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De retour sur vos écrans

On arrête de bloguer un jour, et hop, deux mois passent. Comme ça. La vie est étrange…

Plus sérieusement, il se passe pas mal de choses en ce moment, dont je ne souhaite pas forcément parler ici ou pour certaines pas forcément de suite. Et concernant ce blog, j’ai compris deux trois choses récemment. Comme par exemple pourquoi les blogs ont une durée de vie généralement réduite. 3 ans, en moyenne sur une plateforme comme Over Blog. Sauf que je ne suis pas sur Over Blog, c’est juste que j’ai pas d’autres chiffres sous la main et aucune envie de chercher là tout de suite.

Donc je reviens à mes moutons: j’ai commencé ce blog pour partager mes découvertes, mes coups de gueules et mon plaisir à vivre ici. Il y a un an je découvrais encore des tas de choses. Maintenant, je suis presque blasée. Je connais la ville et ses bons coins. Je n’ai presque plus de problèmes ou de gros étonnements au quotidien. Donc en théorie, je n’ai plus rien à partager ici. Sauf que j’aime bien venir ici et que je déteste abandonner un projet.

Ce blog va donc devoir changer d’objet, il n’est pas pour autant question que je vous raconte ma vie. Ca serait donc plutôt une accumulation des anecdotes de la vie quotidienne, selon mes envies. Des portraits de gens rencontrés, un avis sur un resto, un peu de tout. Un blog normal quoi. Et toujours avec des coups de gueules de temps en temps sinon vous ne me reconnaîtrez plus.

Question du jour: c’est moi ou tous les jours fériés cette année sont tombés un dimanche? Vaguement ressenti au printemps, vivement ressenti pour Noël prochain. Il y a du foutage de gueule dans l’air. On a intérêt à avoir une belle fête de réunification pour marquer le coup…

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Parenthèse légale et questions d’identité

Je viens partager ici ma découverte du jour, un interview du Monde que vous pouvez lire ici. Thème: la remise en question de la bi-nationalité par les autorités françaises à l’heure actuelle, et le déni qui persiste en Allemagne. Et voici que j’en réapprends subitement sur un sujet qui me paraissait si évident.

Je me passerai de commentaires inutiles sur le sujet. Par contre, voilà un florilège de liens, dans une langue ou une autre. Il y a à boire et à manger, mais comme je suppose mon lectorat lui aussi concerné…appréciez.

- Tout sur l’acquisition de la nationalité allemande.

- La lettre de Marine Le Pen, où l’on (re) prend contact avec la notion de « double allégeance ». Bon, du coup, j’apprends aussi que j’ai fait allégeance comme un preux chevalier à mon pays. Moi qui pensais simplement l’aimer et en tirer des conséquences logiques. Quelle niaiserie de ma part.

- La double nationalité d’après le service public français.

- Une carte du monde avec les pays reconnaissants la double nationalité.

Tout ça me fait battre la campagne et penser à une remarque envieuse qui m’a été faite par un ami allemand. « Wir haben einen Ausweis, ihr habt eine Identitätskarte« . Il voulait en venir au fait que nous osons évoquer le terme d’identité alors que eux ne le peuvent que difficilement. C’était dit avec une pointe de jalousie bien visible.

L’identité allemande, vaste débat. Ne pas chercher à perdre son accent local, ne pas chercher à parler un parfait hochdeutsch, ne pas abandonner son dialecte, s’habiller d’une façon qui fasse typique, sauvegarder des traditions régionales à tout prix…tout ça passe sous le terme générique de « défendre son identité » ici, probablement aussi parce que le papier comme l’idée d’une nationalité allemande manquent- en réalité, l’Allemagne, c’est la fédération libre de plusieurs entités régionales (amis du fil à couper le beurre…).Donc, en toute logique, une « identité » pour chacun ne peut pas vraiment exister aux yeux de l’Etat fédéral. On a un « Ausweis », un laisser-passer, au sens propre, pour circuler d’un Länder à un autre. Rien de plus.

L’identité, techniquement, c’est l’ensemble des données permettant à un individu d’être distingué d’un groupe uniforme, comprendre une masse nationale.  En toute logique, avoir une identité, ça rassure, d’où l’idée de la chercher et de la défendre (par contre la développer, ça c’est une idée plus rare…) Certains la définissent comme un héritage donné à la naissance, à défendre becs et ongles contre des ennemis difficiles à cerner, mais dans le fond souvent vaguement basanés (réécouter Coluche et le sketch « C’est l’histoire d’un mec… »). La modernité aussi, c’est un vecteur qui effraye, destructeur d’une identité figée et fiable. Ecoutez les plus âgés: « de mon temps, on ne tombait pas si bas » (on ne s’habillait pas si mal, on avait des bonnes moeurs etc. Je t’en fiche). Pour moi, les bases d’une identité saine, ce serait plutôt ce que je choisis d’être, donc ce qui m’a été donné et ce dont je suis fière, comme ce que j’ai acquis par moi-même et ce que je veux encore faire. Un peu comme un but à atteindre.

Pourquoi une identité ne saurait pas être multiple, en mouvement? Et pourquoi ne peut-on pas être à la fois français et algérien, allemand, grec…si on aime chacun de  ses deux pays de la même manière? Est-ce qu’on doit dire adieu à ses racines pour vivre dans le temps présent?

Mais peut-être suis-je celle qui a trop d’idéaux. Peut-être est-il temps de penser à vivre en Français pur et dur sur le sol germanique, puisque Dieu nous a mis là- dans ce cas, notez bien que je veux un boulanger certifié « made in France » pas loin de chez moi, plus un Casino ou un Champion avec concombres et tomates empoisonnés français, et surtout pas trop de germanophones autour, c’est désagréable à l’oreille. Quelqu’un transmet à l’ambassade? C’est important, merci. :)

Bon sérieusement, en tant que franco-berlinois, vous en pensez quoi?

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27 choses!

Voilà, on y est, comme chaque année, le drame du vieillissement frappe. Moi et des centaines de milliers d’innocents à qui je souhaite aussi beaucoup de courage.

Comme je ne me laisse pas abattre aussi facilement, j’ai décidé de faire un décompte de petites choses de la vie ici qui me plaisent et que je souhaite partager avec d’autres, à l’instar d’une autre blogueuse qui se reconnaîtra et que les plus futés reconnaîtront aussi…Je dis ça, je ne dis rien :)

Catégorie nourriture et naschen et bibine, en vrac (parce que manger EST important, et puis la bière aussi):

- vive les Biergarten plus ou moins cachés dans la ville où vous avez la possibilité légale de commander bière sur bière pour ne plus finir par ressembler à rien. Seront cités ici le grand, le célèbre, l’incontournable Prater, mais aussi des endroits un peu moins chics mais tout aussi sympathiques comme le Oranke Orange ou le Biergarten qui se cache derrière les barrières de la Moritzplatz. Mes QG pour l’été.

- un grand hommage au concept du Osterhase, fidèle décorateur domestique de toute Berlinoise qui se respecte. Voir la photo ci-dessous, c’est vous dire son importance dans ma vie. Ceux qui me connaissent admireront toutefois le fait que ce lapin soit encore parmi nous aujourd’hui. Mais pour combien de temps encore?

N.B: méfiez-vous, le Osterhase est connu en Allemagne pour avoir un côté pervers…il cache vos affaires. C’est bizarre d’ailleurs, depuis quelques temps je ne trouve plus mon Quark à régime…allez donc comprendre!

- le Max und Moritz dont Nat a déjà parlé ici, le Kartoffelnlaube du Nikolaisviertel, temples de la bonne nourriture allemande (si si ça existe). Bon ok, en hiver, ça passe mieux, j’avoue. Mais vous pouvez au moins y prendre une bière!

- avec le retour de la belle saison, on pense aux glaces de façon monomaniaque. Et ça tombe bien, ça court les rues les bons glaciers ici. J’en avais déjà touché deux mots avec mon top 3 2010 ici.

- pour savourer un café tout en jouant aux expats intellos, il y a des opportunités magnifiques. Par exemple à Kreuzköln, au Roderich.

- pour savourer des Warenikis, le restaurant russe de la Mohrenstr. reste décidément parmi mes favoris. Lire d’autres opinions par là.

- dans la série de luxe, le Umspannwerk Ost est ein Muss. La preuve? Ils font des crèmes brûlées comme par chez nous, et je m’y connais;). C’est aussi un bon plan pour aller voir du flamenco ou se cultiver, mine de rien.

Catégorie « cultivons nous sauvagement »:

- merci au Kino Babylon pour le simple fait d’exister. Voir d’ailleurs ce qu’en dit Jean-Michel ici, je ne suis pas la seule à y voir une oasis cinématographique après avoir été confrontée au choix draconien entre le dernier Til Schweiger et le dernier Christian Ulmen. Terrible dilemne, soit dit en passant.

- VHS, on vous aime. Pour tous ceux qui ont un niveau d’allemand potable, c’est l’endroit rêvé pour apprendre tout ce que vous ne savez pas encore, un peu dans tous les domaines. Ca va du tricot au coréen, en passant par la dactylographie. Le tout toujours pour des prix raisonnables et d’après expériences à répétition, toujours fiable. Il vous suffit de bien vous informer et conseiller, et le tour est joué.

- perdu dans la froide grandeur de la Potsdamerplatz, jetez un oeil au musée du cinéma derrière le Kinomax. Les expos là-bas valent nettement le coup, et pas que d’après moi.

- dans un autre genre, et avec un peu de courage, il faut absolument aller voir les musées de la terreur répandus un peu partout dans la ville. Topographie der Terror, exposition gratuite sur l’avènement et la chute de la Gestapo, tout près du Martin-Gropius-Bau. La prison de la Stasi, avec visite guidée. Le musée juif, votre appareil photo à la main, pour saisir sur le vif le travail de l’architecte qui a fait un excellent travail pour rendre l »atmosphère de la Shoah. Le bâtiment a un côté mystique, à l’intérieur comme à l’extérieur. Jeux de lumières, rendu de la peur et de l’horreur, on comprend bien les choses en y allant. Voir mes photos ci-dessous:

Musée juif- Vue depuis l'extérieur

Musée juif- puits de lumière

- pour saisir l’ambiance de la ville au-delà du point de vue touriste, prendre le bus M29 et se payer une bonne heure de trajet. Regarder les gens monter et descendre, en faire une philosophie urbaine. Cette ligne traverse tout Berlin, des quartiers turcs à Tegel. Voir notamment ce qu’en dit Blogonade par .

- toujours pour saisir l’ambiance de la ville, et carrément éventuellement faire des emplettes, aller au marché turc aux bords du Landswehrkanal. Pour moi, c’est similaire à Wazemmes à Lille.

Catégorie mode, attention mesdames :

- sur la Wismarplatz, au Nikolaisviertel et sans doute parfois ailleurs aussi, Bellanatur. On y met un peu le prix, mais la qualité est super et vous êtes à peu près sûres en sortant de porter des vêtements que tout le monde vous enviera- des inconnues vous ont-elles déjà demandé où vous achetiez vos affaires :)?  Je témoigne à trois reprises. Et en plus ils sont sympas, que demande le peuple.

- sur l’Oranienstr. , Südosten. J’y jette un oeil de façon très régulière, ne serait-ce que pour prendre des idées.

- petite mention spéciale pour Orsay, équivalent plus ou moins réussi de Camaieu. La base pour toute nouvelle arrivée, à mon avis, se trouve là-bas.

- on ne peut pas s’habiller à Berlin sans inclure un côté résolument vintage. Pour le faire sans trop se ruiner, préférez les marchés aux puces. Celui de Mauerpark bien trop cher dès qu’on ne parle pas suffisamment allemand pour pouvoir faire illusion, celui de la Boxhagenerplatz pour le plaisir des yeux, ou encore celui de la Ostbahnhof. Et pas que pour les nippes, d’ailleurs.

Last but not least, hors catégorie: un grill au Görli!!

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Sprachidentität, une idée dépassée?

Parfois je me demande pourquoi je me donne tant de mal pour parler l’allemand. Bien le parler je veux dire: sans Versprecher, sans fautes d’accord, dans la mesure du possible sans accent à couper au couteau.

Il semblerait que je sois membre d’un club en voie de disparition. Le français, c’est sexy: les Allemands, dans le meilleur des mondes,  s’ils avaient le temps, s’ils avaient le courage (soyons honnêtes: c’est là le problème, la plupart du temps) ils le parleraient tous et ils déménageraient à Paris pour s’envoyer des croissants  tous les matins et aller danser sur le son d’un accordéon délicieusement rétrograde ;)- Amélie Poulain, si tu nous lis, comprends-moi bien: tu as eu une influence dévastatrice sur les clichés de l’Allemand moyen…

Et un accent français en allemand, c’est le rêve, d’après eux. D’après la majorité des Français ici également:  pourquoi se donner tant de mal? Pauline, que demandes-tu? Spinnst Du?

Bon, je ne nie pas qu’une petite tendance à ne pas pouvoir prononcer spontanément les h aspirés ( *a- ha- ha -Haltestelle!!*) et à buter sur certains mots (Kirche versus Kirsche…) permet d’attirer l’attention, la sympathie, et beaucoup plus si affinités. Et que des fautes mignonnes font sourire son auditoire, voire le fait se rouler par terre en battant des bras, si vraiment vous venez de faire LE versprecher du siècle (no comments, aucun rapport avec des faits récents je vous assure).

Mais quand même! Comment je m’intègre dans un groupe, si ma voix me dénonce toujours comme l’étrangère de service? J’exagère le trait comme d’habitude, mais le problème de fond est là: je crois à la Sprachidentität et je suis encore loin de pouvoir y accéder ici. Je me sens fatiguée de toujours avoir à réexpliquer mon parcours moins de deux minutes après le début d’une conversation: oui je suis étrangère, oui je suis française, oui, oui… Il y a certains moments où ça me donne des envies de revenir au blabla fadasse sur le temps, ce qu’il faut quand même vouloir depuis que Frau Holle a fait des siennes (sérieusement, plaidoyer en passant: on pourrait arrêter de nous faire savoir qu’il fait froid??).

Mais même en admettant qu’un jour dans ma vie ici je parvienne à ne plus être identifiée en un clin d’oeil comme française, la Sprachidentität est-elle une réalité pour le Hochdeutsch, autrement dit la langue d’état? J’en doute de plus en plus et je me demande dans ces conditions où je vais trouver l’énergie pour continuer à progresser (une langue, c’est comme un marathon: la quantité d’efforts à fournir en fin de parcours peut sembler parfois inhumaine…)

Je m’explique: la France est un pays à très forte identité langagière nationale, et ici, c’est…nettement moins le cas. Comparez le nombre de dialectes français auxquels vous avez été confrontés ou que vous avez utilisés et le nombre des dialectes allemands que vous avez pu entendre, vous, en tant qu’étranger (ne surtout pas me catapulter en Saxe ou en Souabe sans préparation psychologique: si je tombe sur un local fier de  sa région, je suis incapable de comprendre le prix d’un simple billet de bus. C’est du vécu…)

La population immigrée en France est elle aussi assez bien intégrée de ce point de vue, dans la mesure où une grosse partie vient de pays dont l’une des langues courantes, voire officielle, est le français. Et la maîtrise de la langue, libre de fautes et de toute forme d’accent, c’est encore la meilleure carte de visite pour une intégration réussie dans « la haute » comme au quotidien…Je ne vous refais pas le débat sur les Turcs et la maîtrise des bases de l’allemand en contrepoint de ça, Thilo Sarrazin le fait si bien (*ironie**)

Sur un autre sujet, quand je pense qu’ici, un accent régional est  TOUJOURS une fierté, un dialecte TOUJOURS un trésor…Allez dire à un Bavarois ou un Saxon de vous parler en hochdeutsch! Au contraire, la France est un pays où on a (trop) longtemps combattu les dialectes locaux, selon une idée que la langue était un outil d’ascension sociale: la cour, les Lumières, les révolutionnaires, Napoléon, Jules Ferry etc., pour une raison politique ou idéologique variant selon les époques, tout ce beau monde a cherché à imposer la langue française, soit par la séduction ( « le roi il parle en français, tu veux lui causer? » :)), soit par la force (sombres heures pour les écoliers incapables de parler français en classe, cf. les études faites par les historiens sur l’histoire de l’éducation en France…). Le hochdeutsch est maléable: on peut faire une loi pour modifier son orthographe du jour au lendemain. Le français, par contre, on y touche pas: il y a même une académie pour le protéger et veiller à sa bonne utilisation, faire entrer ou non des mots déjà utilisés dans le dictionnaire…

Je me souviens encore de l’histoire d’une de mes amies de fac me racontant les reproches faits sur son accent marseillais « trop fort pour pouvoir être professeur » (un professeur le lui disait…). C’était il y a juste 6 ans, elle a perdu son accent depuis… Je me souviens aussi d’avoir noté un certain nombres de personnes d’origine étrangère dans mon  ex-entourage parisien:  Allemands, Néerlandais, Anglais…chacun d’eux parle le français mieux que moi…Et il y a toute cette floppée d’auteurs qui ont choisi la langue française pour écrire, plutôt que la leur: Samuel Beckett, François Cheng, Elie Wiesel, Jorge Semprun…Un peu comme si en France, la langue était porteuse d’une grande liberté, la maîtriser apportant respect et  aussi une certaine forme de pouvoir. On commence tout juste à voir une certaine relaxation envers les langues régionales depuis 20, peut-être 30 ans.

Mes amis allemands ne comprennent absolument pas ça et perçoivent notre langue à partir de leur schéma d’analyse hochdeutsch/ dialekten. Il n’y a qu’à voir le slogan officiel du Baden-Württemberg: Wir können alles. Ausser Hochdeutsch. (Nous sommes capables de tout. Sauf de parler le haut allemand). Logique, mais n’essayez pas d’expliquer à un Allemand le rapport complexe entre la diversité régionale française et la large utilisation de la langue officielle, ça fait apparemment partie des choses qu’il faut vivre pour pouvoir commencer à les appréhender. Alors lui faire comprendre pourquoi diable j’en ai assez de ne pas parler mieux allemand…

Je suppose que la conclusion logique à écouter tirer de toutes ces tergiversations est: « te fais pas de mouron mäuschen, ton allemand il est mignon ». Et qu’il faut chercher un autre vecteur d’intégration pour se convaincre qu’on a fait son trou (bon allez, je me décide pour le schwützer deutsch). Mais lequel? Et comment fait-on pour ne pas sentir constamment étranger quand la langue fait défaut? Au final quelle est mon identité langagière ou ma Sprachidentität? Est-ce le Français, et rien que lui, alors que je l’utilise de moins en moins? Ou bien est-ce que c’est un mélange de français et d’allemand tels que je les maîtrise actuellement…?

Je ne sais pas si je vais pouvoir trouver la réponse avant un bail. Mais bon, en tous les cas, je pense que cette question du rapport à la langue est assez intéressante: quelle est notre langue de référence? pourquoi? et comment on en est venu là? est-ce que la langue influence notre personnalité? Si vous ne connaissez pas encore et que la question vous intéresse un peu, vous pouvez aller voir du côté d’Elias Canetti. Européen avant l’heure, un peu mégalo mais diablement intéressant, personne ne sait vraiment quelle nationalité il avait après lecture  rapide de sa biographie. Le premier tome de son autobiographie est très intéressant à lire pour se donner des clés sur le rapport à la langue allemande imposée sur le tard, entre dégoût et passion…J’aimerais trouver d’autres témoignages comme le sien. Il est disponible en VO par , pour qui veut tenter d’étudier sa fascination pour la langue allemande d’un peu plus près ;)

Et vous, vous avez un rapport particulier à la langue que vous utilisez?

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Envies d’expatriation

La fin d’année approchant, je me pose comme des milliers d’autres toute une série de questions existentielles. Il se passe quoi? Eh bien, quelque chose dans ce goût-là, enfin normalement:

  • récapituler ce qu’on a réussi dans ses bonnes résolutions de janvier (parce que sinon, elles servent à rien) et ce qu’on a franchement laissé tomber.
  • réfléchir à ce qu’on veut faire de sa vie l’année prochaine, dans 5 ans, dans 10 ans.
  • se demander qui on est: ce qu’on peut améliorer dans sa personnalité et ce qu’il faut changer à tout prix.
  • remettre en question ses rêves et les moyens qu’on se donne pour y arriver (envolée lyrique de la Pauline)

L’année dernière, je me souviens nettement m’être tordu le cerveau sur le sujet de l’expatriation après 6 bons mois passés sur le sol germanique  à me demander « et la prochaine étape c’est quoi? ». Rester pourquoi, rentrer pourquoi en fait? Et c’est quoi ce qui dans ma vie est le plus important? Je rêve de quoi? Je veux quoi?

Cette année, la question est en fait plutôt dans la case « bilan », je me suis dit que ça pouvait être intéressant de le partager ici suite à quelques résultats de recherche pointant vers mon blog…

L’expatriation, on y vient sur un coup de tête ou parce qu’on le voulait vraiment, ce n’est pas quelque chose de naturel. Mais quelque soit le facteur déclenchant, il faut passer à un moment ou un autre (voire même souvent) par des phases de vraie réflexion sur l’avenir.

Il y a le nid expat qui se fait ou se défait, voir ce qu’en dit si joliment Chouyo. Il y a les racines qu’on a commencé à enfoncer dans la terre locale et les amis qu’on arrive ou non à se faire. Il y a l’investissement de temps et d’énergie dans notre installation, la langue qui imprègne progressivement notre façon de voir les choses. Et puis cette habitude de pouvoir critiquer ou défendre bec et ongles un pays comme un autre, quasiment impunément.

L’expatriation au sens propre, ça siginifie quitter le pays maternel. Donc: quitter le lieu où l’on est théoriquement chez soi, du moins aux yeux des différentes administrations (vous pouvez regarder ce qu’en dit Wikipedia ici). Ca peut être sous une forme physique , une expatriation professionnelle, voire aussi une expatriation fiscale. Où est précisément la frontière avec l’émigration? Dans le fait qu’il y a toujours un retour attendu, envisagé?

La  limite que je vois au concept d’expatriation, c’est la même que celle de celui d’émigration: on ne choisit pas l’endroit où on naît, on ne choisit pas l’endroit où on se sent bien… Ca s’impose simplement comme une évidence. D’où le fait que la question du retour éventuel soit en soit toujours un problème.

Est-ce que je recommande l’expatriation en général, est-ce que je la recommande ici en particulier? Pas facile à dire en un seul mot. Donc, en quelques points rapides, mes conclusions sur 20 mois :

LES MOINS

  • prise de tête administrative. Belettes et consorts s’abstenir, j’ai testé pour vous. Aucune démarche n’est simple, rien ne se fait comme on l’espère. Et les gens dont vous pensez qu’ils savent, très souvent, ils ne savent pas. Et ils tiennent des discours différents. Le mieux est encore de vous renseigner bien avant et de faire les démarches à deux (la solidarité, vous comprenez ^^)
  • les amis, la famille, ça manque. Ca paraît bête à dire comme ça, mais maintenir les liens, c’est difficile. Manque de temps, manques d’organisation, manques de vacances pour voir tout le monde, ce que vous voulez: à un moment ou un autre il faut trouver sa petite organisation et y réfléchir avec ces gens-là. Sinon, vous n’êtes pas rendu.
  • il y a des Français partout. Je vous assure que nous ne sommes pas en voie de disparition. Du coup, ce que vous trouvez si génial, vous vous rendez compte en sortant et en tendant l’oreille que beaucoup de gens le font. A un moment donné, vous aurez l’impression que c’est tout le monde et que vous êtes un individu dans la masse. Je conseille le calme: inspirez, respirez, recommencez.
  • ça prend du temps de faire son trou, parfois beaucoup plus que prévu. Y compris si vous êtes quelqu’un de très sociable: on ne vous tendra pas la main simplement parce que vous avez l’air sympa.
  • trouver un travail sur place est difficile. Ne croyez pas à la vision romantico-naïve selon laquelle tout sera cool. C’est faux et archifaux. Il faut savoir à quoi s’attendre.

LES PLUS

  • la fierté: être expat’, si vous avez réfléchi et décidé de vous y coller en connaissance ce cause, c’est un projet ambitieux et très sain pour le moral. On a un but (s’incruster, en clair :)), on a des moyens (apprendre la langue, vivre en colloc ou choisir soigneusement ses loisirs, se faire des amis, réussir professionnellement). Et on fait tout ça avec le même temps que celui que nous avions avant, c’est pas le plus beau ça ??
  • le parcours pro: avoir bossé quelques années à l’étranger, c’est un vrai plus. Peu importent votre ouverture d’esprit et votre bilinguisme sur le papier, l’employeur regardera votre expérience à l’étranger.
  • L’apprentissage de la langue. Une nouvelle langue, c’est une nouvelle façon d’appréhender le réel. Ce n’est pas un hasard si on qualifie la traduction d’art: une machine ne pourrait pas le faire, précisément parce qu’une machine ne sait pas être autre chose que neutre. Par contre, vous, vous pouvez en apprendre un peu sur vous simplement en laissant traîner vos oreilles.
  • Le plaisir des yeux. Tous les jours une surprise au coin d’une rue, même toute petite… Ca peut vous faire rire, vous désarçonner, vous hérisser, vous séduire. Par contre vous ennuyer, non. A moins que vous ne soyez vraiment pas curieux, ça devrait vous aider à mettre un peu de couleurs dans le quotidien.

En ce qui concerne Berlin en particulier, je ne suis pas neutre…Et il vous suffira de continuer à lire mon blog pour savoir ce qui me plaît autant ici, je ne vais pas tout lâcher en un post quand même :)

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