Category Archives: Du pain et des jeux

Back to basics: les Spätzle

Après un tour dans le Baden-Württemberg, je suis revenue à cette idée de base: la bonne nourriture en Allemagne, ça existe, mais en particulier au Sud. Ah les Auflauf bavarois et les Spätzle et Maultaschen souabes, qu’est-ce que c’est bon.

Je vous concède certes que c’est mieux en hiver. Mais quand même. Alors aujourd’hui, billet à thème: les Spätzle.

Qu’est-ce que c’est:

Des pâtes avec plein, plein d’oeufs dedans, que vous mangez normalement frites dans une poële avec du fromage. Je vous avais prévenu que c’était diététique. Si vous ne savez pas à quoi ça peut ressembler, je vous invite à jeter un coup d’oeil chez Caroline.

En Souabe, impossible de faire l’impasse là-dessus. Toutes les superettes de base en vendent avec des variations à vous en donner le vertige. Il y a une marque que j’ai essayée, Bürger. Et bien, c’est drôlement bon.

Eierspätzle de chez Bürger

Vous me direz: mais encore? Où trouve-t-on ça à Berlin?

Bürger, je n’ai pas vu. N’empêche que Neukauf, alias Edeka, probablement sous la pression conjointe de l’hiver et d’une minorité souabe de plus en plus remarquable, commence à en vendre. Il y a moins de choix qu’à Stuttgart, mais c’est déjà un bon début. Ouvrez l’oeil…

Ensuite, il y a deux trois restaurants qui en font leur fond de commerce. Notamment un dans la Wühlischstr. et surtout un dans la Wienerstr. à Kreuzberg. Et là bas, c’est drôlement, drôlement bon et à un prix tout à fait acceptable (la vente de mes diamants attendra encore un peu pour financer mes sorties gastronomiques). Si vous voyez ça près du Görlitzer Park, foncez:

Spätzle Express, Wiener Str. 14a: la bonne adresse à cuisine souabe

J’ai posé deux-trois questions, l’idée du restaurant est de faire de la cuisine créative autour des spätzle. Vous pouvez en avoir avec des variantes peu recommandées par la tradition souabe, mais très, très bonnes. Les prix sont à mon avis un peu au-dessus de la moyenne berlinoise, mais il me semble que ça vaut quand même le coup. David, qui en plus est souabe, en parle en bien  ici.

Voilà ce qu’on peut espérer y manger:

Assiette de spätzle

Ensuite, pour les fous de cuisine, il y a plein de solutions. A la base, vous avez besoin de farine, d’oeufs, de patience et d’appétit. Enfin, pour la patience, c’est moins sûr: avec certains outils de cuisine dernier cri, ça prend en tout et pour tout 5 minutes grand max. On l’appelle: le Spätzle shaker. Dire ça très très vite plusieurs fois de suite.

Plus d’infos là-dessus chez Flo.

Bref, qui dit mieux pour une spécialité régionale de référence…?

J’ai posé deux-trois questions, l’idée du restaurant est de faire de la cuisine créative autour des spätzle. Vous pouvez en avoir avec des variantes peu recommandées par la tradition souabe, mais très, très bonnes. Les prix sont à mon avis un peu au-dessus de la moyenne berlinoise, mais il me semble que ça vaut quand même le coup. David, qui en plus est souabe, en parle en bien  ici.

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L’étrange Success Story des Super Dickmanns

La fin de l’hiver approche, on se doit donc de consommer les dernières cochonneries sucreries avant que le beau temps, voire le Carême, voire les deux, nous incitent à y renoncer. Du moins c’est comme ça que je décide de voir les choses dès qu’un paquet de Dickmanns me passe sous le nez…

Qu’est-ce qu’un Dickmann, pardon, un « Super Dickmann »? Eh bien voilà, un Dickmann, c’est ça:

Ma prochaine victime

L’image vous aide moyen? Ok, voici un gros plan:

Gros plan- la mandarine est là pour vous donner une idée de la taille, mais elle sera mangée très vite elle aussi.

Donc, si on se résume, le Super Dickmann est un dôme, a fortiori recouvert de chocolat. Pour en avoir mangé une quantité assez conséquente après que la cuisinière invétérée Daniela, prétresse du décompte de calories devant l’éternel, m’ait assurée que ce n’était pas nocif, je peux vous dire:

- ça a été plus que nocif pour moi. La preuve, j’en mange encore.

- c’est une sucrerie à base de guimauve, de Schaum, enfin bref un machin qui en soi ne contient que du sucre, ne vous cale pas du tout et qui, en plus est addictif. Si si: je vous parle d’expérience.

Le Super Dickmanns reste néanmoins un produit très populaire ici et s’impose comme la référence sur le marché des Schokokuss, y compris dans l’esprit de la personne qui écrit ces lignes (faut pas chercher à comprendre). En clair, on vend ça au rayon sucreries comme on vend des bics et des stylos billes au rayon papeterie (l’enthousiasme des foules féminines en moins). C’est cher pour ce que c’est, à mon avis (une gaufrette, une minuscule couche de chocolat, du Schaum), c’est mauvais pour la santé vu la quantité de sucre (remarque, on achète peut être précisément pour ça…), c’est immangeable en société (revoir la photo en gros plan avec la mandarine: QUI peut croquer dedans en toute élégance? A ma connaissance, personne: le Schaum colle aux lèvres, vous avez intérêt à avoir les moyens de vous laver/essuyer les mains rapidos, et pour couronner le tout il est physiquement impossible d’espérer l’avoir en une bouchée. Ou alors vous vous rabattez vers la version miniature. Bref.)

Techniquement, pour tous ceux qui ont une connaissance de la culture alimentaire québecoise, c’est un whippet. Le biscuit avait à l’origine un nom autrement plus haut en couleurs, remplacé pudiquement par le terme générique de Schokokuss, « le baiser au chocolat », comme dans les pâtisseries françaises pour les meringues au chocolat: je ne vous fais pas un dessin. Toujours est-il que la page de l’entreprise nous rend responsables de son invention: ce serait une spécialité française, ayant émergé vers le XIXème siècle. J’ai quelques doutes là-dessus, encore est-il possible que ce soit une libre adaptation germanique des meringues au chocolat françaises de nos grands-mères. Par un curieux tour du sort que je n’admettrai sans doute jamais, tout Allemand qui se respecte pense que nous disons « baiser » en lieu et place de « meringue ». Ca donne des appellations assez loufoques: Kuchen mit Baiser (tout ça pour une malheureuse tarte au citron meringuée), ou bien Schaumkuss dans une pudique adaptation allemande pour exprimer l’idée de « meringue légère ».

Pour en revenir au coeur du sujet, les Super Dickmanns marchent du feu de Dieu, en particulier aux alentours des fêtes de Noël. Des variantes artisanales sont vendues en série sur les marchés de Noël (on doit miser sur le fait qu’elles sont plus saines, sans doute…), mais la marque tient le coup. De sombres individus (milles pardons si vous en faites partie) font de merveilleuses  recettes de tartes aux Dickmanns, voir par exemple le lien par ici ou encore par pour vous faire une idée par vous-mêmes de ce que cela peut donner: de quoi rêver, saliver, vous rouler par terre…

Côté entreprise, Dickmann appartient à Storck, laquelle possède pas mal de grands noms dans le milieu des sucreries allemandes. Toffifee, Merci, Riesen, Werther’s par exemple, ça leur appartient (et moi qui pensait que Werther’s c’était anglais). D’ailleurs, on remarquera que seuls 3 produits sont proposés par Storck sur le marché français…Etrange, mon cher Watson: leur compatriote Haribo serait-il trop étouffant dans l’Hexagone?

Storck est en tous cas une entreprise allemande au passé impressionnant, et qui semble d’ailleurs avoir son siège à Berlin. L’histoire remonte au début du XXème, quand August Oberwelland décide de monter une petite entreprise spécialisée dans la confection de produits autour du sucre, le tout au fin fond d’un haras en Westphalie. Pour faire court, l’entreprise doit son succès au lancement sur le marché allemand du premier bonbon industriel à bas prix apprécié par les masses: Riesen. Ainsi qu’à sa maîtrise des réseaux de distribution sur l’ensemble du territoire allemand de l’époque, ce qui représentait quand même pas mal de monde. Son développement se confirme après-guerre, avec la création de marques juteuses comme Nimm2 et Merci, puis son développement à l’international (90 pays concernés actuellement). Plus d’informations sur Storck ici. En 1985, lancement des Super Dickmanns, suivi des mini Dickmanns en 1990. J’aimerais bien avoir plus d’informations à me/vous mettre sous la dent, mais je n’ai pas trouvé de Business report à éplucher. Dommage, j’aimerais bien savoir qui consomme ça, et pourquoi ça marche au point de vue marketing.

On se résume:

- une grosse boîte toute simple,

- un design qui semble viser les moins de 10 ans (voir ci-dessous),

- un produit sans doute fabriqué à des coûts défiants toute concurrence,

- mais peu aisé à consommer ou manipuler (et fragile, en plus).

Et l’impression de le voir partout…Ou alors c’est moi qui fait une fixette dessus?

La boîte de Dickmanns- cette chose en contient 9 à l'origine, et actuellement 2.

Bon, on parlait de manger au fait, c’est bien ça :)?

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Humours croisés sur Derrick

En ce moment, on fait dans les grandes découvertes culturelles sur ce blog…

Découverte de la semaine, je ne pouvais pas ne pas en parler ici:


Vidéo découverte sur ce blog d’expat. J’aime bien le coup de « 281 épisodes et pas une seule scène d’action » :). Ma grand-mère et les vôtres appréciaient sans doute précisément pour cette raison.

On disait bien que l’humour, ce n’était pas vraiment quelque chose d’universel ou d’évident, non? Heureuse de voir que ça n’existe pas que dans un sens, visiblement cela ne fait pas rire du tout la demoiselle qui ne saisit pas l’absurdité de la chose…En allant vérifier le wiki allemand, section « Parodies et Hommages », on constate qu’il y a également de la parodie de Derrick sur territoire allemand, mais pas forcément opéré de la même façon.

On va tenter de récapituler calmement…

Côté français:

Cf. la vidéo précédente faite suite à la mort de Horst Tappert et pas très sympa sur le fond, et les petites piques de nos films à la série: une petite réplique par ci, par là, dans Les Visiteurs, des sketchs plus ou moins oubliés, et certainement des tas de choses que j’ignore.

Côté allemand:

Et sans doute des tas d’autres choses. Comme d’hab, je ne suis pas sûre de saisir l’humour de cette vidéo. C’est long, c’est exagéré, mais ça en fait au moins rire deux-trois, des Allemands ;). Il paraît qu’en plus c’est super connu. Vous en riez jusqu’à quel degré, vous?

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La magie du Noël allemand

Ou quelques raisons d’aimer la période hivernale…

Il y a un certain nombre de « petites » choses qui contribuent à faire de la période de l’Avent quelque chose de magique ici, au moins à mes yeux. Peut-être que la tradition me saute plus aux yeux parce qu’elle prend des formes qui me surprennent, peut-être aussi que je suis séduite par le côté « exotique » des festivités…Toujours est-il que je ne me lasse pas de cette période de fin d’année, malgré le froid, et malgré le manque de lumière (me demande si la dépression saisonnière ne cherche pas à m’ajouter à son tableau de chasse en me volant toute forme de dynamisme…manque de bol pour elle, la mauvaise herbe a la dent dure et un allié naturel: le pain d’épice :)).

Donc, qu’y a-t-il de si merveilleux ici?

  • Des marchés de Noël bourrés de monde, avec des vins chauds trooooooooooop bons, des Quarkbällchen hors de prix, et des stands bien sympathiques tous les deux mètres. Soit on décide d’ignorer fièrement l’offre et ses avances diaboliques, et on finit légèrement pompette en bavardant l’air de rien avec ses amis. Soit on observe attentivement l’offre toujours aussi diabolique et on craint sérieusement pour son porte-monnaie en faisant la (re)découverte d’objets fascinants. En ce qui me concerne, ça a donné ça: Vu vendredi soir avec l’amie Catherine, j’ai fait une fixette tout le week-end sur l’objet en question, vendu 10 euros. Dommage que je n’ai pas de tapis à taper, ça m’aurait bien tenté de l’acheter le bidule, une fois son utilité comprise…


  • Des sucreries partout et une exagération alimentaire tolérée par tout le monde (sauf peut-être votre mère), au motif que quand-il-fait-froid-le-corps-doit-avoir-des-réserves-graisseuses-en-plus. Donc ça donne: Lebkuchen (qu’est-ce que c’est bon, même vendu en sachet chez Edeka…), Baumkuchen (qu’est-ce que c’est bon tout court), Stollen (il faut absolument que je trouve un vrai faiseur qui les fait à l’ancienne: sous format de 2 kg mi-ni-mum), Plätzchen (je compte bien m’incruster chez les bonnes cuisinières parmi mes amies…). A tous ceux qui ne savent pas ce que c’est les Plätzchen, je dis: pauvres de vous. D’abord vous pouvez aller voir par si vous comprenez le germanique avancé. Ensuite vous pouvez ouvrir les yeux dans les susdits marchés de Noël et voir le nombre de minis-moules à gâteaux vendus de façon industrielle et avec des formes surprenantes, en tirer vos propres conclusions (mon prochain investissement est clair…). Dernière mesure: griller le nombre de pâtisseries qui proposent aux enfants de venir apprendre à les faire sur place, notamment le troisième dimanche de l’Avent. Ou vous faire inviter dans une famille allemande pour comprendre la magie de la chose (et dire adieu à toute forme de régime).
  • Respirer l’ambiance contes de Noël, neige, cadeaux et fête aux lampions. Les rues et les fenêtres se couvrent de décorations (normal me direz-vous, on a ça aussi en France et ailleurs. Je sais. Mais ici ça prend la forme de Lichtbogen et autres décorations à base de bois et de bougies ou similis bougies). La neige crisse sous les pieds, au lieu de se transformer en souplette qui vous fait attraper froid sans vous avoir mis de bon poil auparavant. On vous parle de Frau Holle, et vous dites « Mais c’est qui celle-là? ». Géniale occasion de découvrir un conte d’Europe centrale/ des frères Grimm (vous choisissez ce qui vous paraît le plus socialement politiquement correct). Si vous connaissez déjà, il reste la possibilité de blaguer sur son compte, notamment sur sa très probable découverte récente d’Ikea avec les conséquences que nous connaissons tous (avec un ou deux vins chauds dans le nez, je vous assure que cette théorie offre des possibilités de conversation très, mais alors très larges).

Bon, on parlait de Lebkuchen, c’est bien ça ;)?

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