Tag Archives: découvertes

Toute la vérité sur le Nutella

J’ai ENFIN compris pourquoi j’ai totalement renoncé au Nutella depuis mon arrivée ici. Voyez plutôt:

Je veux mon Nutella francais!! Et après, on nous dit que la mondialisation, ca lisse toutes les différences de facon dramatique. Je dis non. Preuve à l’appui ;)

Posted in Parlons franco-allemand. Tagged with , , , , , .

Contes de Noël: Cendrillon, façon DDR

Ca y est, c’est officiel: il fait tellement froid que je ressens le besoin de me calfeutrer chez moi et de savourer des contes, sous forme écrite ou en version filmée. Et bien entendu, je me concentre sur du franco-allemand.

Soyons honnête: chaque année je suis énervée par les théories unilatérales selon lesquelles d’entre nous et eux, seuls les Allemands disposent d’un vrai capital de contes pour enfants. Je vais donc partir dans une théorie franco-allemande, vous pouvez tout de suite aller voir la partie concernant le film en fin d’article si cela vous inspire un peu plus.

L’idée selon laquelle nous n’avons pas de contes propres est fausse, seulement c’est difficile à prouver sans un petit retour en arrière (j’avoue que je ne sais pas nous défendre en direct, ok…Ferais mieux cette année! Notamment grâce à ce post qui me force à lister les arguments ^^). Ce blog étant aussi là pour ça, je profite de l’occasion pour montrer que nous avons aussi de quoi faire. A bon entendeur…

Donc, pour mettre fin à ce débat franco-allemand latent au fond de moi-même et peut être de certains lecteurs:

Les contes, côté français, comme le nom l’indique (« ra-conter »), ce sont d’abord des récits oraux, savamment racontés lors des veillées paysannes qui ont quasiment disparus avec l’urbanisation.  Ils sont faits pour être entendus, cela peut encore se ressentir à la structure de certains (drame en trois actes, avec tension finale, voir par exemple La Barbe bleue. Sous la mise en forme de Perrault, il y a  à mon avis bien autre chose à relever…notamment que c’est fait pour un auditoire!). A un moment ou un autre, des nantis de la cour s’inquiètent de la disparition progressive de ces  récits et se chargent de les coucher sur le papier avec un style relevé. Cela donne le fantastique Cabinet des fées, première « vraie » tentative de sauvegarde de ce patrimoine (courant XVIIIème, si ma mémoire est bonne), après la mode précieuse (fin XVIIème) pour les sauvegarder. Il y a une très belle compilation du Cabinet des fées disponible chez Picquier (très conséquente, aussi), ça peut être un beau cadeau de Noël familial. Je dis ça comme ça, et peut-être aussi parce que j’aurais rêvé de pouvoir avoir ça à partager entre cousins et grands-parents à Noël ;). Si ça vous intéresse, c’est par .

Bref vous m’aurez comprise: les contes français existent bien, et toc. Perrault, le Cabinet des fées, Mademoiselle L’Héritier, Dumas, Nerval, Zola, la comtesse de Ségur (je vous assure qu’elle en a écrit!!) ne comptent pas pour du beurre. Seulement, très souvent, cela relève de l’exercice littéraire et uniquement de celui-ci. On réécrit le conte, on le redécouvre et on le met à disposition d’un public déjà averti qui savoure ses subtilités et juge de son style en fin connaisseur de la langue.

En Allemagne, à l’inverse, les contes mis à disposition du grand public par des connaisseurs des légendes populaires le sont à une période historique assez marquée. Prenez les frères Grimm: ils n’écrivent pas à un moment anodin, et ils ne le font pas d’une façon innocente. Ils collectionnent et rédigent des contes qualifiés de  spécifiquement allemands (on est en plein au moment où notre Bonaparte national -prenez l’expression comme vous le voulez- pousse les peuples européens à se trouver une identité, l’Allemagne en tête…) Et ils le font précisément à la période à laquelle le concept d’enfance s’impose dans les mentalités. J’en ai d’ailleurs touché un mot avec l’histoire du mot « bébé » ici. Ce sont des contes qui sont jusqu’ici porteurs d’une identité claire et d’un message précis: adressés aux enfants. De là à tirer la conclusion que ces contes ont un but éducatif…Alors que nous, eh bien non. Encore une façon de se démarquer, ahlalala ces Français! :)

Bon, je suppose que vous aurez compris mon message et que je peux passer au coeur de mon propos. Pas trop tôt, me direz vous. Je vous entends.

Il y a ici des traditions télévisuelles assez marquées pour les fêtes. Je vous épargne le couplet sur Sissi et ses éternels remakes, je le réserve à un jour improbable de grande fièvre. Par contre je ne vais pas vous épargner avec Trois noisettes pour Cendrillon (Drei Haselnüsse für Aschenbrödel).

Qu’est-ce que c’est?

  • Un film des années 70, avec le style incroyable et improbable des années 70 (allez voir un peu ces costumes! du tonnerre en boule comme diraient certains…ou pas)
  • issu d’une collaboration RDA- Tchécoslovaquie (pardon, impossible de retrouver le nom officiel de l’Etat soviétique de l’époque…). Il y a peut-être un peu de Pologne là-dedans aussi, je ne suis plus très sûre de moi. Lecteurs amis de la langue de Goethe, vous pouvez aller le vérifier sur cette superbe fanpage si le coeur vous en dit.
  • né d’un conte tchèque dont je n’ai pas jamais entendu parler jusqu’ici, de même que son auteur, inconnue au bataillon. Qu’à cela ne tienne: cultivons-nous sauvagement.  Il s’agit d’une des variantes slaves du conte que nous connaissons tous.
  • une référence allemande absolue, du moins à l’Est. Je vous assure: le film passe chaque année de façon réglementaire à la télé et il est regardé de façon quasiment religieuse. Pas moyen d’y couper si vous vivez ici, ce sera votre destin. Autant vous y faire tout de suite. En plus, vous risquez d’aimer.

Personnellement, j’aime: la musique (paraît-il célèbre), la version du conte (beaucoup moins cruelle et interprétable que celle que nous connaissons tous), les paysages neigeux, les dialogues (ah cette simplicité), les animaux partout présents comme des gardiens et tellement plus fiables au fond que les humains…Et aussi le fait qu’on voit un peu de Moritzburg (château près de Dresde) au passage.

Je vous laisse avec un petit trailer inofficiel…

PS: je n’ai pas trouvé ce DVD en vente en France… Appel à témoin: si quelqu’un sait où le trouver en version française, merci de m’en avertir…ça ferait un bien joli cadeau.

Pour tous les fans de contes, vous pouvez aussi investir dans cet autre livre de contes spécifiquement français en allant voir par . Je le recommande fortement!

Posted in Culture, Parlons franco-allemand. Tagged with , , , , , , .

La logique du don

Il y a des choses comme ca qui vous font bondir et vous donnent des envie de partir en courant- chez Môman, au moins, le glauque ne choque presque plus.

Je câle devant les Berlinois qui toussent et crachent dans le bus (encore vu hier!!), les récupérateurs de bouteilles consignées dans les poubelles, qui passent tous les 3 mètres (ils en vivent, au final…) et qui sont partout dans la ville.

Et de même devant cette manie de tout comptabiliser. Chez nous, un service est un service: gratuit. Ici, tout a un coût. Absolument tout. Même un tout petit, je ne trouve pas ca  évident… Vos amis vous demandent expressément de rembourser 2,30 euros sans faute le lendemain (au cas où vous voudriez mettre en bourse cette somme astronomique). Le cordonnier fait mal son boulot, vous lui demandez de rectifier: ok, mais pas sans raquer 3 euros…

Je suppose que c’est un trait très francais de considérer l’entraide comme une évidence gratuite ou bien comme carrément  non existente. A l’inverse, ici, on semble penser qu’il est normal de l’encourager parce qu’elle est trop rare, donc on rémunère.

Dernière découverte en date, celle qui concerne le don du sang, faite grâce à NiKo qui pose décidément des questions apparemment anodines et qui ne le sont jamais autant que ca…

En ce qui concerne le don du sang, je ne suis pas quelqu’un de bien renseigné en général. Peut-être que j’enfonce une porte ouverte pour tous les (franco-)berlinois lecteurs du blog avec ce post…Toujours est-il que la plupart des donneurs de sang en Allemagne sont payés. Oui, vous avez bien lu: payés.

J’ai donné mon sang plusieurs fois en France, à l’EFS. On vous offre un goûter, on discute avec les gens, ca ne dure pas trop longtemps non plus. Et puis on repart tout content: la B.A du jour, voire du trimestre, elle est faite.

Ici, les gens attendent entre 20 et 30 euros pour chaque don du sang. Je trouve ca choquant, voire malsain de la part du donneur. Je donne pour sauver des vies, pourquoi devrais-je le faire pour toucher une rémunération? Ca salit tout non?

J’en ai parlé avec un ami allemand, voici en gros la retranscription de la conversation:

- sag mal  [dis]
- mal  [je dis]

- findest Du das normal, geld für blutspende zu kriegen??  [tu trouves ca normal qu’on soit payé pour donner du sang??]
- das ist gängige praxis hier in DE  [c’est une pratique courante ici en Allemagne]

- das ist bei uns immer ohne entschädigung [chez nous c’est toujours sans rétribution]. verkauft ihr denn mal euer blut? oder wollt ihr leben retten? [vous vendez votre sang? ou alors vous voulez sauver des vies?]

- machen auch nicht alle so. das DRK gibt wohl nur essen und trinken [tout le monde ne fait pas les choses comme ca. La DRK ne donne qu’à boire et à manger]

- AH (denkt ein Weilchen)  [AH] (réfléchit un petit moment) . ich hab also respekt vor DRK. was immer es sein kann.  [du coup j’ai du respect pour la DRK. quoi que ca puisse être.]

- es geht darum, die menschen zu locken.  [c’est pour appâter les gens]. es wird viel mehr blut gebraucht als spender da sind [il y a toujours besoin de plus de sang qu’il n’y a de donneurs]

- habe ich mir auch so gedacht. aber trotzdem. [c’est bien ce que je pensais. mais quand même]. und es bleibt auch so, dass jeder maximal 4x pro jahr spenden darf, oder? [et c’est toujours limité à 4 fois par ans maximum, non?]

- 4x?du kannst blutplasma alle 2 bis 3 tage spenden.  [4 fois? tu peux donner ton plasma tous les 2 ou 3 jours]. vollblutspenden alle 8 wochen [pour la totale c’est toutes les 8 semaines]

- echt?  [sérieux?]

-  ja. das blut regeneriert sich recht schnell  [oui. le sang ca se régénère vraiment vite]

- ich habe irgendwo gelesen, es war laut geschlecht gerechnet. [j’ai lu quelque part que c’était limité en fonction du sexe] 4x für frauen, 6x für männer[4 fois pour les femmes, 6 pour les hommes]

- naja, das ist bestimmt quatsch [umm, c’est certainement des conneries]
- das heiss, es muss wohl menschen geben, die damit leben. furchtbar. oder? [donc en gros, il doit y avoir des gens qui en vivent. c’est glauque. non?]

Je vous laisse tirer vos propres conclusions éthiques/morales sur le problème. Moi, je file à la DRK (dont j’ai compris après quelques efforts qu’il s’agit de la Croix Rouge allemande). En revanche, ca ne m’empêche pas de lancer la question à la volée: la solidarité, c’est culturel, naturel, ou acquis par l’éducation? Parfois je me demande si certains traits de mon caractère ne sont pas typiquement francais, ou typiquement familiaux, ou typiquement de moi, ou typiquement humains…*équation insoluble**Pauline commence une nouvelle série prise de tête* *na ja*.

Posted in Chroniques, Parlons franco-allemand. Tagged with , , .

Pourquoi veut-on tant voir Berlin?

Pas de doute, s’il y a une ville en Allemagne qui attire en ce moment, c’est bien Berlin…Effet de mode, ville branchée, jeune, pas chère…La capitale germanique a la cotte.

Côté allemand, Berlin est plutôt mal vue. Ses habitants passent pour des gens arrogants, froids, distants. Le taux de chômage est très haut, le contrôle social faible (vous savez cette manie qu’ont certaines personnes de s’immiscer dans vos affaires pour que vous fassiez les choses à leur manière? C’est ça que j’entends par « contrôle social ». ça peut être la voisine qui vérifie derrière vous que vous faites bien le tri sélectif, comme les gens qui critiquent le look des autres en les croisant dans la rue…). Et il y a une forte minorité turque…je ne vous refais pas la théorie Sarrasin, mais les Turcs en Allemagne…on ne peut pas dire qu’ils soient bien vus, hélas.

Bref: pour un Allemand, une ville attractive, c’est une ville de l’Ouest (et d’une!), voire une petite ville « à taille humaine ». Hambourg, Munich, Stuttgart… un Allemand commencera par vous parler d’elles, puis des villes secondaires, parfois de l’Est, selon votre interlocuteur. Dresde, Leipzig, par exemple.

Reste que nous les Français, on ne voit visiblement pas les choses de la même manière. Avec 30 000 ressortissants ici au bas mot, oui, on peut dire que la ville nous plaît…et quelque chose me dit que je n’ai pas fini d’entendre du Français dans la rue.

A force de m’interroger, j’ai fini par trouver quelques raisons pour lesquelles cette ville nous attire tant:

1. On raisonne sur des modèles différents, les Allemands et nous. Le fédéralisme versus la centralisation, ça vous dit quelque chose?  Après plusieurs mois passés ici, je commence tout juste à prendre la mesure de ce que cela signifie. En termes d’attractivité, de renommé d’une ville, à peu près le jour et la nuit. En France, qu’on l’aime ou non, on pense très souvent Paris et le reste. Cette prédominance parisienne laisse sa trace partout: dans les trajets des trains qui commencent tout juste à évoluer pour éviter un passage absurde par la capitale, dans les activités culturelles (musées, grands théâtres…sont à Paris. En Allemagne, Stuttgart et Hambourg se défendent suffisamment pour être vues comme les meilleures villes pour la musique). Ou encore dans les expressions courantes (« se faire limoger »= se faire envoyer à Limoges, inaccessible depuis Paris dans son sens d’origine; « avoir une mentalité provinciale »…). Cette prédominance est tellement importante qu’elle nous imprègne parfois à notre insu.

Bilan des courses par rapport à mon propos? Eh bien, pour un Français, a priori, les choses sont similaires en Allemagne- personne ne nous a  vraiment expliqué les subtilités qu’il y a derrière le mot « fédéralisme« . Bien entendu, en ce qui me concerne, je savais que d’autres villes étaient plus attractives (Munich par exemple). Mais en bonne Française, j’ai pensé que les trois mois que j’allais passer en Allemagne, mieux valait les passer dans une capitale que je ne connaissais pas encore que dans une ville secondaire, même si tout à fait dynamique par ailleurs- mea culpa, maintenant j’ai compris… Bref: je ne pense pas faire figure d’exception, loin de là.

2. Berlin, c’est pas cher. Facile de s’installer: les colocations sont faciles à trouver (compter entre 250 et 400 euros pour une chambre en plein centre-ville), le discount est presque une religion…pas difficile ici de vivre avec des petits moyens. Parmi les gens qui sont attirés par le rayonnement de cette ville, il y a par conséquent beaucoup d’artistes: musiciens, écrivains, peintres…Facile de venir aussi: les compagnies low-cost sont là, à Schönefeld.

3. Un dynamisme culturel. Je ne parle pas spécifiquement de culture « haut de gamme »- musées & co- qui existe ici aussi, mais plutôt de ce foisonnement d’initiatives qui existe ici. Ce sont des centaines de petits projets qui naissent tous les jours- vite éclos, souvent vite avortés, mais toujours au rendez-vous, éphémères comme la vie d’un papillon. Tous ces artistes qui vivent ici produisent une vie culturelle active dont les formes surprennent au coin d’une rue, par leur forme, par le mode d’expression choisie. Graffitis, peintures murales, looks alternatifs, musique d’exploration, appelez ça comme vous voulez: au fond, on en revient toujours à l’idée que la créativité et ses conséquences ici, ça vole dans l’air…

4. Son histoire. La réunification, le nazisme…qu’on le veuille ou non, ce sont des thématiques qui plaisent en particulier aux Français (pas convaincus? Faites une comparaison internet entre les retombées des 20 ans de la réunification entre les sites français et allemands…). Berlin est LA ville qui réunit à nos yeux tous les pans de cette histoire trouble. C’est à Berlin qu’il y a les traces du Mur, c’est encore à Berlin qu’il y a eu le bunker hitlérien…Je pense que cette mémoire est quelque chose qui joue dans nos perceptions, sinon dans nos ambitions touristiques ou de déménagement.

Sinon…il reste sans doute plein de raisons auxquelles je n’ai pas encore pensé. La question reste ouverte au débat!

Posted in Chroniques, Culture. Tagged with , , , , , , , , .

Au pays des machines

Avez- vous déjà remarqué l’expression « allumer la machine » en Français? Ca ne vous a jamais semblé imprécis? Sinon, il faut que vous en débattiez avec les Allemands autour de vous…

En effet, en Allemagne, il y a dans la mesure du possible une machine pour tout. Dire « allumer la machine » n’a pas de sens: on vous demandera bien de laquelle vous voulez parler… Une machine à couper le pain à table, une machine à vaisselle et une machine à café bien sûr, une machine à couper les pommes en morceaux de taille exactement équivalente, sans parler de la récurrente brosse à dents électrique, des automates de la vie extérieure…et il reste tous ces ustensiles étranges qui ne vous viendraient même pas à l’esprit en rêve. Pas vraiment des machines, mais pas vraiment des objets auxquels on penserait spontanément en France. Par exemple le pique-oeuf (Eierpiekser), pour être absolument certains qu’un oeuf dur cuira sans se briser…

Moralité? Les Allemands font une confiance folle à la technique et plus généralement aux outils. La technique surpasse la faiblesse humaine, elle est zuverlässig…fiable comme le veulent nos amis allemands. En d’autres mots, c’est exactement le contraire de nous: nous avons une peur très française d’être des pions dans un système (commercial, étatique, administratif, que sais-je encore…) et nous nous faisons plus confiance à l’humain qu’à un système anonyme. Les Allemands, c’est l’inverse: l’humain est source de malentendu, d’imperfections, d’erreurs.Alors on fait confiance à un système travaillé pour devenir précis comme une horloge.

Cette fascination allemande, vous la retrouverez partout: en voulant acheter un billet de train ou de métro, en voulant retirer votre argent, en faisant la cuisine, dans les horaires toujours respectés des trains (j »en reparlerai, de la précision des trains…on rencontre parfois des gens dont l’occupation principale vous laisse…pensif).

Par conséquent, tout le rapport que nous avons avec les objets, nous les Français, est complètement ignoré: le pain qu’on rompt au repas du soir ou du midi, oublié. Le  jus de fruit frais pressé main, oublié. La pâte à tarte faite à l’ancienne, oubliée- on vous taxera même de ce bon vieil argument selon lequel ce n’est pas hygiénique.

Idem pour le rapport humain: il ne faut plus compter sur le guichetier pour votre carte mensuelle, sauf si vraiment vous avez du temps. et si vraiment vous êtes  dans un station importante (amusez-vous donc à repérer les guichets ici). Battez-vous avec la machine moderne, programmée pour refuser tout billet jugé « trop important ». Rien ne m’énerve plus quand je suis à court de petite monnaie: je veux un billet à 2,60, la machine me refuse mon billet de 5 euros. Je veux m’acheter une carte mensuelle, la machine me refuse fréquemment les 4 billets de 20 (prix d’un abonnement ici: 72 euros). Pratique. Surtout quand on sait qu’un même automate cumule rarement les avantages inouïs d’accepter pièces, billets ET carte bancaire. Ca fait partie des petites choses qui pimentent mon quotidien- et qui d’ailleurs me poussent à prendre mon vélo ;)

Et ce n’est pas toujours simple de s’adapter, mine de rien- la routine, les attentes les plus évidentes, c’est ce qu’il y a de plus dur à changer. Quand on a pas la même routine et les mêmes réflexes que les autres, dur de se mettre subitement à suivre…Mais c’est aussi une belle leçon de vie de voir que tout n’est pas comme chez soi et que tout n’est pas « évident ». Et ça, je ne pouvais l’apprendre qu’ici!

Posted in Chroniques. Tagged with , , , , .

Quelques perles…

La langue allemande nous joue parfois bien des tours…Et l’inverse est vrai aussi. Une petite sélection des faux-amis à repérer, dans un sens ou dans l’autre:

- « Rendez-vous« : en français, se dit pour tout. En allemand, se dit uniquement pour aller voir une personne qui vous tient à coeur…personnellement.

- « Quartier » se traduit de multiples manières. La plus simple est d’utiliser le mot « Viertel« . A Berlin, employer le mot « Kiez ». A Hambourg, ne surtout pas employer le mot « Kiez » qui désigne un endroit bien particulier (une rue interdite aux femmes si j’ai bien compris?!). Le mot « Ecke » peut être un juste milieu…

- « Baguette » est chez nous une sorte de pain, ici c’est une sorte de tartine. Comptez un simili de baguette coupé dans la longueur, mis au four avec quelques condiments et  à déguster face au dernier match de foot entre deux pacs de bière.

- « Verabredung« : l’équivalent de « rendez-vous ». Là où ça se corse, c’est que le verbe « sich mit jemandem verabreden » est parfois neutre, parfois uniquement utilisé dans le sens amoureux. Ne parlez pas d’une « Verabredung » avec votre dentiste, on va vous regarder bizarrement ;)

- « Camembert » est ici une sorte de fromage pané servi chaud avec de la salade…

- « Bordel!« : les Français, si vous avez un juron à oublier, c’est celui-ci. « Bordell » désigne uniquement les maisons closes et ne s’emploie pour RIEN d’autre.

- La double négation en allemand ne s’emploie pas pour faire un compliment. Ne traduisez pas littéralement une expression comme « Eh bah si c’est pas du bon boulot ça?! », vous allez jeter un froid.

- « Geil »: s’utilise en adjectif de façon neutre pour une ville, un endroit, une ambiance. Signifie « terrible », « génial ». Par contre, pour une personne…ne le dites pas.

- « Zuverlässig » (fiable) se dit tout autant pour une personne que pour un objet. On n’hésitera d’ailleurs pas à vous dire » Er ist zuverlässig, typisch deutsch » ou encore « das ist ein zuverlässiges Fernsehen ». Etrange!

- « A propos » en allemand signifie: « Tiens, au fait ». Désigne une idée qui vous passe par la tête. Pour traduire le « A propos de ça » français, il faut employer une périphrase « darüber möchte ich sagen » par exemple…

- « Aïe » ne se dit pas « aïe » mais « aouah ».

- Les noms de nationalité (enfin beaucoup d’entre eux) désignent des positions sexuelles. Méfiez-vous aussi du mot « Pariser » pour vous présenter Messieurs, les parisiens c’est un mot signifiant préservatif.

Alles klar?

Et vous vous avez remarqué des expressions trompeuses…?

Posted in Parlons franco-allemand. Tagged with , , , .

Histoires de fleurs

Je cherche de temps à autre à lire des livres sur la culture franco-allemande. ça tombe bien, on m’a offert à Noel dernier ce livre qui traite de façon rigolote plusieurs aspects de la vie quotidienne. Je trouve parfois que les choses sont assez tirées par les cheveux, mais en général ça tombe juste.

Dernier exemple en date, cette remarque sur la culture des bouquets chez les fleuristes:

En Allemagne, le fleuriste empaquette le bouquet, on pourrait même dire qu’il l’emmaillotte de façon hermétique, plus soucieux visiblement de le dissimuler ou de le protéger que d’en faire une oeuvre d’art.

C’est du véridique- attention, je ne parle ici que des bouquets composés par vos soins (quoique…). Eh oui: faites le test d’acheter les mêmes arrangements de fleurs à Paris et à Berlin, vous serez surpris. Pourquoi? Parce que les choses sont faites différemment au moment de l’emballage! Je ne me suis pas renseignée sur les prix dans le détail mais il me semble (ou bien est-ce un préjugé…?) que les prix francais sont assez proches de ceux d’ici, à ceci près que l’emballage est inclus. Un bel emballage je veux dire.

Ici le mot juste pour « emballage » est « Verpackung ». Littéralement, de l’empaquètement. Ca donne tout de suite le la: en France, on  emballe, on apprête, en Allemagne on empaquète pour le trajet- impossible d’admirer son bouquet pendant le trajet, il est caché de partout, dissimulé. Car le but ici est d’offrir des fleurs comme si elles venaient directement du champ où on peut les trouver.  Il faut donc les protéger et être naturel (ca, la question du naturel, j’y reviendrais plus tard…une grande obsession me semble-t-il). Apparemment, ce serait très impoli d’offrir des fleurs toujours dans leur emballage. Difficile à comprendre pour moi: un bouquet de fleurs n’est jamais aussi joli que quand on n’a pas encore touché au papier de soie et au ruban…

Voyez plutôt ce que ça donne après un achat, pas très sympa effectivement de l’offrir comme ça:

Je discutais de ca avec une amie d’origine polonaise. Elle me disait que ca la choquait elle aussi: en Pologne, on ne compte pas non plus l’apprêtement dans le prix. Achetez une rose en Pologne, on vous mettra un peu de verdure et un bel emballage. Ici, on a une rose. Point.

Bon ceci dit si vous vous entendez bien avec votre vendeur, les choses peuvent changer ;)

Posted in Parlons franco-allemand. Tagged with , , , .