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Film: Die kommenden Tage

Une fois n’est pas coutume, je suis allée au cinéma voir un film qui ne me disait pas trop a priori. Un film en allemand. Un film sur le futur. Un film a priori déprimant.

Sauf que: dans Die kommenden Tage, il y a des gens bien: Daniel Brühl. Jürgen Vogel. August Diehl. Et tout un tas d’acteurs que je ne connaissais pas, par exemple l’actrice principale, Bernadette Heerwagen (mon Dieu ce nom, je me demande comment on prononce le tout). Je me suis aussi dit que ce film pouvait être un bon révélateur des angoisses allemandes contemporaines, étant donné le sujet (vous pouvez aussi le voir comme un film apocalyptique…).

De quoi ca parle?

Une famille allemande au bord de la décomposition voit son monde, le monde tel que nous le connaissons actuellement, perdre ses valeurs, ses moyens, son équilibre. La guerre fragilise le monde extérieur, les migrants cherchent à investir les dernières enclaves de richesse où pourtant tout vient à manquer, le terrorisme agit de l’intérieur. Au point que plus rien ne tient: ni les relations amicales, ni les amours, ni les choses du quotidien pourtant si évidentes. Il n’y a que du chaos, et que les sentiments qui durent. Laura, le personnage principal, voit les choses s’écrouler, une à une, pour mieux se redécouvrir, mieux cerner ses propres attentes.

On peut voir ce film comme une anticipation noire de notre avenir, ou bien comme une réflexion sur ce qu’est l’humain. Le contexte de crise, d’angoisse généralisée est un cadre: comme dans une tragédie, on voit plusieurs actes d’une crise intérieure…mais le message de fond est pour moi à trouver dans les recherches intérieures de Laura: qui suis-je? qu’est-ce que je veux? qu’est-ce que j’attends de la vie?

Et c’est là qu’à mon avis est tout l’intérêt du film- honnêtement, je n’ai pas vraiment cru à cette mise en scène de la fin de notre monde. En revanche, le drame personnel parle vraiment, porté par le contexte.

On y retrouve aussi en filigranes quelques idées et angoisses très allemandes (je ne dis pas qu’elles ne puissent pas être francaises, je dis juste qu’elles  me paraissent très répandues ici et qu’elles sous-tendent le film): dramatiques pénuries énergétiques et alimentaires. Manque d’informations. Guerres lointaines  et incessantes, devenant un enjeu national capable de déstabiliser le pouvoir établi. Etat injuste, formé d’incapables juste en mesure de protéger leur autorité. Et si au final la vie humaine n’avait aucun sens?  Et si le modèle familial, avec sa quête de sécurité, ne servait à rien? Et si les tentatives d’organiser sa vie ne menait nulle part?

Le film est surtout porté par son casting. Bons décors et bons dialogues (autant que je puisse en juger…). En bonus: quelques vues de Berlin Mitte, pour les connaisseurs :). Mais je ne suis pas sûre non plus que ce soit LE hit de l’année…

J’ajoute le trailer, voyez par vous-même:

Et vous vous avez des films allemands à recommander parmi les dernières sorties?

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Lecture: Tour de Franz

Depuis quelques années, c’est la fête aux livres qui donnent les impressions des étrangers installés dans un nouveau pays. Il y a bien sûr A year in the merde de Stephen Clerk, mais il y a aussi tous ces livres qui prennent le temps de faire une vraie comparaison culturelle. Ou alors tous ceux qui prennent le chose sur le plan de l’humour. En Allemagne, les versions romancées de la vie de certains Ausländer ont un franc succès. Si vous ne connaissez pas encore, foncez vers Maria, ihm schmeckt’s nicht de Jan Weiler. Et non, le livre n’a rien à voir avec le film en termes de qualité. Il s’agit des aventures d’un Italien installé en Allemagne- ça vous paraîtra sans doute souvent exagéré, voire inimaginable (en France, je ne pense pas qu’on aurait choisi le même ton). En tous cas c’est vraiment…köstklich! Je me réserve le droit de revenir sur ce livre, d’ailleurs :)

Mais aujourd’hui, je voulais parler d’une autre de mes découvertes:

De quoi ça parle?

Cécile Calla est journaliste, correspondante du Monde à Berlin. Elle s’y est installée il y a quelques années et explique en courtes chroniques les différences culturelles les plus perturbantes pour les nouveaux arrivants telles qu’elle les a vécues. On parle donc de choses qui arrivent aux expat’ à Berlin: étonnement devant la culture du grill, incompréhension devant la fascination très allemande pour l’Italie, difficulté à comprendre l’humour allemand, sentiment de perdition dans les relations amoureuses…un peu de tout, un peu dans tous les sens, avec beaucoup de légèreté et des scènes qui parlent d’elles-mêmes.

J’ai beaucoup aimé le franc-parler de l’auteur et ses petits exemples toujours bien trouvés. Je ne suis pas forcément d’accord sur tout, mais je m’y retrouve assez dans ces étonnements perpétuels. Et le livre me permet aussi de comprendre deux-trois petites choses qui m’ont échappées jusqu’ici.

En bonus: enfin un livre en allemand d’un niveau assez simple. Je ne sais pas trop à quoi ça tient, mais cette fois-ci je n’ai pas eu à me faire violence pour avancer dans la lecture. A bon entendeur…!

Vous trouvez ça en poche chez Ullstein, par .

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Comment je suis arrivée à Berlin?! Par l’OFAJ!

Je suis arrivée ici grâce à certaines personnes, je me disais donc qu’il fallait leur faire un petit hommage en lançant ce blog…Ce sera chose faite avec ce post ;)

Toutes mes études ont eu lieu en anglais, alors que l’allemand était ma première langue vivante. La langue me manquait, le pays me manquait…j’ai envisagé mon stage de fin d’études comme un moyen d’y remédier.

On m’avait déjà parlé de l’OFAJ, en particulier de ce programme organisé en collaboration avec la Foire du Livre de Francfort. L’OFAJ finance et met en place des séjours pour les jeunes allant jusqu’à trois mois. C’est une belle initiative franco-allemande.

Conditions pour être éligible?

- Postuler avant le 31 juillet de l’année précédent la prochaine session

- Passer un entretien, à mon époque au siège de l’OFAJ à Paris

- Avoir un peu d’expérience dans le domaine cible (bin oui) et parler allemand

- Avoir moins de 30 ans et être disponible entre mars et juin de l’année suivant l’inscription

Avantages du programme:

- Le programme prévoit une phase de préparation (rencontre avec les participants allemands, travail selon la méthode tandem, introduction au monde du travail outre-Rhin…). C’est l’occasion de vous faire des relations avec les membres allemands du programme (de belles amitiés peuvent naître, je confirme ;)) tout en pratiquant l’allemand en douceur.

- Un bon encadrement. Non seulement le nombre de candidats est restreint (10 pour chaque pays) mais en plus il y a un vrai suivi de réalisé. Un grand merci au passage à Magali, Nikki et Katja pour leur aide! Sans oublier Fabienne et Hélène qui nous ont accompagnés pendant les deux semaines de préparation, sur tous les plans.

- Une vraie immersion dans la maison d’édition ou la librairie cible. Bien entendu, tout dépend du choix que vous avez fait au final…Mais l’accent est mis en amont sur l’idée que vous êtes un « mitarbeiter » comme un autre, on vous donne donc les moyens d’agir en conséquence, malgré votre niveau de langue…Au bout d’une petite semaine, j’ai été regardée comme les autres stagiaires de là où j’étais, en gardant toutefois une marge de manœuvre pour en apprendre plus sur les différences de travail.

- Un réseau. J’ai fait le choix de l’Allemagne au-dessus de celui de l’édition, je ne peux donc pas parler en détails…En tous cas, les personnes avec lesquelles j’ai gardées contact semblent le maintenir vivant! Elles se retrouvent en tous les cas pour la seconde fois au salon du Livre de Francfort, cette semaine. Dommage que je ne puisse pas y aller cette année.

- Une vraie chance pour la langue: trois mois plongés seuls dans une ville, ça peut nous changer notre allemand :) Ainsi que notre perception du quotidien…Je ne connaissais pas Berlin autrement que par les yeux d’un touriste moyen, j’imaginais la ville comme l’une de ces villes de l’Allemagne de l’Ouest…rien à voir. Entre le dialecte local, la tradition des « Spätti » (dont je reparlerai plus tard) et les différences est- ouest, il n’y a pas eu assez de trois mois pour m’étonner et m’émerveiller.

- Last but not least: une rémunération de stage digne de ce nom. Peu de stages sont rémunérés en Allemagne (et encore moins à Berlin, à ma connaissance), toucher près de 900 euros par mois est une vraie chance.

Bref je ne peux dire que du bien de cette expérience et vous encourager à aller voir du côté des programmes de l’OFAJ si vous aussi, l’Allemagne vous tente!

Adresse de contact pour les intéressés: info@ofaj.org

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L’hiver arrive: réjouissons-nous

Non, non, ce titre ne se veut pas du tout provocateur…Par le froid qui traîne déjà, j’ai attrapé un grippe assez solide, je cherche donc à me redonner au moins le moral en vue de cet hiver qui s’annonce comme le précédent: froid. Gris. Mais surtout: long.

J’aime les défis et j’ai envie de lutter face à cette adversité: on va donc tenter de trouver 10 bonnes raisons de se réjouir de l’arrivée de la nouvelle saison en lieu et place de l’automne berlinois (quoique ça s’est un peu réchauffé pendant que je cédais du terrain face au virus). Prêts…?

1. L’hiver allemand est synonyme de marché de Noël. Qui dit marché de Noël dit ambiance festive, vin chaud, gauffres et quarktaschen (oui, le nom semble barbare, pourtant Dieu que c’est bon quand on aime le quark…). ça dit aussi enfants à profusion. Les enfants, c’est une chose rare dans les rues ou les parcs en Allemagne, Paris me manque entre autres pour cela: ses hordes d’enfants joyeux. Donc, vivement les marchés de Noël.

2. Le froid est un excellent prétexte pour sortir ses accessoires en laine. Bonnets, pulls, écharpes colorés, ornés de motifs qui nous rappellent les vacances en montagne ou les classes de neige où on habillait les bonhommes de neige entre deux séances de luge…ici les offres sont plus sympathiques et il y a de la marge de manoeuvre- même les cafés s’y mettent (il y a  même des bars spécialisés, apparemment: les strickcafés). J’adore!

3. On voit arriver Noël et les vacances à grands pas. Rien de mieux pour tenir face à l’adversité et au climat que de se dire qu’on va pouvoir faire des stocks de bonne humeur et remmener un bout de France dans sa valise (ou d’ailleurs, hein, je parle de moi mais bon, pas de discrimination ici). Une heure d’avion et des patates pour un vrai plaisir à l’arrivée, dans les deux sens: on (moi) fonce à la boulangerie se payer une vraie baguette ou alors et puis on (je) s’offre un Stollen! Que demande le peuple?!

4. En hiver, mange ce qu’il te plaît. Bon, je sais il y a des limites suite au point précédent (ah ça suffit comme ça!) mais pouvoir se cuisiner quelque chose de bon sans complexe, je crois bien qu’il n’y a que l’hiver qu’on peut faire ça. Tartiflette, fondue, tourte, gratin, soupe, spätzle, brühe…selon les goûts et les origines ça varie, mais l’idée de base reste la même.

5. Hiver= neige. Ici, à tous les coups. Peut-être très peu si on a pas de chance, mais quand même. D’ailleurs vous avez déjà remarqué cet étrange pouvoir de la neige? Avant qu’elle ne tombe, l’atmosphère est facilement électrique, mais une fois qu’elle tombe…tout est magique. Un VRAI bonheur à regarder. Je ne suis jamais aussi calme que lors des premières chutes de neige, on dirait qu’elle pose un voile de pureté et d’apaisement sur la ville. J’étais heureuse comme une gamine l’année dernière, je le serai aussi cette année, si, si!

6. En hiver, on dort bien (à moins d’avoir un problème de chauffage, mais ça c’est une autre histoire). On se réapprovisionne en couettes, couvertures, draps, coussins ou on les redécouvre avec un plaisir de gamin. Et on peut à nouveau établir une théorie sur lequel des deux, lit à la française avec draps ou lit à l’allemande avec sa séparation centrale et couettes, est le plus adapté pour tenir l’hiver. Oh bonheur.

7. On peut redécouvrir les contes et les traditions de chaque pays. Au programme pour moi cette année: en savoir plus sur les contes spécifiquement berlinois. Il y a bien sûr Max und Moritz dont je compte vous parler (billet en cours) mais tant d’autres que j’ignore…Sous forme de livre ou de films. A noter d’ailleurs que le régime communiste a laissé un héritage plutôt riche en versions filmées des contes germaniques…semble-t-il de bonne qualité, puisqu’ils arrivent à être commercialisés jusqu’à aujourd’hui. Trois noisettes pour Cendrillon est un de ces films et il est absolument in-ra-table pour tous les fans de contes de fées (ou plutôt devrais-je dire toutes les fans?)

8. Qui dit hiver dit fêtes. Dans tous les sens du terme. Fêtes religieuses pour les croyants, fêtes traditionnelles pour tous et  fêtes « normales » pour tous ceux qui le souhaitent- en gros la majorité ;). Si on va prendre un verre quelque part, il faut aussi avoir le courage de ressortir. A moins d’avoir une vraie obligation derrière, je reste. Toujours. C’est un principe. Moralité: les pots hivernaux chez les amis se finissent en général par une soirée improvisée jusqu’à ce que l’horloge nous sonne à l’oreille. Et ça, ça me plaît.

9. Hiver= ski. J’ai beau ne pas être allée au ski depuis l’an 916, l’idée ne me sort pas de la tête à l’approche du grand froid Peut-être que cette année je vais me laisser tenter. République tchèque, Autriche, Suisse…que des nouvelles pistes à découvrir en tous les cas. A voir!

10. Last but not least: c’est en hiver que les jours recommencent à rallonger! Si, je vous promets!  Sérieusement, s’il y a un plaisir pendant cette saison, c’est bien celui-ci: quand on sait que la fin est proche et qu’on commence à le ressentir…Les quelques minutes de soleil en plus qu’on remarque progressivement, les oiseaux qui recommencent à chanter et dont je m’amuse à repérer les caches avant tout le monde…J’ai adoré l’année dernière et je vais adorer cette année. A tous les coups.

Alors, convaincus…? Et vous c’est quoi vos secrets pour résister à l’hiver?

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Pourquoi veut-on tant voir Berlin?

Pas de doute, s’il y a une ville en Allemagne qui attire en ce moment, c’est bien Berlin…Effet de mode, ville branchée, jeune, pas chère…La capitale germanique a la cotte.

Côté allemand, Berlin est plutôt mal vue. Ses habitants passent pour des gens arrogants, froids, distants. Le taux de chômage est très haut, le contrôle social faible (vous savez cette manie qu’ont certaines personnes de s’immiscer dans vos affaires pour que vous fassiez les choses à leur manière? C’est ça que j’entends par « contrôle social ». ça peut être la voisine qui vérifie derrière vous que vous faites bien le tri sélectif, comme les gens qui critiquent le look des autres en les croisant dans la rue…). Et il y a une forte minorité turque…je ne vous refais pas la théorie Sarrasin, mais les Turcs en Allemagne…on ne peut pas dire qu’ils soient bien vus, hélas.

Bref: pour un Allemand, une ville attractive, c’est une ville de l’Ouest (et d’une!), voire une petite ville « à taille humaine ». Hambourg, Munich, Stuttgart… un Allemand commencera par vous parler d’elles, puis des villes secondaires, parfois de l’Est, selon votre interlocuteur. Dresde, Leipzig, par exemple.

Reste que nous les Français, on ne voit visiblement pas les choses de la même manière. Avec 30 000 ressortissants ici au bas mot, oui, on peut dire que la ville nous plaît…et quelque chose me dit que je n’ai pas fini d’entendre du Français dans la rue.

A force de m’interroger, j’ai fini par trouver quelques raisons pour lesquelles cette ville nous attire tant:

1. On raisonne sur des modèles différents, les Allemands et nous. Le fédéralisme versus la centralisation, ça vous dit quelque chose?  Après plusieurs mois passés ici, je commence tout juste à prendre la mesure de ce que cela signifie. En termes d’attractivité, de renommé d’une ville, à peu près le jour et la nuit. En France, qu’on l’aime ou non, on pense très souvent Paris et le reste. Cette prédominance parisienne laisse sa trace partout: dans les trajets des trains qui commencent tout juste à évoluer pour éviter un passage absurde par la capitale, dans les activités culturelles (musées, grands théâtres…sont à Paris. En Allemagne, Stuttgart et Hambourg se défendent suffisamment pour être vues comme les meilleures villes pour la musique). Ou encore dans les expressions courantes (« se faire limoger »= se faire envoyer à Limoges, inaccessible depuis Paris dans son sens d’origine; « avoir une mentalité provinciale »…). Cette prédominance est tellement importante qu’elle nous imprègne parfois à notre insu.

Bilan des courses par rapport à mon propos? Eh bien, pour un Français, a priori, les choses sont similaires en Allemagne- personne ne nous a  vraiment expliqué les subtilités qu’il y a derrière le mot « fédéralisme« . Bien entendu, en ce qui me concerne, je savais que d’autres villes étaient plus attractives (Munich par exemple). Mais en bonne Française, j’ai pensé que les trois mois que j’allais passer en Allemagne, mieux valait les passer dans une capitale que je ne connaissais pas encore que dans une ville secondaire, même si tout à fait dynamique par ailleurs- mea culpa, maintenant j’ai compris… Bref: je ne pense pas faire figure d’exception, loin de là.

2. Berlin, c’est pas cher. Facile de s’installer: les colocations sont faciles à trouver (compter entre 250 et 400 euros pour une chambre en plein centre-ville), le discount est presque une religion…pas difficile ici de vivre avec des petits moyens. Parmi les gens qui sont attirés par le rayonnement de cette ville, il y a par conséquent beaucoup d’artistes: musiciens, écrivains, peintres…Facile de venir aussi: les compagnies low-cost sont là, à Schönefeld.

3. Un dynamisme culturel. Je ne parle pas spécifiquement de culture « haut de gamme »- musées & co- qui existe ici aussi, mais plutôt de ce foisonnement d’initiatives qui existe ici. Ce sont des centaines de petits projets qui naissent tous les jours- vite éclos, souvent vite avortés, mais toujours au rendez-vous, éphémères comme la vie d’un papillon. Tous ces artistes qui vivent ici produisent une vie culturelle active dont les formes surprennent au coin d’une rue, par leur forme, par le mode d’expression choisie. Graffitis, peintures murales, looks alternatifs, musique d’exploration, appelez ça comme vous voulez: au fond, on en revient toujours à l’idée que la créativité et ses conséquences ici, ça vole dans l’air…

4. Son histoire. La réunification, le nazisme…qu’on le veuille ou non, ce sont des thématiques qui plaisent en particulier aux Français (pas convaincus? Faites une comparaison internet entre les retombées des 20 ans de la réunification entre les sites français et allemands…). Berlin est LA ville qui réunit à nos yeux tous les pans de cette histoire trouble. C’est à Berlin qu’il y a les traces du Mur, c’est encore à Berlin qu’il y a eu le bunker hitlérien…Je pense que cette mémoire est quelque chose qui joue dans nos perceptions, sinon dans nos ambitions touristiques ou de déménagement.

Sinon…il reste sans doute plein de raisons auxquelles je n’ai pas encore pensé. La question reste ouverte au débat!

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Quelques perles…

La langue allemande nous joue parfois bien des tours…Et l’inverse est vrai aussi. Une petite sélection des faux-amis à repérer, dans un sens ou dans l’autre:

- « Rendez-vous« : en français, se dit pour tout. En allemand, se dit uniquement pour aller voir une personne qui vous tient à coeur…personnellement.

- « Quartier » se traduit de multiples manières. La plus simple est d’utiliser le mot « Viertel« . A Berlin, employer le mot « Kiez ». A Hambourg, ne surtout pas employer le mot « Kiez » qui désigne un endroit bien particulier (une rue interdite aux femmes si j’ai bien compris?!). Le mot « Ecke » peut être un juste milieu…

- « Baguette » est chez nous une sorte de pain, ici c’est une sorte de tartine. Comptez un simili de baguette coupé dans la longueur, mis au four avec quelques condiments et  à déguster face au dernier match de foot entre deux pacs de bière.

- « Verabredung« : l’équivalent de « rendez-vous ». Là où ça se corse, c’est que le verbe « sich mit jemandem verabreden » est parfois neutre, parfois uniquement utilisé dans le sens amoureux. Ne parlez pas d’une « Verabredung » avec votre dentiste, on va vous regarder bizarrement ;)

- « Camembert » est ici une sorte de fromage pané servi chaud avec de la salade…

- « Bordel!« : les Français, si vous avez un juron à oublier, c’est celui-ci. « Bordell » désigne uniquement les maisons closes et ne s’emploie pour RIEN d’autre.

- La double négation en allemand ne s’emploie pas pour faire un compliment. Ne traduisez pas littéralement une expression comme « Eh bah si c’est pas du bon boulot ça?! », vous allez jeter un froid.

- « Geil »: s’utilise en adjectif de façon neutre pour une ville, un endroit, une ambiance. Signifie « terrible », « génial ». Par contre, pour une personne…ne le dites pas.

- « Zuverlässig » (fiable) se dit tout autant pour une personne que pour un objet. On n’hésitera d’ailleurs pas à vous dire » Er ist zuverlässig, typisch deutsch » ou encore « das ist ein zuverlässiges Fernsehen ». Etrange!

- « A propos » en allemand signifie: « Tiens, au fait ». Désigne une idée qui vous passe par la tête. Pour traduire le « A propos de ça » français, il faut employer une périphrase « darüber möchte ich sagen » par exemple…

- « Aïe » ne se dit pas « aïe » mais « aouah ».

- Les noms de nationalité (enfin beaucoup d’entre eux) désignent des positions sexuelles. Méfiez-vous aussi du mot « Pariser » pour vous présenter Messieurs, les parisiens c’est un mot signifiant préservatif.

Alles klar?

Et vous vous avez remarqué des expressions trompeuses…?

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Boxhagener Platz: critique

J’ai été voir il y a quelques temps un film allemand, ou plutôt un film berlinois: Boxhagener Platz.  J’y suis allée grâce à une amie qui m’a donné un billet gratuit, c’était un peu un hasard, mais un vrai coup de chance au final :)

Alors, de quoi ça parle? Le film raconte la vie d’une famille de Berlin- Est, fin des années 60. Le père est un policier consciencieux, pur produit de sa hiérarchie et du système politique de l’époque. On voit bien que son rôle est trop lourd pour lui, si bien que cette armure se craquèle un peu…La mère rêve de liberté, de migration clandestine à l’Ouest, d’une vie plus juste. Holger, le fils se tourne vers sa grand-mère pleine de bon sens, drôle et vive, qui vit avec un homme alité et malade pendant que Karl, un bel homme de son âge, se rapproche lentement d’elle… Tout irait pour le mieux si Karl n’avait pas des opinions politiques dérangeantes dont il fait part à Holger, mettant en danger tout un équilibre familial déjà fragile…

Le film est un excellent témoignage de la vie à Berlin- Est avant la chute du mur. Rêves de liberté étouffés, relations familiales aussi fortes que les pressions faites sur chacun des personnages, coexistence d’ex nazi-convaincus, de pro-soviétiques purs et durs et de survivants de la Shoah, vie quotidienne…En un peu plus d’une heure trente, beaucoup de choses sont montrées. J’ai trouvé que le film avait une vraie profondeur et était particulièrement bien desservis par ses acteurs (Jürgen Vogel et Michael Gwisdek en première ligne!).

Seul bémol pour les étrangers (oui, on en revient toujours là…): il faut se faire au dialecte berlinois (pour ceux qui ne connaissent pas, « wat für ein dinck » prononcé à la façon pistolet automatique, sachez que c’est simplement… » was für ein ding »…no comment…). Je connais peu de gens qui le parlent, et quand ils le font ça se limite à quelques mots (« ick » pour « ich », par exemple). Les 20 premières minutes du film, par contre, c’est plus hard que ça!

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Figure berlinoise: Heinrich Zille

Une des grandes figures artistiques populaires de Berlin est Zille, dessinateur né à Dresde et qui a passé le plus clair de son existence à Berlin. Il existe dans le Nikolai Viertel un musée qui lui est dédié et que je compte bien visiter dès que j’aurais un peu de temps!

Zille (1858-1929) est surtout connu pour ses lithographies représentant le « Milljöh » (tiré du français « milieu) ou « demi-monde », au début du XX ème siècle. Les dessins de Zille sont très osés, ou plutôt très francs: manque d’hygiène, promiscuité, sexe en présence d’enfants, mort, tout est montré chez lui, avec un style bien particulier. Jusqu’à aujourd’hui, Zille reste l’un des artistes Berlinois les plus célèbres- son oeuvre est à la fois admirée pour son talent de mise en scène et pour sa portée historique. Les dessins de Zille sont parmi les seuls témoins des milieux populaires berlinois à la fin XIXème- début XXème.

Zille est issu lui-même du milieu qu’il dépeint: issu d’une famille si pauvre qu’il doit dormir des années durant sur de la paille, décrivant lui-même la maison où il est né comme un local à bestiaux ou un autre mot pour l’enfer ( » On peut tuer un être humain avec un appartement comme on le ferait avec une hache »), Zille s’est hissé, grâce au dessin, en haut de la pyramide sociale qu’il a observé sa vie durant. Enfant, il fait tous les métiers possibles, croise toutes les réalités, économise chaque piécette qu’il reçoit pour se payer des cours de dessin.

Ses dessins sont vite accusés d’être pornographiques, voire malsains, dans la société bourgeoise de l’époque. Et on comprend pourquoi: il montre ce qu’on ne veut pas voir. La pendue dans sa chambre de bonne, la prostituée, la mère et son enfant qui vont au fleuve pour se suicider, les enfants qui se mouchent dans leur tablier…Il trouve d’abord sa chance dans un canard « Lustigen Blätter ». Pourtant, dès 1910, Zille commence à recevoir les honneurs de la presse. Son oeuvre « Mein Miljöh » (1914) se vend à 100 000 exemplaires jusqu’à la fin des années 20- ce qui à l’époque, vu les circonstances, est un vrai succès éditorial (resituons: crise économique, crise politique. Le vrai best-seller de l’époque est hélas « Mein Kampf » dont on estime les ventes entre 1925 et 1945 à 10 millions d’exemplaires…)

Zille est l’un des derniers artistes berlinois issus de l’effervescence du XIXème. Proche de Tucholsky et de Max Liebermann, il cherche sa vie durant à accomplir son rêve d’ascension sociale, croyant à peine en son propre succès.

Les Stube d’aujourd’hui sont remplies de ses dessins…il fait pleinement partie de l’atmosphère berlinoise si appréciée. Vous avez donc normalement reconnaître les illustrations que vous voyez en faisant le tour des restaurants germaniques de la ville ;)

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Les meilleurs glaciers

Une chose qui peut choquer en Allemagne, particulièrement ici, c’est le goût des Allemands pour les glaces. En toute saison, dès qu’il y a un peu de soleil, hop! les glaces surgissent de partout. La preuve: l’hiver cette année (enfin plutôt l’année dernière) a été particulièrement rude, je me souviens pourtant nettement d’avoir vu des gens dans la rue savourer un cornet en novembre et en mars. Epoque où il devait avoisiner les 5 degrés par les jours de clémence divine. De vrai! D’ailleurs je suis presque surprise de ne pas avoir vu des gens le faire depuis que la température est retombée…on parie quand :)?

Bon, attaquons les choses à leurs sources: pourquoi les Allemands aiment-ils tant les glaces?

Mon instinct me dit:

1/ parce qu’ils résistent mieux au froid? y a-t-il un gêne allemand de résistance farouche au froid?

2/ parce que les manger leur fait croire qu’il fait plus chaud (là je vais chercher loin, mais ca reste plausible…)

3/ parce qu’ils ont toujours fait comme ca et que les habitudes, ca se discute pas

4/ parce que leurs glaces sont SUPER bonnes

Sur le dernier point, je donne mon top pour Berlin:

- le glacier Malibu, à la Wasserturm de Prenzlauerberg

- Isabel, à Admiralsbrücke (Kreuzberg).

- Le glacier de la Falckensteinstr. (Kreuzberg)

Reste que l’été semble être fini, je ne pourrai donc probablement pas modifier ce top avant l’année prochaine, à moins de muter en allemande…pas pour tout de suite!

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S’installer à Berlin: démarches administratives

Vous voulez vous installer à Berlin le temps d’un stage, pour y travailler ou simplement faire une longue pause? Il faut vous enregistrer.

Comment ça se passe?

1. Vous commencez par régler votre situation du côté français, pardi
2. Vous allez vous enregistrer au Bürgeramt (bureau des citoyens, équivalent de la mairie) du quartier où vous vous installez
3. Vous y déclinez votre identité, votre religion (attention: les religions sont soumises à un impôt en Allemagne, ne déclarez que si vous êtes convaincus!), donnez une copie de votre contrat de location
4. On vous remet une copie de « l’Anmeldungbestätigung » (certificat d’enregistrement) qui vous servira pour tout: ouverture d’un compte en banque, recherche d’un emploi, justificatif pour différents services…
5. Vous recevez quelques semaines plus tard une « Lohnsteuerkarte » (carte d’imposition) qui permet à votre entreprise de pouvoir vous rémunérer. Intéressant ;)
6. Une fois ces choses faites, vous pouvez également allez vous enregistrer à l’ambassade de France. Cela n’est pas obligatoire, mais ça peut être intéressant aussi.

Et hop! le tour est joué!

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