Crêpes et galettes à Kreuzberg

Premier post d’une nouvelle catégorie sur les bonnes adresses de Berlin…

Il y a dans la Reichenbergerstr. une très bonne crêperie française. Enfin, plus précisément, bretonne, ça va jusqu’à ce niveau de précision. Le local est situé quasiment à Kottbusser Tor, c’est un restaurant assez large qui rend bien l’ambiance propres aux crêperies bretonnes que l’on connaît. Je suis allée tester avec une amie allemande, histoire de voir comment les Allemands, qui ne connaissent très souvent que le côté le plus chic de la cuisine française, réagissent face à l’idée de manger des crêpes salées, et qui plus est au sarrasin. Sur un échantillon d’une seule personne (…), ça donne donc ça:

A: Buchweizenmehl?! Daraus kann man crêpes machen?

B: Na ja, eigentlich ist es hier eher die Rede von Galettes. Dann wird es eben nicht süss.

A: Ok, dann galettes. Aber wie gross ist das? Und wie isst man das überhaupt?

B: Es wird meistens mit Eier und Schinken gegessen, und in einem Teller zusammengefoltert. Err, gefaltert meine ich.

A: Aso…

B:…

A: ….Bestelle für mich bitte. Das Menu ist für mich etwas zu verwirrend.

Pour elle, ça a donc été ça:

Galette norvégienne

Pendant que moi je prenais ça:

Galette complète tomates

Le tout bien entendu arrosé du traditionnel cidre, mon Dieu comme ça fait du bien de voir un pichet (pardon, une carafe…) sur sa table:

Pichet de cidre. Rien que le concept, c’est formidable.

Si vous n’aimez pas les crêpes, vous ne pouvez pas comprendre à quel point c’était bon. Le restaurant prête à se sentir bien, les crêpes sentent bon, on a l’impression de se retrouver téléporté dans la rue du Montparnasse tout en pouvant parler allemand. Un vrai miracle.

Alors après il y a eu le dessert. Une crêpe caramel. MIAM:

Comment tuer quelqu’un: manger une crêpe caramel fumante aussi bonne que celle-ci, devant lui, et par moins vingt

Bref, point de vue nourriture, je ne peux que vous recommander. C’est situé au Reichenbergerstr.30, ouvert tous les jours de semaine sauf le lundi pour le midi et pour le soir. Samedi et dimanche, c’est ouvert en soirée. Plus d’infos par là.

Comme j’ai eu la chance de pouvoir poser des questions et que ça m’intéresse, je partage les quelques infos que j’ai pu obtenir, en accord avec le gérant, Ahmed Moutaoukil. Il y aura un autre billet à ce sujet, aujourd’hui je choisis de me concentrer sur quelques constats interculturels…

Concrètement, les Allemands ne s’imaginent pas vraiment pouvoir faire un repas de crêpes. Soit ils imaginent ça comme trop lourd ou trop sucré (es ist im Endeffekt nicht so mächtig, disait mon amie), soit ils imaginent ne pas manger à leur faim. Dans un cas comme dans l’autre, le problème est de savoir si ça vaut le coup. L’importance de cette idée se voit en regardant la clientèle du restaurant: principalement des femmes, qui s’attendent à du sucré et espèrent du (relativement) léger. Alors qu’il est tout à fait possible de rajouter de la viande à l’ensemble…

Le problème, c’est de savoir faire avec la culture culinaire locale, qui est à des années lumières de la nôtre. Ca se remarque dans la vie de tous les jours, de la simple remarque du temps accordé à la pause déjeuner en entreprise (une maigre demi-heure, qu’on dispose d’une cantine ou non) au culte du gesund essen- manger pour vivre, une finalité en soi, à ne pas perturber. Manger chez soi? Ca va du terrible plat italien pour les grands soirs au Brötchen mit Eiersalat quotidien. On met les petits plats dans les grands, où on ne les met pas du tout, et on veille simplement au gesund . La télé est de sortie, le téléphone aussi, et vraiment manger en famille est assez souvent réservé au week-end. Sortir? On regarde le prix, et puis on juge selon ses moyens, Kebab ou resto pour marquer le coup. Dans un cas comme dans l’autre, il y a relativement peu d’attention portée à ce qui peut être un bon entre-deux, dans la mesure où l’on projette de faire autre chose après avoir mangé- à moins que l’on mange pour marquer une occasion. Manger est en fait une finalité, un impératif sur lequel on peut en toute logique rogner du temps et de l’argent.

Pendant ce temps, la culture culinaire française consiste à passer du temps à table, quelque soit la circonstance, et à investir du social dans la nourriture- on ne mange pas que pour manger. Non seulement nous aimons sortir au restaurant, mais en plus nous aimons nous y attarder. Cf ce qu’en disent des plus savants que moi:

D’est en ouest et du nord au sud, la France consacre un temps infini aux plaisirs de la table. Et pas seulement pour le rituel du repas de la mi-journée. Le soir, les petits, les bons, les grands restaurants et autres brasseries sont plein à ras bord, et ça se prolonge pendant des heures. On ne constate le même phénomène, du moins à ce niveau, dans aucun autre pays européen ou occidental.

Louis-Bernard Robitaille, Ces impossibles français, éditions Denoël, 2010.

Je serais prête à parier que l’une des principales raisons pour laquelle nous pouvons envisager de passer autant de temps à manger est notre façon d’envisager le temps. Pendant que nos amis allemands concentrent toute leur attention sur l’accomplissement d’une seule tâche, nous sommes prêts à tout envisager en même temps. Manger aussi est une chose à faire, après tout. Ce serait simplement que nous voyons les choses différemment… Et même en connaissant cette différence, il reste très difficile de s’adapter, de comprendre spontanément ce qui se cache derrière un menu.

On a donc affaire à une clientèle qui vient chercher dans les restaurants français une haute cuisine qu’elle estime sehr köstlich, tout en étant preiswert et idéale pour un soir où l’on va chercher à s’offrir une vraie occasion de se faire plaisir. A côté de ça, il y a les crêpes, plus simples, peu connues du public allemand,  qu’on découvre comme étant une cuisine en soi au détour d’une promenade aux alentours du Kotti. Elles étonnent le nouveau consommateur, un peu comme un produit dont on ne connaît pas encore le succès. Quand le client comprend l’idée, c’est le rapport avec le prix qui le choque. Quand il reconnaît ça comme de la  »vraie » cuisine, le problème peut venir de l’ambiance: une crêperie peut-elle être considérée comme une Stube? Ou bien est-ce mieux pour un déjeuner d’affaire, un déjeuner rapide…? Etc. Etc. Autant de raisons d’interrogations qui font qu’Ahmed voit la clientèle étudier la carte dehors, s’en approcher, repartir, chercher une autre possibilité, revenir, demander plus de renseignements, faire la moue, puis se laisser convaincre. Ils ne savent pas à quoi ils ont affaire.

Février, c’est le mois de la Chandeleur. Ce qui serait bien, ça serait de montrer à quelques allemands de quoi il retourne quand on s’y met sérieusement. Par exemple en allant chez Ahmed, il y a des menus à 12 euros et c’est drôlement agréable comme endroit!

Bref, point de vue nourriture, je ne peux que vous recommander. C’est situé au Reichenbergerstr.30, ouvert tous les jours de semaine sauf le lundi pour le midi et pour le soir. Samedi et dimanche, c’est ouvert en soirée. Plus d’infos par là.

Comme j’ai eu la chance de pouvoir poser des questions et que ça m’intéresse, je partage les quelques infos que j’ai pu obtenir, en accord avec le gérant, Ahmed Moutaoukil.

La crêperie est l’un des multiples projets d’ouverture de restaurants qui ont vu le jour dans Berlin ces dernières années. Une idée, un talent, une envie…tout ce qu’il faut pour faire fleurir bars et établissements divers à Berlin. Pour la plupart, vouloir ne suffit pas. La crêperie bretonne est un des établissements qui a montré que son modèle marchait, malgré un fait qui ne joue pas en sa faveur: concrètement, les Allemands ne s’imaginent pas pouvoir faire un repas de crêpes. Soit ils imaginent ça comme trop lourd ou trop sucré (es ist im Endeffekt nicht so mächtig, me disait mon amie), soit ils imaginent ne pas manger à leur faim. L’importance de cette idée se voit en regardant la clientèle: principalement des femmes, qui s’attendent à du sucré et espèrent du léger. Alors qu’il est tout à fait possible de rajouter de la viande à l’ensemble…

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Prépositions, particules et conséquences

Le pire, quand on apprend l’allemand, c’est de vouloir le faire bien. On se retrouve noyé dans la règle du par coeur, les fiches, les règles à n’en plus pouvoir. Enfin, il y a des gens qui réussissent sans. Malheureusement, ça n’a pas été mon cas. 10 ans d’efforts.

Aujourd’hui, le bilan est plutôt bon: je n’ai plus qu’une seule fiche, un seul point qui me perturbe gravement. Enfin plus ou moins, la gravité, c’est relatif. Non pas que je ne fasse plus de fautes: je les fais en sachant ce que je fais. Fièrement. Mes fautes sont de vieilles habitudes, des bafouillements qui font partie de moi. Les abandonner, ça serait perdre un peu de mon âme. Alors voilà.

La seule vraie zone d’ombre, donc, ça reste le domaine des prépositions et préfixes bizarres qu’on va coller à des verbes pour exprimer des idées très précises et souvent un poil loufoques. Exemple: vous voulez corriger la coupe d’un vêtement, vous pouvez dire, semble-t-il, ce mot merveilleux: umschneiden.

J’ai donc essayé de mettre un peu d’ordre grammatical dans ma tête. Comme je suppose que je suis loin d’être la seule à en avoir marre, petit florilège des prépositions et préfixes qui peuvent nous tomber dessus:

A/ les prépositions sympathiques, celles qui s’emploient avec UN SEUL CAS:

prépositions suivies de l’accusatif:

  • durch
  • für
  • ohne
  • gegen
  • um

prépositions suivies du datif:

  • aus
  • bei
  • mit
  • nach
  • seit
  • von
  • zu

B/ Les prépositions sehr feindlich, qui s’emploient avec plusieurs cas:

  • an
  • auf
  • hinter
  • in
  • neben
  • über
  • unter
  • vor
  • zwischen

Alors là, l’idée de base est simple: s’il y a un mouvement, vous mettez l’accusatif, sinon le datif. Même ma grammaire Niemann und Kuhn le dit alors:

Er schreibt ins Heft.

Er klopft an die Tür.

Ich schaue Dir in die Augen.

Ca se complique avec les idées de choses achevées et les verbes d’état. Là, on passe au datif:

Er verbirgt sich hinter dem Baum. (il ne bouge pas d’un poil…)

Wir landem auf dem Flugplatz. (on atterrit, comprendre que le vol est fini, c’est un fait).

Comme j’ai toujours du mal avec cette règle-là, j’ai simplement décidé d’apprendre ces phrases par coeur. Ca marche pas trop mal pour le moment.

Datif également pour tout ce qui ne concerne pas le lieu (SAUF: denken an/ glauben : ich glaube an Dich et auf/ über qui restent à l’accusatif: ich bin böse auf Dich). Exemple: sie fürchtet sich vor ihm, er hält sie am Arm mais ich denke über Deine Wörte nach et ich denke an Dich die ganze Zeit.

C/ Les prépositions qui se transforment méchamment en préfixes verbaux.

Là, malgré mes efforts, je n’y vois pas clair du tout. Je vous mets les quelques indications que j’arrive à formuler sans avoir mal au crâne. Si vous avez des règles plus simples, surtout, exprimez-vous.

  • um se colle un peu à tous les verbes. Pratique pour faire style on sait tout ou presque comme les Allemands de souche. Il exprime la transformation ou le changement, on met l’accusatif et c’est bien pratique. Ich muss diese Tasche umtauschen, sie ist leider defekt.
  • be, c’est un moyen d’insister sur la force donnée au verbe. Ou une forme plus polie (quoiqu’à un moment ça se rejoint). La plupart du temps, comme le verbe devient faible avec l’ajout du be, il faut apparemment compenser en ajoutant le sich.  La bonne nouvelle, c’est que du coup vous êtes autorisés à utiliser l’accusatif en toutes circonstances. Sich bedanken>> ich bedanke mich. Idem pour: Sich beklagen. Sich bewerben. Le hic, c’est que personne ne sait vraiment quels verbes tolèrent l’ajout d’un be et quels verbes ne le peuvent pas. C’est que ça ferait un peu vieillot, voire pas clair du tout chez les jeun’s.
  • ent, c’est pour l’idée de jeter et distancier quelque chose. entwerfen, jeter quelque chose sur le papier. etwas entfernen: mettre quelque chose à distance. Pas de cas en particulier.
  • vor, pour mettre un argument sous les yeux d’une personne. vorwerfen: lancer quelque chose à la figure de quelqu’un, donc reprocher. vorstellen: présenter (devant) quelqu’un. vorhaben: avoir un projet (à développer).
  • an, ça exprime l’idée d’un échange. Ce qui est pratique avec celui-là, c’est qu’associé à un verbe, il est quasiment systématiquement associé à l’accusatif. Ca rejoint ce que je disais plus haut: ich denke an Dich, ich glaube an Dich, mais aussi ich spreche Dich an.

Voilà. Il y en a d’autres et je pourrais aussi vous parler du génitif. Mais là, ça suffit pour aujourd’hui, je réserve le reste à une autre fois. Suspens.

Psss: on pourrait pas demander à Merkel de réformer la grammaire…? Allezzzzzzzz Angelaaaaaa!!

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Überfreundliche Landschaft

Réchauffement spectaculaire de la Spree: les plaques de glace apparaissent

Clin d’oeil à tous ceux qui connaissent la propagande météo berlinoise et plus généralement le froid glacial de ce mois de février. Je suppose que c’est pour protester que mon appareil photo a choisi de donner cette couleur bizarre à l’ensemble.

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Lecture à thème: Une femme à Berlin

Aujourd’hui, séquence Arte avec un livre sur la prise de Berlin au début 1945…

Une femme à Berlin est un témoignage historique, rédigé sur le vif, des quelques semaines entourant la prise de Berlin par l’armée soviétique. Âmes sensibles s’abstenir, le ton est rude et le propos peu joyeux. Dans une ville en ruines, livrée à elle-même, privée d’eau, de nourriture, d’informations, les derniers Berlinois essayent de survivre dans un chaos sans nom. Ce sont quelques déserteurs cachés dans les caves ou aux combles, des nazis convaincus et un peu fous, des réfugiés de Prusse orientale annonçant par avance les malheurs à venir, et surtout une écrasante majorité de femmes ayant à faire face à l’évidence: qu’elles le veuillent ou non, elles seront violées, affamées et impuissantes. Il y a celles qui en tirent parti et survivent, et les autres. Le journal relate donc les derniers jours dans les caves, la faim, les relations avec les Russes, les colocations surgies de nulle part avec de parfaits inconnus, l’attitude collective face au viol, la perte de tout repères, puis le lent retour à la vie, du retour de l’eau courante au respect soudain de la propriété privée.

Quel est l’intérêt du livre? Pour moi, surtout dans les vérités intemporelles qu’il donne sur les Berlinois ainsi que les clefs pour comprendre les traumatismes sociaux amenés par la défaite nazie. Sa réception par le public allemand, ou plus précisément l’histoire de son accueil local, est également un point intéressant. L’auteur, anonyme, n’a pas sa langue dans sa poche, et elle met le doigt sur des vérités trop dures à entendre pour une société d’après-guerre ne survivant que grâce à l’oubli volontaire. Ce qu’elle décrit, ce sont des Berlinois qui n’ont que cette phrase à la bouche pour tout accepter, tout subir: tout ça, c’est au Führer qu’on le doit. Une phrase de propagande qui se retourne contre son créateur pour décrire l’horreur et la peur du lendemain. Les hommes allemands sont absents, impuissants, privé de tout moyen d’action. Les femmes subissent, en tirent parti, cherchent les officiers pour obtenir une protection, se débrouillent. Quand elles ne perdent pas la raison.

Le texte a été publié à la suite d’un hasard, les relations de son auteur dans le milieu éditorial y ayant largement aidé. C’est d’abord en anglais qu’il est publié, puis dans un ensemble de langues, à la fin des années 50. Le seul endroit où ça ne marche pas, c’est en Allemagne: sa publication en 1957 est considérée comme un étalage d’immoralité et largement condamné. L’auteur, depuis son anonymat, décide de ne plus autoriser de nouvelles publications en langue allemande avant sa mort. Ce qui nous mène en 2001. Là, les choses commencent lentement à bouger: l’oubli n’est plus à la mode, les derniers témoins historiques se font rares, les langues se délient sur les exactions soviétiques. La publication est donc remise à l’ordre du jour, cette fois avec un vrai succès.

De la personne derrière le texte, nous ne savons rien ou presque, même si des théories existent. Ce que l’on peut déduire du texte est qu’il s’agit d’une femme issue d’un milieu social assez élevé, ayant étudié et voyagé, et probablement une solide expérience de journaliste qui semble être passé en dehors du spectre de la presse officielle. Elle a une trentaine d’années, elle est cultivée et volontaire, s’exprime en russe et en français, est capable de porter une analyse pointue sur son époque. Le reste est assez classique: une Berlinoise qui n’a d’autre choix que de passer de cave en cave au fur à mesure des bombardements, puis une femme sur laquelle se jettent des soldats inconnus, puis quelqu’un qui revient à la vie. En tous les cas, ce n’est pas l’esprit critique  ou visionnaire qui lui manque:

En sortant du magasin, nous avons vu passer un camion qui transportait des troupes allemandes; avec des miroirs rouges, c’est donc la défense antiaérienne. Ils roulaient en direction de la ville, s’éloignaient de nous pour rejoindre le centre. Les hommes étaient assis en silence, regardaient fixement devant eux. Une femme les a interpellés:  »Vous foutez le camp? » Pas de réponse. Nous nous sommes regardées en haussant les épaules. Puis la femme a dit.  »Après tout, ce sont des pauvres diables. »

A l’époque, je me faisais constamment la remarque suivante: mon sentiment, le sentiment de toutes les femmes à l’égard des hommes, était en train de changer. Ils nous font pitié, nous apparaissent affaiblis, misérables. Le sexe faible. Chez les femmes, une espèce de déception collective couve sous la surface. Le monde nazi dominé par les hommes, glorifiant l’homme fort, vacille- et avec lui le mythe de l »’Homme ». Dans les guerres d’antan, les hommes pouvaient se prévaloir du privilège de donner la mort et de la recevoir au nom de la patrie. Aujourd’hui, nous, les femmes, nous partageons ce privilège. Et cela nous transforme, nous confère plus d’aplomb. A la fin de cette guerre-ci, à côté des nombreuses défaites, il y aura aussi la défaite des hommes en tant que sexe.

Ce livre laisse un goût amer et donne envie de savoir comment a eu lieu la lente mutation vers le silence et l’oubli. De ces quelques semaines suivant le siège, on apprend que les traumatismes ont été surmontés par la catharsis: parler sauve. Raconter, encore et encore, est l’unique chance de survivre dans ce monde déréglé.  La chance de Berlin, ça a été que rien n’a été fait de façon isolée. Tout le monde sait et tout le monde en parle. Mais cette parole devra un jour cesser. Ce jour est celui du retour du soldat, l’élément extérieur, justement celui qui n’était pas là, qui ne sait rien. Il va falloir taire les sacrifices et les horreurs subies pour éviter l’opprobe. Très bientôt, la population, d’ailleurs  subitement passée du statut de Volk à celui de Bevölkerung, devra surmonter le traumatisme en affectant la perte de mémoire. Quel destin pour ceux qui ne le peuvent pas?

Lire une autre critique ici.

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Touche manquante

Au bout de trois ans d’expatriation, Berlin est devenue simplement la ville où je vis. Rien de plus. Ca en aurait presque un côté banal.

Sauf que: vivre à l'étranger, utiliser une autre langue que sa langue maternelle, ce n'est pas quelque chose qui peut devenir si naturel que ça en a l'air. Il manque toujours un petit quelque chose, qui fait que l'on joue, sans cesse, à imaginer sa vie autrement, dans un ailleurs inaccessible. L'idée du retour n'attire pas forcément, mais elle nous habite malgré nous, sachant qu'il y a un certain nombre de vols low cost par jour reliant Paris, Nice ou Lyon en moins de deux heures. Cette idée du retour, c'est un peu comme penser à des vacances aux Maldives quand on touche Harz IV: non envisageable, et d'ailleurs absurde. Seul un joker pourrait la faire devenir réalité. Et pourtant, on y pense.

Mirage de l'expatriation: admirer Paris

Alors dans tout ça on cogite un maximum sur ce qu’on fait de sa vie, sans le vouloir, même quand tout va bien, et on se sent devenir vieux malgré soi. Je n’ai jamais appris autant sur moi-même que depuis que je cherche à comprendre une culture qui n’est pas la mienne. Miroirs réfléchissants.

La dernière chose que j’ai apprise, c’est qu’il me manque une denrée qui ici est pléthore: la simplicité. Placée face à un problème, je vois la solution et l’obstacle généralement assez vite, il n’y a pas vraiment de défaut de compréhension. Mais j’ai tendance à me concentrer sur l’obstacle et non la solution, ce qui engendre des trésors de stratégies de contournement, quand il suffirait d’aller tout droit. Je pense compliqué, je parle compliqué, j’agis compliqué. Je commence d’ailleurs à me demander si les tenants et les aboutissants de mes décisions font sens pour ceux qui me connaissent, et si oui, lequel.

Autour, il y a des gens, principalement des Allemands, vu le lieu, qui pensent effroyablement simple. Quand je fais 50 phrases dans un allemand alambiqué pour répondre OUI ou NON, ça fait louche aux yeux de mon interlocuteur. Et pour cause. Je m’évertue à faire une réponse sans fautes, quitte à endormir mon auditoire en passant par des subordonnées à rallonge. Or je n’ai plus rien à prouver sur ce plan. Pendant que je continue à éviter cet obstacle marginal, lui va utiliser une langue directe, rapide, efficace. Il se fiche des fautes,  voire d’être correct, il se fiche des raisons et autres fioritures encadrant le discours: il veut juste en venir à l’essentiel, quand je considère que l’essentiel est dans la forme. L’allemand a  d’ailleurs un potentiel tellement pragmatique, concentré sur la solution, quoiqu’il arrive.

Je crois bien qu’il me manque cette sorte d’aisance. Ce pays me l’a appris. Je la laisse presque systématiquement de côté hors cadre professionnel, et je fais exactement ce que m’a dit un certain garçon: Du denkst zu viel. Mon aisance à moi, c’est celle des problèmes insolubles. Et non pas celle de la vie pratique, où l’on dit ici sollen ou müssen à tout bout de champ, ce qui évite d’avoir à penser trop. Il y a des moments où je m’interroge sur cette capacité du monde extérieur à sauter d’un problème à un autre, pendant que je m’y enlise à combattre des démons qui n’y sont pas vraiment. J’ai maintenant la réponse: faute de savoir faire simple , à force d’envisager tous les possibles et de penser au conditionnel, on perd son temps. Je suis sans doute une espèce rare, peut-être même un specimen unique. Je viens de perdre un mois, et je n’arrive toujours pas à faire comprendre pourquoi j’ai agi ainsi dans une conversation tranquille. Pourtant, il y a des raisons plus que valables. Certaines formules prennent alors tout leur sens, on doit la suivante à Adenauer:

„Einfach denken ist eine Gabe Gottes. Einfach denken und einfach reden ist eine doppelte Gabe Gottes.“

Voilà donc ma leçon d’expatriée de l’année 2011. Une leçon que je n’aurais sans doute jamais apprise sans avoir eu l’idée saugrenue, et d’ailleurs totalement injustifiée à certains égards, de venir ici. Me voilà pourvue d’une carte de plus en main, et je n’en suis pas mécontente. Reste simplement à savoir quel usage je vais en faire pour les 11 mois restants de 2012.

Et vous, l’expatriation vous a-t-elle amené à vous redécouvrir?

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Formules de politesse

Suite de la série sur la langue allemande qui passionne les foules…

Aujourd'hui: les formules de politesse à glisser dans les mails, lettres, etc, voire même vos petites annonces gratuites sur internet. quand vous avez quelqu'un à contacter, personnellement ou professionnellement. Pas toujours facile de savoir où on met les pieds lors de son premier contact commercial ou personnel en la langue allemande, entre autres.

Donc, dès maintenant sur ce blog: où, quand, comment manier la langue de Goethe pour avoir une réponse.

LE PREMIER CONTACT

1-la phase de salutation venant des tréfonds de votre coeur

Sehr geehrter Herr, sehr geehrte Frau Schmidt, sehr geehrte Damen und Herren…

Très honoré Monsieur, très honorée Madame Schmidt, très honorés Messieurs et Mesdames (dont j’ignore le nom)

2- la phase obligée où vous vous extasiez sur l’une des choses qui concernent vaguement votre interlocuteur direct

Mit grosser Begeisterung habe ich über die Seite XXX gelesen, dass Sie…

J’ai lu, avec un enthousiasme débordant, à tel endroit, que vous…

3- le fond de votre problème. Moi normalement je fais long, en partant du principe que ça terrorise le lecteur et donc le contraint à une réponse. Ca marche pas trop mal.

4- les formules de clôtures, visant à demander à son interlocuteur une réponse rapide après tant d’efforts de notre part

Gerne können Sie mich über diese Adresse oder meine Nummer erreichen. Ich würde mich darauf freuen, von Ihnen hören zu dürfen.

Ca me ferait très plaisir que vous me contactiez à cette adresse mail ou bien ma ligne directe. Je serais véritablement très réjoui(e) d’avoir l’honneur d’obtenir de vos nouvelles.

Alors là il y a un truc à souligner: sich freuen auf +ACC. Expression traîtresse devant l’éternel. A ne pas confondre avec sich freuen über+ACC. Le premier signifie que vous vous réjouissez par avance de quelque chose (non vous n’êtes pas du tout coercitif…), le deuxième que vous vous réjouissez d’un truc qui est en train de se passer (ou qui a déjà eu lieu). Comme j’ai mis littéralement 3 ans à arrêter de faire la faute en sachant cela, je vous passe le piston suivant: ne dites jamais que vous êtes content de ce qui est en train de se passer et concentrez vous sur la version avec auf. Voilà. Tout de suite ça ira mieux.

5- vous remerciez chaleureusement la personne d’avoir tooooooooooout lu

Ich bedanke mich für Ihre Aufmerksamkeit

Je vous remercie de votre attention.

NB: il y aurait des choses à dire sur sich bedanken, mais Kip a prévu d’écrire un jour là-dessus, donc je ne vais pas jouer les rapaces en le faisant avant lui.

6- formules d’usage

Mit herzlichen Grüssen

Avec mes voeux les plus sincères.

Alors voilà, ça, c’était l’étape un. Où l’on voit à quel point l’allemand a un côté assez solennel. Bientôt, un billet sur l’étape deux et le glissement du solennel au plus détendu.

PS: si quelqu’un veut suggérer des améliorations…

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Pensée du jour…

C’est fou comme le marché turc peut vous revigorer. Fruits et légumes pour une semaine pour 5 euros à tout casser. Qu’en plus on vous propose un café tous les vendredis, pas forcément toujours au même étal, ça en devient impayable.

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Dernier cri

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A méditer…

Vor Gott sind eigentlich alle Menschen Berliner.

Theodor Fontane.

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Scènes de drague

N’en déplaise aux défenseurs les plus ardus de ce pays, je finis par me résoudre à écrire ce post, sur mon blog, pour enfoncer une porte ouverte. A savoir: la drague, ici, ce n’est pas ça. Mais alors, pas du tout du tout.

Même s’ils existent visiblement des gens qui ne voient pas le problème.

Néanmoins, comme je suis sûre de mon opinion après l’avoir mûrement réfléchie en trois ans sur place, pour le leur prouver aux défenseurs (parce que je vois déjà les boulets de canon arriver, en plus ce sera des filles casées avec un Allemand, hein), voici quelques liens à consulter afin de voir que d’autres Français(es) vivent la même chose. A savoir un sentiment grandissant d’être devenu(e) incroyablement moche à son insu, que le travail, c’est la santé, ou encore de tomber quasiment tous les jours de l’année sur des gens qui sont:

a/ en couple. Le pire, c’est que subitement vous avez l’impression qu’ils sont à 90% en mode inséparables -comme les oiseaux. Ils font tout ensemble. Réflexes coordonnés, tout ça tout ça. Rien que par leur façon de sonner à l’interphone vous savez à qui vous avez affaire. Des zamoureux qui énervent la nana de la chanson tellement ils dégoulinent de bons sentiments (rappelons au passage que 35% des Berlinois de 25 à 35 ans sont célibataires, donc véner’ sur ce point en particulier. Théoriquement, vous avez donc des raisons d’espérer trouver un deckel, ou un topf, selon). Vous les entendez donc, ces doux agneaux, roucouler pérorer en l’espace de la microseconde nécessaire pour actionner l’ouverture de la porte de votre immeuble. Quand ils racontent leur vie, pardon leurs histoires, c’est aussi en mode coopératif. Ils s’interrompent pour se congratuler de locutions lunaires:  »tout à fait »,  »c’est exactement ça » etc., etc. Usant. (j’espère qu’ils ne me lisent pas ces deux-là…)

b/ chasseurs du même gibier que vous. Soit en réel, et là très souvent, vous le voyez de suite, c’est bien. Soit en hypothétique, et dans ce cas vous vous demandez pendant des semaines si malgré la rumeur tendant à faire croire que non, en fait ils ne seraient pas quand même. C’est vrai quoi, cette indifférence polie qui se concentre sur la conversation.

c/ non envisageables. Mais là, il est possible qu’à un moment vous finissiez par ne plus voir du tout cette catégorie. Il est même possible que vous vous retrouviez paumzingu’ le coeur meurtri pour quelqu’un qui n’était même pas votre genre à la base et auquel, pour toutes les raisons que je vais vous décrire ci-dessous, vous n’avez rien compris.

d/ en cours de reconversion à l’international. D’ailleurs ça peut vous arriver.  J’en connais qui vont se reconnaître. Vous vivez dans l’ancienne capitale prussienne et vous êtes avec un Italien qui passe l’hiver à vous casser les oreilles avec le soleil romain. Par exemple. L’été, vous le passez ici ou là-bas, mais surtout, trop souvent avec sa mamma. Elle vous explique comment cuisiner sainement: préparer des ventrées de pâtes. Donc, dans les rues que vous côtoyez, comptez avec des couples qui en fait, n’ont absolument aucun lien intime avec le pays. Polono-espagnols, franco-italiens, brésilien-portugais, que sais-je. Dans une telle situation d’incompréhension des techniques de drague germaniques, tout s’explique. Et je vous laisse libre de juger à quel point cette assertion de ma part est vraie ou fausse. En toute démocratie.

Et après il y a : les Autres.

Bon. Arrivée à ce point de mon blabla, je dois vous concéder que nous, Français, mais surtout Françaises, bénéficions d’un atout majeur à utiliser à bon escient. Parler est en soi avoir fait la moitié du chemin et dissiper une grosse partie des hésitations du monsieur. La moindre trace d’accent français vous confère un potentiel insoupçonné: celui de faire surgir les phéromones dans n’importe quelle atmosphère. Vous êtes fairefureurisch rien qu’en disant votre nom. Même les jours où vous avez l’air de Robocop tellement vous êtes de bonne humeur. Ca prend parfois des proportions sidérantes. Téléphonez par exemple à votre caisse de sécu, tombez sur un homme et expliquez lui avec hargne votre problème d’inscription. Jamais vous n’aurez un niveau de service aussi abouti. Plus vous dites de euh, mieux c’est. Idem au boulot. Le  »léger » accent sera jugé délectable. Toujours, y compris si vous ne le voulez pas. Alors, tant qu’à en arriver à ce niveau-là, autant s’en servir. Non mais.

Donc, les liens:

Manon et son bellâtre

Un constat cinglant de Caroline

Le témoignage de Nat, rescapée du désastre

L’analyse d’Hélène

Voilà. Alors on reprend. La drague, vaste sujet pour tous les expats paumés entre les signes, pardon les langages codés incompréhensibles consistant à masquer l’existence des phéromones pourtant bien présents. Les Allemands aiment les jupes, les talons, tout comme tous les autres. La preuve par Loriot et le discours embrouillé d’un père:

La drague, donc, cette façon d’aborder quelqu’un pour des motifs amoureux et que ça soit à peu près clair pour cette personne, je crains bien qu’elle n’existe pas vraiment ici, sauf très rares exceptions tout à fait louables. Le mieux en fait, c’est quand la personne qui drague peut aussi faire croire qu’elle ne l’a pas fait, comme ça elle ne prend pas trop de risques. Pas encore compris quels risques. Du moins dans le sens homme-femme. Il existe certes des relous mecs qui osent faire comme en France, c’est à dire vous aborder au supermarché, dans la rue, ou bien au resto ou au bar, et là ils sont moins relous, de suite (signe de reconnaissance: ils commencent en grande majorité leur discours par Alles klar? Nouvelles venues, vous saurez que non non, vous n’avez pas l’air mal en point. D’ailleurs heureusement qu’ils font ça. Imaginez un peu les baffes qu’ils se prendraient s’ils utilisaient le mot local pour mademoiselle). Mais ça reste assez rare. La grande majorité ne le fait pas. C’est même tellement rare que parfois, vous qui étiez si peinard sans aucun commentaire non désiré sur votre look ou votre forme physique, vous commencez à présenter tous les symptômes de la femme stylée bien française que jamais auparavant vous n’avez été. Ou alors, vous vous surprenez à avoir une certaine nostalgie pour ces compliments gratuits très français qui, dans le fond, ne mangent pas de pain et vous pousseraient presque à réserver un week-end à Paris ou à Nice sur expedia fr ou un autre site, pour vous remonter le moral (mademoiselle, j’te parle! mademoiselle, tu es belle comme la lune! t’habites où? je t’offre un café! je te porte tes provisions si tu veux! etc. etc. Et vous êtes la seule cruche à sourire à ces phrases reloues, donc ils insistent encore plus. Super).

A l’opposé de ça en Allemagne, il y a les séquences où vous réalisez qu’en fait, pas du tout, vous intéressez probablement tout le monde deux trois mecs pas trop moches et que tout va bien, vous n’êtes pas nobody mais en fait, Scarlett O’Hara remix. Ouais. A vous les amours fous à travers les contrées verdoyantes. Il y a un truc dans l’air. Seulement, arrivé à ce niveau-là d’appréciation de votre personne, l’homme peine souvent à diffuser un message clair. Vous parlez pluie et beau temps, neige et verglas. Le problème pour vous est donc d’identifier assez tôt l’objet du rapprochement de votre interlocuteur, histoire d’être sûre sûre après tout ça. Facile à dire, pas facile à faire. Souvent, vous le captez un peu trop tard le rapprochement. Vous vous retrouvez donc sans aucune forme de certitude, désarmée, vaguement désespérée aussi devant tant d’énigmes. Mon conseil: si vous vous posez la question, c’est déjà bon signe. Parce qu’en soi, c’est digne des meilleurs stratégies et tellement limpide que vous n’y voyez vous même que du feu, que vous vous dites que c’est certainement un schtroumpf. Et pour cause: partie de skat ou motif ultime? Discussion politique ou motif ultime?

Bref, plus vite vous décodez, mieux c’est. L’avantage, c’est que plus vous accumulez de temps de présence en Allemagne (système de points, en fait), plus vous commencez à comprendre tôt. Parce que sinon, ça risque tout de suite d’être l’étape suivante: Hollywoodschaukel (= balancelle judicieusement placée sur un balcon, normalement utilisée pour savourer la tarte et le café le dimanche, façon année 50, avec la grand-mère pas loin) dans le vent froid de l’hiver berlinois. Vous attrapez la mort avant d’avoir réalisé le revirement de situation. Ou bien dîner aux chandelles dans un resto posh de Prenzlau quand on vous a parlé d’aller prendre un verre pour continuer la discussion interminable -et palpitante- sur Helmut Schmidt. Avec en prime la vague impression que vous êtes à compter de ce jour LA femme de la vie de l’homme devant vous, et que ne pas avoir assez faim pour finir ce que vous avez commandé peut avoir des conséquences cataclysmiques. Et qui renonce facilement au statut de Scarlett O’Hara pour cause d’indigestion?!

Donc voilà. On a d’abord le sentiment de ne pas exister pendant des semaines, puis subitement de trop exister pour que ça soit plausible, et puis de ne plus rien comprendre à rien. Tout ça est normal. Inutile de paniquer.

Alors après il y a les filles qui partent du principe qu’elles doivent prendre les choses en main. Pour certaines, ça marche. Pour d’autres, pas.  Les pigeonnes. A vous de voir. C’est sans doute une question du nombre de fois que vous avez essayé. Mais le mieux, c’est encore d’en rire avec eux, ça aide à savoir à quoi s’en tenir ;)

Bon. Après tout ça il est fort possible que vous vous demandiez s’il y a un avantage à ne pas vous reconvertir à l’international, histoire de ne pas perdre de temps si comme 90% d’entre nous vous ne comprenez rien à rien. Eh bien oui, il y en a un, et de taille: la reconversion en homme au foyer. C’est qu’il répondrait quasiment à cette attente féminine éternelle du prince charmant à tous égards à lui tout seul, c’est dire:


Le prince charmant von pascaldinot

Enfin bon, les exceptions existent, hein. Tous les hommes ici ne sont pas Monsieur Propre ou chef cuistot à la maison, même s’ils vous racontent la version glamour sur leurs dons en cuisine italienne au restau de Prenzlau. Méfiez-vous. Je ne voudrais pas vous induire en erreur et que ça me soit reproché par un nouveau type de détracteurs. Mais bon.

Edit de dernière minute: Audrey en parle aussi. Deux fois. Comme quoi.

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