :)

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