Monthly Archives: mai 2012

Sommerpause

La blogueuse estime judicieux d’envisager une pause.

Voire de passer à autre chose. Si possible.

Je me suis habituée à venir réfléchir ici. Plus j’écris, mieux je comprends ce pays. C’est une fenêtre magique.

Vous secouez l’édredon de vos pensées, il neige sur votre monde à vous. Il neige des idées, des choses qui hibernaient jusque-là. Ce n’est plus moi qui habite l’Allemagne, mais l’inverse. Je suis d’ailleurs prête à parier que la blonde Mariechen a découvert son bon caractère grâce à son séjour dans le puits. A chacune sa découverte.

Mariechen à la fenêtre

Un jour, comme elle, il va falloir rentrer dans l’ordre des choses, ramener le fuseau à sa place, tirer les conséquences de ce que l’on a remarqué en chemin et faire tomber la neige de façon orthodoxe. Des centaines de petites choses méritent d’être rassemblées.

C’est étrange. Je pensais être rassasiée et il faut que je nourrisse un projet pour pouvoir le devenir.

Simplement, comment vais-je m’y prendre?

Qui vivra verra.

Peut-être que la réponse est ici. Ou pas. La réflexion justifiera amplement un léger ou un long silence sur cet espace.

Rendez-vous au prochain article!

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Le mystère du collègue

Je ne sais pas vous, mais moi, il y a toujours des choses qui me dépassent. Ici, je veux dire.

L’une d’entre elles concerne un aspect de la vie en entreprise. Le sujet n’a rien de grave, il est peut-être même universel. En attendant, ça me travaille. Ca fait des siècles que je voulais en parler ici.

Je conçois que la plupart des gens soient plus matinaux que moi, mais au bout de quatre entreprises vues en trois ans dans cette ville, je ne peux que constater qu’il y a un être qui revient toujours, partout où on va: le collègue matinal. Unique en son genre, isolé des foules (à moins qu’il ne côtoie celles virtuelles sur Badoo?), mais très présent à sa façon.

Appelons-le Thorsten.

Vous arrivez à 9:00, Thorsten est là. Bon, ok, on peut imaginer qu’il arrive chaque matin avec 5 minutes d’avance sur l’heure que tout-le-monde-doit-respecter.

8:15, vous êtes fier d’être déjà là, façon Guido Westerwelle quand il a aligné deux phrases d’anglais sans script: Thorsten est là. L’expérience se répète, ça commence à vous perturber. Vous venez une fois à 8:00, histoire d’être sûr-sûr que c’est bien une histoire de 5 minutes.

Mais non. Il est là DEPUIS 7 HEURES DU MATIN. Seul, concentré, en tête à tête avec son PC, la totale. Parfois même avant, vous dit-il très naturellement quand vous osez lui poser la question avec l’air vexé de quelqu’un qui trouve remarquable de se pointer sur les coups de 08:00.

Alors là vous vous demandez comment il fait, étant donné qu’il habite au fin fond du Brandenbourg, et qu’il a sur sa table le set complet de tupperwares remplis de pommes coupées en morceaux, de Stullen et puis de divers Brötchen. Vous vous imaginez la vie version levers aux horreurs aurores:

  • 4h58: réveil avant le réveil parce qu’on s’habitue à tout
  • 5h30: l’oeil droit bien ouvert, vous vous attaquez à la préparation de l’en-cas de rigueur et mettez vos tupperwares à contribution
  • 7h00: ça y est, vous êtes au boulot, seuuuuuuuuuuuuul. Enfin un peu de calme! Environ deux heures tranquille.
  • 11h00: la faim vous travaille. Normal, la dernière fois que vous avez mangé, c’était vers 5h15. Il vous reste donc simplement à vous attaquer à votre réserve de pommes placée dans le tupperware là droit devant vous. Si elles sont déjà jaunes, vous êtes en retard sur votre planning.
  • 13h00: vous mangez vos Stullen avec délice en 10 minutes face au PC. L’équipe française va tout les jours se goinfrer en 31 minutes au resto (au lieu de 30!!), vous trouvez ça assez étonnant comme phénomène.
  • 16h00: la journée de travail est finie depuis longtemps, mais comme vous vous levez tôt de toutes façons, et que vous êtes forcé de rester jusqu’à 16h00 pour des histoires de contrat, vous êtes resté pour une heure sup où vous ne pensiez probablement qu’à ce contrat injuste.

A 16h01, le garçon a disparu de la circulation.

16h01, c’est l’heure à laquelle moi je commence à devenir vraiment efficace. Mon cerveau doit subir une attaque de je ne sais quoi, ça marche du feu de Dieu de 16h00 à 19h00. J’ai beau me lever aux aurores ces temps-ci et tenter de changer la donne (version moi, faut pas rigoler non plus, même si je suis motivée), le fait est que je suis au top de ma forme laborieuse en fin d’après-midi. Thorsten, lui, c’est l’inverse.

Thorsten est éveillé quand il prend le S-Bahn le matin pour venir du fin fond du Brandenbourg. Il est 6h00, vous luttez avec votre réveil et vous essayez de le planquer sous un oreiller, le matelas, n’importe quoi pourvu qu’il arrête de sonner. Pendant ce temps Thorsten lit Die Zeit dans un coin de train- d’ailleurs avec de la chance il vous le résumera lors d’une quelconque pause clope où vous ne demandez rien à personne.

Lecture favorite de Thorsten. Ca pourrait être Bild, mais non.

A 6h59, vous êtes prêt, fier de vous, et vous commencez à vous dire que vous avez muté depuis quelques temps. Certains vont même jusqu’à se dire qu’à 7h00, ils sont déjà en droit de passer l’aspirateur tant qu’ils y sont- et le pire c’est que parfois ils le font. On appelle ça une forme perverse d’intégration, la voisine vous ayant insufflé l’idée sans s’en rendre compte. Thorsten est en train d’allumer son PC.

7h40, après avoir tourné trois plombes à la recherche de ce que vous étiez en train de faire avant de passer l’aspirateur, vous recommencez à bailler, vous réalisez que vous avez oublié de vous faire à manger, que vous n’avez presque plus de liquide pour le déjeuner non plus, que vous avez une tête à la Mireille Matthieu tellement ce n’est pas dans votre nature tout ça.

Mais vous démarrez, héroïque. Vous voulez y croire. Vous sortez donc, de toutes façons à ce stade, vous n’avez plus rien d’autre à faire que ça, alors voilà. Les yeux vous piquent, vous prenez la rue dans le mauvais sens, vous faites répéter quatre fois à la boulangère ce qu’elle vient de vous demander, à savoir 95 centimes pour un Schokobrötchen, vous faites tomber l’argent par terre. Pendant ce temps, Thorsten a déjà répondu aux 60 mails qu’il a reçu la veille. Résultat que vous obtiendrez sur les coups de 17h00, avec de la chance.

Bilan? De 16h01 à 18h30, pendant que Thorsten mène une vie secrète avant d’aller se coucher, vous commencez à rattraper sa courbe de productivité légendaire. Son existence continue néanmoins à vous perturber. Vous ne pouvez vous empêcher de penser au lendemain, où Thorsten sera là, peut-être dès 6h30 s’il est en grande forme. Thorsten, c’est un de ces gars qui servent de pierre angulaire à l’esprit d’entreprise.

Tout serait en ordre s’il avait les traits vaguement tirés de temps en temps. Mais non. J’ai connu Thorsten sous sa forme Brad Pitt, Thorsten resplendissant de verve qui disait que tout le monde trouvait ça normal dans le Baden-Württemberg et qui râlait quand les autres arrivaient à 9h35, Thorsten qui appelait sa copine à chaque pause dans des élans lyriques à faire pâlir Guillaume Musso, Thorsten qui n’arrêtait pas de rigoler. Tous les Thorsten que j’ai connus jusqu’ici avaient en commun de ne pas avoir l’air de subir le moindre contre-coup de se lever avec le jour. Dans les gènes de Thorsten, il y a un degré de santé qui me dépasse.

Reste encore à éclaircir ce mystère du casse-croûte de Thorsten, en particulier le coup de la pomme, dont j’imagine qu’elle a quand même été coupée à l’aide d’un de ces gadgets faits pour pommes à la fois bio et toujours de la même taille.

Pomme coupée en morceaux. L'idéal pour Thorsten.

Soit sa copine (sa mère?!) lui prépare- ce qui signifie qu’elle se lève à la même heure supposée, soit il le fait lui-même et ça me dépasse encore plus. Thorsten ne va pas à la boulangerie pendant la journée de travail, Thorsten ne va pas au restaurant, sauf cas exceptionnel. Par exemple un pot de départ. Aucun autre être que Thorsten n’arrive à des faits pareils, étant donné que personne n’arrive à amener un casse-croûte fait maison passé le lundi midi. C’en est désarmant. La seule chose que Thorsten s’accorde et fait comme tous les autres, c’est une pause cigarette, en particulier à partir de 15h00. Même le déjeuner hebdomadaire à 1 euro livré sur place il arrive à éviter.

Pour la pomme, l’une de mes théories est qu’elle fait partie d’un régime imposé par une copine tortionnaire. Pommes et Stullen 5 fois par semaine, à vie, voilà ce que je ne peux pas comprendre non plus. Peut-être qu’il n’a pas le choix.

Si jamais quelqu’un a un témoignage à apporter sur ce type de cas, je prends. Se couche-t-il avant 9heures du soir, aime-t-il manger aussi autre chose que des Stullen, dort-il vraiment, peut-on espérer muter un jour comme lui (et d’ailleurs le faut-il). Parce que demain, je sens que je vais me reposer la question.

Ich wünsche Euch einen guten Start in die neue Woche!

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Leçon de vie

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Die Welt wird nicht schlimmer.

Sie wird auch nicht besser. Sie bewegt sich, zwecklos und pausenlos. Alles kann passieren.

Was wohl nicht bedeutet, dass wir damit nicht klar kommen sollen. Es ist einfach so.

Manche haben ein kurzes Leben, andere ein langes Leben. Manche haben Möglichkeiten übrig, andere nicht. Es kann sehr schnell gehen. Aber ist die Länge des Lebens das Wesentliche überhaupt?

Ein wenig Aufmerksamkeit und ein wenig Chance könnten manchmal die Lebenszeit verlängern und die Lebensqualität verbessern. Das stimmt, wir wollen immer weiterleben. Bedauerlicherweise kann die Tür zu vielen Möglichkeiten und Weiterleben plötzlich gesperrt oder zerstört werden. Eine riesige Leere kann für die Welt auch entstehen, ohne dass sie es unbedingt weiss.  Manchmal für immer.  Aber fast kein Schwein weiss bescheid. Man liest nur Schlagzeilen und denkt, wie schrecklich es ist. Die jenige die wissen, sie fühlen sich erstmal verzweifelt und verwirrt. Nie hat die Welt so absurd als in die letzten Wochen gewirkt. Es war einfach nicht akzeptabel. Menschen reagieren erstmal so, und zurecht. Wir sind nicht vorprogrammiert damit wir es gleich runterschlucken können, was unsere Mitmenschen und Freunden passiert. Soviel ist sicher.

Aber das Wichtigste liegt nicht dadrin, und diese Verwirrung lässt es uns leicht vergessen. Oft projetzieren wir sehr viel. Unsere eigene Probleme sehen wir dann mit den Augen von dem jenigen der verschollen ist. Traurig sein muss aber keine Verzweiflung enthalten. Zumindest nicht wenn die Person sein Leben richtig geführt hat.

Die Zukunft gibt es nicht unbedingt. Das ist tatsächlich traurig. Wir werden lebenslang diese Leere von seinem Platz in dieser Welt erleben müssen.

Aber dass jemand so gelebt hat, wie er das gemacht hat, bewundere ich sehr. Bis zur letzten Minute ist es bei ihm so gewesen. Mir ist es einfach aufgefallen, dass es nicht unbedingt Mitleid in diesem Trauer geben soll, den er hat doch seine Lebenszeit richtig ausgenutzt. Sein Leben war stets voller Freude und Gelassenheit. Wie stark war er genau? Der jenige den ich kannte hatte nichts zu bedaueren was seine Vergangenheit anging. Nie habe ich ihm dabei gesehen, sich zu beklagen, oder etwas zu bedauern, das er machen können hätte. Was er tun wollte, hat er auch immer getan, für kleine und grosse Dinge. Es war einfach. Die einfachste Form des Glücks. Wie habe ich das denn vergessen können?

Jetzt geht das Leben weiter. Unser. Das bedeutet aber nicht, dass wir ihn loslassen sollen. Loslassen macht keinen Sinn, loslassen vernichtet alles. Wir haben was von ihm gekriegt. Ein paar wichtige Ideen, Erinnerungen, und vielleicht auch einen Auftrag, den ich gerne aufnehmen werde. Selbst der unerwartete Tod hat eine Folge.  Sicher ist, dass ich froh bin, ihn kennengelernt zu haben, es geht weiter über die Verwirrung und den Angst, den selben Schicksaal zu kennen.

Im Schock zu leben macht keinen Sinn. Im Gegenteil können wir vielleicht was daraus verstehen und entwickeln. Wie eine Erbe. Ich bin überzeugt, dass jeder einen Platz vom Anfang an in dieser Welt hat, und etwas daraus machen kann. In dem Fall könnte schon gebärt worden sein. Zwar weiss ich nicht was, und vielleicht bin ich jetzt noch die einzige, die das sieht. Reden bleibt noch schwierig. Doch gibt es was hier in der Tiefe der Traurigkeit dieses Ereignisses, dass mich – und andere- aufmuntern kann und soll. Mag sein, dass es mir nur jetzt dass ich viel überlege auffällt. Aber: es gibt doch was sehr positives, und ich möchte es nicht liegenlassen.

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J’ai rédigé ce texte en hommage à une personne que j’appréciais beaucoup et qui a disparu trop tôt. Ne me demandez pas pourquoi c’est en allemand, je n’en sais rien. J’avais quand même envie de partager ces sentiments quelque part. Beaucoup de choses y sont positives. Je ne suis apparemment pas, ou plus, de ceux qui se laissent complètement emporter par le vent de la tristesse de ces événements. Peut-être est-ce une forme d’héritage. Dans ce cas, cela vaut encore plus la peine d’être partagé.

La vie est étrangement faite. C’est un mouvement perpétuel dans lequel on peut choisir d’opter pour une tendance à long terme, la tristesse ou la joie. L’une ou l’autre peuvent être amplement justifiées, mais une seule permet de construire quelque chose. Choisissons la joie.

Le prochain article sera en français et nettement plus léger, on reviendra à la normale!! En toute logique :)

Posted in Parlons franco-allemand.