Category Archives: Parlons franco-allemand

Kündigung

A quoi faut-il s’attendre comme démarches administratives quand on change de boulot de boîte allemande à boîte allemande? Je suis sûre que ça vous passionne tous.

Alors attention, ci-dessous une liste destinée à prouver que non, ce n’est pas la mort:

- vous faites une jolie lettre tout en allemand où vous dites que vous voulez quitter votre poste actuel. Jusque là tout va bien pour vous. Votre employeur, c’est une autre histoire.

- vous faites bien attention de récupérer un Arbeitszeugnis avant de partir de votre entreprise actuelle. Celui-ci suit un code langagier assez précis, l’idéal est encore de le faire vérifier par un vrai germanophone avant de remercier votre employeur pour sa prose. Ce serait dommage de récupérer une recommandation que vous pensez bonne et qui en fait ne l’est pas. En Allemagne, l’Arbeitszeugnis est votre meilleur allié pour l’avenir. Si vous n’en avez pas pour une des entreprises mentionnées sur votre CV, ou que le contenu craint, ça ferme des portes…à photocopier en 15 exemplaires donc, au moins.

- vous appelez la Krankenkasse pour lui faire part de votre décision. Celle-ci ne vous félicite pas, mais vous envoie sur demande une Mitgliedsbescheinigung que vous tendez dans un geste fraternel à votre nouvel employeur, le premier jour. Je soupçonne par contre la Krankenkasse de vous renvoyer une nouvelle carte et de vous demander de détruire la précédente, comme quand vous déménagez.

- vous préparez une liasse de documents que vous expédiez au responsable RH: photocopie de votre carte d’identité, RIB, Lohnsteuerbescheinigung (que l’employeur précédent doit vous donner, même si la Lohnsteuerkarte elle-même a disparu), attestation de l’inscription à la caisse de retraite et surtout, l’équivalent de la carte de séjour qu’on obtient auprès du bureau des étrangers (Freizügigkeitsbescheinigung). Totalement inutile dans la vie de tous les jours pour les membres de l’UE depuis 2005 vu que nous n’en avons plus besoin pour nous installer en Allemagne, cette petite carte est quand même nécessaire pour pour pouvoir aller travailler dans une entreprise avec un certain nombre de salariés. L’Allemagne reste un pays paperassier jusqu’au bout des ongles- sans compter que cette carte semble avoir un coût. Ou comment multiplier les démarches administratives inutiles en se rendant dans un bureau qui a des horaires à coucher dehors. Bon.

Alles klar?! Qui dit mieux?

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Pas d’accord

Vous connaissez le graffiti géant de la Köpenickerstr.? C’est une gigantesque inscription qu’on voit quand on se dirige vers la Mauerplatz. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’auteur de cette phrase a de la suite dans les idées…

La photo n’est pas très bonne, la faute au soleil d’aujourd’hui. Cette phrase me trotte dans la tête depuis trop longtemps, je ne suis pas d’accord avec son contenu- ou celui que je pense comprendre, je prends mes précautions :), donc je poste pour le dire. Non mais.

Voyez par vous-même (au pire, en vous rendant ici):

Meine Antwort: Grenzen gibt es einfach weil sie man zulässt. Wenn man sie nicht will, dann sind sie auch raus. In Politik wie im normalen Leben!

PS: si jamais quelqu’un veut m’expliquer le coup de « oben und unten ». Je soupçonnerais presque une histoire de quartiers, certains bâtiments à étages étant divisés entre deux circonscriptions… mais il semblerait bien que je doive donner ma langue au chat. Hilfe!

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Dislocation

Ok, je ne fais pas dans l’originalité aujourd’hui. Ce panneau existe depuis des siècles et il a déjà été blogué de partout. Notamment ici, blog assez  sympathique à parcourir pour ceux qui ne connaissent pas, d’ailleurs.

Donc, j’en viens à la question du jour. Pas de savoir comment on a fait pour aller la mettre tout là haut, cette affiche. Ou de combien de temps elle trône sur cet immeuble. Ni même ce qu’est Hornbach- ça ça sera pour une autre fois, si vous avez de la chance. Ma question est donc: mais qu’est-ce que c’est que cette formulation bizarroïde?! Si je m’écoutais, moi, non germanophone maternelle, je dirais à Monsieur ou Madame chef Hornbach:

« mais t’as rien compris!! en bon allemand, on dit:

- Ich würde Ihnen als Haus Hornbach empfehlen.

OU

- Ihnen würde ich als Haus Hornbach empfehlen.

OU

- Als Haus würde ich Ihnen Hornbach empfehlen. »

Le tout dit avec les gros yeux, bien entendu. J’adore critiquer, c’est maladif, voilà, j’assume. Il faut.

Autrement dit: cette publicité me perturbe. Je voudrais tout biffer et refaire la phrase. Mon idée révolutionnaire pour la Warschauer. et son réaménagement : commencer par cette affiche, passer par une phrase plus sympa sur le plan grammatical OU par une dislocation quelconque. Voir ici ce que c’est sur le plan linguistique. Mais là, tel quel, tous les matins en me dirigeant vers la gare de la Warschauer., je suis dans le même état d’esprit: mais pourquoi? comment? c’est un exercice de style? une formulation utilisée chez les commerciaux uniquement? pourquoi on ne m’a rien dit?! complot chez mes profs d’allemands et mes amis, pas d’autre explication possible.

Sinon, dans l’absolu…faudrait peut être leur dire que leur slogan est un poil trop long. La pub marche, ça, c’est sûr.  La preuve: elle me sort pas de la tête, au moins j’associe le nom « Hornbach » à quelque chose d’autre qu’un mot vaguement imprononçable. Mais le slogan à rallonge, la couleur, la mise en forme…je crois que je ne me ferai jamais aux pubs de ce pays. Même quand c’est juste des mots, même quand c’est pour Ben&Jerry, je cale. Maintenant la vraie question c’est de savoir pourquoi les publicités en français, certainement aussi basiques, ne me font pas cet effet. Et c’est parti pour de la réflexion intense…

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Portraits de déracinés: # 1

Ca fait un bout de temps que me trotte dans la tête l’idée de décrire les gens que je rencontre. La ville, on la vit et on la comprend au fil des rencontres que l’on fait- ou non.

Première de la série: A., une Allemande du Sud. Pour être honnête, je n’ai pas vraiment compris d’où. Je crois aussi que ça lui est égal. A. est venue à Berlin parce que la vie l’y a portée. L’idée d’économiser, une histoire de coeur comme on en a à 20 ans, la réputation de Berlin pour tous les jeunes un peu rebelle, et le tour était joué. 30 ans passés, jolie comme tout, typiquement le cliché de l’Allemande blonde aux yeux bleues, grande, sportive, qui donne l’air assuré. Sauf qu’il n’en est rien. Comme pour beaucoup, il y a l’apparence, et ensuite la réalité. Et surtout une phrase qui revient: « Ich weiss es auch nicht, ob Berlin mein Zuhaus ist ».

A. est une vraie Européenne, avec des racines allemandes, polonaises, israëliennes, un vrai patrimoine familial qui est fascinant quand elle commence à en parler. Elle est intelligente, a fait des études, elle est cultivée et a des choses à dire. Elle a travaillé dans le milieu culturel, l’édition pour ne pas la nommer, cette passion si fréquente à 20 ans et qui nourrit à peine les quelques élus qui s’accrochent tout de même après leurs interminables enchaînements de Volontariat payés 800 euros nets.La première fois qu’on discute avec A., on se sent tout petit devant tant de volonté, tant de choses à partager. N’empêche.

A. a tout pour être bien dans sa peau et ses baskets,  mais elle voit la vie comme une tragédie permanente. 2 volontariats derrière elle, une histoire de coeur ratée, un peu de mal à joindre les deux bouts mais surtout une incommensurable tendance à se méfier de tout et de tout le monde. Rien ne marche. Un boulot bien payé est bien trop stressant, un boulot en start-up trop prenant, les autres pas son profil. Les collègues ne peuvent pas être bienveillants ou même indifférents, les amis ne sont pas disponibles, la famille distante. Peu importe ce qu’on lui dit, peu importe ce que les gens font pour l’aider ou la rassurer, ce n’est jamais une solution pour elle. Warum wollen Leute mir auch immer sagen, was ich eigentlich tun sollte. Warum lasse ich es immer wieder geschehen?

Dans ce grand Berlin froid et anonyme, je crois bien qu’elle a cherché à prendre refuge de quelque chose et qu’elle en paye maintenant l’addition. Une mère qui n’a pas su gérer sa famille. Une relation qui n’a pas fonctionné. Des rêves qui n’ont pas abouti. Berlin, ville où l’on part ou où on reste pour se ressourcer, puis où on reste seul en oubliant ce qu’on est venu y chercher. A., je la soupçonne de faire partie de ces déracinés berlinois, d’Allemagne ou bien d’ailleurs, qui ont franchi un tel degré de solitude que toute relation devient compliquée. L’ouvrier qui vient réparer quelque chose chez elle peut parvenir à faire pleurer A. en une phrase. Simplement en disant qu’il faut convenir d’un autre RDV, donc qu’elle va devoir s’arranger avec son employeur. A. me raconte ça, les larmes aux yeux, et je me sens intronisée dans son monde. Et ça me donne froid dans le dos de penser que des centaines d’autres ont le même problème ici, et que nous ne les voyons pas. Fichues apparences trompeuses.

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De retour sur vos écrans

On arrête de bloguer un jour, et hop, deux mois passent. Comme ça. La vie est étrange…

Plus sérieusement, il se passe pas mal de choses en ce moment, dont je ne souhaite pas forcément parler ici ou pour certaines pas forcément de suite. Et concernant ce blog, j’ai compris deux trois choses récemment. Comme par exemple pourquoi les blogs ont une durée de vie généralement réduite. 3 ans, en moyenne sur une plateforme comme Over Blog. Sauf que je ne suis pas sur Over Blog, c’est juste que j’ai pas d’autres chiffres sous la main et aucune envie de chercher là tout de suite.

Donc je reviens à mes moutons: j’ai commencé ce blog pour partager mes découvertes, mes coups de gueules et mon plaisir à vivre ici. Il y a un an je découvrais encore des tas de choses. Maintenant, je suis presque blasée. Je connais la ville et ses bons coins. Je n’ai presque plus de problèmes ou de gros étonnements au quotidien. Donc en théorie, je n’ai plus rien à partager ici. Sauf que j’aime bien venir ici et que je déteste abandonner un projet.

Ce blog va donc devoir changer d’objet, il n’est pas pour autant question que je vous raconte ma vie. Ca serait donc plutôt une accumulation des anecdotes de la vie quotidienne, selon mes envies. Des portraits de gens rencontrés, un avis sur un resto, un peu de tout. Un blog normal quoi. Et toujours avec des coups de gueules de temps en temps sinon vous ne me reconnaîtrez plus.

Question du jour: c’est moi ou tous les jours fériés cette année sont tombés un dimanche? Vaguement ressenti au printemps, vivement ressenti pour Noël prochain. Il y a du foutage de gueule dans l’air. On a intérêt à avoir une belle fête de réunification pour marquer le coup…

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Parenthèse légale et questions d’identité

Je viens partager ici ma découverte du jour, un interview du Monde que vous pouvez lire ici. Thème: la remise en question de la bi-nationalité par les autorités françaises à l’heure actuelle, et le déni qui persiste en Allemagne. Et voici que j’en réapprends subitement sur un sujet qui me paraissait si évident.

Je me passerai de commentaires inutiles sur le sujet. Par contre, voilà un florilège de liens, dans une langue ou une autre. Il y a à boire et à manger, mais comme je suppose mon lectorat lui aussi concerné…appréciez.

- Tout sur l’acquisition de la nationalité allemande.

- La lettre de Marine Le Pen, où l’on (re) prend contact avec la notion de « double allégeance ». Bon, du coup, j’apprends aussi que j’ai fait allégeance comme un preux chevalier à mon pays. Moi qui pensais simplement l’aimer et en tirer des conséquences logiques. Quelle niaiserie de ma part.

- La double nationalité d’après le service public français.

- Une carte du monde avec les pays reconnaissants la double nationalité.

Tout ça me fait battre la campagne et penser à une remarque envieuse qui m’a été faite par un ami allemand. « Wir haben einen Ausweis, ihr habt eine Identitätskarte« . Il voulait en venir au fait que nous osons évoquer le terme d’identité alors que eux ne le peuvent que difficilement. C’était dit avec une pointe de jalousie bien visible.

L’identité allemande, vaste débat. Ne pas chercher à perdre son accent local, ne pas chercher à parler un parfait hochdeutsch, ne pas abandonner son dialecte, s’habiller d’une façon qui fasse typique, sauvegarder des traditions régionales à tout prix…tout ça passe sous le terme générique de « défendre son identité » ici, probablement aussi parce que le papier comme l’idée d’une nationalité allemande manquent- en réalité, l’Allemagne, c’est la fédération libre de plusieurs entités régionales (amis du fil à couper le beurre…).Donc, en toute logique, une « identité » pour chacun ne peut pas vraiment exister aux yeux de l’Etat fédéral. On a un « Ausweis », un laisser-passer, au sens propre, pour circuler d’un Länder à un autre. Rien de plus.

L’identité, techniquement, c’est l’ensemble des données permettant à un individu d’être distingué d’un groupe uniforme, comprendre une masse nationale.  En toute logique, avoir une identité, ça rassure, d’où l’idée de la chercher et de la défendre (par contre la développer, ça c’est une idée plus rare…) Certains la définissent comme un héritage donné à la naissance, à défendre becs et ongles contre des ennemis difficiles à cerner, mais dans le fond souvent vaguement basanés (réécouter Coluche et le sketch « C’est l’histoire d’un mec… »). La modernité aussi, c’est un vecteur qui effraye, destructeur d’une identité figée et fiable. Ecoutez les plus âgés: « de mon temps, on ne tombait pas si bas » (on ne s’habillait pas si mal, on avait des bonnes moeurs etc. Je t’en fiche). Pour moi, les bases d’une identité saine, ce serait plutôt ce que je choisis d’être, donc ce qui m’a été donné et ce dont je suis fière, comme ce que j’ai acquis par moi-même et ce que je veux encore faire. Un peu comme un but à atteindre.

Pourquoi une identité ne saurait pas être multiple, en mouvement? Et pourquoi ne peut-on pas être à la fois français et algérien, allemand, grec…si on aime chacun de  ses deux pays de la même manière? Est-ce qu’on doit dire adieu à ses racines pour vivre dans le temps présent?

Mais peut-être suis-je celle qui a trop d’idéaux. Peut-être est-il temps de penser à vivre en Français pur et dur sur le sol germanique, puisque Dieu nous a mis là- dans ce cas, notez bien que je veux un boulanger certifié « made in France » pas loin de chez moi, plus un Casino ou un Champion avec concombres et tomates empoisonnés français, et surtout pas trop de germanophones autour, c’est désagréable à l’oreille. Quelqu’un transmet à l’ambassade? C’est important, merci. :)

Bon sérieusement, en tant que franco-berlinois, vous en pensez quoi?

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Quelques expressions

Ca faisait longtemps que je n’avais pas fait de post sur les problèmes de langue…Alors, pour compenser, quelques expressions rigolotes  que j’ai remarquées récemment :):

1- Lieber ein Spatz in der Hand als eine Taube auf dem Dach.

>> Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras!

Côté français, l’expression remonte au XVIème siècle et semble venir d’une traduction de l’espagnol. La Fontaine popularise l’expression dans l’une de ses Fables. Je n’ai  en revanche pas trouvé l’étymologie allemande.

2- Ich habe einen Frosch im Hals.

>> J’ai un chat dans la gorge.

Côté allemand, l’expression fait référence à un terme médical concernant une partie de la gorge, Ranula. En langue courante: Froschgeschwulst. Côté français, cela vient d’un calembour, vous pouvez lire une petite explication ici.

3- Wer zuletzt lacht, lacht am besten.

>> Rira bien qui rira le dernier.

4- Jemandem einen Korb geben.

>> Envoyer quelqu’un sur les roses.

Dans les deux cas, l’expression remonte au moyen-âge. « Roses » en français désigne ici les roses sauvages, autrement dit les buissons de bord de route. En Allemagne, il semblerait que ce soit une tradition qui soit à l’origine de cette Redewendung: le prétendant envoyant un panier à la jeune femme, celle-ci appréciant ou non le cadeau et le renvoyant par la fenêtre en cas de désaccord.

5- Morgenstund hat Gold im Mund.

>> L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt.

La formule allemande vient directement du latin et fait référence à la figure mythologique de l’Aurore, qui est inondée d’or.

Les expressions et les proverbes, c’est sans doute le plus drôle à apprendre dans une langue…on ne comprend pas toujours la logique, mais en général ça se retient assez facilement. Et vous, il y en a qui vous ont marquées plus que d’autres?

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Kokowäh ou la joie de l’offre cinématographique

Umm, le titre ci-dessus, pour tous ceux qui ignorent l’art et la manière de le lire, est une traduction littérale de la prononciation allemande du mot « coq au vin ». Bon, comme titre de film, cela n’annonce rien de bon, on admet.

Le problème principal n’est cependant pas là. Le problème est que ce film est un pur produit Til Schweiger. Lectrices, si vous ne connaissez pas, je vous suggère d’aller faire un tour sur Google Images en tapant Til Schweiger. Mais surtout, restez calmes: il date de 1963.

Bien, une fois les choses expliquées de façon carrée, j’aimerais lancer un grand débat. Pourquoi, comment est-il humainement possible qu’un navet, même pourvu de bellâtres, même dégoulinant de bons sentiments sponsorisés par Kleenex et alii, fasse salle comble? Comment se fait-il que régulièrement, méthodiquement, l’un d’entre nous cède lui aussi à l’idée selon laquelle le film ne peut pas être si bête? Mais pourquoi ai-je cédé à l’argumentaire?

Synopsis revu et corrigé par moi:

Til court les jupons, mais dans le fond, il est malheureux et c’est un écrivain torturé, ignoré du grand public qui ne voit pas son génie ô combien éclatant. Et tout un coup, la chance de sa vie lui tombe dessus: son ex, devenue célèbre après avoir piqué un manuscrit qu’il avait jeté à la poubelle, le paie pour écrire le scénario du film basé sur le bouquin. Bon, jusque là tout va bien, surtout qu’on sent bien qu’il va y avoir du rapprochement avec l’ex, très belle d’ailleurs (m’énerve). Sauf que: on lui livre sa fille biologique devant sa porte. Que va devenir pauvre Tilou?

Je ne voudrais pas vous gâcher la suite au cas où vous voudriez le voir, j’en ai assez dit comme ça. Par contre, je croise les doigts pour que ce film ne passe pas les frontières…Ca donne du Nathalie Imbruglia entrecoupé par de courtes scènes de dialogues au contenu palpitant (« Wo bist Du denn? In New York« ), du rire et des larmes de Til avec son indéboulonnable fille Emma, et un gros sentiment de déjà vu. Pour vous donner une idée, la bande-annonce…

Reste ensuite à présenter Til Schweiger pour tous ceux qui ne le connaissent pas.

Til est l’un des acteurs les plus en vogue en Allemagne en ce moment. Il sévit dans des comédies qui se ressemblent par leur format: Männerherzen (Le coeur des hommes), Keinohrhasen, Kokowäh. Et ces prestrations ont souvent une suite: autant dire que ça marche très fort.

En dehors de ça, Til a un talent (je parle sérieusement) qu’il semble exploiter relativement peu. Je n’arrive pas à savoir si c’est une erreur de jugement de ma part, ou bien un choix volontaire de son côté de ne faire que des comédies qualifiées de « typisch Schweiger’chen » par quelques Allemands isolés. On l’a vu notamment dans Inglorious Basterds (il est vrai que son personnage ne parlait pas non plus des masses), où il incarne un tueur de nazis pour le moins déterminé. Et il produit, écrit et réécrit. Autrement dit, il est responsable des plus grands succès commerciaux sur les écrans allemands depuis 15  bonnes années…c’est pas gagné. Vous trouverez d’ailleurs plus d’infos sur lui par ici.

J’ai beau réfléchir, je ne comprends pas. Et c’est pas en voyant la foule de la Berlinale que je vais trouver une réponse. Je vais y voir pour l’équivalent d’un an de cinéma, sinon je craque. Berlin, en dehors du Kino Babylon, ce n’est pas le paradis cinématographique…qu’on me donne une Berlinale tous les trimestres!

Au fait les franco-berlinois…psst…vous allez voir quoi vous?

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Retour aux sources: de Funès en Allemagne!

Bon, c’est l’hiver, le temps ici pince à nouveau méchamment, et l’activité bloguesque chute quelques peu… Hélas. Comme d’autres le disent ailleurs, je crois bien qu’on peut parler d’hibernation. Tout prend une dose d’énergie qui paraît insurmontable, au point qu’on se demande comment faire pour maintenir l’équation « travail-vie sociale-courses-administratif », pourtant encore en équilibre honorable. Si on s’écoutait, on resterait à se lover au fond d’un fauteuil, enroulé dans 4 couvertures (minimum) et avec chocolat chaud à disposition, les yeux dans le vague, quasiment prêt à dire que Tokio Hotel est un sommet musical plutôt que de devoir aller chercher ses Brötchen au coin de la rue. C’est dire.

Seulement, dans un bizarre non- instinct de survie que je ne m’explique toujours pas, je  persiste à geler sur mon vélo pour sillonner (pas tous les jours, j’avoue, mais bon…) la ville. Très étrange phénomène, et surtout très gênant pour le porte-monnaie: la moindre Arkade en vue s’apparente à un oasis de chaleur où je fonce me blottir entre un point de départ et un point d’arrivée toujours trop éloignés l’un de l’autre. Les arcades, par ce temps, c’est comme les gâteaux au chocolat: on résiste difficilement à leur attrait.

Aujourd’hui, je me suis donc retrouvée face au paradis des gadgets inutiles chez Saturn, pâle équivalent local de la Fnac- le « pâle » étant bien entendu totalement subjectif, (*ancienne addict de la Fnac*). Depuis mon acquisition impulsive d’un DVD de Max and Moritz au rabais en dessin animé (appellation abusive, les images sont pour le moins…rebutantes: les couleurs inversées, vous aimez?), il faut dire que je me méfiais…Et là, je tombe sur le rayon de Funès: nouveau choc. On vend ici, en terre germanique, des films de ce comique tellement français. Les Gendarmes, Rabbi Jacob, Fantomas…ils sont là. Et je sens que je risque de craquer pour alimenter ma vidéothèque, qu’est-ce que je peux rire devant 5 ou 6 de ses films…

Sauf que: acheter un film culte pour le voir doublé en allemand, je passe mon chemin. Et visiblement avec raison, d’après les recherches que je viens de faire. La Grande Vadrouille fait l’objet d’un débat parmi les fans allemands, voir notamment le lien suivant: mauvaise synchronisation, trois versions différentes, deux titres pour un seul film. Die grosse Sause. Drei Bruchpiloten in Paris. Et tout ça pour un film qui repose quand même sur un gros fond de clichés sur nos amis allemands…et en plus sur un passé à assumer, ce qui ici, est encore bien douloureux.

Comment ça passe en allemand, concrètement? J’ai cherché la bande-annonce en langue locale, disponible ici (commencez à environ 1:00). De Funès qui parle allemand, grands Dieux. Ca me fait vraiment tout bizarre…

Etonnant, non? Autant je comprends le succès allemand de Bienvenue chez les Chtis, autant là, je suis dépassée…C’était bien le film français que je n’aurais jamais pensé pouvoir regarder avec des Allemands. C’est un peu comme si je devais à chaque fois m’étonner que de Funès soit connu ici. Il y a quelques biographies sérieuses sur le marché, mes collègues citent Le Grand Restaurant, et La Grande Vadrouille a sa page allemande sur Wikipedia. Tout ça est un fait, mais pourquoi suis-je encore étonnée…? Dans le sens inverse, je ne connaissais aucun grand comique allemand avant de venir vivre ici…ou alors j’ai loupé une étape?

Pour tous ceux qui auraient oubliés ce film légendaire, un extrait de dialogue que j’adore, c’est tout juste si on y entend pas l’accent français au couteau, même sans le son:

-Are you ?


-You are ?


-Yes. Happy.


-Glad.


-Where is big moustache ?


-I don’t know. And if you don’t know, I don’t know, no !


-I don’t understand !


-You come with me to pick up Peter.


-No, you, you come with me to pick up MacIntosh.


-No, no you…


-I beg your pardon ?!


-And if you don’t come, I… I…Oh merde alors comment on dit ça… ?


-Comment ça « merde alors » ? But alors, you are French !

-You are not english ?

- No.

Et, pour le plaisir, le passage de l’interrogatoire (je serais d’ailleurs curieuse de savoir si ça fait partie des 7 -ou des 22- minutes coupées dans la version allemande…):

Comment ne peut-on pas rire en voyant ça? :)


Louis de Funès & Bourvil à la Kommandantur
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De l’art de faire une revue de la blogo berlinoise

Une fois tous les 400 ans (au moins), je suis prise d’une idée saugrenue: faire une veille, systématique et organisée, de la blogosphère allemande, et plus particulièrement berlinoise. Il y a des blogs que je suis quasiment au quotidien (béni soit par exemple celui de l’ami David pour tous ses filons sur Friedrichshain), ceux que je surveille quand ça me chante (par exemple, quand j’ai faim et la nostalgie d’un certain temps jadis, celui-ci, le résultat est que je vais faire un casse aux magasins asiatiques dans l’heure qui suit), et puis ceux que j’ignore la plupart du temps parce-que-je-suis-fatiguée-j’ai-parlé-allemand-toute-la-journée-déjà. Soit une écrasante majorité de blogs intéressants, surtout pour une ville dans laquelle on vit…Ahem.

Donc, aujourd’hui est un grand jour: j’ai cherché à consulter un peu de cette masse d’information officieuse sur la vie dans Berlin. Ce qu’il y a bien, avec les blogs, français, allemands, ou encore lunaires, c’est qu’il y a à boire et à manger. On peut apprendre que certaines personnes pourtant très bien sous tous rapports ont parfois des difficultés à communiquer (Selbst ist die Pauline), que la Gentrification touche profondément la Neustadt de Dresde (seule 15% de la population y vivant dans les années 80 y serait encore, voir notamment la vidéo ici) ou que décidément, Westerwelle ne sait pas parler anglais. Tout est donc une question de savoir filtrer l’information, celle qui vous touche personnellement et vous semble crédible, importante, cruciale- vous remarquerez d’ailleurs que par un curieux tour du sort, aucun des exemples précédents n’a de rapport direct avec Berlin, mais passons, c’est comme ça.

Et là, c’est le drame: j’apprends, aujourd’hui, 29 janvier 2011, que j’ai raté un événement crucial lors de ma première année sur le sol berlinois, 2009, alors que j’étais encore dans la fleur de l’âge et susceptible d’un enthousiasme sans pareil. Je pensais pourtant avoir fait le tour de la question avec les 20 ans de la chute du Mur.

Mais non:  faute d’un manque flagrant de curiosité intellectuelle, j’ai raté les 60 ans de l’invention de la Curry Wurst. Je vous assure, je ne savais pas.

Je m’en veux. Je viens d’ailleurs de trouver une ode éloquente à la Curry Wurst en images et en musique (quelle belle voix), que je ne saurais ne pas partager avec vous:

ça me fait rêver, pas vous?

Comment ai-je pris conscience du problème? Eh bien, par le chemin suivant:

1- On consulte ses favoris, section « blogs en allemands », et on pense au passage « mais quand ai-je créé cette catégorie? »

2- On arrive après quelques articles banals sur la Gentrification, Merkel, et les événements berlinois à venir comme le Semi Marathon sur le sacro-saint Blogonade, lequel est effectivement un blog que j’aime suivre, sans même passer par mes favoris poussiéreux, quand j’en ai la force.

3- On est interpellé par le titre de son tout dernier post, qui nous annonce que désormais, le Curry Wurst est aussi disponible en mode pizza. Oui, vous avez bien lu, en pizza. J’en salive déjà.

4- On lit. Lidl vend donc des pizzas au Curry Wurst pour 99 centimes. Laquelle serait, en prime, relativement mangeable. On n’arrête pas le progrès!

5- En état de choc face à cette information, on renonce à écrire un billet sur la Kuchenmanufaktur découverte la veille aux confins de Neuköln et Kreuzberg, et on fait  illico une recherche sur Google avec les mots clés « blog, Curry Wurst, Berlin »

6- On tombe avec ébahissement sur la Vérité, à savoir que le Curry Wurst a eu 60 ans en 2009, et par la même occasion, un musée dédié dans la Schützenstr., juste derrière Checkpoint Charlie, ce qui permet aux touristes de faire d’une pierre deux coups.  Pour le musée du Curry Wurst, j’avoue: je savais, mais j’ignorais totalement sa portée symbolique, et du coup je n’y ai jamais mis les pieds. Une honte. Pour tous les ignorants qui ne tiennent plus, je vous évite la recherche via Google, longue et ardue: allez voir par si vous ne me croyez pas.

Avec 70 millions de Curry Wurst consommées à l’année sur Berlin, des variantes de luxe (vous voyez que j’ai continué la recherche…), je crois bien qu’il est temps de rendre hommage à Herta Heuwer (maintenant je sais comment elle s’appelle) et de bomber le torse: maintenant, je sais. Amis lecteurs, si vous aimez, et que comme moi vous étiez dans l’ignorance, je ne puis vous dire qu’une chose: tous au musée.

Bon, ceci dit…vous lisez la blogo allemande vous…?

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