Berlinification

Berlinification, n.f, création langagière déposée par moi. Processus par lequel un individu lambda se retrouve par de nombreux traits assimilable aux Berlinois de souche. Les stades de la mutation sont difficiles à évaluer, voici donc une liste non exhaustive des symptômes frappant la victime, ci après dénommée simplement « Lambda »:

- aucune réflexion au moment de l’achat d’un produit bio. Avant, l’individu hésite, agit avec un pincement de coeur ou de porte-monnaie, conscient au final des raisons de son choix. Après, il met ça furieusement dans son panier de courses et est même capable de lâcher des phrases clichés en entrant dans la boutique telles que: « mais où est le rayon bio? » Violent. Surtout quand on sait que Lambda, en bon Berlinois, n’est pas forcément richissime. Suffit de regarder la clientèle des marchés bios pour comprendre. Sur la Warschauerstr., Lambda berlinifié peut même avoir la chance de converser avec une caissière française. Sujet de conversation: le bio, ses bienfaits, son évidence.

- Lambda a accepté la venue de l’hiver. Il a intégré le fait que dans quelques mois il va avoir l’air d’un bonhomme un peu grassouillet et pas franchement sexy. Il accepte avec calme la perspective horrible de subir -10°C ou -15°C à des intervalles réguliers. Il ose même corriger: -15°C, c’est la nuit, une fois par hiver, voire même pas forcément tous les ans. C’est dire, il a du vécu à son actif.

- dans le même esprit de survivant acharné, Lambda se souvient de ce qu’il a appris les années précédentes et du scandale intemporel des hivers berlinois.  Pas le froid, non. Les stocks de luges pour les enfants et les stocks de sel pour les piétons sont insuffisants. C’est un drame chronique qui fait bondir Lambda. Et c’est dans cet ordre qu’il le dit, pas l’inverse. A moins qu’il ne peste d’abord contre la BVG, la ligne M29, M19 et M48, jamais ponctuelles. Dans une vie antérieure, c’était lui qui n’était pas ponctuel, mais il a oublié cette partie de lui-même. Lambda a toujours été irréprochable sur le timing. Puisqu’il vous le dit.

- le Berlinifié s’excite à l’idée d’aller voter. Ancien politicard à ses heures, le monde politique germain le fascine. Quel parti lui correspond, quelles affiches lui plaisent visuellement et sur le plan des idées (car il lit les affiches. Toutes. Parfois même, Lambda se retourne, hausse le nez. Pour votre information, il vient d’aviser un lampadaire électoral). Après vient une phase intense de check de ses informations précédentes. Comment s’appelle le salaud gars qui a parlé l’autre jour il y a 3 mois à la radio. Que je ne vote pas pour lui. Voter prend pour Lambda tout son sens. Avant, c’était un devoir. Maintenant, ça serait presque intéressant. Et de voir que Lambda pense à s’inscrire, en plus, à l’ambassade pour pouvoir voter aussi en France en 2012 et se comporte pareil en France. Impressionnante révolution intérieure.

- Lambda semble comprendre le Berlinois avancé. Il dit parfois des choses qui dépasse l’entendement pour un être innocent et préservé. Un samedi de septembre, cherchant à entamer une conversation avec d’illustres inconnus: « schönes Wetter, wa? » Au coeur de l’hiver, en attendant le bus, a repéré une target: « och, heute ist och ganz schön kalt, nicht wahr? ». Il n’a pas de problèmes pour interpréter la phrase « ick hab ein Weinkuuuuh gemoocht » et réagit de facon appropriée, du tac au tac: « ein Weinkuchen? Wie schön! » Et si on lui demande comment il va, Lambda peut dire « Jut », certes souvent sous l’emprise de l’alcool, mais il faut quand même pouvoir le faire…

- On s’arrête au feu rouge pour les piétons dans 95% de la ville, Lambda s’y plie avec empressement. Exception notable, la Warschauerstr. Ailleurs, notre ami sera le premier à rappeler à son visiteur que ça ne se fait pas, que ça coûte super cher si on se fait choper, que les bagnoles ne s’arrêteront pas forcément comme en pays angevin (du Bellay, ce visionnaire incompris…) Pis que ça: Lambda regarde d’un oeil noir les cyclistes incompétents, ceux qui mordent de la voie vélo sur la voie piéton, ou bien encore ont le culot de traverser la rue avec leur bolide à deux roues, sans descendre. Ce qui n’empêche pas notre cher ami de rouler avec une vieille bécane déglinguée en dehors de la voie vélo. Lui, il sait manier un vélo. Pas comme les autres.

- Lambda commence à voir d’un oeil vaguement négatif les floppées de touristes qui viennent enrichir découvrir la ville. Choqué par les autocollants associant les touristes aux terroristes posés un peu partout, il n’exprime pourtant que mépris pour ces gens qui se perdent dans le métro pourtant si simple et finissent par provoquer des drames urbains banals (« on a perdu Marcel! Mais où est Marcel?! Chéri, il faut descendre, on a perdu Marcel!! »), ceux qui ne payent pas leur billet et le disent en riant d’un rire gras, et surtout ces Français qui fleurissent avec le soleil. Subitement, de mai à août, Lambda découvre que le touriste français adore Berlin, et s’en énerve. D’abord parce qu’il doit ENCORE traîner sa troupe au Reichstag, ensuite parce que Marcel envisage rarement un tour de la ville à vélo (voyage + barrière langagière+ vélo= « on a perdu Marcel ». 15 fois en 4 heures, 14 fausses alertes, et une vraie). Et pour finir parce que Berlin, c’est SA ville. Pas un bidule qu’on visite en mangeant du curry wurst et en se faisant photographier à Checkpoint Charlie. Pour Lambda, l’idéal du touriste, c’est son ami Oméga qui vient crécher quelques nuitées, comprend l’allemand, reste blasé devant un Kebab, s’extasie devant des Brötchen bios et du Streichkäse, et surtout demande à faire des musées ou activités du type original. Exemple: le simulateur de vol de Weddding. Voir ici pour tous ceux qui cherchent l’inspiration dans une conversation où on vous dit que Checkpoint Charlie est LA chose à voir dans cette ville. Bon ok c’est cher, on fait pas ça tous les jours. Mais ça peut avoir un côté franchement plus marquant que la photo répliquée à des millions d’exemplaires de la porte de Brandenburg.

- Lambda, car on parlait bien de lui, pas des touristes, est presque devenu végétarien, et il ne se porte pas plus mal. Viande au resto, chez soi, on s’offre parfois un filet de saumon, du jambon, des lardons dans une préparation qui autre fois était une quiche et qui maintenant ne ressemble plus à rien du tout. Tout le reste relève de l’aventure culinaire. Lambda n’aime plus vraiment la viande, sa famille et ses amis en visite s’inquiètent de sa santé. Pour les carences et souvent aussi pour voir si Lambda subit une quelconque pression psychologique cherchant à discréditer le rôti de veau aux pistaches.

Bref, un Berlinifié n’est même plus capable de savoir vraiment d’où il vient. Le remède reste encore inconnu.

Posted in Chroniques. Tagged with , , , , , , , , , .

De retour sur vos écrans

On arrête de bloguer un jour, et hop, deux mois passent. Comme ça. La vie est étrange…

Plus sérieusement, il se passe pas mal de choses en ce moment, dont je ne souhaite pas forcément parler ici ou pour certaines pas forcément de suite. Et concernant ce blog, j’ai compris deux trois choses récemment. Comme par exemple pourquoi les blogs ont une durée de vie généralement réduite. 3 ans, en moyenne sur une plateforme comme Over Blog. Sauf que je ne suis pas sur Over Blog, c’est juste que j’ai pas d’autres chiffres sous la main et aucune envie de chercher là tout de suite.

Donc je reviens à mes moutons: j’ai commencé ce blog pour partager mes découvertes, mes coups de gueules et mon plaisir à vivre ici. Il y a un an je découvrais encore des tas de choses. Maintenant, je suis presque blasée. Je connais la ville et ses bons coins. Je n’ai presque plus de problèmes ou de gros étonnements au quotidien. Donc en théorie, je n’ai plus rien à partager ici. Sauf que j’aime bien venir ici et que je déteste abandonner un projet.

Ce blog va donc devoir changer d’objet, il n’est pas pour autant question que je vous raconte ma vie. Ca serait donc plutôt une accumulation des anecdotes de la vie quotidienne, selon mes envies. Des portraits de gens rencontrés, un avis sur un resto, un peu de tout. Un blog normal quoi. Et toujours avec des coups de gueules de temps en temps sinon vous ne me reconnaîtrez plus.

Question du jour: c’est moi ou tous les jours fériés cette année sont tombés un dimanche? Vaguement ressenti au printemps, vivement ressenti pour Noël prochain. Il y a du foutage de gueule dans l’air. On a intérêt à avoir une belle fête de réunification pour marquer le coup…

Posted in Parlons franco-allemand. Tagged with , , , .

Parenthèse légale et questions d’identité

Je viens partager ici ma découverte du jour, un interview du Monde que vous pouvez lire ici. Thème: la remise en question de la bi-nationalité par les autorités françaises à l’heure actuelle, et le déni qui persiste en Allemagne. Et voici que j’en réapprends subitement sur un sujet qui me paraissait si évident.

Je me passerai de commentaires inutiles sur le sujet. Par contre, voilà un florilège de liens, dans une langue ou une autre. Il y a à boire et à manger, mais comme je suppose mon lectorat lui aussi concerné…appréciez.

- Tout sur l’acquisition de la nationalité allemande.

- La lettre de Marine Le Pen, où l’on (re) prend contact avec la notion de « double allégeance ». Bon, du coup, j’apprends aussi que j’ai fait allégeance comme un preux chevalier à mon pays. Moi qui pensais simplement l’aimer et en tirer des conséquences logiques. Quelle niaiserie de ma part.

- La double nationalité d’après le service public français.

- Une carte du monde avec les pays reconnaissants la double nationalité.

Tout ça me fait battre la campagne et penser à une remarque envieuse qui m’a été faite par un ami allemand. « Wir haben einen Ausweis, ihr habt eine Identitätskarte« . Il voulait en venir au fait que nous osons évoquer le terme d’identité alors que eux ne le peuvent que difficilement. C’était dit avec une pointe de jalousie bien visible.

L’identité allemande, vaste débat. Ne pas chercher à perdre son accent local, ne pas chercher à parler un parfait hochdeutsch, ne pas abandonner son dialecte, s’habiller d’une façon qui fasse typique, sauvegarder des traditions régionales à tout prix…tout ça passe sous le terme générique de « défendre son identité » ici, probablement aussi parce que le papier comme l’idée d’une nationalité allemande manquent- en réalité, l’Allemagne, c’est la fédération libre de plusieurs entités régionales (amis du fil à couper le beurre…).Donc, en toute logique, une « identité » pour chacun ne peut pas vraiment exister aux yeux de l’Etat fédéral. On a un « Ausweis », un laisser-passer, au sens propre, pour circuler d’un Länder à un autre. Rien de plus.

L’identité, techniquement, c’est l’ensemble des données permettant à un individu d’être distingué d’un groupe uniforme, comprendre une masse nationale.  En toute logique, avoir une identité, ça rassure, d’où l’idée de la chercher et de la défendre (par contre la développer, ça c’est une idée plus rare…) Certains la définissent comme un héritage donné à la naissance, à défendre becs et ongles contre des ennemis difficiles à cerner, mais dans le fond souvent vaguement basanés (réécouter Coluche et le sketch « C’est l’histoire d’un mec… »). La modernité aussi, c’est un vecteur qui effraye, destructeur d’une identité figée et fiable. Ecoutez les plus âgés: « de mon temps, on ne tombait pas si bas » (on ne s’habillait pas si mal, on avait des bonnes moeurs etc. Je t’en fiche). Pour moi, les bases d’une identité saine, ce serait plutôt ce que je choisis d’être, donc ce qui m’a été donné et ce dont je suis fière, comme ce que j’ai acquis par moi-même et ce que je veux encore faire. Un peu comme un but à atteindre.

Pourquoi une identité ne saurait pas être multiple, en mouvement? Et pourquoi ne peut-on pas être à la fois français et algérien, allemand, grec…si on aime chacun de  ses deux pays de la même manière? Est-ce qu’on doit dire adieu à ses racines pour vivre dans le temps présent?

Mais peut-être suis-je celle qui a trop d’idéaux. Peut-être est-il temps de penser à vivre en Français pur et dur sur le sol germanique, puisque Dieu nous a mis là- dans ce cas, notez bien que je veux un boulanger certifié « made in France » pas loin de chez moi, plus un Casino ou un Champion avec concombres et tomates empoisonnés français, et surtout pas trop de germanophones autour, c’est désagréable à l’oreille. Quelqu’un transmet à l’ambassade? C’est important, merci. :)

Bon sérieusement, en tant que franco-berlinois, vous en pensez quoi?

Posted in Parlons franco-allemand. Tagged with , , , , , , , .

27 choses!

Voilà, on y est, comme chaque année, le drame du vieillissement frappe. Moi et des centaines de milliers d’innocents à qui je souhaite aussi beaucoup de courage.

Comme je ne me laisse pas abattre aussi facilement, j’ai décidé de faire un décompte de petites choses de la vie ici qui me plaisent et que je souhaite partager avec d’autres, à l’instar d’une autre blogueuse qui se reconnaîtra et que les plus futés reconnaîtront aussi…Je dis ça, je ne dis rien :)

Catégorie nourriture et naschen et bibine, en vrac (parce que manger EST important, et puis la bière aussi):

- vive les Biergarten plus ou moins cachés dans la ville où vous avez la possibilité légale de commander bière sur bière pour ne plus finir par ressembler à rien. Seront cités ici le grand, le célèbre, l’incontournable Prater, mais aussi des endroits un peu moins chics mais tout aussi sympathiques comme le Oranke Orange ou le Biergarten qui se cache derrière les barrières de la Moritzplatz. Mes QG pour l’été.

- un grand hommage au concept du Osterhase, fidèle décorateur domestique de toute Berlinoise qui se respecte. Voir la photo ci-dessous, c’est vous dire son importance dans ma vie. Ceux qui me connaissent admireront toutefois le fait que ce lapin soit encore parmi nous aujourd’hui. Mais pour combien de temps encore?

N.B: méfiez-vous, le Osterhase est connu en Allemagne pour avoir un côté pervers…il cache vos affaires. C’est bizarre d’ailleurs, depuis quelques temps je ne trouve plus mon Quark à régime…allez donc comprendre!

- le Max und Moritz dont Nat a déjà parlé ici, le Kartoffelnlaube du Nikolaisviertel, temples de la bonne nourriture allemande (si si ça existe). Bon ok, en hiver, ça passe mieux, j’avoue. Mais vous pouvez au moins y prendre une bière!

- avec le retour de la belle saison, on pense aux glaces de façon monomaniaque. Et ça tombe bien, ça court les rues les bons glaciers ici. J’en avais déjà touché deux mots avec mon top 3 2010 ici.

- pour savourer un café tout en jouant aux expats intellos, il y a des opportunités magnifiques. Par exemple à Kreuzköln, au Roderich.

- pour savourer des Warenikis, le restaurant russe de la Mohrenstr. reste décidément parmi mes favoris. Lire d’autres opinions par là.

- dans la série de luxe, le Umspannwerk Ost est ein Muss. La preuve? Ils font des crèmes brûlées comme par chez nous, et je m’y connais;). C’est aussi un bon plan pour aller voir du flamenco ou se cultiver, mine de rien.

Catégorie « cultivons nous sauvagement »:

- merci au Kino Babylon pour le simple fait d’exister. Voir d’ailleurs ce qu’en dit Jean-Michel ici, je ne suis pas la seule à y voir une oasis cinématographique après avoir été confrontée au choix draconien entre le dernier Til Schweiger et le dernier Christian Ulmen. Terrible dilemne, soit dit en passant.

- VHS, on vous aime. Pour tous ceux qui ont un niveau d’allemand potable, c’est l’endroit rêvé pour apprendre tout ce que vous ne savez pas encore, un peu dans tous les domaines. Ca va du tricot au coréen, en passant par la dactylographie. Le tout toujours pour des prix raisonnables et d’après expériences à répétition, toujours fiable. Il vous suffit de bien vous informer et conseiller, et le tour est joué.

- perdu dans la froide grandeur de la Potsdamerplatz, jetez un oeil au musée du cinéma derrière le Kinomax. Les expos là-bas valent nettement le coup, et pas que d’après moi.

- dans un autre genre, et avec un peu de courage, il faut absolument aller voir les musées de la terreur répandus un peu partout dans la ville. Topographie der Terror, exposition gratuite sur l’avènement et la chute de la Gestapo, tout près du Martin-Gropius-Bau. La prison de la Stasi, avec visite guidée. Le musée juif, votre appareil photo à la main, pour saisir sur le vif le travail de l’architecte qui a fait un excellent travail pour rendre l »atmosphère de la Shoah. Le bâtiment a un côté mystique, à l’intérieur comme à l’extérieur. Jeux de lumières, rendu de la peur et de l’horreur, on comprend bien les choses en y allant. Voir mes photos ci-dessous:

Musée juif- Vue depuis l'extérieur

Musée juif- puits de lumière

- pour saisir l’ambiance de la ville au-delà du point de vue touriste, prendre le bus M29 et se payer une bonne heure de trajet. Regarder les gens monter et descendre, en faire une philosophie urbaine. Cette ligne traverse tout Berlin, des quartiers turcs à Tegel. Voir notamment ce qu’en dit Blogonade par .

- toujours pour saisir l’ambiance de la ville, et carrément éventuellement faire des emplettes, aller au marché turc aux bords du Landswehrkanal. Pour moi, c’est similaire à Wazemmes à Lille.

Catégorie mode, attention mesdames :

- sur la Wismarplatz, au Nikolaisviertel et sans doute parfois ailleurs aussi, Bellanatur. On y met un peu le prix, mais la qualité est super et vous êtes à peu près sûres en sortant de porter des vêtements que tout le monde vous enviera- des inconnues vous ont-elles déjà demandé où vous achetiez vos affaires :)?  Je témoigne à trois reprises. Et en plus ils sont sympas, que demande le peuple.

- sur l’Oranienstr. , Südosten. J’y jette un oeil de façon très régulière, ne serait-ce que pour prendre des idées.

- petite mention spéciale pour Orsay, équivalent plus ou moins réussi de Camaieu. La base pour toute nouvelle arrivée, à mon avis, se trouve là-bas.

- on ne peut pas s’habiller à Berlin sans inclure un côté résolument vintage. Pour le faire sans trop se ruiner, préférez les marchés aux puces. Celui de Mauerpark bien trop cher dès qu’on ne parle pas suffisamment allemand pour pouvoir faire illusion, celui de la Boxhagenerplatz pour le plaisir des yeux, ou encore celui de la Ostbahnhof. Et pas que pour les nippes, d’ailleurs.

Last but not least, hors catégorie: un grill au Görli!!

Posted in Lieux et astuces. Tagged with , , , , , , , , , , , , , .

Lecture à thème: Berlin Alexanderplatz

J’ai enfin fini la lecture d’un livre dont je voulais vous parler depuis longtemps ici.

Bon j’avoue qu’une partie du problème tient à sa taille (plus de 600 pages en poche), au fait que je n’hiberne plus et donc consacre moins de temps à mon blog et à la lecture…Ok. Mais il y a aussi autre chose: c’est un roman très dense, et pour moi un chef d’oeuvre déroutant auquel je ne m’attendais absolument pas. Je l’ai acheté sur un coup de tête, par simple curiosité, suite à l’appel du titre qui me disait (très) vaguement quelque chose…

Qu’est-ce que ça raconte? Eh bien, en soi, rien de bien excitant. C’est l’histoire d’un nul, à Berlin, à la fin des années 20. L’histoire d’un petit délinquant/ truand un peu balourd, pas fin psychologue, maquereau à ses heures, parfois un brin meurtrier. Mais en un sens, le roman ne raconte rien. Il décrit la médiocrité humaine, la bêtise des sentiments, la lâcheté et l’absurdité. En ce sens, on peut le rapprocher de Voyage au bout de la nuit. A ceci près que la leçon sur l’humain n’y est pas aussi présente. Chez Céline, si on a bien compris la portée du livre, on le referme et on se dit que l’humanisme est souhaitable, mais ne sert à rien. Chez Döblin, on a simplement lu une histoire.

Dans Berlin Alexanderplatz, tout a lieu dans la maîtrise de la langue. Je me demande d’ailleurs si le fait que le roman ait été retraduit seulement récemment n’est pas l’une des raisons pour laquelle le livre est si peu connu en France. On se sent happé par le style. Dans la nouvelle traduction,  l’influence du Berlinois est nettement présente, ainsi que celle du langage populaire, voire celle de la folie de ces années 20. Le dialogue est déconstruit, rebelle et extrêmement vif. Plus vous progressez dans la lecture, plus vous êtes pris dans le jeu: quelle scène l’auteur cherche-t-il à faire revivre ou détourner? Franz a-t-il un coeur? Qu’attendent les personnages de la vie? Et ainsi de suite…

Au-delà de ces considérations intellectuelles sur le style choisi (et le brio du traducteur), je me suis surprise à y trouver des clés sur le Berlin d’aujourd’hui, un peu à tous les niveaux. Il y a par exemple la description magistrale des anciens abattoirs de Berlin, dont j’ai par la suite trouvé trace via le blog de David par cet article et qui valent le coup d’oeil. Ou alors ces allusions à l’Alexanderplatz elle-même, les travaux qui l’agitent à l’époque et qui ressemblent singulièrement à ceux d’aujourd’hui. Des scènes prises sur le vif dans le Zeitungsviertel où se situent tant d’entreprises aujourd’hui, vers la Zimmerstr. et le Spittelmarkt de facon plus générale. Sur un plan plus difficile à analyser ou expliquer, les personnages vous semblent familiers dans leurs expressions ou leurs attitudes…un peu comme si le langage berlinois portait une ambiance qui n’avait pas changé dans la ville depuis 1929. Il y a aussi toutes ces allusions historiques, tous cette attention portée mine de rien vers l’agitation politique et le bouillonnement absurde des idées…en lisant ce livre, on a également l’impression que l’histoire de Berlin sur les dix années à venir est là, concentrée et comme en attente.

Un autre avis ici.

En résumé: un roman fataliste, pas forcément recommandable pour ceux qui lisent peu habituellement, de par son côté pavé…mais un très bon livre pour quiconque aime Berlin et cherche à comprendre son passé, voire son présent. Et à mon avis un chef d’oeuvre qu’on peut lire plusieurs fois de suite!

Posted in Bouquins et films, Culture. Tagged with , , , , , .

Tout sur Dresde, #1

Nouveau retour sur ce blog, pour vous parler cette fois d’une ville qui me tient à coeur dans ce plat pays: Dresde. Je vous préviens tout de suite, mon objectif est de faire une mini-série, et c’est presque une menace…

Aujourd’hui, quelques photos et remarques en vrac.

Un peu d’histoire: Dresde est surtout connue sur le plan historique pour avoir fait l’objet d’un bombardement massif en février 1945 (environ 7000 tonnes de bombes lâchées sur la ville), reconnu par la plupart des historiens comme stratégiquement injustifié. Les dégâts sont similaires à ceux éprouvés par la ville d’Aix-la-Chapelle, pourtant bombardée 5 fois. Le chiffre des morts à Dresde reste jusqu’à aujourd’hui encore incertain, les estimations variant entre 25 000 et 250 000 morts. Ces destructions ont épargné la Neustadt, partie de la ville construite au XIXème, et quelques quartiers périphériques. D’autres bâtiments sont plus ou moins ressurgi de leurs cendres: le Semperoper, le Zwinger, la Frauenkirche sont à nouveau debout aujourd’hui, non sans peine.

Le résultat, au niveau touristique, est assez surprenant. On trouve une ville qui tente de renouer avec un passé irrécupérable. Faute d’argent, de courage ou d’inventivité, la ville rebâtit un décor en carton pâte pour ses quelques monuments reconstruits à l’identique ou plutôt « dans le goûts de ». Voir la place autour de la Frauenkirche, ça a un côté Disneyland si vous regardez bien les façades colorées:

La Frauenkirche et sa place originale, rebâtie "à l'identique"

C’est d’autant plus dommage que l’Eglise elle-même a été restaurée d’une façon qui prouve un vrai travail de mémoire un peu similaire à l’Eglise berlinoise Gedächtniskirche située sur le Ku’damm.Première remarque: il y a un pan de mur à quelques mètres du bâtiment. Quelques pierres noirâtres auxquelles on peut ne pas prêter attention, mais qui sont un morceau du mur original. Pourquoi? Parce que le bâtiment a été reconstruit volontairement quelques mètres plus loin, pour des raisons pratiques, mais pas question de passer sous silence ce qui est arrivé à ce bijou architectural. Du coup, on le montre, et on appose une plaque avec le témoignage d’un survivant du bombardement. Une cicatrice exhibée, pour ainsi dire.

Emplacement original de l'Eglise


Les lecteurs les plus attentifs auront par ailleurs remarqué que les pierres de l’Eglise sont de deux couleurs différentes. Et non, ce n’est pas fait que pour être joli.

Les pierres de la Frauenkirche auraient-elles une histoire à nous raconter?

L’Eglise comprend l’utilisation de pierres d’origine, replacées grâce à de savants calculs à leur place originale. Elles sont noires, non seulement en raison de l’incendie qui a ravagé l’édifice lors du bombardement, mais également en raison de la pollution industrielle (notamment à cause de l’utilisation intensive de l’Elbe comme axe commercial) au XIXème et XXème siècle. En d’autres termes, l’Eglise a été reconstruite en prenant le rôle de Versöhnungskirche, l’Eglise de la réconciliation.

Plus d’informations sur la Frauenskirche de Dresde ici.

Ailleurs dans la ville, le sentiment d’être dans un vestige du passé et une ville à la redécouverte d’elle-même peut surprendre au coin d’une rue, du quartier touristique aux confins résidentiels. La gentrification fait ici aussi son oeuvre, lentement mais sûrement. La Neustadt, quartier in et mélange savant d’étudiants, de chômeurs et de laissés pour compte de la Wende il y a encore 10 ans, se voit lentement les familles plus riches la repeupler. Les centres commerciaux (Arkaden) se multiplient peu à peu. Voir notamment l’article du Zeit ici.

Un coin de paradis: le Zwinger

Au coeur de la vieille ville

Et on peut comprendre pourquoi Dresde, plus que d’autres villes, évolue en ce sens. Coût de la vie relativement faible. Bon redémarrage pour une ville de l’ex-RDA.  Une petite ville, ni trop grande, ni trop petite (environ 500 000 habitants), qui est à la tête d’un Länder et loin ni de Berlin, ni de la République Tchèque, ni des montagnes en hiver, ni de la Suisse saxonne et de ses merveilles en été. L’environnement immédiat idéal: en 15 minutes, vous êtes au bord de l’Elbe, et vous vous retrouvez sur des pistes vélos magnifiques. A moins que vous ne fassiez de l’aviron ou que vous visitiez un des Burg de la région. De quoi donner vraiment envie d’y aller.

Le seul problème à ce tableau idyllique, c’est la conséquence de ce dont j’ai parlé plus haut: à ville détruite de façon plus ou justifiée, à ville laissée pour compte par la Wende, correspond un certain succès électoral. Je veux bien entendu parler des néo-nazis, qui font bien parler d’eux, notamment lors de l’anniversaire du bombardement de la ville, le 13 février: chaque année, c’est un peu à qui organisera la plus grosse manifestation, d’eux ou de leurs opposants, et laquelle sera interdite. Voir notamment l’article de ce journal.

Je vous parle de sa région la prochaine fois, stay tuned ;)

Posted in Non classé. Tagged with , , , , , , , .

A la gloire du 1er avril !

Ci-dessous une sélection des choses que j’ai repérées de part et d’autre aujourd’hui. Le poisson d’avril, April’s fools’ day, c’est une tradition française à la base alors soyons fiers :)!!

Donc, dans le désordre, vous allez avoir de quoi faire :):

- La super page fake de Sarenza, qui lance une nouvelle marque certes éphémère. Chapeau au conseiller communication et à la mise en forme. J’espère qu’on pourra encore la voir quelques jours en ligne.

- L’innovation aérienne rapportée par Tuxboard. On y croit presque, sans doute à cause de la photo. Voir ici.

- Le Journal du Net est dans le coup aussi, en rapportant des informations fracassantes. J’aime particulièrement le gros titre: « Mediamétrie publie enfin l’audience Internet de juin 2008« . Ou encore: « Comment pousser votre collègue à la faute: Après des années passées à le supporter, vous avez décidé d’agir. Voici comment mettre votre pire ennemi en bien mauvaise posture. 15 stratagèmes« . Tout découvrir par (sur les blagues, pas sur comment rétamer votre collègue).

- Le Nabu attaque les frères Grimm pour la cause du loup: il n’est jamais trop tard pour bien faire. En lire plus ici.

- Google lance un nouveau service révolutionnaire: Google Motion. Pour ceux qui auraient raté ça, la vidéo est disponible ici.

- Le Spiegel fait une sélection assez sympathique, qu’on peut lire . Terreur d’Angela Merkel face au harcèlement téléphonique supposé de BHL, entre autres.

Et vous, vous avez repéré/ vécu des choses rigolotes aujourd’hui?

Posted in Chroniques. Tagged with , .

Etranges conclusions de la FAZ…


J’ai cédé comme beaucoup d’autres au dernier test en vogue. Eh bien figurez-vous que même si vous n’avez aucune idée du pluriel des mots, la FAZ peut vous faire l’honneur de vous comparer (certes on vise loin) à une grande plume allemande. Dans mon cas:

Etrange. Je ne suis pas sûre de suivre la logique de la chose: Peter Handke aurait-il la fâcheuse tendance de faire des fautes d’allemand (volontairement, bien entendu) dans ses oeuvres? Enfin bon, un argument de plus pour me défendre quand je me plante dans les pluriels, c’est toujours ça de pris ;)

PS: certains événements récents sont à l’origine de ce silence de deux petites semaines…J’ai néanmoins des choses à vous dire, et pas que sur Peter Handke, alors patience, je reviens bientôt pour de nouveaux posts! Il risque même d’y avoir un hors sujet dans le tas ;)

PS2: on va tenter un changement de visuel pour le printemps. Avais envie d’un truc plus linéaire, un peu plus funky aussi…C’est pas encore tout à fait ça (je veux des thèmes qui ont les bonnes fonctionnalités ET qui sont sympas, pas si facile à trouver…un jour il faudra que je me mette à herumbasteln). Et en plus, ça a un goût de déjà vu pour qui me connaît bien (no comments please, tout est bon pour fuir l’autre qui commençait à m’agacer sérieusement, en clair…) mais si ça vous botte aussi alors pourquoi pas?!

Posted in Langue. Tagged with , .

Un Strassenfeger et des hommes

On ne connaît pas Berlin si on ne connaît pas sa misère. Facile à dire, argument qui enfonce des portes ouvertes…je sais tout ça. Il n’empêche: le rapport à la pauvreté, dans Berlin, c’est toute une histoire.

D’un côté, il y a l’ombre de la gentrification. Cette sorte de mouvement d’éviction progressive des plus pauvres du centre-ville, parce que loyers en augmentation perpétuelle, parce que c’est la vie, parce que voilà, parce que c’est la nouvelle donne. Le Liebig 14, les dernières formes de squats urbains, les droits des proprios qui ne sont pas très clairs, tout ça n’est pas bien accepté, mais vit ses dernières heures. Jean-Michel l’a d’ailleurs déjà très bien résumé dans cet article. Où je veux en venir? Eh bien que non seulement les « squatteurs », mais aussi tous ces gens qui vivent de Harz IV, autrement dit d’un très mince pécule, disparaissent peu à peu du centre de Berlin, faute de pouvoir suivre des loyers qui, mine de rien, sont en hausse de 14% sur un an. C’est ma radio variété qui me le dit dans les infos du matin, alors si même elle s’y met… On a beau démarrer de bas, ça fait quand même mal. En d’autres termes, Berlin, c’est une des capitales européennes où la mixité sociale disparaît, fond progressivement sous nos yeux. Et je me demande quel est le degré d’indifférence ou d’indignation réels que cela provoque sur la population locale, anarchistes exclus.

D’un autre côté, il y a cette misère perpétuelle qui hante toutes les grandes villes, sous des formes d’indifférence qui varient du simple au double. Clochards ivres morts devant le Kaisers, Roumaines qui arpentent Checkpoint Charlie en posant inlassablement la même question avec le même ton, la même voix, le regard vide de ceux dont l’espoir et la foi en l’autre ont disparu depuis belle lurette: Speak English? Autre variante, les vendeurs de billets de métro pré-utilisés, à la sauvette, pour un euro, que tout le monde connaît, qui sont là, fidèles à leur poste, auxquels on s’habitue vite: après tout, une économie de 1,30, quel Berlinois saurait le refuser ad vitam eternam…Il y a aussi les nettoyeurs de vitres un peu plus bas sur la Friedrich., qui forcent leur chemin comme tous leurs comparses du monde, et ces automobilistes qui ne savent plus comment dire non, voire comment établir un semblant de conversation, si par hasard l’envie leur en prend. Les chanteurs de métro, sur la U1 en particulier, qui eux réussissent encore à déclencher des échanges entre passagers et animer un peu les coeurs: et qu’on danse, et qu’on rie, le jeudi soir, le samedi soir, sur les dernières stations, en direction de Warschauerstr. Toute cette misère, Berlin la connaît depuis la nuit des temps et vit avec, vous donnant parfois l’impression d’être comme un vieux manteau que vous aimez bien, mais qui va bientôt craquer sous le poids des années…Tous ces gens nouveaux, toute cette richesse qui afflue, Berlin saura-t-il l’intégrer pour garder son ouverture d’esprit sur la misère…? Pas si sûr, en tous cas je suis bien curieuse de voir ce que cela va donner. Comparé à mon expérience parisienne, on dirait bien que la chaleur humaine est ici un peu plus développée envers les plus démunis. RDV devant les Volksküche au printemps si vous en doutez.

Fin de la parenthèse généraliste, je voulais vous parler du Strassenfeger. Littéralement: le balayeur, au sens de balayeur de rues. Et une belle allusion à un concept télévisuel assez juteux, sur lequel vous pouvez en apprendre plus en allant par . Qu’est-ce que c’est? Un journal berlinois édité par une association qui cherche à réintégrer les plus pauvres par le travail. Voilà le numéro que j’ai acheté:

Strassenfeger- Mars 2011

L’idée est d’éditer un journal mensuel pour 1,50 euros. 90 centimes sont réservés au vendeur, le vendeur pouvant a priori être n’importe qui, et étant dans les faits la plupart du temps un SDF, voire un bénéficiaire de Harz IV. Vous vous souvenez de la dernière fois que vous avez vu un type avec un journal dans le métro…? Actuellement, il y aurait quelques 850 vendeurs sur Berlin et le Brandenburg, pour quelques 21 000 exemplaires vendus par an. Les chiffres proviennent de la page officielle de l’organisation que vous trouverez ici. J’espère avoir mal compris le propos, sinon ça donne un peu froid dans le dos: quelques 25 exemplaires vendus par personne et par an, soit un gain de 23 euros par personne et par an- de quoi décourager pas mal de monde, à mon sens. Pour 3,5 millions d’habitants sur Berlin (chiffres d’octobre 2010). Dommage pour une si belle initiative, non?

Comble de l’ironie, l’association Mob. eV, Obdachlose machen mobil, est située en plein Prenzlauerberg, un des quartiers les plus embourgeoisés ces dernières années.  Pas étonnant de retrouver le point de vente le plus proche sur Senefelderplatz, mais pas étonnant non plus de voir les résultats locaux, quasi nuls. Un vendeur de Strassenfeger devant un Bioladen, un vent plus que frais, des gens épuisés par leur semaine de travail qui n’ont pas remarqué ou pas voulu remarquer le SDF transi devant la sortie, quand ils ont les bras chargés de leurs courses et des soucis plus immédiats en tête. En ce qui me concerne, il a fallu un sacré coup de hasard pour que je vienne à l’idée d’acheter mon Strassenfeger…Et dire qu’en plus, c’est Carême pour beaucoup de monde, et que le plus dur n’est pas de donner quelques sous, mais de trouver l’attitude « normale » lors de l’achat: froideur? ton amical? neutralité? Dites-moi que je ne suis pas la seule à oser me poser la question. Dites-moi que cette indifférence  gênée que j’affiche comme tout le monde, probablement 25 jours sur 30 chaque mois, n’est pas quelque chose de normal. Il y a bien quelque chose qu’on peut faire pour réchauffer au moins les coeurs, non? Le pire, pour moi, ce n’est pas la misère, c’est certainement cette impression de devenir transparent, d’attendre que quelqu’un nous remarque, quelque soit la bonne volonté qu’on investisse. Une journée sans un regard et sans une parole, voilà ce que doit être l’enfer pour un de ces vendeurs.

Et vous, au quotidien, vous y pensez à faire face à la pauvreté? Quelle est votre façon de voir les choses et de combattre cette indifférence…? Bon sur ce, il me reste à le lire, ce Strassenfeger. Il parle d’intégration, en un sens ça concerne aussi les expats’ ;)

Posted in Chroniques. Tagged with , , .

Quelques expressions

Ca faisait longtemps que je n’avais pas fait de post sur les problèmes de langue…Alors, pour compenser, quelques expressions rigolotes  que j’ai remarquées récemment :):

1- Lieber ein Spatz in der Hand als eine Taube auf dem Dach.

>> Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras!

Côté français, l’expression remonte au XVIème siècle et semble venir d’une traduction de l’espagnol. La Fontaine popularise l’expression dans l’une de ses Fables. Je n’ai  en revanche pas trouvé l’étymologie allemande.

2- Ich habe einen Frosch im Hals.

>> J’ai un chat dans la gorge.

Côté allemand, l’expression fait référence à un terme médical concernant une partie de la gorge, Ranula. En langue courante: Froschgeschwulst. Côté français, cela vient d’un calembour, vous pouvez lire une petite explication ici.

3- Wer zuletzt lacht, lacht am besten.

>> Rira bien qui rira le dernier.

4- Jemandem einen Korb geben.

>> Envoyer quelqu’un sur les roses.

Dans les deux cas, l’expression remonte au moyen-âge. « Roses » en français désigne ici les roses sauvages, autrement dit les buissons de bord de route. En Allemagne, il semblerait que ce soit une tradition qui soit à l’origine de cette Redewendung: le prétendant envoyant un panier à la jeune femme, celle-ci appréciant ou non le cadeau et le renvoyant par la fenêtre en cas de désaccord.

5- Morgenstund hat Gold im Mund.

>> L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt.

La formule allemande vient directement du latin et fait référence à la figure mythologique de l’Aurore, qui est inondée d’or.

Les expressions et les proverbes, c’est sans doute le plus drôle à apprendre dans une langue…on ne comprend pas toujours la logique, mais en général ça se retient assez facilement. Et vous, il y en a qui vous ont marquées plus que d’autres?

Posted in Langue, Parlons franco-allemand. Tagged with , , , , , .