Monthly Archives: août 2012

Exprimer l’heure en bon Ossie

Pour exprimer l’heure il y a parfois quelques pièges. Notamment régionaux.

La preuve, c’est qu’à la question Wie spät ist es? , la réponse  d’Helmut n’est pas pareille à Berlin et à Stuttgart. J’ai tellement perdu mon latin qu’il a fallu que je me fasse un tableau pour pouvoir retenir tout ça. Sinon le matin en se levant vous avez l’impression qu’un quart d’heure de vécu est en fait trois quarts d’heures de passé. Entre ça et les traumatismes posés par l’existence même de Thorsten, je ne sais pas ce qui est le mieux.

Même les Allemands s’y perdent entre eux. C’est dire. Ah là là c’est compliqué d’apprendre une langue. Déjà que j’ai jamais compris la logique à dire Halb zwei , si en plus il faut comprendre les logiques régionales pour les quarts d’heure…

Wie spät ist es Helmut?

Allemagne de l’Ouest

Allemagne de l’Est

Zwei.

Deux heures.

Halb drei.

Deux heures et demi.

Viertel nach zwei.

Deux heures et quart.

Viertel vor drei.

Trois heures moins le quart.

Viertel drei.

Deux heures et quart.

Drei Viertel drei.

Trois heures moins le quart.

Allemagne de l’Ouest

Allemagne de l’Est

Zwei.

Halb drei.

Viertel nach zwei.

Viertel vor zwei.

Viertel drei.

Drei Viertel drei.

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Bloggo ergo sum. Oder nicht.

Il y a sans doute autant de raisons de bloguer qu’il y a de blogueurs.

Mais moi j’en suis au stade où, pour la première fois, je ne vois plus aucune raison de le faire. J’ai juste envie de faire des choses normales, de parler de choses banales, bref de vivre ma vie en devenant une blogueuse du dimanche parmi les milliers d’autres.

Ceci est une miniature. Si, si, je vous assure. Saurez-vous dire où cette photo a été prise?

La différence par rapport à avant, c’est qu’il y a eu quelque chose qui était de l’ordre du nécessaire. Derrière mes billets pavés, derrière beaucoup, beaucoup de réflexion sur des choses remarquées ici et là, j’ai répondu à ma façon à un besoin de visibilité auquel je ne cédais pas d’un pouce dans la vie offline. Il y a beaucoup d’excuses bienséantes pour accepter de se faire marcher sur les pieds et de s’effacer.

Aujourd’hui, un blog, une rencontre et un événement traumatisant plus loin, le problème est réglé ou en passe de l’être. Combien de temps m’aura-t-il fallu pour arriver à la case départ, ceci dit.

Même si des questions de fond restent et me donnent un bon prétexte pour maintenir ce domaine en vie:

C’est où chez moi.

Comment aimer à la fois deux pays de façon égale.

Ca veut dire quoi vivre dans un pays en y étant étranger.

Ces trois questions, je compte bien continuer à y répondre ici, avec des choses qui ne portent pas à conséquence au milieu. Il y a tellement de choses à dire en tant qu’expat. J’observe la vie à Paris comme un Allemand le ferait, ou presque. La ville dont je suis originaire me paraît si lointaine que je ne fais plus vraiment le lien avec ce que j’y ai vécu. Je ne dirais pas non non plus à mettre plein de sousous rien que dans une nuit dans un sublime hôtel à Paris. C’est dire à quel point je suis déracinée et à quel point je vais vous rabattre les oreilles dans les prochains mois.

Sur un autre sujet, ou pas, n’hésitez pas à aller faire un tour chez Elodie, qui a un vrai projet de blog bien sympathique et beaucoup moins prise de tête ;)

http://www.goodmorningberlin.com/
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Hors sujet: les z’animaux

Après avoir successivement (re)-découvert grâce à ce pays des choses merveilleuses comme le Quark, Til Schweiger, ma passion pour la nourriture, je viens d’ouvrir les yeux sur un nouveau phénomène qui me turlupine.

En fait, les zanimaux sont partout.

Ceci est un chat norvégien. Très sympathique au demeurant.

Dans tous les étages de la vie. Physiquement, administrativement, socialement, fiscalement.

Déjà, il y a les gens qui considèrent qu’un animal de compagnie a sa place au bureau, peut avoir un compte Facebook, et participer pleinement à des séances à but médical en devenant par exemple un Therapiehund. Au début, même quand on aime les animaux, tout ça déroute un peu vu l’ampleur. Peut-être même après d’ailleurs en général on dit ça quand on aime pas. Mais en tous cas, ça se fait.

Ensuite, il y a une tripotée d’allergiques aux chats, lapins, cochons d’inde et tralala qui se baladent autour de nous. Il suffit de mentionner le terme Allergien au printemps, en mode innocent, pour s’en rendre compte. Les larmes aux yeux, les allergiques vous détailleront leurs souffrances. Je peux parler.

En chiffres, cela se traduit par 15 millions de foyers possédant au moins un animal de compagnie en Allemagne, plus des milliards et des milliards d’adoption potentielles (so süss!!).

En France, d’après une étude faite par Santé Vet en 2011, c’est 51% des foyers qui sont concernés. Je ne sais pas pourquoi ça me paraît assez incroyable.

Au fait, le saviez-vous? L’Allemagne dispose d’un système d’impôt pour les animaux de grande taille- comprenez qu’il y a un  impôt sur le chien. Un impôt sur les chevaux est prévu aussi, mais je n’ai pas vraiment suivi l’affaire depuis cet article.

Bon, passé ce post informatif sur un sujet qui n’a rien à voir avec la choucroute, vous pouvez regarder ça si vous hésitez à prendre un chat


The reason some women stay single … von mikropikol

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En vrac, Teil 2

Temps délicieux sur Berlin. Une journée comme celle-ci ferait oublier tous les tourments de l’été. En prenant une glace chez Isabel par exemple…Ou alors en allant prendre un cidre dans une bonne crêperie. Mrmrmrmrmr.

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Revenir de France, c’est rentrer ou partir? J’ai la vague impression de faire des allers et retours en prenant des vols entre deux pays dont on cherche à me faire dire que l’un est la maison et que l’autre, forcément, est…autre chose de non défini.

Dans tout ça, en réalité, l’idée  »maison » a disparu. Plus ou moins. Pour moi comme pour des dizaines d’autres personnes qui vivent ici après une longue route vers eux-mêmes ou vers leur rêve. Il y a l’endroit des souvenirs pour tout le monde. Et il y a l’endroit de l’avenir. Qui est tout sauf stable. Ce combat du monde extérieur pour nous faire coller une étiquette sur ces deux sphères me paraît de plus en plus absurde. Il pousse à se poser des questions inutiles, douloureuses, et apparemment sans retour. Rester. Retourner. A tout jamais, et dire une messe.

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S’expatrier, c’est faire l’expérience de l’esprit critique. Partout, au moment où on s’y attend le moins. On veut faire les choses bien, et on se demande au final si le bien, c’est une idée relative. Bien manger? En France, c’est obligatoirement avec de la viande. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le site manger-bouger.fr. Et hop un lien. Pendant ce temps, ici, mon médecin est vegan (pour ceux qui ne connaissent pas: il ne consomme aucun produit d’origine animale). Loin d’être le seul d’ailleurs. Des Français m’expliquent que le lait est en fait mauvais pour la santé, et mon premier réflexe est maintenant de les croire. Profiter d’une belle soirée sans nourriture? Ca passe par la case bière, systématiquement. Mais ce n’est pas grave, la bière ce n’est pas vraiment de l’alcool.

Moi je dis: au final empiffrons-nous. Il y aura bien un pays qui justifiera nos excès.

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Merkel a un vrai problème de look. Si même les Allemands l’admettent, c’est que quelque chose est en train de changer. En attendant, elle est normale ET elle gouverne sans avoir à faire de la publicité dessus. Bien ou mal?

Bon sinon, sérieusement…quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi la mode a si peu de place à Berlin, si ce n’est en Allemagne en général?

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Il y a des gens, on les voit, et on sait. Ils sont Français, Anglais, Allemand. Etc. On sait, et donc on juge en conséquence, très vite, de l’attitude à prendre, de la phrase à dire pour engager la conversation. Ca me fait penser à cette expo Kleider machen Leute (hélas terminée): quelle est la part de l’habit dans l’identification d’une personne par une autre? De la même façon qu’on juge d’une personnalité par ses vêtements, la nationalité attribuée passe par un ensemble de strates que l’on décrypte. Le corps, le goût vestimentaire, le mouvement. Dans un second temps, la voix, l’intonation, les formulations. Ce sont de toutes petites choses qui nous définissent aux yeux de l’autre. Toutes ces petites choses qui nous font être et paraître, elles aboutissent à appauvrir ce que nous sommes. Il y a tant de détails, et tant de moyens de savoir à qui nous avons affaire. Et pourtant, on réduit. Dans les mots, si ce n’est dans les pensées. Au final, connaître quelqu’un, c’est avoir fait un si long chemin au-delà des préjugés de la première rencontre…

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Spot the Touri

Spot the Touri: grand jeu de l'été?!

Débat qui reflète très bien l’esprit berlinois actuel: le touriste est-il notre ami? Attention, la bonne réponse officielle est dans la question.

Photo prise dans un des quartiers plus ou moins martyrs de Berlin. Pour en apprendre plus, vous pouvez aussi aller voir par là. A vous de vous placer sur l’échiquier. Dauertourist, immigré, expat, local pur et dur, de quel côté de la force êtes-vous?

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