L’étrange Success Story des Super Dickmanns

La fin de l’hiver approche, on se doit donc de consommer les dernières cochonneries sucreries avant que le beau temps, voire le Carême, voire les deux, nous incitent à y renoncer. Du moins c’est comme ça que je décide de voir les choses dès qu’un paquet de Dickmanns me passe sous le nez…

Qu’est-ce qu’un Dickmann, pardon, un « Super Dickmann »? Eh bien voilà, un Dickmann, c’est ça:

Ma prochaine victime

L’image vous aide moyen? Ok, voici un gros plan:

Gros plan- la mandarine est là pour vous donner une idée de la taille, mais elle sera mangée très vite elle aussi.

Donc, si on se résume, le Super Dickmann est un dôme, a fortiori recouvert de chocolat. Pour en avoir mangé une quantité assez conséquente après que la cuisinière invétérée Daniela, prétresse du décompte de calories devant l’éternel, m’ait assurée que ce n’était pas nocif, je peux vous dire:

- ça a été plus que nocif pour moi. La preuve, j’en mange encore.

- c’est une sucrerie à base de guimauve, de Schaum, enfin bref un machin qui en soi ne contient que du sucre, ne vous cale pas du tout et qui, en plus est addictif. Si si: je vous parle d’expérience.

Le Super Dickmanns reste néanmoins un produit très populaire ici et s’impose comme la référence sur le marché des Schokokuss, y compris dans l’esprit de la personne qui écrit ces lignes (faut pas chercher à comprendre). En clair, on vend ça au rayon sucreries comme on vend des bics et des stylos billes au rayon papeterie (l’enthousiasme des foules féminines en moins). C’est cher pour ce que c’est, à mon avis (une gaufrette, une minuscule couche de chocolat, du Schaum), c’est mauvais pour la santé vu la quantité de sucre (remarque, on achète peut être précisément pour ça…), c’est immangeable en société (revoir la photo en gros plan avec la mandarine: QUI peut croquer dedans en toute élégance? A ma connaissance, personne: le Schaum colle aux lèvres, vous avez intérêt à avoir les moyens de vous laver/essuyer les mains rapidos, et pour couronner le tout il est physiquement impossible d’espérer l’avoir en une bouchée. Ou alors vous vous rabattez vers la version miniature. Bref.)

Techniquement, pour tous ceux qui ont une connaissance de la culture alimentaire québecoise, c’est un whippet. Le biscuit avait à l’origine un nom autrement plus haut en couleurs, remplacé pudiquement par le terme générique de Schokokuss, « le baiser au chocolat », comme dans les pâtisseries françaises pour les meringues au chocolat: je ne vous fais pas un dessin. Toujours est-il que la page de l’entreprise nous rend responsables de son invention: ce serait une spécialité française, ayant émergé vers le XIXème siècle. J’ai quelques doutes là-dessus, encore est-il possible que ce soit une libre adaptation germanique des meringues au chocolat françaises de nos grands-mères. Par un curieux tour du sort que je n’admettrai sans doute jamais, tout Allemand qui se respecte pense que nous disons « baiser » en lieu et place de « meringue ». Ca donne des appellations assez loufoques: Kuchen mit Baiser (tout ça pour une malheureuse tarte au citron meringuée), ou bien Schaumkuss dans une pudique adaptation allemande pour exprimer l’idée de « meringue légère ».

Pour en revenir au coeur du sujet, les Super Dickmanns marchent du feu de Dieu, en particulier aux alentours des fêtes de Noël. Des variantes artisanales sont vendues en série sur les marchés de Noël (on doit miser sur le fait qu’elles sont plus saines, sans doute…), mais la marque tient le coup. De sombres individus (milles pardons si vous en faites partie) font de merveilleuses  recettes de tartes aux Dickmanns, voir par exemple le lien par ici ou encore par pour vous faire une idée par vous-mêmes de ce que cela peut donner: de quoi rêver, saliver, vous rouler par terre…

Côté entreprise, Dickmann appartient à Storck, laquelle possède pas mal de grands noms dans le milieu des sucreries allemandes. Toffifee, Merci, Riesen, Werther’s par exemple, ça leur appartient (et moi qui pensait que Werther’s c’était anglais). D’ailleurs, on remarquera que seuls 3 produits sont proposés par Storck sur le marché français…Etrange, mon cher Watson: leur compatriote Haribo serait-il trop étouffant dans l’Hexagone?

Storck est en tous cas une entreprise allemande au passé impressionnant, et qui semble d’ailleurs avoir son siège à Berlin. L’histoire remonte au début du XXème, quand August Oberwelland décide de monter une petite entreprise spécialisée dans la confection de produits autour du sucre, le tout au fin fond d’un haras en Westphalie. Pour faire court, l’entreprise doit son succès au lancement sur le marché allemand du premier bonbon industriel à bas prix apprécié par les masses: Riesen. Ainsi qu’à sa maîtrise des réseaux de distribution sur l’ensemble du territoire allemand de l’époque, ce qui représentait quand même pas mal de monde. Son développement se confirme après-guerre, avec la création de marques juteuses comme Nimm2 et Merci, puis son développement à l’international (90 pays concernés actuellement). Plus d’informations sur Storck ici. En 1985, lancement des Super Dickmanns, suivi des mini Dickmanns en 1990. J’aimerais bien avoir plus d’informations à me/vous mettre sous la dent, mais je n’ai pas trouvé de Business report à éplucher. Dommage, j’aimerais bien savoir qui consomme ça, et pourquoi ça marche au point de vue marketing.

On se résume:

- une grosse boîte toute simple,

- un design qui semble viser les moins de 10 ans (voir ci-dessous),

- un produit sans doute fabriqué à des coûts défiants toute concurrence,

- mais peu aisé à consommer ou manipuler (et fragile, en plus).

Et l’impression de le voir partout…Ou alors c’est moi qui fait une fixette dessus?

La boîte de Dickmanns- cette chose en contient 9 à l'origine, et actuellement 2.

Bon, on parlait de manger au fait, c’est bien ça :)?

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