En vrac, Teil 2

Temps délicieux sur Berlin. Une journée comme celle-ci ferait oublier tous les tourments de l’été. En prenant une glace chez Isabel par exemple…Ou alors en allant prendre un cidre dans une bonne crêperie. Mrmrmrmrmr.

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Revenir de France, c’est rentrer ou partir? J’ai la vague impression de faire des allers et retours en prenant des vols entre deux pays dont on cherche à me faire dire que l’un est la maison et que l’autre, forcément, est…autre chose de non défini.

Dans tout ça, en réalité, l’idée  »maison » a disparu. Plus ou moins. Pour moi comme pour des dizaines d’autres personnes qui vivent ici après une longue route vers eux-mêmes ou vers leur rêve. Il y a l’endroit des souvenirs pour tout le monde. Et il y a l’endroit de l’avenir. Qui est tout sauf stable. Ce combat du monde extérieur pour nous faire coller une étiquette sur ces deux sphères me paraît de plus en plus absurde. Il pousse à se poser des questions inutiles, douloureuses, et apparemment sans retour. Rester. Retourner. A tout jamais, et dire une messe.

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S’expatrier, c’est faire l’expérience de l’esprit critique. Partout, au moment où on s’y attend le moins. On veut faire les choses bien, et on se demande au final si le bien, c’est une idée relative. Bien manger? En France, c’est obligatoirement avec de la viande. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le site manger-bouger.fr. Et hop un lien. Pendant ce temps, ici, mon médecin est vegan (pour ceux qui ne connaissent pas: il ne consomme aucun produit d’origine animale). Loin d’être le seul d’ailleurs. Des Français m’expliquent que le lait est en fait mauvais pour la santé, et mon premier réflexe est maintenant de les croire. Profiter d’une belle soirée sans nourriture? Ca passe par la case bière, systématiquement. Mais ce n’est pas grave, la bière ce n’est pas vraiment de l’alcool.

Moi je dis: au final empiffrons-nous. Il y aura bien un pays qui justifiera nos excès.

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Merkel a un vrai problème de look. Si même les Allemands l’admettent, c’est que quelque chose est en train de changer. En attendant, elle est normale ET elle gouverne sans avoir à faire de la publicité dessus. Bien ou mal?

Bon sinon, sérieusement…quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi la mode a si peu de place à Berlin, si ce n’est en Allemagne en général?

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Il y a des gens, on les voit, et on sait. Ils sont Français, Anglais, Allemand. Etc. On sait, et donc on juge en conséquence, très vite, de l’attitude à prendre, de la phrase à dire pour engager la conversation. Ca me fait penser à cette expo Kleider machen Leute (hélas terminée): quelle est la part de l’habit dans l’identification d’une personne par une autre? De la même façon qu’on juge d’une personnalité par ses vêtements, la nationalité attribuée passe par un ensemble de strates que l’on décrypte. Le corps, le goût vestimentaire, le mouvement. Dans un second temps, la voix, l’intonation, les formulations. Ce sont de toutes petites choses qui nous définissent aux yeux de l’autre. Toutes ces petites choses qui nous font être et paraître, elles aboutissent à appauvrir ce que nous sommes. Il y a tant de détails, et tant de moyens de savoir à qui nous avons affaire. Et pourtant, on réduit. Dans les mots, si ce n’est dans les pensées. Au final, connaître quelqu’un, c’est avoir fait un si long chemin au-delà des préjugés de la première rencontre…

Posted in Parlons franco-allemand.

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