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Prépositions, particules et conséquences

Le pire, quand on apprend l’allemand, c’est de vouloir le faire bien. On se retrouve noyé dans la règle du par coeur, les fiches, les règles à n’en plus pouvoir. Enfin, il y a des gens qui réussissent sans. Malheureusement, ça n’a pas été mon cas. 10 ans d’efforts.

Aujourd’hui, le bilan est plutôt bon: je n’ai plus qu’une seule fiche, un seul point qui me perturbe gravement. Enfin plus ou moins, la gravité, c’est relatif. Non pas que je ne fasse plus de fautes: je les fais en sachant ce que je fais. Fièrement. Mes fautes sont de vieilles habitudes, des bafouillements qui font partie de moi. Les abandonner, ça serait perdre un peu de mon âme. Alors voilà.

La seule vraie zone d’ombre, donc, ça reste le domaine des prépositions et préfixes bizarres qu’on va coller à des verbes pour exprimer des idées très précises et souvent un poil loufoques. Exemple: vous voulez corriger la coupe d’un vêtement, vous pouvez dire, semble-t-il, ce mot merveilleux: umschneiden.

J’ai donc essayé de mettre un peu d’ordre grammatical dans ma tête. Comme je suppose que je suis loin d’être la seule à en avoir marre, petit florilège des prépositions et préfixes qui peuvent nous tomber dessus:

A/ les prépositions sympathiques, celles qui s’emploient avec UN SEUL CAS:

prépositions suivies de l’accusatif:

  • durch
  • für
  • ohne
  • gegen
  • um

prépositions suivies du datif:

  • aus
  • bei
  • mit
  • nach
  • seit
  • von
  • zu

B/ Les prépositions sehr feindlich, qui s’emploient avec plusieurs cas:

  • an
  • auf
  • hinter
  • in
  • neben
  • über
  • unter
  • vor
  • zwischen

Alors là, l’idée de base est simple: s’il y a un mouvement, vous mettez l’accusatif, sinon le datif. Même ma grammaire Niemann und Kuhn le dit alors:

Er schreibt ins Heft.

Er klopft an die Tür.

Ich schaue Dir in die Augen.

Ca se complique avec les idées de choses achevées et les verbes d’état. Là, on passe au datif:

Er verbirgt sich hinter dem Baum. (il ne bouge pas d’un poil…)

Wir landem auf dem Flugplatz. (on atterrit, comprendre que le vol est fini, c’est un fait).

Comme j’ai toujours du mal avec cette règle-là, j’ai simplement décidé d’apprendre ces phrases par coeur. Ca marche pas trop mal pour le moment.

Datif également pour tout ce qui ne concerne pas le lieu (SAUF: denken an/ glauben : ich glaube an Dich et auf/ über qui restent à l’accusatif: ich bin böse auf Dich). Exemple: sie fürchtet sich vor ihm, er hält sie am Arm mais ich denke über Deine Wörte nach et ich denke an Dich die ganze Zeit.

C/ Les prépositions qui se transforment méchamment en préfixes verbaux.

Là, malgré mes efforts, je n’y vois pas clair du tout. Je vous mets les quelques indications que j’arrive à formuler sans avoir mal au crâne. Si vous avez des règles plus simples, surtout, exprimez-vous.

  • um se colle un peu à tous les verbes. Pratique pour faire style on sait tout ou presque comme les Allemands de souche. Il exprime la transformation ou le changement, on met l’accusatif et c’est bien pratique. Ich muss diese Tasche umtauschen, sie ist leider defekt.
  • be, c’est un moyen d’insister sur la force donnée au verbe. Ou une forme plus polie (quoiqu’à un moment ça se rejoint). La plupart du temps, comme le verbe devient faible avec l’ajout du be, il faut apparemment compenser en ajoutant le sich.  La bonne nouvelle, c’est que du coup vous êtes autorisés à utiliser l’accusatif en toutes circonstances. Sich bedanken>> ich bedanke mich. Idem pour: Sich beklagen. Sich bewerben. Le hic, c’est que personne ne sait vraiment quels verbes tolèrent l’ajout d’un be et quels verbes ne le peuvent pas. C’est que ça ferait un peu vieillot, voire pas clair du tout chez les jeun’s.
  • ent, c’est pour l’idée de jeter et distancier quelque chose. entwerfen, jeter quelque chose sur le papier. etwas entfernen: mettre quelque chose à distance. Pas de cas en particulier.
  • vor, pour mettre un argument sous les yeux d’une personne. vorwerfen: lancer quelque chose à la figure de quelqu’un, donc reprocher. vorstellen: présenter (devant) quelqu’un. vorhaben: avoir un projet (à développer).
  • an, ça exprime l’idée d’un échange. Ce qui est pratique avec celui-là, c’est qu’associé à un verbe, il est quasiment systématiquement associé à l’accusatif. Ca rejoint ce que je disais plus haut: ich denke an Dich, ich glaube an Dich, mais aussi ich spreche Dich an.

Voilà. Il y en a d’autres et je pourrais aussi vous parler du génitif. Mais là, ça suffit pour aujourd’hui, je réserve le reste à une autre fois. Suspens.

Psss: on pourrait pas demander à Merkel de réformer la grammaire…? Allezzzzzzzz Angelaaaaaa!!

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Formules de politesse

Suite de la série sur la langue allemande qui passionne les foules…

Aujourd'hui: les formules de politesse à glisser dans les mails, lettres, etc, voire même vos petites annonces gratuites sur internet. quand vous avez quelqu'un à contacter, personnellement ou professionnellement. Pas toujours facile de savoir où on met les pieds lors de son premier contact commercial ou personnel en la langue allemande, entre autres.

Donc, dès maintenant sur ce blog: où, quand, comment manier la langue de Goethe pour avoir une réponse.

LE PREMIER CONTACT

1-la phase de salutation venant des tréfonds de votre coeur

Sehr geehrter Herr, sehr geehrte Frau Schmidt, sehr geehrte Damen und Herren…

Très honoré Monsieur, très honorée Madame Schmidt, très honorés Messieurs et Mesdames (dont j’ignore le nom)

2- la phase obligée où vous vous extasiez sur l’une des choses qui concernent vaguement votre interlocuteur direct

Mit grosser Begeisterung habe ich über die Seite XXX gelesen, dass Sie…

J’ai lu, avec un enthousiasme débordant, à tel endroit, que vous…

3- le fond de votre problème. Moi normalement je fais long, en partant du principe que ça terrorise le lecteur et donc le contraint à une réponse. Ca marche pas trop mal.

4- les formules de clôtures, visant à demander à son interlocuteur une réponse rapide après tant d’efforts de notre part

Gerne können Sie mich über diese Adresse oder meine Nummer erreichen. Ich würde mich darauf freuen, von Ihnen hören zu dürfen.

Ca me ferait très plaisir que vous me contactiez à cette adresse mail ou bien ma ligne directe. Je serais véritablement très réjoui(e) d’avoir l’honneur d’obtenir de vos nouvelles.

Alors là il y a un truc à souligner: sich freuen auf +ACC. Expression traîtresse devant l’éternel. A ne pas confondre avec sich freuen über+ACC. Le premier signifie que vous vous réjouissez par avance de quelque chose (non vous n’êtes pas du tout coercitif…), le deuxième que vous vous réjouissez d’un truc qui est en train de se passer (ou qui a déjà eu lieu). Comme j’ai mis littéralement 3 ans à arrêter de faire la faute en sachant cela, je vous passe le piston suivant: ne dites jamais que vous êtes content de ce qui est en train de se passer et concentrez vous sur la version avec auf. Voilà. Tout de suite ça ira mieux.

5- vous remerciez chaleureusement la personne d’avoir tooooooooooout lu

Ich bedanke mich für Ihre Aufmerksamkeit

Je vous remercie de votre attention.

NB: il y aurait des choses à dire sur sich bedanken, mais Kip a prévu d’écrire un jour là-dessus, donc je ne vais pas jouer les rapaces en le faisant avant lui.

6- formules d’usage

Mit herzlichen Grüssen

Avec mes voeux les plus sincères.

Alors voilà, ça, c’était l’étape un. Où l’on voit à quel point l’allemand a un côté assez solennel. Bientôt, un billet sur l’étape deux et le glissement du solennel au plus détendu.

PS: si quelqu’un veut suggérer des améliorations…

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Bizarreries…

Quelqu’un peut m’expliquer pourquoi on dit:

- Dieses Problem ist schwer.

en lieu et en place de « schwierig »?

- Ich frage mal kurz.

en lieu et en place de « schnell ».

M’énerve à la fin.

Des idées?

Joyeuses fêtes à tous!

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De la langue allemande

L’autre jour, je prenais gentiment un vin chaud avec une amie portugaise au marché de Noël. Cette fille parle à peu près couramment les langues suivantes: anglais, allemand, espagnol, italien. Et bien entendu portugais. De quoi la faire se retourner toutes les deux secondes dans une foule bigarrée de touristes qui pensent que personne ne comprend rien à ce qu’ils disent et qui sont encore en train de se demander où est Marcel.

Un peu vexée lassée de l’entendre me traduire en français chaque chose qu’un sombre estranger évoluant à moins de 2 mètres de mon vin chaud pouvait bien élucubrer sur Marcel et Jasmine, je lui demande COMMENT elle a appris tout ça. A commencer par l’allemand. Et elle, tout naturellement, avec son accent chantant:

Ah bah oui tu sais je pense que venir dans un pays c’est bon.

En clair dans le texte, et après vérification pour chacune des langues: vous vous pointez sur place et voilà. C’est en effet d’une simplicité enfantine.

J’avais certes oublié qu’elle avait 30 ans, soit 3 ans de barroudage de plus que moi. Sauf que je ne me vois pas tout quitter pour aller m’expatrier à Porto ou à Kuala Lumpur sans maîtriser un seul mot. Encore moins dans les 3 ans qui suivent. Je serais plutôt du genre à apprendre une langue dans mon coin et envisager des choses après, longtemps après. Comme je l’ai fait par exemple pour l’allemand. J’ai été prise au jeu de la langue de Goethe, par son pragmatisme et son côté très précis qui dégage de la gemütlichkeit dans chacune de ses tournures. Quelque chose qui est aux antipodes de l’opinion de mon amie Béatha.

Ah bah non pour moi l’Allemand c’est pas une langue belle, j’aime pas. Pour moi en fait une langue c’est un outil simplement.

Pas très romantique tout cela. J’en viens à me dire que la seule raison pour laquelle je suis capable d’aimer cette langue et de passer pour un ovni aux yeux de tous les autres polyglottes présents sur cette terre, c’est que j’ai eu la chance de mettre la main sur des bouquins qui m’ont transmis le potentiel de cette langue. On peut en faire un simple outil, certes. L’allemand au boulot, pas marrant tous les jours. L’allemand avec le copain berlinois, chaotique, surtout s’il a l’accent local. L’allemand des bouquins par contre…Je me demande si ce n’est pas ça qui donne cette mauvaise réputation à l’allemand: une langue qui passe difficilement en musique, ou dans toute forme de culture facilement consommable, facilement accessible. On ne peut pas dire que le German cool soit favorisé par Tokio Hotel ou par le soleil de la Baltique. Et je commence tout juste à comprendre en quoi mon engouement pour cette langue est désarçonnant.

Une petite sélection de bouquins de ma mémoire pour donner envie, du simple point de vue de la langue (attention je mets un peu tous les niveaux en même temps):

- Der Zug war pünktlich, Heinrich Böll

- Scherbenpark, Alina Bronsky,

- Kalter Hund, Karin Reschke

- Die Verwandlung, Kafka.

- Fräulein Else, Arthur Schnitzler.

- Der Vorleser, Bernhard Schlink.

Et vous si vous aimez cette langue ça vous vient d’où?!

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Etranges conclusions de la FAZ…


J’ai cédé comme beaucoup d’autres au dernier test en vogue. Eh bien figurez-vous que même si vous n’avez aucune idée du pluriel des mots, la FAZ peut vous faire l’honneur de vous comparer (certes on vise loin) à une grande plume allemande. Dans mon cas:

Etrange. Je ne suis pas sûre de suivre la logique de la chose: Peter Handke aurait-il la fâcheuse tendance de faire des fautes d’allemand (volontairement, bien entendu) dans ses oeuvres? Enfin bon, un argument de plus pour me défendre quand je me plante dans les pluriels, c’est toujours ça de pris ;)

PS: certains événements récents sont à l’origine de ce silence de deux petites semaines…J’ai néanmoins des choses à vous dire, et pas que sur Peter Handke, alors patience, je reviens bientôt pour de nouveaux posts! Il risque même d’y avoir un hors sujet dans le tas ;)

PS2: on va tenter un changement de visuel pour le printemps. Avais envie d’un truc plus linéaire, un peu plus funky aussi…C’est pas encore tout à fait ça (je veux des thèmes qui ont les bonnes fonctionnalités ET qui sont sympas, pas si facile à trouver…un jour il faudra que je me mette à herumbasteln). Et en plus, ça a un goût de déjà vu pour qui me connaît bien (no comments please, tout est bon pour fuir l’autre qui commençait à m’agacer sérieusement, en clair…) mais si ça vous botte aussi alors pourquoi pas?!

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Quelques expressions

Ca faisait longtemps que je n’avais pas fait de post sur les problèmes de langue…Alors, pour compenser, quelques expressions rigolotes  que j’ai remarquées récemment :):

1- Lieber ein Spatz in der Hand als eine Taube auf dem Dach.

>> Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras!

Côté français, l’expression remonte au XVIème siècle et semble venir d’une traduction de l’espagnol. La Fontaine popularise l’expression dans l’une de ses Fables. Je n’ai  en revanche pas trouvé l’étymologie allemande.

2- Ich habe einen Frosch im Hals.

>> J’ai un chat dans la gorge.

Côté allemand, l’expression fait référence à un terme médical concernant une partie de la gorge, Ranula. En langue courante: Froschgeschwulst. Côté français, cela vient d’un calembour, vous pouvez lire une petite explication ici.

3- Wer zuletzt lacht, lacht am besten.

>> Rira bien qui rira le dernier.

4- Jemandem einen Korb geben.

>> Envoyer quelqu’un sur les roses.

Dans les deux cas, l’expression remonte au moyen-âge. « Roses » en français désigne ici les roses sauvages, autrement dit les buissons de bord de route. En Allemagne, il semblerait que ce soit une tradition qui soit à l’origine de cette Redewendung: le prétendant envoyant un panier à la jeune femme, celle-ci appréciant ou non le cadeau et le renvoyant par la fenêtre en cas de désaccord.

5- Morgenstund hat Gold im Mund.

>> L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt.

La formule allemande vient directement du latin et fait référence à la figure mythologique de l’Aurore, qui est inondée d’or.

Les expressions et les proverbes, c’est sans doute le plus drôle à apprendre dans une langue…on ne comprend pas toujours la logique, mais en général ça se retient assez facilement. Et vous, il y en a qui vous ont marquées plus que d’autres?

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Fichu accent

16: 04. L’heure est solennelle, j’appelle Vatenfall.

Bip.

Petite musique et blabla habituel de Vatenfall.

- Guten Tag, mein Name ist Heike T., was kann ich für Sie tun?

- Guten Tag. Also ich würde gern Kunden werden.

-

- Hallo? Hören Sie mich?

- …. Ja.

- Ich würde gern Kunden bei Euch werden.

- Es tut mir leid, das ist gar nicht möglich.

- Errr, wieso nicht?

- Na ja, Vatenfall ist ein Stromanbieter. Mehr nicht.

- Ja, das weiss ich. Genau deswegen rufe ich Sie an.

- Ich kann aber Ihren Anruf wegen dieser Anfrage nicht berücksichtigen. Sowas wird bei uns nicht gemacht. Kunden können nur Kunden sein, wie soll ich das erklären, na ja…

- Ich würde doch gerne Strom kriegen!! Einen Vertrag eröffnen!!

- Asoooooooooooo, Kunden weeeerDen, nicht weeeeeeeeeeerBen, ich verstehe schon (elle rigole, moi aussi). Alles klar. Ich brauche dann Ihren Vorname und Ihren Name bitte.

- Gerne. Vorname: Pauline (et je prends soin de le dire à l’allemande: Paoooolinnn), Name…

- Wie? Praline?

- NEIN. Pauline.

- Ich verstehe Sie nicht, tut mir leid.

- (très calme) Ich wiederhole. Paoooolinnnn. Also: P wie Peter. A wie…wie…wie…(se concentrer pour ne pas sortir le prénom qui me vient à l’esprit) Anton, U wie Uwe, L wie Lise, I wie Imke, N wie Noelia, E wie…Elke. Paoooolinnn.

- Also, PaoooolinnnEEE.

- Ja, genau das.

Il y a des jours, je crois qu’il faudrait enregistrer mes conversations. Du haut vol, mais qu’est-ce que je peux rigoler, en même temps :)

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Les pires Versprecher…des autres

Fatigue de fin d’année, un peu de craquage après bientôt deux années de galère avec une langue que je pensais  bien acquise…Je ne sais pas vous mais il semblerait que les Versprecher, ces dernières semaines, me cherchent sciemment. Je me demande s’ils ont une conscience propre: c’est peut-être une forme de harcèlement? Une malédiction de fin d’année? Je confonds allègrement des choses basiques, et ca tous les jours.  Voir notamment toute ma frustration envers la langue allemande dans cet article.

Avant de retourner passer quelques jours en terre natale dans ce paradis de la non-hésitation et du non ridicule langagier (vous ne connaissez pas votre chance si vous échappez à ces deux données), je me suis mise en tête de collectionner tous les versprechers ou dialogues de sourds un peu amusants que j’ai entendu ces derniers temps.

Pas pour me moquer, mais pour me dire qu’au moins, je ne suis pas la seule. J’inclus des choses vues, lues, entendues, en francais ou en allemand, de sombres estrangers perdus comme moi ou bien de vrais natifs un peu fatigués. (Je vous épargne Rachida Dati, contents?)

Voici donc mon top 5, en ordre plus ou moins croissant:

1-

« En face de chez moi, ils ont fait une grande maison pour pouvoir faire de l’esclavage. Je suis d’accord, pas de problème, mais pourquoi devant chez moi? « 

Vérification faite, il s’agissait d’escalade. Et dire que je commencais déjà à bouillir un peu intérieurement…

2-

« Ich bin enttäuscht, dass es hier so ist. Alles verwirrend bei Euch. »

Ne pas confondre enttäuscht et erstaunt

3-

« Einer hat sich verletzt, so der Hausmeister. Aber wer? »

« Wieso fragst Du « wer? » wenn Du gerade « Heiner » gesagt hast? »

« Ich habe nicht Heiner gesagt, sondern « einer ». »

« Also Rainer meinst Du. Alles klar. Also ich glaub es nicht. Ihm geht’s doch gut. »

« … »

4-

« Ah, vous êtes aussi un fumier! »

Fumier, fumeur…na ja.

5- Là franchement, il fallait le faire…Mais l’intéressée a-t-elle seulement été informée de sa bourde??

Mes sources:

-  mes amis, mes oreilles (tiens la formule a un relent de Marc Levy. Toutes mes excuses).

- la radio

- un ou deux sites qui les collectionnent, trouvable ici et .

Et vous, un témoignage à faire? Allez, dites-moi que vous êtes témoins ou victimes vous aussi :)

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Sprachidentität, une idée dépassée?

Parfois je me demande pourquoi je me donne tant de mal pour parler l’allemand. Bien le parler je veux dire: sans Versprecher, sans fautes d’accord, dans la mesure du possible sans accent à couper au couteau.

Il semblerait que je sois membre d’un club en voie de disparition. Le français, c’est sexy: les Allemands, dans le meilleur des mondes,  s’ils avaient le temps, s’ils avaient le courage (soyons honnêtes: c’est là le problème, la plupart du temps) ils le parleraient tous et ils déménageraient à Paris pour s’envoyer des croissants  tous les matins et aller danser sur le son d’un accordéon délicieusement rétrograde ;)- Amélie Poulain, si tu nous lis, comprends-moi bien: tu as eu une influence dévastatrice sur les clichés de l’Allemand moyen…

Et un accent français en allemand, c’est le rêve, d’après eux. D’après la majorité des Français ici également:  pourquoi se donner tant de mal? Pauline, que demandes-tu? Spinnst Du?

Bon, je ne nie pas qu’une petite tendance à ne pas pouvoir prononcer spontanément les h aspirés ( *a- ha- ha -Haltestelle!!*) et à buter sur certains mots (Kirche versus Kirsche…) permet d’attirer l’attention, la sympathie, et beaucoup plus si affinités. Et que des fautes mignonnes font sourire son auditoire, voire le fait se rouler par terre en battant des bras, si vraiment vous venez de faire LE versprecher du siècle (no comments, aucun rapport avec des faits récents je vous assure).

Mais quand même! Comment je m’intègre dans un groupe, si ma voix me dénonce toujours comme l’étrangère de service? J’exagère le trait comme d’habitude, mais le problème de fond est là: je crois à la Sprachidentität et je suis encore loin de pouvoir y accéder ici. Je me sens fatiguée de toujours avoir à réexpliquer mon parcours moins de deux minutes après le début d’une conversation: oui je suis étrangère, oui je suis française, oui, oui… Il y a certains moments où ça me donne des envies de revenir au blabla fadasse sur le temps, ce qu’il faut quand même vouloir depuis que Frau Holle a fait des siennes (sérieusement, plaidoyer en passant: on pourrait arrêter de nous faire savoir qu’il fait froid??).

Mais même en admettant qu’un jour dans ma vie ici je parvienne à ne plus être identifiée en un clin d’oeil comme française, la Sprachidentität est-elle une réalité pour le Hochdeutsch, autrement dit la langue d’état? J’en doute de plus en plus et je me demande dans ces conditions où je vais trouver l’énergie pour continuer à progresser (une langue, c’est comme un marathon: la quantité d’efforts à fournir en fin de parcours peut sembler parfois inhumaine…)

Je m’explique: la France est un pays à très forte identité langagière nationale, et ici, c’est…nettement moins le cas. Comparez le nombre de dialectes français auxquels vous avez été confrontés ou que vous avez utilisés et le nombre des dialectes allemands que vous avez pu entendre, vous, en tant qu’étranger (ne surtout pas me catapulter en Saxe ou en Souabe sans préparation psychologique: si je tombe sur un local fier de  sa région, je suis incapable de comprendre le prix d’un simple billet de bus. C’est du vécu…)

La population immigrée en France est elle aussi assez bien intégrée de ce point de vue, dans la mesure où une grosse partie vient de pays dont l’une des langues courantes, voire officielle, est le français. Et la maîtrise de la langue, libre de fautes et de toute forme d’accent, c’est encore la meilleure carte de visite pour une intégration réussie dans « la haute » comme au quotidien…Je ne vous refais pas le débat sur les Turcs et la maîtrise des bases de l’allemand en contrepoint de ça, Thilo Sarrazin le fait si bien (*ironie**)

Sur un autre sujet, quand je pense qu’ici, un accent régional est  TOUJOURS une fierté, un dialecte TOUJOURS un trésor…Allez dire à un Bavarois ou un Saxon de vous parler en hochdeutsch! Au contraire, la France est un pays où on a (trop) longtemps combattu les dialectes locaux, selon une idée que la langue était un outil d’ascension sociale: la cour, les Lumières, les révolutionnaires, Napoléon, Jules Ferry etc., pour une raison politique ou idéologique variant selon les époques, tout ce beau monde a cherché à imposer la langue française, soit par la séduction ( « le roi il parle en français, tu veux lui causer? » :)), soit par la force (sombres heures pour les écoliers incapables de parler français en classe, cf. les études faites par les historiens sur l’histoire de l’éducation en France…). Le hochdeutsch est maléable: on peut faire une loi pour modifier son orthographe du jour au lendemain. Le français, par contre, on y touche pas: il y a même une académie pour le protéger et veiller à sa bonne utilisation, faire entrer ou non des mots déjà utilisés dans le dictionnaire…

Je me souviens encore de l’histoire d’une de mes amies de fac me racontant les reproches faits sur son accent marseillais « trop fort pour pouvoir être professeur » (un professeur le lui disait…). C’était il y a juste 6 ans, elle a perdu son accent depuis… Je me souviens aussi d’avoir noté un certain nombres de personnes d’origine étrangère dans mon  ex-entourage parisien:  Allemands, Néerlandais, Anglais…chacun d’eux parle le français mieux que moi…Et il y a toute cette floppée d’auteurs qui ont choisi la langue française pour écrire, plutôt que la leur: Samuel Beckett, François Cheng, Elie Wiesel, Jorge Semprun…Un peu comme si en France, la langue était porteuse d’une grande liberté, la maîtriser apportant respect et  aussi une certaine forme de pouvoir. On commence tout juste à voir une certaine relaxation envers les langues régionales depuis 20, peut-être 30 ans.

Mes amis allemands ne comprennent absolument pas ça et perçoivent notre langue à partir de leur schéma d’analyse hochdeutsch/ dialekten. Il n’y a qu’à voir le slogan officiel du Baden-Württemberg: Wir können alles. Ausser Hochdeutsch. (Nous sommes capables de tout. Sauf de parler le haut allemand). Logique, mais n’essayez pas d’expliquer à un Allemand le rapport complexe entre la diversité régionale française et la large utilisation de la langue officielle, ça fait apparemment partie des choses qu’il faut vivre pour pouvoir commencer à les appréhender. Alors lui faire comprendre pourquoi diable j’en ai assez de ne pas parler mieux allemand…

Je suppose que la conclusion logique à écouter tirer de toutes ces tergiversations est: « te fais pas de mouron mäuschen, ton allemand il est mignon ». Et qu’il faut chercher un autre vecteur d’intégration pour se convaincre qu’on a fait son trou (bon allez, je me décide pour le schwützer deutsch). Mais lequel? Et comment fait-on pour ne pas sentir constamment étranger quand la langue fait défaut? Au final quelle est mon identité langagière ou ma Sprachidentität? Est-ce le Français, et rien que lui, alors que je l’utilise de moins en moins? Ou bien est-ce que c’est un mélange de français et d’allemand tels que je les maîtrise actuellement…?

Je ne sais pas si je vais pouvoir trouver la réponse avant un bail. Mais bon, en tous les cas, je pense que cette question du rapport à la langue est assez intéressante: quelle est notre langue de référence? pourquoi? et comment on en est venu là? est-ce que la langue influence notre personnalité? Si vous ne connaissez pas encore et que la question vous intéresse un peu, vous pouvez aller voir du côté d’Elias Canetti. Européen avant l’heure, un peu mégalo mais diablement intéressant, personne ne sait vraiment quelle nationalité il avait après lecture  rapide de sa biographie. Le premier tome de son autobiographie est très intéressant à lire pour se donner des clés sur le rapport à la langue allemande imposée sur le tard, entre dégoût et passion…J’aimerais trouver d’autres témoignages comme le sien. Il est disponible en VO par , pour qui veut tenter d’étudier sa fascination pour la langue allemande d’un peu plus près ;)

Et vous, vous avez un rapport particulier à la langue que vous utilisez?

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Un drôle de mot

Il y a en ce moment beaucoup de naissances autour de moi. Bébé à venir, bébé arrivé, bébé désiré…on n’en sort plus, pour notre plus grand bonheur :). Encore un aujourd’hui! Et tant d’autres à venir…

Toutes choses égales par ailleurs, je n’arrête pas de me tordre le cerveau à chaque tentative de félicitations de naissance en langue germanique. Ce qui est bien, c’est que le mot « das Baby » est le premier mot pour lequel j’ai su associer un nom ET un genre. Chose rarissime (connaître spontanément le genre d’un nom ici, ca relève du défi. Encore mieux encore: connaître aussi le pluriel. On ouvre des grands yeux quand j’y arrive- « on » étant bien évidemment un ou une Allemand(e) bien intentionné(e) toujours prêt à corriger dans la théorie, ne le faisant jamais dans la pratique, s’extasiant subitement quand ca marche parfaitement tout seul… Enfin bref: ceci est une autre histoire).

Revenons à nos moutons. S’il y a bien un truc que j’apprécie dans le fait d’être multilingue, c’est de connaître les origines communes d’un mot ou d’une expression dans plusieurs langues.  Et de pouvoir faire le lien entre deux événements. Ou de comprendre pourquoi un mot a telle ou telle connotation. Ici en Allemagne il y a pléthore d’exemples avec le Francais (article prévu, so I am not spoiling the beans!). Et ce ne sont pas les histoires rigolotes qui manquent autour de la langue… Faire du shopping par exemple (vient au final du vieux francais « échope », désigne si ma mémoire est bonne des sortes de relais en vogue pendant la guerre de Cent ans, visités par des Anglais, revisité par le Franglais…). Ou bien « budget », tiré du francais aussi (de « bourse », non?). Ou bien encore le fait que l’expression « filer à l’anglaise » soit traduite par « to take French leave »…soit deux interprétations pour un même événement, je vous laisse deviner lequel.

Pour le mot « bébé »/ »baby », qui d’ailleurs est utilisé à peu près partout, il y a toute une histoire derrière. Bon, ok, en Allemand, le mot vient de l’anglais « the baby« . Ce qui permet d’identifier au passage l’article (tous les noms étrangers étant en théorie neutres- je dis bien en théorie, parce que les exceptions, hein…). Et bien entendu, le mot  « baby » vient du Francais. Lequel a une grosse dette polonaise. Et on se retrouve aujourd’hui avec une série de mots qui ont été « eingedeutscht », pris dans la langue allemande , après un léger passage ailleurs (« babyseat », « babykisten », « babyspeck » etc. etc.) Vous me suivez…?

Donc: le mot « bébé » vient du francais et désignait à l’origine un nain francais de la cour du roi de Pologne, réfugié en Lorraine. Nain, bouffon, conseiller, le petit personnage est surnommé « Bébé » par le roi et acquiert une telle célébrité que les membres de la cour finissent par utiliser son nom pour les nouveaux-nés. Jusqu’au jour où le mot atterit en Angleterre, puis est relayé jusqu’en Allemagne…et ainsi de suite.

Le plus intéressant à mes yeux dans l’histoire, c’est encore que ce mot vient combler un manque européen: il remplace le vide, il pose les bases pour que l’amour maternel (et paternel, d’ailleurs) puisse naître au sens moderne du terme. Cet amour si évident qu’il y a aujourd’hui pour les enfants, il a mis tant de temps à se développer, à exister dans sa forme actuelle.  Un enfant, c’est d’abord quelqu’un qui n’a pas le droit de parole (de infans, qui ne parle pas, ou plutôt qui n’a pas le droit à la parole). En allemand, « das Kind » vient du haut-allemand et signifie « qui est produit » (erzeugt)… Ca parle de soi-même. Il y aurait des litres et des litres d’encre à verser sur l’histoire de l’enfance (et d’ailleurs certains l’ont déjà fait). Mais dans le fond, l’émergence d’un mot c’est déjà beaucoup non? Sans mot, dur d’accéder à l’idée…dur aussi de considérer une naissance comme l’accomplissement et la suite naturelle, presque attendue, d’un amour.Les mots peuvent diviser, comme ils peuvent unifier, réconcilier, unir les coeurs. Et c’est le cas de ce bien drôle de mot:  « bébé ». Combien de chaleur et de joie seraient perdus sans lui.

Je me demande ce que cela donnerait une naissance ou pas une personne n’utilise ce mot, ni avant, ni après…Das Neugeborene,  Säugling, kleines Kind, nouveau-né, nourrisson, new-born, aka-chan (littéralement: la petite chose rouge). Aucun de ces mots n’exprime à mon avis le bonheur qu’on peut avoir à la vue de ce petit bout d’homme, alors qu’il y a dans le mot « das Baby » tant d’affection et de chaleur.

Comme quoi les mots, quand on les maîtrise, ils peuvent nous donner de belles lecons…Il y a la joie qui mène à l’utilisation du mot, et il y a la joie qui découle de son utilisation. Dire « mein baby » pour un père ou une mère, c’est quelque chose de si accomplissant et de si beau à voir. En allemand ou en francais, une pure merveille.

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