Tag Archives: énigme

Le mystère du collègue

Je ne sais pas vous, mais moi, il y a toujours des choses qui me dépassent. Ici, je veux dire.

L’une d’entre elles concerne un aspect de la vie en entreprise. Le sujet n’a rien de grave, il est peut-être même universel. En attendant, ça me travaille. Ca fait des siècles que je voulais en parler ici.

Je conçois que la plupart des gens soient plus matinaux que moi, mais au bout de quatre entreprises vues en trois ans dans cette ville, je ne peux que constater qu’il y a un être qui revient toujours, partout où on va: le collègue matinal. Unique en son genre, isolé des foules (à moins qu’il ne côtoie celles virtuelles sur Badoo?), mais très présent à sa façon.

Appelons-le Thorsten.

Vous arrivez à 9:00, Thorsten est là. Bon, ok, on peut imaginer qu’il arrive chaque matin avec 5 minutes d’avance sur l’heure que tout-le-monde-doit-respecter.

8:15, vous êtes fier d’être déjà là, façon Guido Westerwelle quand il a aligné deux phrases d’anglais sans script: Thorsten est là. L’expérience se répète, ça commence à vous perturber. Vous venez une fois à 8:00, histoire d’être sûr-sûr que c’est bien une histoire de 5 minutes.

Mais non. Il est là DEPUIS 7 HEURES DU MATIN. Seul, concentré, en tête à tête avec son PC, la totale. Parfois même avant, vous dit-il très naturellement quand vous osez lui poser la question avec l’air vexé de quelqu’un qui trouve remarquable de se pointer sur les coups de 08:00.

Alors là vous vous demandez comment il fait, étant donné qu’il habite au fin fond du Brandenbourg, et qu’il a sur sa table le set complet de tupperwares remplis de pommes coupées en morceaux, de Stullen et puis de divers Brötchen. Vous vous imaginez la vie version levers aux horreurs aurores:

  • 4h58: réveil avant le réveil parce qu’on s’habitue à tout
  • 5h30: l’oeil droit bien ouvert, vous vous attaquez à la préparation de l’en-cas de rigueur et mettez vos tupperwares à contribution
  • 7h00: ça y est, vous êtes au boulot, seuuuuuuuuuuuuul. Enfin un peu de calme! Environ deux heures tranquille.
  • 11h00: la faim vous travaille. Normal, la dernière fois que vous avez mangé, c’était vers 5h15. Il vous reste donc simplement à vous attaquer à votre réserve de pommes placée dans le tupperware là droit devant vous. Si elles sont déjà jaunes, vous êtes en retard sur votre planning.
  • 13h00: vous mangez vos Stullen avec délice en 10 minutes face au PC. L’équipe française va tout les jours se goinfrer en 31 minutes au resto (au lieu de 30!!), vous trouvez ça assez étonnant comme phénomène.
  • 16h00: la journée de travail est finie depuis longtemps, mais comme vous vous levez tôt de toutes façons, et que vous êtes forcé de rester jusqu’à 16h00 pour des histoires de contrat, vous êtes resté pour une heure sup où vous ne pensiez probablement qu’à ce contrat injuste.

A 16h01, le garçon a disparu de la circulation.

16h01, c’est l’heure à laquelle moi je commence à devenir vraiment efficace. Mon cerveau doit subir une attaque de je ne sais quoi, ça marche du feu de Dieu de 16h00 à 19h00. J’ai beau me lever aux aurores ces temps-ci et tenter de changer la donne (version moi, faut pas rigoler non plus, même si je suis motivée), le fait est que je suis au top de ma forme laborieuse en fin d’après-midi. Thorsten, lui, c’est l’inverse.

Thorsten est éveillé quand il prend le S-Bahn le matin pour venir du fin fond du Brandenbourg. Il est 6h00, vous luttez avec votre réveil et vous essayez de le planquer sous un oreiller, le matelas, n’importe quoi pourvu qu’il arrête de sonner. Pendant ce temps Thorsten lit Die Zeit dans un coin de train- d’ailleurs avec de la chance il vous le résumera lors d’une quelconque pause clope où vous ne demandez rien à personne.

Lecture favorite de Thorsten. Ca pourrait être Bild, mais non.

A 6h59, vous êtes prêt, fier de vous, et vous commencez à vous dire que vous avez muté depuis quelques temps. Certains vont même jusqu’à se dire qu’à 7h00, ils sont déjà en droit de passer l’aspirateur tant qu’ils y sont- et le pire c’est que parfois ils le font. On appelle ça une forme perverse d’intégration, la voisine vous ayant insufflé l’idée sans s’en rendre compte. Thorsten est en train d’allumer son PC.

7h40, après avoir tourné trois plombes à la recherche de ce que vous étiez en train de faire avant de passer l’aspirateur, vous recommencez à bailler, vous réalisez que vous avez oublié de vous faire à manger, que vous n’avez presque plus de liquide pour le déjeuner non plus, que vous avez une tête à la Mireille Matthieu tellement ce n’est pas dans votre nature tout ça.

Mais vous démarrez, héroïque. Vous voulez y croire. Vous sortez donc, de toutes façons à ce stade, vous n’avez plus rien d’autre à faire que ça, alors voilà. Les yeux vous piquent, vous prenez la rue dans le mauvais sens, vous faites répéter quatre fois à la boulangère ce qu’elle vient de vous demander, à savoir 95 centimes pour un Schokobrötchen, vous faites tomber l’argent par terre. Pendant ce temps, Thorsten a déjà répondu aux 60 mails qu’il a reçu la veille. Résultat que vous obtiendrez sur les coups de 17h00, avec de la chance.

Bilan? De 16h01 à 18h30, pendant que Thorsten mène une vie secrète avant d’aller se coucher, vous commencez à rattraper sa courbe de productivité légendaire. Son existence continue néanmoins à vous perturber. Vous ne pouvez vous empêcher de penser au lendemain, où Thorsten sera là, peut-être dès 6h30 s’il est en grande forme. Thorsten, c’est un de ces gars qui servent de pierre angulaire à l’esprit d’entreprise.

Tout serait en ordre s’il avait les traits vaguement tirés de temps en temps. Mais non. J’ai connu Thorsten sous sa forme Brad Pitt, Thorsten resplendissant de verve qui disait que tout le monde trouvait ça normal dans le Baden-Württemberg et qui râlait quand les autres arrivaient à 9h35, Thorsten qui appelait sa copine à chaque pause dans des élans lyriques à faire pâlir Guillaume Musso, Thorsten qui n’arrêtait pas de rigoler. Tous les Thorsten que j’ai connus jusqu’ici avaient en commun de ne pas avoir l’air de subir le moindre contre-coup de se lever avec le jour. Dans les gènes de Thorsten, il y a un degré de santé qui me dépasse.

Reste encore à éclaircir ce mystère du casse-croûte de Thorsten, en particulier le coup de la pomme, dont j’imagine qu’elle a quand même été coupée à l’aide d’un de ces gadgets faits pour pommes à la fois bio et toujours de la même taille.

Pomme coupée en morceaux. L'idéal pour Thorsten.

Soit sa copine (sa mère?!) lui prépare- ce qui signifie qu’elle se lève à la même heure supposée, soit il le fait lui-même et ça me dépasse encore plus. Thorsten ne va pas à la boulangerie pendant la journée de travail, Thorsten ne va pas au restaurant, sauf cas exceptionnel. Par exemple un pot de départ. Aucun autre être que Thorsten n’arrive à des faits pareils, étant donné que personne n’arrive à amener un casse-croûte fait maison passé le lundi midi. C’en est désarmant. La seule chose que Thorsten s’accorde et fait comme tous les autres, c’est une pause cigarette, en particulier à partir de 15h00. Même le déjeuner hebdomadaire à 1 euro livré sur place il arrive à éviter.

Pour la pomme, l’une de mes théories est qu’elle fait partie d’un régime imposé par une copine tortionnaire. Pommes et Stullen 5 fois par semaine, à vie, voilà ce que je ne peux pas comprendre non plus. Peut-être qu’il n’a pas le choix.

Si jamais quelqu’un a un témoignage à apporter sur ce type de cas, je prends. Se couche-t-il avant 9heures du soir, aime-t-il manger aussi autre chose que des Stullen, dort-il vraiment, peut-on espérer muter un jour comme lui (et d’ailleurs le faut-il). Parce que demain, je sens que je vais me reposer la question.

Ich wünsche Euch einen guten Start in die neue Woche!

http://media01.mathon.fr/Images/Produits/Amazon/47030_Coupe_pomme.jpg
Posted in Chroniques. Tagged with , , , , , , , , , , , , , , .

Scènes de drague

N’en déplaise aux défenseurs les plus ardus de ce pays, je finis par me résoudre à écrire ce post, sur mon blog, pour enfoncer une porte ouverte. A savoir: la drague, ici, ce n’est pas ça. Mais alors, pas du tout du tout.

Même s’ils existent visiblement des gens qui ne voient pas le problème.

Néanmoins, comme je suis sûre de mon opinion après l’avoir mûrement réfléchie en trois ans sur place, pour le leur prouver aux défenseurs (parce que je vois déjà les boulets de canon arriver, en plus ce sera des filles casées avec un Allemand, hein), voici quelques liens à consulter afin de voir que d’autres Français(es) vivent la même chose. A savoir un sentiment grandissant d’être devenu(e) incroyablement moche à son insu, que le travail, c’est la santé, ou encore de tomber quasiment tous les jours de l’année sur des gens qui sont:

a/ en couple. Le pire, c’est que subitement vous avez l’impression qu’ils sont à 90% en mode inséparables -comme les oiseaux. Ils font tout ensemble. Réflexes coordonnés, tout ça tout ça. Rien que par leur façon de sonner à l’interphone vous savez à qui vous avez affaire. Des zamoureux qui énervent la nana de la chanson tellement ils dégoulinent de bons sentiments (rappelons au passage que 35% des Berlinois de 25 à 35 ans sont célibataires, donc véner’ sur ce point en particulier. Théoriquement, vous avez donc des raisons d’espérer trouver un deckel, ou un topf, selon). Vous les entendez donc, ces doux agneaux, roucouler pérorer en l’espace de la microseconde nécessaire pour actionner l’ouverture de la porte de votre immeuble. Quand ils racontent leur vie, pardon leurs histoires, c’est aussi en mode coopératif. Ils s’interrompent pour se congratuler de locutions lunaires:  »tout à fait »,  »c’est exactement ça » etc., etc. Usant. (j’espère qu’ils ne me lisent pas ces deux-là…)

b/ chasseurs du même gibier que vous. Soit en réel, et là très souvent, vous le voyez de suite, c’est bien. Soit en hypothétique, et dans ce cas vous vous demandez pendant des semaines si malgré la rumeur tendant à faire croire que non, en fait ils ne seraient pas quand même. C’est vrai quoi, cette indifférence polie qui se concentre sur la conversation.

c/ non envisageables. Mais là, il est possible qu’à un moment vous finissiez par ne plus voir du tout cette catégorie. Il est même possible que vous vous retrouviez paumzingu’ le coeur meurtri pour quelqu’un qui n’était même pas votre genre à la base et auquel, pour toutes les raisons que je vais vous décrire ci-dessous, vous n’avez rien compris.

d/ en cours de reconversion à l’international. D’ailleurs ça peut vous arriver.  J’en connais qui vont se reconnaître. Vous vivez dans l’ancienne capitale prussienne et vous êtes avec un Italien qui passe l’hiver à vous casser les oreilles avec le soleil romain. Par exemple. L’été, vous le passez ici ou là-bas, mais surtout, trop souvent avec sa mamma. Elle vous explique comment cuisiner sainement: préparer des ventrées de pâtes. Donc, dans les rues que vous côtoyez, comptez avec des couples qui en fait, n’ont absolument aucun lien intime avec le pays. Polono-espagnols, franco-italiens, brésilien-portugais, que sais-je. Dans une telle situation d’incompréhension des techniques de drague germaniques, tout s’explique. Et je vous laisse libre de juger à quel point cette assertion de ma part est vraie ou fausse. En toute démocratie.

Et après il y a : les Autres.

Bon. Arrivée à ce point de mon blabla, je dois vous concéder que nous, Français, mais surtout Françaises, bénéficions d’un atout majeur à utiliser à bon escient. Parler est en soi avoir fait la moitié du chemin et dissiper une grosse partie des hésitations du monsieur. La moindre trace d’accent français vous confère un potentiel insoupçonné: celui de faire surgir les phéromones dans n’importe quelle atmosphère. Vous êtes fairefureurisch rien qu’en disant votre nom. Même les jours où vous avez l’air de Robocop tellement vous êtes de bonne humeur. Ca prend parfois des proportions sidérantes. Téléphonez par exemple à votre caisse de sécu, tombez sur un homme et expliquez lui avec hargne votre problème d’inscription. Jamais vous n’aurez un niveau de service aussi abouti. Plus vous dites de euh, mieux c’est. Idem au boulot. Le  »léger » accent sera jugé délectable. Toujours, y compris si vous ne le voulez pas. Alors, tant qu’à en arriver à ce niveau-là, autant s’en servir. Non mais.

Donc, les liens:

Manon et son bellâtre

Un constat cinglant de Caroline

Le témoignage de Nat, rescapée du désastre

L’analyse d’Hélène

Voilà. Alors on reprend. La drague, vaste sujet pour tous les expats paumés entre les signes, pardon les langages codés incompréhensibles consistant à masquer l’existence des phéromones pourtant bien présents. Les Allemands aiment les jupes, les talons, tout comme tous les autres. La preuve par Loriot et le discours embrouillé d’un père:

La drague, donc, cette façon d’aborder quelqu’un pour des motifs amoureux et que ça soit à peu près clair pour cette personne, je crains bien qu’elle n’existe pas vraiment ici, sauf très rares exceptions tout à fait louables. Le mieux en fait, c’est quand la personne qui drague peut aussi faire croire qu’elle ne l’a pas fait, comme ça elle ne prend pas trop de risques. Pas encore compris quels risques. Du moins dans le sens homme-femme. Il existe certes des relous mecs qui osent faire comme en France, c’est à dire vous aborder au supermarché, dans la rue, ou bien au resto ou au bar, et là ils sont moins relous, de suite (signe de reconnaissance: ils commencent en grande majorité leur discours par Alles klar? Nouvelles venues, vous saurez que non non, vous n’avez pas l’air mal en point. D’ailleurs heureusement qu’ils font ça. Imaginez un peu les baffes qu’ils se prendraient s’ils utilisaient le mot local pour mademoiselle). Mais ça reste assez rare. La grande majorité ne le fait pas. C’est même tellement rare que parfois, vous qui étiez si peinard sans aucun commentaire non désiré sur votre look ou votre forme physique, vous commencez à présenter tous les symptômes de la femme stylée bien française que jamais auparavant vous n’avez été. Ou alors, vous vous surprenez à avoir une certaine nostalgie pour ces compliments gratuits très français qui, dans le fond, ne mangent pas de pain et vous pousseraient presque à réserver un week-end à Paris ou à Nice sur expedia fr ou un autre site, pour vous remonter le moral (mademoiselle, j’te parle! mademoiselle, tu es belle comme la lune! t’habites où? je t’offre un café! je te porte tes provisions si tu veux! etc. etc. Et vous êtes la seule cruche à sourire à ces phrases reloues, donc ils insistent encore plus. Super).

A l’opposé de ça en Allemagne, il y a les séquences où vous réalisez qu’en fait, pas du tout, vous intéressez probablement tout le monde deux trois mecs pas trop moches et que tout va bien, vous n’êtes pas nobody mais en fait, Scarlett O’Hara remix. Ouais. A vous les amours fous à travers les contrées verdoyantes. Il y a un truc dans l’air. Seulement, arrivé à ce niveau-là d’appréciation de votre personne, l’homme peine souvent à diffuser un message clair. Vous parlez pluie et beau temps, neige et verglas. Le problème pour vous est donc d’identifier assez tôt l’objet du rapprochement de votre interlocuteur, histoire d’être sûre sûre après tout ça. Facile à dire, pas facile à faire. Souvent, vous le captez un peu trop tard le rapprochement. Vous vous retrouvez donc sans aucune forme de certitude, désarmée, vaguement désespérée aussi devant tant d’énigmes. Mon conseil: si vous vous posez la question, c’est déjà bon signe. Parce qu’en soi, c’est digne des meilleurs stratégies et tellement limpide que vous n’y voyez vous même que du feu, que vous vous dites que c’est certainement un schtroumpf. Et pour cause: partie de skat ou motif ultime? Discussion politique ou motif ultime?

Bref, plus vite vous décodez, mieux c’est. L’avantage, c’est que plus vous accumulez de temps de présence en Allemagne (système de points, en fait), plus vous commencez à comprendre tôt. Parce que sinon, ça risque tout de suite d’être l’étape suivante: Hollywoodschaukel (= balancelle judicieusement placée sur un balcon, normalement utilisée pour savourer la tarte et le café le dimanche, façon année 50, avec la grand-mère pas loin) dans le vent froid de l’hiver berlinois. Vous attrapez la mort avant d’avoir réalisé le revirement de situation. Ou bien dîner aux chandelles dans un resto posh de Prenzlau quand on vous a parlé d’aller prendre un verre pour continuer la discussion interminable -et palpitante- sur Helmut Schmidt. Avec en prime la vague impression que vous êtes à compter de ce jour LA femme de la vie de l’homme devant vous, et que ne pas avoir assez faim pour finir ce que vous avez commandé peut avoir des conséquences cataclysmiques. Et qui renonce facilement au statut de Scarlett O’Hara pour cause d’indigestion?!

Donc voilà. On a d’abord le sentiment de ne pas exister pendant des semaines, puis subitement de trop exister pour que ça soit plausible, et puis de ne plus rien comprendre à rien. Tout ça est normal. Inutile de paniquer.

Alors après il y a les filles qui partent du principe qu’elles doivent prendre les choses en main. Pour certaines, ça marche. Pour d’autres, pas.  Les pigeonnes. A vous de voir. C’est sans doute une question du nombre de fois que vous avez essayé. Mais le mieux, c’est encore d’en rire avec eux, ça aide à savoir à quoi s’en tenir ;)

Bon. Après tout ça il est fort possible que vous vous demandiez s’il y a un avantage à ne pas vous reconvertir à l’international, histoire de ne pas perdre de temps si comme 90% d’entre nous vous ne comprenez rien à rien. Eh bien oui, il y en a un, et de taille: la reconversion en homme au foyer. C’est qu’il répondrait quasiment à cette attente féminine éternelle du prince charmant à tous égards à lui tout seul, c’est dire:


Le prince charmant von pascaldinot

Enfin bon, les exceptions existent, hein. Tous les hommes ici ne sont pas Monsieur Propre ou chef cuistot à la maison, même s’ils vous racontent la version glamour sur leurs dons en cuisine italienne au restau de Prenzlau. Méfiez-vous. Je ne voudrais pas vous induire en erreur et que ça me soit reproché par un nouveau type de détracteurs. Mais bon.

Edit de dernière minute: Audrey en parle aussi. Deux fois. Comme quoi.

Posted in Parlons franco-allemand. Tagged with , , , , , , , .

Parmi les (fausses) énigmes de la vie

Comment se fait-il que des intentions pour le moins honorables puissent mener à l’opposé de ce que l’on souhaite? Phénomène certes très humain, mais  aussi très bizarre, et qui engendre ce qu’on appelle pudiquement un cercle vicieux.

Changer un truc pour être plus présent là d’où on vient, finir par l’être encore moins, si ce n’est en réel, du moins dans le ressenti. Se sentir mal d’être de moins en moins là-bas pour avoir tenté d’y être plus, et chercher d’autres solutions sans renoncer à l’ici. Toucher à une organisation déjà précaire en croyant l’améliorer. Se mettre un peu plus la pression pour pouvoir être un peu plus libre, plus tard, et ne jamais voir ce moment arriver. Avoir de plus en plus les mots dans la gorge.

Le problème, la plupart du temps, ce n’est pas d’être pris dans cet engrenage. Ni d’être expatrié. On peut avoir le même entre Marseille et Lille ou Clermont et Amiens.

Le problème, c’est de ne pas savoir expliquer qu’on se démêne pour trouver une solution meilleure. Rien de plus que de la communication bête et méchante. Avant de réaliser ça, que le problème tient juste en une phrase à dire et à répéter, et surtout avant de pouvoir y remédier en disant adieu à une part non négligeable de sa fierté, on a déjà envisagé 50 scénarios impossibles pour pouvoir combiner une vie ici et une vie là-bas. L’idée met trop longtemps à faire son chemin.


Le Cher vu de loin, mais pas aussi loin que depuis Berlin

Bref, de l’expatriation et de ses joies. A tous ceux qui savent tout gérer, avoir les congés qui vous permettent réellement de combiner vie française et vie allemande, qui savent jouer de leur absence et de leur présence, faire passer leurs messages en toutes circonstances, jongler entre le stress, la vie de tous les jours, les amis qui vous proposent un verre  attendu depuis la nuit des temps quand vous devriez vous manifester, le manque  de  son chez soi, la conscience de n’avoir qu’une seule vie et qu’une seule famille, sans oublier l’envie de prouver son indépendance, je tire mon chapeau. Il faut être sacrément doué pour évoluer sans accrocs entre tous ces écueils.

En 2012, il va falloir changer tout ça. Vaste programme.

Posted in Chroniques. Tagged with , , , , , , , , , , .