Lecture à thème: Kalter Hund

Aujourd’hui, revue sur un nouveau titre en allemand: Kalter Hund, de Karin Reschke. Le livre est paru courant 2009 aux éditions Weissbooks.

Quelques mots sur Weissbooks: une toute petite maison d’édition créée fin 2007 par deux grands éditeurs échappés d’un groupe assez connu. Anya Schutzbach et Rainer Weiss, les anciens chefs marketing et programme de Suhrkamp, ont monté leur propre maison à Francfort pour faire vivre les livres tels qu’ils les aiment. Et cela se voit quand on les rencontre, comme dans les distinctions qu’ils obtiennent.  Ils savent communiquer, ils savent donner envie, partager leur passion. « Newcomer des Jahres  » pour la foire de Leipzig 2009, « Gründerpreis » décerné par la ville de Francfort. Je suis prête à parier qu’on entendra encore parler d’eux.

Karin Reschke fait partie des derniers écrivains allemands originaires de Prusse Orientale. Le livre est en fait presque un roman personnel, et c’est surtout de ce point de vue que cela m’a paru intéressant à lire. Page après page, on découvre comment les Allemands de Prusse ont recréé leurs vies dans un Berlin d’après-guerre, divisé, triste et animé par les fantômes du passé. Au milieu de tout cela, des velléités politiques et de la verlorene heimat, il y a la jeunesse qui tente de vivre et de s’épanouir. Rose est la fille d’un couple divorcé, il lui est interdit de voir son père, avec lequel elle a un contact privilégié. Avec le temps, et dans le plus grand secret, la relation reprend. Pendant que la famille amputée par le passé et par la perte de ce père mène une existence indifférente au présent, Rose vit portée au rythme des rendez-vous paternels. On voit Berlin à travers les yeux d’une enfant qui grandit dans une ville en ruines, progressivement écartelée entre deux camps, animée par des retours inattendus au goût bien amer.

Pourquoi ce titre? Le Kalter Hund est un gâteau facile à préparer, symbole des temps de pénurie évoqués dans le livre. Un peu oublié par les Wessies, ce gâteau reste très populaire en ex-RDA, où on pouvait le faire sans difficultés avec les ingrédients disponibles à la vente. Flo en a donné la recette ici. Pour tous les flemmards, ils en vendent aussi à Netto (et ailleurs, certainement…). C’est bon pour l’hiver (suivez mon regard).

Pour la langue: assez accessible, dans la mesure où le roman est l’histoire d’un enfant. Les dernières pages de l’adulte sont elles aussi assez simples d’accès- à mon avis. En tous cas c’est un vrai plaisir à lire, je vais probablement aller piocher dans les autres titres de Karin Reschke très bientôt.

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