Tous à vos écrans

Pour tous ceux (et surtout celles) qui ne le savaient pas, Tilou s’attaque au petit écran. Tilou, c’est Til Schweiger, DIE superstar allemande, dont j’ai déjà parlé abondamment ici. Un homme et un acteur qui me met des étoiles dans les yeux. J’entends son nom dans la rue, je me retourne pour vérifier des fois qu’il serait vraiment dans les parages et pour lui demander d’arrêter de traîner sa gamine partout.

Quelle ne fut donc pas ma joie d’entendre au point info de ce midi que les rumeurs vont se confirmant. Tilou souhaite décidément changer de majeure et délaisser (un peu, faut pas pousser) le cinéma pour apparaître à la TV. Mais pas n’importe où. Non non. Dans le très saint Tatort que les Allemands regardent religieusement le samedi ET le dimanche. En d’autres termes, ça a un potentiel impact très, très important. On ne peut pas comprendre l’Allemagne sans connaître l’importance de Tatort. Si vous ne connaissez pas Tatort, ce n’est pas compliqué à comprendre. Il s’agit du seul événement télévisuel qui parvient à faire vibrer les foules berlinoises sans avoir recours à 90 minutes de foot. Vous mettez un groupe de flics, du sang et une énigme à la Derrick  vaguement modernisée et voilà.  Certains cafés se remplissent grâce à ça. Tout un business. Et tout ça sans avoir eu encore recours à l’aide de Tilou: remarquable!

Pour sauver encore plus de cafés, tout va désormais s’accélérer. Til arrive. Vous me demanderez donc quel est l’intérêt pour Tatort d’aller chercher Tilou qui ne doit pas être donné, vu le cours actuel du Botox. Eh bien, apparemment, Tilou dispose d’un charisme, pour ne pas dire une crédibilité, qui manque aux protagonistes actuels. Il se trouve que ça me plaisait bien sans le charisme et la crédibilité.  Bon. Mais des fois que ça me plaise encore plus.

Quel est l’intérêt du côté de Til Schweiger? En y réfléchissant bien, je crois qu’on peut résumer ça en 3 points:

- Tilou doit en avoir assez de cette image de bellâtre vieillissant. D’autant plus que les comédies romantiques se conjuguent difficilement avec l’âge, dans le fond.  Merci à Hugh Grant de l’avoir montré malgré lui. Donc pourquoi ne pas réfléchir à un changement radical d’image via le petit écran. Camper un commissaire sexy vachement futé, vachement sur la descente, et vachement populaire, qui pour une fois n’a de bellâtre que l’apparence (en fait c’est absurde ce que j’écris: à part l’apparence, que possède un bellâtre?). Ca devrait lui plaire à Tilou. Moi à sa place j’aimerais en tous cas. Passer un cran au-dessus. A sa place, je serais même prête à m’enlaidir un peu pour sortir du rôle unique  à jouer une fois tous les 2 ans sur grand écran.

- Tilou veut encore agrandir son public féminin. Non content de les attirer au cinéma (et parfois même de faire subir ça à leur malheureux compagnon traînés là contre leur gré), il veut maintenant les surprendre chez elles, quand elles sont en train de réfléchir à leur Brötchen du soir. Il est d’ailleurs temps de penser à l’avenir: plutôt que de viser les fêtardes de 20, 30 ans qui sont susceptibles de voir les affiches de ciné, il faut viser les quinquas, fidèles dans l’adversité, plus sérieuses et attentives  à leur écran à l’heure du repas.

- Tilou se voit bien en Derrick deux. Il y a d’ailleurs relativement peu à investir: un imperméable, des grosses lunettes (faire un tour chez l'opticien, c'est en option on dirait), de la gomina, un assistant. Une carrière d’avenir si l’on se souvient de Horst Tappert, légendaire au-delà des frontières grâce à l’art du gros plan. C’est précisément ce qui manque à Tilou: l’accès aux publics féminins au-delà du Rhin et des mers. D’ailleurs Tatort, à l’étranger, pas encore entendu parler. Il serait temps. Til pourrait être l’argument clé d’une internationalisation. Je ne le comprends que trop bien, il faut jouer global et parier sur la tension dramatique. D’ailleurs ça rejoint mon point 2, bizarre, non?

Par contre pour la série je ne sais pas si c’est si futé que ça. Des fois qu’il se barre subitement pour jouer Kokowäh 2 (là où il se rend compte qu’il a non pas une gamine mais deux. 2 heures avant son mariage). Ou alors pour les producteurs de ciné. C’est vrai, il risquerait de fatiguer, à être partout.  Moins de spectateurs pour des films comme ça, ce serait dommage.

Je crois qu’on peut résumer ça par des ambitions hégémoniques de la part de la personne qui a eu cette idée. Si vous n’avez pas encore compris jusqu’où porte l’ombre de Til, songez à Banderas en Espagne et Depardieu en France. Mais en pire. Bien pire. Hégémonie, que je dis.

Lisez cet article si ça vous dit.

Bon. Tout ça pour dire que je vais voir voir Tatort tant qu’il en est encore temps. La rediffusion de la veille, ça a du bon.

Et vous, vous êtes enthousiastes?

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Eine einfache Feststellung

Il est tellement simple de venir se brûler les ailes ici. Une idée préconçue sur cette ville, une personne que l’on suit, des projets, ou encore une fuite. Chacun ses raisons. Plus je connais cette ville, plus je connais les gens qui l’habitent, plus j’ai l’impression que nous sommes des papillons de différentes origines attirés par une même flamme.  Il y en a qui échappent et qui continuent à papilloter joyeusement autour. Non pas qu’ils soient plus forts que les autres. Simplement, ils n’ont pas fait d’erreur d’aiguillage: au moment où d’autres sortent du cercle, ils savent garder un accès par des voies mystérieuses. Malgré une rupture ou des heures sup. Partie remise pour leurs ailes.

Parmi les victimes, les uns déménagent, rentrent chez eux, espérant trouver ailleurs ce qu’ils ont perdu ou même n’ont jamais trouvé ici. Les autres restent, toujours attirés par la flamme, totalement fragilisés. Moroses, englués dans le même problème, mettant d’autres noms sur ce mal si répandu.  Pauvreté. Travail inintéressant. Burn out. Maladie. Barrière de langue. Ca, c’est la version officielle.

Le fond du problème, c’est l’ultra moderne solitude. Version locale. Il y a  ici une tendance générale, presque hypocrite, à prendre les symptômes pour la cause. On les brandit pour se présenter comme le Christ en croix, livré à l’indifférence et à l’oubli dans un paysage désertique. Ces oubliés ont un point commun: ne jamais dire, ne jamais vouloir admettre qu’ils ont quitté eux-même le train et que c’est eux qui ne savent plus y remonter. L’enfer, c’est les autres. Pas eux.

« Ich kann mich an keinem Kurs anmelden, es ist mir zu teuer. So kann ich keine neue Leute kennenlernen. »

« Ich habe zuviel Arbeit, verstehst Du? Deswegen ist mein Freundkreis so niedrig geworden. »

« Mir ist es zu anstrengend, die Probleme von anderen Menschen auch behandeln zu müssen. Ich habe genug mit meinen eigenen Problemen. Und wenn keiner mich zuhört, dann soll ich mich nicht im Vorhinein opfern« .

« Ich erwarte einfach dass andere sich bei mir melden. Ich bin ja offen. In der Vergangenheit kam ich auf der Leuten zu, hat mir aber nix gebracht. Von daher. Ich warte. »

« Ich bin nicht von hier, ich weiss nicht womit ich anfangen soll. Wo kann ich Leute treffen, wenn keiner was vorschlägt »

Les humains ont besoin d’autres êtres humains. D’autres le disent mieux que moi: nous avons besoin de parler, d’échanger. Pas seulement sur la météo, et pas seulement via Skype ou par mail. Pour sortir de cette logique, la seule réponse est de ne pas fuir. Si personne ne vient à nous, alors il faut aller à l’autre et avoir le courage de mettre les mots sur les choses. Ce qui reste certes très difficile.

La chanson de Souchon à écouter si ça vous dit…

Voir tout ça autour de moi au quotidien me fait de plus en plus mal. Peut-être est-ce de la lucidité due à l’âge ou bien un pessimisme du à certaines rencontres. Toujours est-il que je crains la contagion, qu’elle commence dans quelques semaines ou quelques années. Rester en permanence à bord du train, ou bien savoir y remonter en marche. Quelle force cela doit-il demander au final. Le problème est de savoir et de savoir agir en même temps. Ich frage mich auch langsam ob ich was letztens verpasst oder verloren habe. Etwas fehlt mir nämlich schon.  Hat es schon bei mir angefangen? Es kann  aber wohl sein, dass es nur ein Fehlen amVertrauen ist. Ein bisschen Stress. Oder werde ich bald so schwach und lahm wie alle da draussen, wenn ich nicht aufpasse?

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Teaser: vos histoires franco-allemandes

Tanaaaaaaaaa! Je viens de prendre le temps de bidouiller dans mon code et j’ai enfin compris comment mettre les commentaires sur certaines pages où ils manquaient alors que tout était au vert. *Très fière de moi* Ce qui nous permet d’avancer vers une idée qui me trotte dans la tête depuis plusieurs semaines.

Tout ça pour dire que nous avons dès aujourd’hui une nouvelle catégorie. J’ai nommé: Vos histoires franco-allemandes.

Le principe est très simple: il s’agit d’une page spéciale où vous pouvez commenter autant que vous le souhaitez pour dire ce que vous aimez en Allemagne, ce qui vous a fait venir ou bien vous fera venir un jour, votre passé familial, vos envies, votre passion pour la langue, voire encore les aléas de la vie qui vous ont mené à découvrir ce pays…Tout ce qui me paraîtra authentique – et qui sera dans une démarche positive, héhé, sera publié. Bien entendu, j’ai aussi quelque chose à dire, donc attendez-vous à un petit pavé  de ma part dans quelques jours ;). Le but est de partager les témoignages.

A vos plumes!

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Monument d’histoire berlinoise: l’Oberbaumbrücke

Difficile de vivre à Berlin sans connaître l’Oberbaumsbrücke. Pourtant, je ne suis pas sûre que tout le monde sache ce qu’il représente ou bien encore tout le poids de l’histoire qui se cache derrière. La preuve, je ne savais pas non plus tout avant de me poser sérieusement la question…Et donc je partage!

L’Oberbaumsbrücke, c’est un pont néogothique qui enjambe la Spree pour relier Friedrichshain et Kreuzberg. Vu de Friedrichshain, donc en venant de la Warschauerstr., ça donne ça:

Il s’agit du pont le plus large de la ville, si j’ai bien compris. Dessus, la ligne de métro U1 fait le lien entre les deux quartiers depuis 1995, suite à une restauration des plus coûteuses. Car on se doute que pour avoir subi les bombardements, l’invasion russe et la guerre froide, il n’en restait plus grand chose, de ce pont. En 1944, pour la petite histoire, il était encore à peu près debout. C’est Hitler, dans un dernier éclair de géniale lucidité, qui a ordonné sa destruction totale pour mettre un point final à l’avancée de quelques ridicules troupes soviétiques prétendant pouvoir conquérir Berlin (une des conséquences du fameux Nerobefehl…). Du coup, en 1945, plus de pont qui tienne. Affaire réglée, invasion pas du tout empêchée. Mais passons.

Pourquoi ce nom? Il faut imaginer que la frontière extérieure de la ville passait à cet endroit à un moment donné. Pour contrôler la Spree, les Berlinois avaient imaginé un système permettant de poursuivre la frontière terrestre et laissaient un passage très étroit pour les bateaux voulant entrer dans la ville et devant montrer patte blanche à la douane au passage. Ce passage était fermé la nuit grâce à un tronc d’arbre nommé Oberbaum. A l’autre bout se trouvait le Unterbaum, donc également un Unterbaumbrücke, aujourd’hui remplacé par le Kronprinzenbrücke. Tout ça date du début 18ème siècle, époque à laquelle un premier pont en bois se situait à l’endroit actuel.

En 1894, moment où la ville a commencé à prendre une véritable ampleur grâce à l’avènement de l’ère prussienne, on décide de donner plus d’allure à ce pont. D’abord parce qu’il est question de relier Stralau (intégré dans l’actuel Friedrichshain) à Kreuzberg via la voie ferrée, ensuite parce que l’on souhaite donner de la prestance à cette ancienne porte de la ville. Otto Stahn, qui a été en quelque sorte l’architecte urbain de Berlin à la fin XIXème, s’occupe de faire les plans. Cela donne un gigantesque pont néogothique qui enjambe le fleuve en 7 voûtes. Dessus, la ligne U1, et en dessous, un espace pour les promeneurs.

Après guerre, on répare le pont comme on peut, et il reste ouvert aux piétons jusqu’en 1961. La suite, on la connaît: l’endroit sert de frontière entre deux Allemagne, et les fuyards se noient à quelques mètres de l’Oberbaumbrücke sans que personne ne puisse faire quoique ce soit. Pas étonnant, dans ce cas de figure, qu’on considère sa reconstruction comme une priorité lors de la réunification: il faut mettre l’accent sur les traits d’union entre l’ancien est et l’ancien ouest pour pouvoir accélérer les choses. Mais d’un autre côté, tout effacer, ce n’est simplement pas faisable. Alors on laisse des traces, on exhibe des cicatrices urbaines. Il s’agit de conserver les traces du passé en gardant des pans de murs entiers (East Side Gallery, juste à côté…) tout en mettant du baume sur les mémoires meurtries en reconstruisant le Berlin perdu, le Berlin d’avant, le Berlin uni. Difficile là-dedans de trouver le bon équilibre, les bonnes décisions en termes de priorité urbaine. Encore aujourd’hui, on en sent les effets. Cela donne parfois l’impression d’être face à un puzzle urbain dont l’assemblage des différentes pièces donne une ville. Vous mettez le quartier des musées autour de la Potsdamer Platz, le Görlitzer Park, l’East Side Gallery, la Spree, l’Oberbaumsbrücke et la Warschauerstr. bout à bout, et ça, c’est Berlin. Assez symptomatique du problème de la ville, non?

Pour finir sur le pont en lui-même, il est maintenant le symbole des deux quartiers réunis dans une seule circonscription administrative, Friedrichshain-Kreuzberg. Depuis 1998, il est le théâtre d’un affrontement assez bizarre: la Gemüseschlacht, bataille de légumes. Mais surtout, il est à un endroit stratégique pour tous les fêtards, que vous croisez normalement avec une bière dans le nez et l’autre dans la main, dans le métro ou sous les arcades…

Bientôt un article du même genre sur la coulée verte. Je devrais ouvrir une catégorie urbanisme moi :)

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Phrase du jour…

Quand un médecin allemand vous donne spontanément des antibiotiques, vous commencez à craindre légèrement pour votre existence.

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Lecture à thème: Kalter Hund

Aujourd’hui, revue sur un nouveau titre en allemand: Kalter Hund, de Karin Reschke. Le livre est paru courant 2009 aux éditions Weissbooks.

Quelques mots sur Weissbooks: une toute petite maison d’édition créée fin 2007 par deux grands éditeurs échappés d’un groupe assez connu. Anya Schutzbach et Rainer Weiss, les anciens chefs marketing et programme de Suhrkamp, ont monté leur propre maison à Francfort pour faire vivre les livres tels qu’ils les aiment. Et cela se voit quand on les rencontre, comme dans les distinctions qu’ils obtiennent.  Ils savent communiquer, ils savent donner envie, partager leur passion. « Newcomer des Jahres  » pour la foire de Leipzig 2009, « Gründerpreis » décerné par la ville de Francfort. Je suis prête à parier qu’on entendra encore parler d’eux.

Karin Reschke fait partie des derniers écrivains allemands originaires de Prusse Orientale. Le livre est en fait presque un roman personnel, et c’est surtout de ce point de vue que cela m’a paru intéressant à lire. Page après page, on découvre comment les Allemands de Prusse ont recréé leurs vies dans un Berlin d’après-guerre, divisé, triste et animé par les fantômes du passé. Au milieu de tout cela, des velléités politiques et de la verlorene heimat, il y a la jeunesse qui tente de vivre et de s’épanouir. Rose est la fille d’un couple divorcé, il lui est interdit de voir son père, avec lequel elle a un contact privilégié. Avec le temps, et dans le plus grand secret, la relation reprend. Pendant que la famille amputée par le passé et par la perte de ce père mène une existence indifférente au présent, Rose vit portée au rythme des rendez-vous paternels. On voit Berlin à travers les yeux d’une enfant qui grandit dans une ville en ruines, progressivement écartelée entre deux camps, animée par des retours inattendus au goût bien amer.

Pourquoi ce titre? Le Kalter Hund est un gâteau facile à préparer, symbole des temps de pénurie évoqués dans le livre. Un peu oublié par les Wessies, ce gâteau reste très populaire en ex-RDA, où on pouvait le faire sans difficultés avec les ingrédients disponibles à la vente. Flo en a donné la recette ici. Pour tous les flemmards, ils en vendent aussi à Netto (et ailleurs, certainement…). C’est bon pour l’hiver (suivez mon regard).

Pour la langue: assez accessible, dans la mesure où le roman est l’histoire d’un enfant. Les dernières pages de l’adulte sont elles aussi assez simples d’accès- à mon avis. En tous cas c’est un vrai plaisir à lire, je vais probablement aller piocher dans les autres titres de Karin Reschke très bientôt.

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Kündigung

A quoi faut-il s’attendre comme démarches administratives quand on change de boulot de boîte allemande à boîte allemande? Je suis sûre que ça vous passionne tous.

Alors attention, ci-dessous une liste destinée à prouver que non, ce n’est pas la mort:

- vous faites une jolie lettre tout en allemand où vous dites que vous voulez quitter votre poste actuel. Jusque là tout va bien pour vous. Votre employeur, c’est une autre histoire.

- vous faites bien attention de récupérer un Arbeitszeugnis avant de partir de votre entreprise actuelle. Celui-ci suit un code langagier assez précis, l’idéal est encore de le faire vérifier par un vrai germanophone avant de remercier votre employeur pour sa prose. Ce serait dommage de récupérer une recommandation que vous pensez bonne et qui en fait ne l’est pas. En Allemagne, l’Arbeitszeugnis est votre meilleur allié pour l’avenir. Si vous n’en avez pas pour une des entreprises mentionnées sur votre CV, ou que le contenu craint, ça ferme des portes…à photocopier en 15 exemplaires donc, au moins.

- vous appelez la Krankenkasse pour lui faire part de votre décision. Celle-ci ne vous félicite pas, mais vous envoie sur demande une Mitgliedsbescheinigung que vous tendez dans un geste fraternel à votre nouvel employeur, le premier jour. Je soupçonne par contre la Krankenkasse de vous renvoyer une nouvelle carte et de vous demander de détruire la précédente, comme quand vous déménagez.

- vous préparez une liasse de documents que vous expédiez au responsable RH: photocopie de votre carte d’identité, RIB, Lohnsteuerbescheinigung (que l’employeur précédent doit vous donner, même si la Lohnsteuerkarte elle-même a disparu), attestation de l’inscription à la caisse de retraite et surtout, l’équivalent de la carte de séjour qu’on obtient auprès du bureau des étrangers (Freizügigkeitsbescheinigung). Totalement inutile dans la vie de tous les jours pour les membres de l’UE depuis 2005 vu que nous n’en avons plus besoin pour nous installer en Allemagne, cette petite carte est quand même nécessaire pour pour pouvoir aller travailler dans une entreprise avec un certain nombre de salariés. L’Allemagne reste un pays paperassier jusqu’au bout des ongles- sans compter que cette carte semble avoir un coût. Ou comment multiplier les démarches administratives inutiles en se rendant dans un bureau qui a des horaires à coucher dehors. Bon.

Alles klar?! Qui dit mieux?

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Pas d’accord

Vous connaissez le graffiti géant de la Köpenickerstr.? C’est une gigantesque inscription qu’on voit quand on se dirige vers la Mauerplatz. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’auteur de cette phrase a de la suite dans les idées…

La photo n’est pas très bonne, la faute au soleil d’aujourd’hui. Cette phrase me trotte dans la tête depuis trop longtemps, je ne suis pas d’accord avec son contenu- ou celui que je pense comprendre, je prends mes précautions :), donc je poste pour le dire. Non mais.

Voyez par vous-même (au pire, en vous rendant ici):

Meine Antwort: Grenzen gibt es einfach weil sie man zulässt. Wenn man sie nicht will, dann sind sie auch raus. In Politik wie im normalen Leben!

PS: si jamais quelqu’un veut m’expliquer le coup de « oben und unten ». Je soupçonnerais presque une histoire de quartiers, certains bâtiments à étages étant divisés entre deux circonscriptions… mais il semblerait bien que je doive donner ma langue au chat. Hilfe!

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Dislocation

Ok, je ne fais pas dans l’originalité aujourd’hui. Ce panneau existe depuis des siècles et il a déjà été blogué de partout. Notamment ici, blog assez  sympathique à parcourir pour ceux qui ne connaissent pas, d’ailleurs.

Donc, j’en viens à la question du jour. Pas de savoir comment on a fait pour aller la mettre tout là haut, cette affiche. Ou de combien de temps elle trône sur cet immeuble. Ni même ce qu’est Hornbach- ça ça sera pour une autre fois, si vous avez de la chance. Ma question est donc: mais qu’est-ce que c’est que cette formulation bizarroïde?! Si je m’écoutais, moi, non germanophone maternelle, je dirais à Monsieur ou Madame chef Hornbach:

« mais t’as rien compris!! en bon allemand, on dit:

- Ich würde Ihnen als Haus Hornbach empfehlen.

OU

- Ihnen würde ich als Haus Hornbach empfehlen.

OU

- Als Haus würde ich Ihnen Hornbach empfehlen. »

Le tout dit avec les gros yeux, bien entendu. J’adore critiquer, c’est maladif, voilà, j’assume. Il faut.

Autrement dit: cette publicité me perturbe. Je voudrais tout biffer et refaire la phrase. Mon idée révolutionnaire pour la Warschauer. et son réaménagement : commencer par cette affiche, passer par une phrase plus sympa sur le plan grammatical OU par une dislocation quelconque. Voir ici ce que c’est sur le plan linguistique. Mais là, tel quel, tous les matins en me dirigeant vers la gare de la Warschauer., je suis dans le même état d’esprit: mais pourquoi? comment? c’est un exercice de style? une formulation utilisée chez les commerciaux uniquement? pourquoi on ne m’a rien dit?! complot chez mes profs d’allemands et mes amis, pas d’autre explication possible.

Sinon, dans l’absolu…faudrait peut être leur dire que leur slogan est un poil trop long. La pub marche, ça, c’est sûr.  La preuve: elle me sort pas de la tête, au moins j’associe le nom « Hornbach » à quelque chose d’autre qu’un mot vaguement imprononçable. Mais le slogan à rallonge, la couleur, la mise en forme…je crois que je ne me ferai jamais aux pubs de ce pays. Même quand c’est juste des mots, même quand c’est pour Ben&Jerry, je cale. Maintenant la vraie question c’est de savoir pourquoi les publicités en français, certainement aussi basiques, ne me font pas cet effet. Et c’est parti pour de la réflexion intense…

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Portraits de déracinés: # 1

Ca fait un bout de temps que me trotte dans la tête l’idée de décrire les gens que je rencontre. La ville, on la vit et on la comprend au fil des rencontres que l’on fait- ou non.

Première de la série: A., une Allemande du Sud. Pour être honnête, je n’ai pas vraiment compris d’où. Je crois aussi que ça lui est égal. A. est venue à Berlin parce que la vie l’y a portée. L’idée d’économiser, une histoire de coeur comme on en a à 20 ans, la réputation de Berlin pour tous les jeunes un peu rebelle, et le tour était joué. 30 ans passés, jolie comme tout, typiquement le cliché de l’Allemande blonde aux yeux bleues, grande, sportive, qui donne l’air assuré. Sauf qu’il n’en est rien. Comme pour beaucoup, il y a l’apparence, et ensuite la réalité. Et surtout une phrase qui revient: « Ich weiss es auch nicht, ob Berlin mein Zuhaus ist ».

A. est une vraie Européenne, avec des racines allemandes, polonaises, israëliennes, un vrai patrimoine familial qui est fascinant quand elle commence à en parler. Elle est intelligente, a fait des études, elle est cultivée et a des choses à dire. Elle a travaillé dans le milieu culturel, l’édition pour ne pas la nommer, cette passion si fréquente à 20 ans et qui nourrit à peine les quelques élus qui s’accrochent tout de même après leurs interminables enchaînements de Volontariat payés 800 euros nets.La première fois qu’on discute avec A., on se sent tout petit devant tant de volonté, tant de choses à partager. N’empêche.

A. a tout pour être bien dans sa peau et ses baskets,  mais elle voit la vie comme une tragédie permanente. 2 volontariats derrière elle, une histoire de coeur ratée, un peu de mal à joindre les deux bouts mais surtout une incommensurable tendance à se méfier de tout et de tout le monde. Rien ne marche. Un boulot bien payé est bien trop stressant, un boulot en start-up trop prenant, les autres pas son profil. Les collègues ne peuvent pas être bienveillants ou même indifférents, les amis ne sont pas disponibles, la famille distante. Peu importe ce qu’on lui dit, peu importe ce que les gens font pour l’aider ou la rassurer, ce n’est jamais une solution pour elle. Warum wollen Leute mir auch immer sagen, was ich eigentlich tun sollte. Warum lasse ich es immer wieder geschehen?

Dans ce grand Berlin froid et anonyme, je crois bien qu’elle a cherché à prendre refuge de quelque chose et qu’elle en paye maintenant l’addition. Une mère qui n’a pas su gérer sa famille. Une relation qui n’a pas fonctionné. Des rêves qui n’ont pas abouti. Berlin, ville où l’on part ou où on reste pour se ressourcer, puis où on reste seul en oubliant ce qu’on est venu y chercher. A., je la soupçonne de faire partie de ces déracinés berlinois, d’Allemagne ou bien d’ailleurs, qui ont franchi un tel degré de solitude que toute relation devient compliquée. L’ouvrier qui vient réparer quelque chose chez elle peut parvenir à faire pleurer A. en une phrase. Simplement en disant qu’il faut convenir d’un autre RDV, donc qu’elle va devoir s’arranger avec son employeur. A. me raconte ça, les larmes aux yeux, et je me sens intronisée dans son monde. Et ça me donne froid dans le dos de penser que des centaines d’autres ont le même problème ici, et que nous ne les voyons pas. Fichues apparences trompeuses.

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