Tag Archives: franco-allemand

Bloggo ergo sum. Oder nicht.

Il y a sans doute autant de raisons de bloguer qu’il y a de blogueurs.

Mais moi j’en suis au stade où, pour la première fois, je ne vois plus aucune raison de le faire. J’ai juste envie de faire des choses normales, de parler de choses banales, bref de vivre ma vie en devenant une blogueuse du dimanche parmi les milliers d’autres.

Ceci est une miniature. Si, si, je vous assure. Saurez-vous dire où cette photo a été prise?

La différence par rapport à avant, c’est qu’il y a eu quelque chose qui était de l’ordre du nécessaire. Derrière mes billets pavés, derrière beaucoup, beaucoup de réflexion sur des choses remarquées ici et là, j’ai répondu à ma façon à un besoin de visibilité auquel je ne cédais pas d’un pouce dans la vie offline. Il y a beaucoup d’excuses bienséantes pour accepter de se faire marcher sur les pieds et de s’effacer.

Aujourd’hui, un blog, une rencontre et un événement traumatisant plus loin, le problème est réglé ou en passe de l’être. Combien de temps m’aura-t-il fallu pour arriver à la case départ, ceci dit.

Même si des questions de fond restent et me donnent un bon prétexte pour maintenir ce domaine en vie:

C’est où chez moi.

Comment aimer à la fois deux pays de façon égale.

Ca veut dire quoi vivre dans un pays en y étant étranger.

Ces trois questions, je compte bien continuer à y répondre ici, avec des choses qui ne portent pas à conséquence au milieu. Il y a tellement de choses à dire en tant qu’expat. J’observe la vie à Paris comme un Allemand le ferait, ou presque. La ville dont je suis originaire me paraît si lointaine que je ne fais plus vraiment le lien avec ce que j’y ai vécu. Je ne dirais pas non non plus à mettre plein de sousous rien que dans une nuit dans un sublime hôtel à Paris. C’est dire à quel point je suis déracinée et à quel point je vais vous rabattre les oreilles dans les prochains mois.

Sur un autre sujet, ou pas, n’hésitez pas à aller faire un tour chez Elodie, qui a un vrai projet de blog bien sympathique et beaucoup moins prise de tête ;)

http://www.goodmorningberlin.com/
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Scènes de drague

N’en déplaise aux défenseurs les plus ardus de ce pays, je finis par me résoudre à écrire ce post, sur mon blog, pour enfoncer une porte ouverte. A savoir: la drague, ici, ce n’est pas ça. Mais alors, pas du tout du tout.

Même s’ils existent visiblement des gens qui ne voient pas le problème.

Néanmoins, comme je suis sûre de mon opinion après l’avoir mûrement réfléchie en trois ans sur place, pour le leur prouver aux défenseurs (parce que je vois déjà les boulets de canon arriver, en plus ce sera des filles casées avec un Allemand, hein), voici quelques liens à consulter afin de voir que d’autres Français(es) vivent la même chose. A savoir un sentiment grandissant d’être devenu(e) incroyablement moche à son insu, que le travail, c’est la santé, ou encore de tomber quasiment tous les jours de l’année sur des gens qui sont:

a/ en couple. Le pire, c’est que subitement vous avez l’impression qu’ils sont à 90% en mode inséparables -comme les oiseaux. Ils font tout ensemble. Réflexes coordonnés, tout ça tout ça. Rien que par leur façon de sonner à l’interphone vous savez à qui vous avez affaire. Des zamoureux qui énervent la nana de la chanson tellement ils dégoulinent de bons sentiments (rappelons au passage que 35% des Berlinois de 25 à 35 ans sont célibataires, donc véner’ sur ce point en particulier. Théoriquement, vous avez donc des raisons d’espérer trouver un deckel, ou un topf, selon). Vous les entendez donc, ces doux agneaux, roucouler pérorer en l’espace de la microseconde nécessaire pour actionner l’ouverture de la porte de votre immeuble. Quand ils racontent leur vie, pardon leurs histoires, c’est aussi en mode coopératif. Ils s’interrompent pour se congratuler de locutions lunaires:  »tout à fait »,  »c’est exactement ça » etc., etc. Usant. (j’espère qu’ils ne me lisent pas ces deux-là…)

b/ chasseurs du même gibier que vous. Soit en réel, et là très souvent, vous le voyez de suite, c’est bien. Soit en hypothétique, et dans ce cas vous vous demandez pendant des semaines si malgré la rumeur tendant à faire croire que non, en fait ils ne seraient pas quand même. C’est vrai quoi, cette indifférence polie qui se concentre sur la conversation.

c/ non envisageables. Mais là, il est possible qu’à un moment vous finissiez par ne plus voir du tout cette catégorie. Il est même possible que vous vous retrouviez paumzingu’ le coeur meurtri pour quelqu’un qui n’était même pas votre genre à la base et auquel, pour toutes les raisons que je vais vous décrire ci-dessous, vous n’avez rien compris.

d/ en cours de reconversion à l’international. D’ailleurs ça peut vous arriver.  J’en connais qui vont se reconnaître. Vous vivez dans l’ancienne capitale prussienne et vous êtes avec un Italien qui passe l’hiver à vous casser les oreilles avec le soleil romain. Par exemple. L’été, vous le passez ici ou là-bas, mais surtout, trop souvent avec sa mamma. Elle vous explique comment cuisiner sainement: préparer des ventrées de pâtes. Donc, dans les rues que vous côtoyez, comptez avec des couples qui en fait, n’ont absolument aucun lien intime avec le pays. Polono-espagnols, franco-italiens, brésilien-portugais, que sais-je. Dans une telle situation d’incompréhension des techniques de drague germaniques, tout s’explique. Et je vous laisse libre de juger à quel point cette assertion de ma part est vraie ou fausse. En toute démocratie.

Et après il y a : les Autres.

Bon. Arrivée à ce point de mon blabla, je dois vous concéder que nous, Français, mais surtout Françaises, bénéficions d’un atout majeur à utiliser à bon escient. Parler est en soi avoir fait la moitié du chemin et dissiper une grosse partie des hésitations du monsieur. La moindre trace d’accent français vous confère un potentiel insoupçonné: celui de faire surgir les phéromones dans n’importe quelle atmosphère. Vous êtes fairefureurisch rien qu’en disant votre nom. Même les jours où vous avez l’air de Robocop tellement vous êtes de bonne humeur. Ca prend parfois des proportions sidérantes. Téléphonez par exemple à votre caisse de sécu, tombez sur un homme et expliquez lui avec hargne votre problème d’inscription. Jamais vous n’aurez un niveau de service aussi abouti. Plus vous dites de euh, mieux c’est. Idem au boulot. Le  »léger » accent sera jugé délectable. Toujours, y compris si vous ne le voulez pas. Alors, tant qu’à en arriver à ce niveau-là, autant s’en servir. Non mais.

Donc, les liens:

Manon et son bellâtre

Un constat cinglant de Caroline

Le témoignage de Nat, rescapée du désastre

L’analyse d’Hélène

Voilà. Alors on reprend. La drague, vaste sujet pour tous les expats paumés entre les signes, pardon les langages codés incompréhensibles consistant à masquer l’existence des phéromones pourtant bien présents. Les Allemands aiment les jupes, les talons, tout comme tous les autres. La preuve par Loriot et le discours embrouillé d’un père:

La drague, donc, cette façon d’aborder quelqu’un pour des motifs amoureux et que ça soit à peu près clair pour cette personne, je crains bien qu’elle n’existe pas vraiment ici, sauf très rares exceptions tout à fait louables. Le mieux en fait, c’est quand la personne qui drague peut aussi faire croire qu’elle ne l’a pas fait, comme ça elle ne prend pas trop de risques. Pas encore compris quels risques. Du moins dans le sens homme-femme. Il existe certes des relous mecs qui osent faire comme en France, c’est à dire vous aborder au supermarché, dans la rue, ou bien au resto ou au bar, et là ils sont moins relous, de suite (signe de reconnaissance: ils commencent en grande majorité leur discours par Alles klar? Nouvelles venues, vous saurez que non non, vous n’avez pas l’air mal en point. D’ailleurs heureusement qu’ils font ça. Imaginez un peu les baffes qu’ils se prendraient s’ils utilisaient le mot local pour mademoiselle). Mais ça reste assez rare. La grande majorité ne le fait pas. C’est même tellement rare que parfois, vous qui étiez si peinard sans aucun commentaire non désiré sur votre look ou votre forme physique, vous commencez à présenter tous les symptômes de la femme stylée bien française que jamais auparavant vous n’avez été. Ou alors, vous vous surprenez à avoir une certaine nostalgie pour ces compliments gratuits très français qui, dans le fond, ne mangent pas de pain et vous pousseraient presque à réserver un week-end à Paris ou à Nice sur expedia fr ou un autre site, pour vous remonter le moral (mademoiselle, j’te parle! mademoiselle, tu es belle comme la lune! t’habites où? je t’offre un café! je te porte tes provisions si tu veux! etc. etc. Et vous êtes la seule cruche à sourire à ces phrases reloues, donc ils insistent encore plus. Super).

A l’opposé de ça en Allemagne, il y a les séquences où vous réalisez qu’en fait, pas du tout, vous intéressez probablement tout le monde deux trois mecs pas trop moches et que tout va bien, vous n’êtes pas nobody mais en fait, Scarlett O’Hara remix. Ouais. A vous les amours fous à travers les contrées verdoyantes. Il y a un truc dans l’air. Seulement, arrivé à ce niveau-là d’appréciation de votre personne, l’homme peine souvent à diffuser un message clair. Vous parlez pluie et beau temps, neige et verglas. Le problème pour vous est donc d’identifier assez tôt l’objet du rapprochement de votre interlocuteur, histoire d’être sûre sûre après tout ça. Facile à dire, pas facile à faire. Souvent, vous le captez un peu trop tard le rapprochement. Vous vous retrouvez donc sans aucune forme de certitude, désarmée, vaguement désespérée aussi devant tant d’énigmes. Mon conseil: si vous vous posez la question, c’est déjà bon signe. Parce qu’en soi, c’est digne des meilleurs stratégies et tellement limpide que vous n’y voyez vous même que du feu, que vous vous dites que c’est certainement un schtroumpf. Et pour cause: partie de skat ou motif ultime? Discussion politique ou motif ultime?

Bref, plus vite vous décodez, mieux c’est. L’avantage, c’est que plus vous accumulez de temps de présence en Allemagne (système de points, en fait), plus vous commencez à comprendre tôt. Parce que sinon, ça risque tout de suite d’être l’étape suivante: Hollywoodschaukel (= balancelle judicieusement placée sur un balcon, normalement utilisée pour savourer la tarte et le café le dimanche, façon année 50, avec la grand-mère pas loin) dans le vent froid de l’hiver berlinois. Vous attrapez la mort avant d’avoir réalisé le revirement de situation. Ou bien dîner aux chandelles dans un resto posh de Prenzlau quand on vous a parlé d’aller prendre un verre pour continuer la discussion interminable -et palpitante- sur Helmut Schmidt. Avec en prime la vague impression que vous êtes à compter de ce jour LA femme de la vie de l’homme devant vous, et que ne pas avoir assez faim pour finir ce que vous avez commandé peut avoir des conséquences cataclysmiques. Et qui renonce facilement au statut de Scarlett O’Hara pour cause d’indigestion?!

Donc voilà. On a d’abord le sentiment de ne pas exister pendant des semaines, puis subitement de trop exister pour que ça soit plausible, et puis de ne plus rien comprendre à rien. Tout ça est normal. Inutile de paniquer.

Alors après il y a les filles qui partent du principe qu’elles doivent prendre les choses en main. Pour certaines, ça marche. Pour d’autres, pas.  Les pigeonnes. A vous de voir. C’est sans doute une question du nombre de fois que vous avez essayé. Mais le mieux, c’est encore d’en rire avec eux, ça aide à savoir à quoi s’en tenir ;)

Bon. Après tout ça il est fort possible que vous vous demandiez s’il y a un avantage à ne pas vous reconvertir à l’international, histoire de ne pas perdre de temps si comme 90% d’entre nous vous ne comprenez rien à rien. Eh bien oui, il y en a un, et de taille: la reconversion en homme au foyer. C’est qu’il répondrait quasiment à cette attente féminine éternelle du prince charmant à tous égards à lui tout seul, c’est dire:


Le prince charmant von pascaldinot

Enfin bon, les exceptions existent, hein. Tous les hommes ici ne sont pas Monsieur Propre ou chef cuistot à la maison, même s’ils vous racontent la version glamour sur leurs dons en cuisine italienne au restau de Prenzlau. Méfiez-vous. Je ne voudrais pas vous induire en erreur et que ça me soit reproché par un nouveau type de détracteurs. Mais bon.

Edit de dernière minute: Audrey en parle aussi. Deux fois. Comme quoi.

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Parenthèse légale et questions d’identité

Je viens partager ici ma découverte du jour, un interview du Monde que vous pouvez lire ici. Thème: la remise en question de la bi-nationalité par les autorités françaises à l’heure actuelle, et le déni qui persiste en Allemagne. Et voici que j’en réapprends subitement sur un sujet qui me paraissait si évident.

Je me passerai de commentaires inutiles sur le sujet. Par contre, voilà un florilège de liens, dans une langue ou une autre. Il y a à boire et à manger, mais comme je suppose mon lectorat lui aussi concerné…appréciez.

- Tout sur l’acquisition de la nationalité allemande.

- La lettre de Marine Le Pen, où l’on (re) prend contact avec la notion de « double allégeance ». Bon, du coup, j’apprends aussi que j’ai fait allégeance comme un preux chevalier à mon pays. Moi qui pensais simplement l’aimer et en tirer des conséquences logiques. Quelle niaiserie de ma part.

- La double nationalité d’après le service public français.

- Une carte du monde avec les pays reconnaissants la double nationalité.

Tout ça me fait battre la campagne et penser à une remarque envieuse qui m’a été faite par un ami allemand. « Wir haben einen Ausweis, ihr habt eine Identitätskarte« . Il voulait en venir au fait que nous osons évoquer le terme d’identité alors que eux ne le peuvent que difficilement. C’était dit avec une pointe de jalousie bien visible.

L’identité allemande, vaste débat. Ne pas chercher à perdre son accent local, ne pas chercher à parler un parfait hochdeutsch, ne pas abandonner son dialecte, s’habiller d’une façon qui fasse typique, sauvegarder des traditions régionales à tout prix…tout ça passe sous le terme générique de « défendre son identité » ici, probablement aussi parce que le papier comme l’idée d’une nationalité allemande manquent- en réalité, l’Allemagne, c’est la fédération libre de plusieurs entités régionales (amis du fil à couper le beurre…).Donc, en toute logique, une « identité » pour chacun ne peut pas vraiment exister aux yeux de l’Etat fédéral. On a un « Ausweis », un laisser-passer, au sens propre, pour circuler d’un Länder à un autre. Rien de plus.

L’identité, techniquement, c’est l’ensemble des données permettant à un individu d’être distingué d’un groupe uniforme, comprendre une masse nationale.  En toute logique, avoir une identité, ça rassure, d’où l’idée de la chercher et de la défendre (par contre la développer, ça c’est une idée plus rare…) Certains la définissent comme un héritage donné à la naissance, à défendre becs et ongles contre des ennemis difficiles à cerner, mais dans le fond souvent vaguement basanés (réécouter Coluche et le sketch « C’est l’histoire d’un mec… »). La modernité aussi, c’est un vecteur qui effraye, destructeur d’une identité figée et fiable. Ecoutez les plus âgés: « de mon temps, on ne tombait pas si bas » (on ne s’habillait pas si mal, on avait des bonnes moeurs etc. Je t’en fiche). Pour moi, les bases d’une identité saine, ce serait plutôt ce que je choisis d’être, donc ce qui m’a été donné et ce dont je suis fière, comme ce que j’ai acquis par moi-même et ce que je veux encore faire. Un peu comme un but à atteindre.

Pourquoi une identité ne saurait pas être multiple, en mouvement? Et pourquoi ne peut-on pas être à la fois français et algérien, allemand, grec…si on aime chacun de  ses deux pays de la même manière? Est-ce qu’on doit dire adieu à ses racines pour vivre dans le temps présent?

Mais peut-être suis-je celle qui a trop d’idéaux. Peut-être est-il temps de penser à vivre en Français pur et dur sur le sol germanique, puisque Dieu nous a mis là- dans ce cas, notez bien que je veux un boulanger certifié « made in France » pas loin de chez moi, plus un Casino ou un Champion avec concombres et tomates empoisonnés français, et surtout pas trop de germanophones autour, c’est désagréable à l’oreille. Quelqu’un transmet à l’ambassade? C’est important, merci. :)

Bon sérieusement, en tant que franco-berlinois, vous en pensez quoi?

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A la gloire du 1er avril !

Ci-dessous une sélection des choses que j’ai repérées de part et d’autre aujourd’hui. Le poisson d’avril, April’s fools’ day, c’est une tradition française à la base alors soyons fiers :)!!

Donc, dans le désordre, vous allez avoir de quoi faire :):

- La super page fake de Sarenza, qui lance une nouvelle marque certes éphémère. Chapeau au conseiller communication et à la mise en forme. J’espère qu’on pourra encore la voir quelques jours en ligne.

- L’innovation aérienne rapportée par Tuxboard. On y croit presque, sans doute à cause de la photo. Voir ici.

- Le Journal du Net est dans le coup aussi, en rapportant des informations fracassantes. J’aime particulièrement le gros titre: « Mediamétrie publie enfin l’audience Internet de juin 2008« . Ou encore: « Comment pousser votre collègue à la faute: Après des années passées à le supporter, vous avez décidé d’agir. Voici comment mettre votre pire ennemi en bien mauvaise posture. 15 stratagèmes« . Tout découvrir par (sur les blagues, pas sur comment rétamer votre collègue).

- Le Nabu attaque les frères Grimm pour la cause du loup: il n’est jamais trop tard pour bien faire. En lire plus ici.

- Google lance un nouveau service révolutionnaire: Google Motion. Pour ceux qui auraient raté ça, la vidéo est disponible ici.

- Le Spiegel fait une sélection assez sympathique, qu’on peut lire . Terreur d’Angela Merkel face au harcèlement téléphonique supposé de BHL, entre autres.

Et vous, vous avez repéré/ vécu des choses rigolotes aujourd’hui?

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Quelques expressions

Ca faisait longtemps que je n’avais pas fait de post sur les problèmes de langue…Alors, pour compenser, quelques expressions rigolotes  que j’ai remarquées récemment :):

1- Lieber ein Spatz in der Hand als eine Taube auf dem Dach.

>> Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras!

Côté français, l’expression remonte au XVIème siècle et semble venir d’une traduction de l’espagnol. La Fontaine popularise l’expression dans l’une de ses Fables. Je n’ai  en revanche pas trouvé l’étymologie allemande.

2- Ich habe einen Frosch im Hals.

>> J’ai un chat dans la gorge.

Côté allemand, l’expression fait référence à un terme médical concernant une partie de la gorge, Ranula. En langue courante: Froschgeschwulst. Côté français, cela vient d’un calembour, vous pouvez lire une petite explication ici.

3- Wer zuletzt lacht, lacht am besten.

>> Rira bien qui rira le dernier.

4- Jemandem einen Korb geben.

>> Envoyer quelqu’un sur les roses.

Dans les deux cas, l’expression remonte au moyen-âge. « Roses » en français désigne ici les roses sauvages, autrement dit les buissons de bord de route. En Allemagne, il semblerait que ce soit une tradition qui soit à l’origine de cette Redewendung: le prétendant envoyant un panier à la jeune femme, celle-ci appréciant ou non le cadeau et le renvoyant par la fenêtre en cas de désaccord.

5- Morgenstund hat Gold im Mund.

>> L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt.

La formule allemande vient directement du latin et fait référence à la figure mythologique de l’Aurore, qui est inondée d’or.

Les expressions et les proverbes, c’est sans doute le plus drôle à apprendre dans une langue…on ne comprend pas toujours la logique, mais en général ça se retient assez facilement. Et vous, il y en a qui vous ont marquées plus que d’autres?

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Toute la vérité sur le Nutella

J’ai ENFIN compris pourquoi j’ai totalement renoncé au Nutella depuis mon arrivée ici. Voyez plutôt:

Je veux mon Nutella francais!! Et après, on nous dit que la mondialisation, ca lisse toutes les différences de facon dramatique. Je dis non. Preuve à l’appui ;)

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A propos des manuels scolaires…devinette

Amis des vieux bouquins, bonjour…Vous allez être servis aujourd’hui, sous forme de devinette avec lot à l’appui.

J’ai entrepris des fouilles dans notre bibliothèque familiale, du reste déjà bien connue. J’ai fouiné dans les manuels scolaires et cahiers d’écolier sdu temps jadis, en me délectant de la qualité de la langue écrite au début du siècle… Et je suis tombée sur une perle en la matière. Cette langue un peu niaise, un peu improbable, à la façon comtesse de Ségur, le tout dans un petit livre sehr charmant…j’adore.

J’en reviens à mon propos: quel livre ai-je bien pu ressortir aujourd’hui des  armoires de Mère-Grand, sachant que:

- il date de 1877 et a été utilisé comme livre de lecture courante pour enfants jusque 1950 environ

- c’est un pilier de l’éducation façon IIIème République, tiré à 6 millions d’exemplaires

- il y a bien entendu un rapport, dans le sens historique, avec le propos de mon blog, à savoir le franco-allemand. Je ne vous cacherai donc rien: c’est un livre qui dit très clairement que la France, c’est bien, et qui laisse comprendre assez clairement aussi que l’Allemagne, c’est mal. Ah bah tiens.

- il raconte l’histoire d’enfants sillonnant la France et découvrant des choses de la vie (comment on fait le beurre, la vertu de l’hygiène, les merveilles de la France qui incontestablement n’a pas son pareil * ironie consommée par rapport à certains passages, on a parfois l’impression que seule la France a des fleuves, vaches etc.*)

Pour la petite histoire, j’ai découvert ce livre ou plutôt son titre au hasard de la préparation d’un examen de culture gé- donc il y a au moins 500 ans. Et peu de monde semblant connaître ce monument de passéisme, j’ai été aux nouvelles chez les archives de mes grands-parents, qui m’ont fourni deux exemplaires, certes en morceaux, mais délectables. J’adore pour le côté bonhomme, pour les clichés si naïfs (plus naïfs, on meurt, même Mickey Mouse n’y est jamais allé aussi fort. Etre gentil, c’est bien, vous étiez au courant :)? ), pour les clefs historiques que ça donne.

Je crois que les livres et les films influencent les gens parce qu’ils donnent une interprétation au réel. Je crois que les faits, juste les faits, c’est une donnée sèche qui n’explique rien.  Je doute sérieusement qu’un Bordelais, en 1869, aurait crié au scandale s’il avait su qu’on allait perdre l’Alsace-Lorraine 10 mois plus tard (il aurait franchement rigolé, en fait: Napoléon III, perdre? Et concrètement, où serait le problème?). Par contre son fils en 1890, il y a des chances que ça lui importe un peu plus, au point de vouloir tâter du Prussien sur champ de bataille…Alors pourquoi? Réponse, méthode: rien de mieux pour fouiner dans le passé que de tomber sur un best-seller oublié et de se laisser guider par le chant d’une sirène poussiéreuse…

Quand on lit ce livre en particulier, on comprend un peu du racisme et ultra-patriotisme assumé de nos grands-parents ou arrières grands-parents et pourquoi il était si difficile à combattre.  Quand on naît dedans, que personne ne vient à l’idée que ce ne soit pas évident, comment en arriver à comprendre les choses d’un autre point de vue? Il faut un sacré culot , une sacrée clairvoyance pour penser à contre-courant de l’ensemble de sa société…

On comprend aussi d’où est venu ce départ populaire « la fleur au fusil » pour la première guerre mondiale et pourquoi personne n’a vraiment tenté de stopper l’engrenage du début de la guerre. Et la comparaison des différentes versions donne un bel aperçu de l’art de diffuser une idéologie politique via l’éducation…Etre catholique, ne pas être catholique. Avoir l’Alsace-Lorraine ou ne pas l’avoir.  Parler de la guerre ou ne pas en parler.  Penser « en bon Français » ou en « mauvais Français »…avec ce que ça implique.

Je suis d’ailleurs en train de me demander quelle dose de pré-pensés imprègne nos manuels et nos idées, actuellement. Comment réagiront nos arrières petits enfants en lisant nos livres, en découvrant le fond de nos valeurs? Nous n’avons plus de livres voulus idéologiquement que celui-ci, on est tous d’accord. Mais quelles sont nos idées communément acceptées qui dans 100 ans seront désuetes ou absurdes? La donne, aujourd’hui, c’est en gros (je dis bien « en gros ») d’être pro-Européen, ouvert au monde et aux découvertes culturelles. Et si demain c’était autre chose?

J’aimerais découvrir l’équivalent de ce titre en Allemagne, il y a forcément quelque chose…Quoiqu’il en soit, histoire de ré-enfoncer quelques portes ouvertes: c’est fou ce qu’on a comme chance de vivre aujourd’hui et de pouvoir critiquer les croyances populaires de nos grands-parents et aïeux (amis des portes ouvertes, je vous avais prévenus).

Pour en revenir à nos moutons, j’ai cherché une édition en poche (et moderne s’il vous plaît!), que j’offre à la première personne qui trouve la bonne réponse via les commentaires: de quel livre s’agit-il? Et si personne ne trouve, ça va barder, j’ai déjà quelques idées de mesures punitives :)

Je vous prépare un pot pourri des citations les plus éloquentes et mon avis sur le total, pourquoi j’aime, pourquoi j’aime pas. En attendant: à vos méninges et mères-grands au besoin!

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L’humour allemand

On décrit trop souvent les Allemands comme des gens sérieux…Au point de décourager les gens d’apprendre leur langue. Dans la série clichés, l’Allemand ne sait pas rire.  Le stress le dévore, il ne dort pas, il ne mange pas, il ne rit pas. Tout juste s’il boit sa bière en décochant quelques signes d’assentiment à vos blagues ;). Bref: il garde les lèvres pincées, droit comme un i. Au mieux, c’est un bellâtre, très souvent blond (…soupir…) aux sourcils froncés dans un effort permanent de réflexion concentrée et pesante. Au pire, c’est un emmerdeur qui va tout contrôler, sa vie, la vôtre, corriger vos fautes d’allemand, remettre le paquet sur le désordre français (on aura compris que les Français font la grève, sont des casseurs, des inconscients, et qu’il est dangereux de vivre à Paris). Ok, j’avoue: j’exagère un peu beaucoup le trait. Mais bon…honnêtement, vous vous êtes jamais dit quelque chose dans le genre « de toutes façons ils savent pas rigoler »? « quelle bande de coinços »?

Je parie que si. Et pour cause: l’humour allemand, ça s’apprend. Les Espagnols, les Anglais, les Italiens, enfin bref, les « Autres », ça va être normalement assez simple de les faire entrer dans nos blagues. L’allemand par contre…non. Et comprendre les siennes, ça peut également relever du défi si on a pas quelques clés en main. La bonne nouvelle dans l’histoire, c’est que tout a une fin et qu’on finit par entrer dans le jeu quand même- il m’arrive maintenant de passer pour une boute-en-train (alors que je suis sérieuse, ça y est je vais me remettre à ruminer…), c’était pas gagné pourtant.

Premier constat: l’humour entendu par les Français, ça fonctionne souvent sur le principe du duo comique placé dans les situations les plus invraisemblables, à la façon Laurel et Hardy. Il y a le couple Bourvil- de Funès, il y a le duo Astérix-Obélix, Haddock-Tintin, etc. En France, on rit souvent aux dépens de l’autre, que ce soit le grand niais au coeur d’or, ou bien le petit rusé et mesquin. Bons amis, les protagonistes vont pourtant montrer une certaine cruauté l’un envers l’autre, le but n’est pas d’être tendre…Ce schéma, on peut le répéter à l’infini, même dans Bienvenue chez les Chtis ou Le dîner de cons où il se retrouve en filigranes plus ou moins évidents.Et du côté du rire au quotidien,  les blagues qu’on échange chez soi tournent au final assez souvent autour de questions liées à la sexualité.

En Allemagne, c’est tout l’inverse. L’humour, c’est comme le reste ici: profondément déroutant. Personne ne comprendra vos blagues au premier abord, et vous ne comprendrez pas non plus les leurs. Ha, ha, ha. Ja, der ist aber witzig, il est marrant, mais vous n’avez rien compris. Récapépétons :)

1. Les Allemands rient de bon coeur, mais plus facilement du comique de situation que de la personne en elle-même. On ne se moque pas des gens: das ist doch gemein! Par contre les ambiances, les situations, l’absurdité d’un groupe, ça peut prendre cher.

La preuve en image avec cette vidéo de Loriot qui peut vous laisser…songeur. Du moins si vous n’avez jamais goûté à l’Allemagne, il faut un peu de temps pour comprendre où est l’humour:

2. On ne rit pas sur le sexe. Le sujet semble tabou, y compris pour en rire. Par contre, on rit sur les femmes et leurs manies sans le moindre complexe (en France, les mêmes choses seraient très certainement impossibles à dire!), sous couvert d’une fascination pour le côté sehr charmant de ces dames (je tombe de plus en plus dans le panneau moi-même, le pire, c’est que ça me fait rire tout en sentant l’embrouille…). Pour ceux qui ne connaissent pas, vous pouvez aller consulter ce blog: échanges savoureux garantis, j’aime par exemple beaucoup ce post!

Edit du 13.12.10: on ne rit pas sur le sexe, quand ça implique des personnes ou que le milieu n’est pas assez intime pour. Cela ne signifie bien entendu pas que jeux de mots et blagues appuyées n’existent pas…

3. Le nerf de la guerre, ici, c’est l’ironie. En bon pays à culture luthérienne, qui peut le plus peut le moins, mieux vaut dire peu et faire mouche que dire trop. Cela vaut pour les signes extérieurs de richesse, l’argent que vous allez dépenser pour vivre, la nourriture. Et aussi en humour…Cela n’exclue pas d’avoir recours à l’absurde, bien sûr. Mais bon, je vous laisse savourer Rainald Grebe (attention les oreilles) et ses paroles savoureuses sur le Land de Brandenburg!

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Le temps de vivre

Ceci est ma contribution au concours de Chrys dont je trouve l’idée vraiment, vraiment sympathique. Le temps, il y a tellement de choses à dire dessus…Le temps qu’on a, le temps qu’on perd, le temps qu’on gagne, le temps qu’on regrette, le temps qu’on a pas (mais dont a toujours le temps de dire qu’on ne l’a pas, c’est encore le plus intéressant ;)), le temps qu’il fait, le temps qu’il faut, etc. , etc. En fait, on passe notre vie à estimer le temps et ses implications: ça au moins, le temps, c’est comme l’espoir dans la légende de Pandore- tout le monde est logé à la même enseigne.

Bref: quand j’ai vu l’idée de Chrys, je me suis dit que c’était génial comme sujet et que je pouvais faire un billet là-dessus. Ce ne sont pas les idées qui me manquent pour alimenter ce blog, mais plutôt le fait que j’aime écrire et poster quelque chose qui correspond à ce que je vis actuellement, enfin plus précisément quand je poste…mon blog n’est pas destiné à être un espace perso (le but, c’est de vous parler de mon affection pour ce pays et des choses que j’y vois), mais c’est quand même un projet dans lequel je mets un petit bout de mon âme. J’ai des posts de prêts, et pourtant je ne les publie pas tant que je ne me reconnais pas dedans au moment où je suis sur mon petit espace admin. Ou le blogging revisité par moi :). Et écrire sur le temps, aujourd’hui, oui ça me dit, et pas qu’un peu!

Je ne vais pas parler de n’importe quel temps- et d’ailleurs, oui, je vais aussi vous en parler de façon à faire une comparaison « rhénane » . Là-haut dans ma liste sommaire il en manque au moins une sorte, celle qui me plaît le plus: le temps vécu. Le temps qu’on apprécie ou non, celui qui nous surprend par sa longueur ou sa rapidité. Dans l’exposition Körpenwelten qui est passée à Berlin l’année dernière (vous savez cette expo sur le corps humain?), il y avait une série de citations, dont une qui m’a beaucoup marquée (forcément, quand on passe le cap fatidique de 25 ans, on commence à cogiter). C’était dans le goût de « man muss ein langes Leben haben, um endlich mal zu wissen, wie kurz das Leben eigentlich ist ».* Autrement dit, qu’on commence à valoriser le temps une fois passé un certain âge, une fois passé l’excitation de la grande jeunesse, une fois passée la prise d’habitude liée à l’entrée dans la vie adulte: conduire, voir le monde, travailler, s’installer, se mettre en couple ou non…Tout ne commence qu’une fois, une fois que la magie du commencement s’évanouit, il nous reste simplement le temps vécu. Au sens passif (la mémoire, qui trie le meilleur comme le pire) et au sens actif (savourer -ou endurer- le moment présent, lui faire dépasser ses limites statistiques, ne pas le compter en secondes, en minutes, heures ou jours, mais en « instants »). Je crois que cette phrase m’a marquée parce qu’elle correspondait, aussi, à ma découverte d’une autre façon d’apprécier les choses.

Je ne peux pas dire si cette découverte est à 100% due à ma présence en Allemagne. Toujours est-il que j’ai nettement changé sur ce plan depuis mon déménagement ici, et que je cherche maintenant vraiment à prendre le temps, plutôt que d’être sur tous les fronts Non pas que j’y arrive (il faudra repasser pour ça…), mais que le concept de Gemütlichkeit, il m’est entré dans la peau. « Gemütlich », c’est un mot qui concerne d’abord une pièce, une atmosphère, une ambiance. Un peu comme l’anglais « cosy ». Mais il y a aussi derrière ce mot un peu de plus de magie: si on vous dit que quelque chose est gemütlich chez vous, c’est un vrai compliment qui vous est fait…Vous avez pris le temps de faire les choses, les minutes sont presque suspendues et on savoure le moment présent à vos côtés. Il y a d’autres mots qui expriment un peu la même idée, au détour d’une phrase, comme une allusion masquée…Günstig, par exemple. J’ai mis un temps fou à comprendre ça, mais je l’ai compris: « günstig » ne veut pas seulement dire « bon marché ». Le mot signifie aussi malin, approprié, avisé. Par exemple: « Es ist ungünstig jetzt zu fahren, wird ehe zu spät » (que je traduirais pas « ce n’est pas avisé d’y aller maintenant, il va être trop tard »). Là où je veux en venir, c’est que la langue allemande a -à mon sens, je pars peut-être dans une théorie qu’un germaniste pourrait descendre en flammes en deux secondes- a une capacité à donner de la valeur au temps.

La parisienne que j’étais était toujours pressée, toujours en train de courir, toujours sur tous les fronts. Je marche moins vite dans les rues berlinoises, je mange moins vite, je suis moins agressive et « straight to the point » qu’auparavant. Ca c’est pour le positif en termes d’attitudes générales (le négatif sur ce plan, pour être honnête, je n’ai pas encore assez de recul pour l’identifier…). Et puis il y a tout ce qui relève de la compréhension de certaines attitudes culturelles: faire les choses dans l’ordre et pas en même temps, c’est important quand on vit ici (les Français ont un don pour gérer des milliards de choses en simultané. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, je dis simplement que c’est VRAIMENT l’une de nos capacités nationales…d’ailleurs l’idée de faire un post à ce sujet m’a traversé l’esprit…). Ou encore, dans la série interculturelle:  séparer systématiquement l’utile et l’agréable. Ici, vous allez au cybercafé vérifier une info, vous ne faites autre chose QUE si vous avez payé une session et que vous voulez l’utiliser jusqu’au bout. Du moins je vous déconseille d’aller ouvrir un autre site parce que ça vous traverse l’esprit, si vous êtes entouré d’Allemands à ce moment-là…De même quand vous vous détendez: quand on se détend, on se détend. Enfin bref.

Je pense que cette vision des choses m’a été apportée par Berlin et l’art de vivre ici. Lentement, très lentement, j’ai compris que cette façon d’anticiper et de stresser en amont (il faut bien le dire, pour nous cela se présente comme du stress même si ça n’en est pas…) n’est pas une tentative hystérique pour organiser sa vie, mais une façon de se faire un très beau cadeau à soi-même: s’offrir un petit capital de sérénité, de temps suspendu, pour quelques heures précieuses… Il y a des dizaines de choses qui me manquent de ma vie d’avant et de sa rapidité un peu enivrante, et je ne peux pas nier que parfois, le fait de faire une chose à la fois, de systématiquement chercher à suivre un ordre établi n’est pas une chose facile…Mais la conséquence de cette attitude, elle m’est vraiment bénéfique, et je crois que je ne suis pas la seule: combien je suis devenue calme intérieurement…A ne plus s’y reconnaître.

Pour aller participer chez Chrys, c’est par , et c’est jusqu’au 30 octobre, minuit!

* Il faut avoir une longue vie derrière soi pour enfin se rendre compte à quel point la vie est courte.

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Un drôle de mot

Il y a en ce moment beaucoup de naissances autour de moi. Bébé à venir, bébé arrivé, bébé désiré…on n’en sort plus, pour notre plus grand bonheur :). Encore un aujourd’hui! Et tant d’autres à venir…

Toutes choses égales par ailleurs, je n’arrête pas de me tordre le cerveau à chaque tentative de félicitations de naissance en langue germanique. Ce qui est bien, c’est que le mot « das Baby » est le premier mot pour lequel j’ai su associer un nom ET un genre. Chose rarissime (connaître spontanément le genre d’un nom ici, ca relève du défi. Encore mieux encore: connaître aussi le pluriel. On ouvre des grands yeux quand j’y arrive- « on » étant bien évidemment un ou une Allemand(e) bien intentionné(e) toujours prêt à corriger dans la théorie, ne le faisant jamais dans la pratique, s’extasiant subitement quand ca marche parfaitement tout seul… Enfin bref: ceci est une autre histoire).

Revenons à nos moutons. S’il y a bien un truc que j’apprécie dans le fait d’être multilingue, c’est de connaître les origines communes d’un mot ou d’une expression dans plusieurs langues.  Et de pouvoir faire le lien entre deux événements. Ou de comprendre pourquoi un mot a telle ou telle connotation. Ici en Allemagne il y a pléthore d’exemples avec le Francais (article prévu, so I am not spoiling the beans!). Et ce ne sont pas les histoires rigolotes qui manquent autour de la langue… Faire du shopping par exemple (vient au final du vieux francais « échope », désigne si ma mémoire est bonne des sortes de relais en vogue pendant la guerre de Cent ans, visités par des Anglais, revisité par le Franglais…). Ou bien « budget », tiré du francais aussi (de « bourse », non?). Ou bien encore le fait que l’expression « filer à l’anglaise » soit traduite par « to take French leave »…soit deux interprétations pour un même événement, je vous laisse deviner lequel.

Pour le mot « bébé »/ »baby », qui d’ailleurs est utilisé à peu près partout, il y a toute une histoire derrière. Bon, ok, en Allemand, le mot vient de l’anglais « the baby« . Ce qui permet d’identifier au passage l’article (tous les noms étrangers étant en théorie neutres- je dis bien en théorie, parce que les exceptions, hein…). Et bien entendu, le mot  « baby » vient du Francais. Lequel a une grosse dette polonaise. Et on se retrouve aujourd’hui avec une série de mots qui ont été « eingedeutscht », pris dans la langue allemande , après un léger passage ailleurs (« babyseat », « babykisten », « babyspeck » etc. etc.) Vous me suivez…?

Donc: le mot « bébé » vient du francais et désignait à l’origine un nain francais de la cour du roi de Pologne, réfugié en Lorraine. Nain, bouffon, conseiller, le petit personnage est surnommé « Bébé » par le roi et acquiert une telle célébrité que les membres de la cour finissent par utiliser son nom pour les nouveaux-nés. Jusqu’au jour où le mot atterit en Angleterre, puis est relayé jusqu’en Allemagne…et ainsi de suite.

Le plus intéressant à mes yeux dans l’histoire, c’est encore que ce mot vient combler un manque européen: il remplace le vide, il pose les bases pour que l’amour maternel (et paternel, d’ailleurs) puisse naître au sens moderne du terme. Cet amour si évident qu’il y a aujourd’hui pour les enfants, il a mis tant de temps à se développer, à exister dans sa forme actuelle.  Un enfant, c’est d’abord quelqu’un qui n’a pas le droit de parole (de infans, qui ne parle pas, ou plutôt qui n’a pas le droit à la parole). En allemand, « das Kind » vient du haut-allemand et signifie « qui est produit » (erzeugt)… Ca parle de soi-même. Il y aurait des litres et des litres d’encre à verser sur l’histoire de l’enfance (et d’ailleurs certains l’ont déjà fait). Mais dans le fond, l’émergence d’un mot c’est déjà beaucoup non? Sans mot, dur d’accéder à l’idée…dur aussi de considérer une naissance comme l’accomplissement et la suite naturelle, presque attendue, d’un amour.Les mots peuvent diviser, comme ils peuvent unifier, réconcilier, unir les coeurs. Et c’est le cas de ce bien drôle de mot:  « bébé ». Combien de chaleur et de joie seraient perdus sans lui.

Je me demande ce que cela donnerait une naissance ou pas une personne n’utilise ce mot, ni avant, ni après…Das Neugeborene,  Säugling, kleines Kind, nouveau-né, nourrisson, new-born, aka-chan (littéralement: la petite chose rouge). Aucun de ces mots n’exprime à mon avis le bonheur qu’on peut avoir à la vue de ce petit bout d’homme, alors qu’il y a dans le mot « das Baby » tant d’affection et de chaleur.

Comme quoi les mots, quand on les maîtrise, ils peuvent nous donner de belles lecons…Il y a la joie qui mène à l’utilisation du mot, et il y a la joie qui découle de son utilisation. Dire « mein baby » pour un père ou une mère, c’est quelque chose de si accomplissant et de si beau à voir. En allemand ou en francais, une pure merveille.

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