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De la langue allemande

L’autre jour, je prenais gentiment un vin chaud avec une amie portugaise au marché de Noël. Cette fille parle à peu près couramment les langues suivantes: anglais, allemand, espagnol, italien. Et bien entendu portugais. De quoi la faire se retourner toutes les deux secondes dans une foule bigarrée de touristes qui pensent que personne ne comprend rien à ce qu’ils disent et qui sont encore en train de se demander où est Marcel.

Un peu vexée lassée de l’entendre me traduire en français chaque chose qu’un sombre estranger évoluant à moins de 2 mètres de mon vin chaud pouvait bien élucubrer sur Marcel et Jasmine, je lui demande COMMENT elle a appris tout ça. A commencer par l’allemand. Et elle, tout naturellement, avec son accent chantant:

Ah bah oui tu sais je pense que venir dans un pays c’est bon.

En clair dans le texte, et après vérification pour chacune des langues: vous vous pointez sur place et voilà. C’est en effet d’une simplicité enfantine.

J’avais certes oublié qu’elle avait 30 ans, soit 3 ans de barroudage de plus que moi. Sauf que je ne me vois pas tout quitter pour aller m’expatrier à Porto ou à Kuala Lumpur sans maîtriser un seul mot. Encore moins dans les 3 ans qui suivent. Je serais plutôt du genre à apprendre une langue dans mon coin et envisager des choses après, longtemps après. Comme je l’ai fait par exemple pour l’allemand. J’ai été prise au jeu de la langue de Goethe, par son pragmatisme et son côté très précis qui dégage de la gemütlichkeit dans chacune de ses tournures. Quelque chose qui est aux antipodes de l’opinion de mon amie Béatha.

Ah bah non pour moi l’Allemand c’est pas une langue belle, j’aime pas. Pour moi en fait une langue c’est un outil simplement.

Pas très romantique tout cela. J’en viens à me dire que la seule raison pour laquelle je suis capable d’aimer cette langue et de passer pour un ovni aux yeux de tous les autres polyglottes présents sur cette terre, c’est que j’ai eu la chance de mettre la main sur des bouquins qui m’ont transmis le potentiel de cette langue. On peut en faire un simple outil, certes. L’allemand au boulot, pas marrant tous les jours. L’allemand avec le copain berlinois, chaotique, surtout s’il a l’accent local. L’allemand des bouquins par contre…Je me demande si ce n’est pas ça qui donne cette mauvaise réputation à l’allemand: une langue qui passe difficilement en musique, ou dans toute forme de culture facilement consommable, facilement accessible. On ne peut pas dire que le German cool soit favorisé par Tokio Hotel ou par le soleil de la Baltique. Et je commence tout juste à comprendre en quoi mon engouement pour cette langue est désarçonnant.

Une petite sélection de bouquins de ma mémoire pour donner envie, du simple point de vue de la langue (attention je mets un peu tous les niveaux en même temps):

- Der Zug war pünktlich, Heinrich Böll

- Scherbenpark, Alina Bronsky,

- Kalter Hund, Karin Reschke

- Die Verwandlung, Kafka.

- Fräulein Else, Arthur Schnitzler.

- Der Vorleser, Bernhard Schlink.

Et vous si vous aimez cette langue ça vous vient d’où?!

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Lecture à thème: Berlin Alexanderplatz

J’ai enfin fini la lecture d’un livre dont je voulais vous parler depuis longtemps ici.

Bon j’avoue qu’une partie du problème tient à sa taille (plus de 600 pages en poche), au fait que je n’hiberne plus et donc consacre moins de temps à mon blog et à la lecture…Ok. Mais il y a aussi autre chose: c’est un roman très dense, et pour moi un chef d’oeuvre déroutant auquel je ne m’attendais absolument pas. Je l’ai acheté sur un coup de tête, par simple curiosité, suite à l’appel du titre qui me disait (très) vaguement quelque chose…

Qu’est-ce que ça raconte? Eh bien, en soi, rien de bien excitant. C’est l’histoire d’un nul, à Berlin, à la fin des années 20. L’histoire d’un petit délinquant/ truand un peu balourd, pas fin psychologue, maquereau à ses heures, parfois un brin meurtrier. Mais en un sens, le roman ne raconte rien. Il décrit la médiocrité humaine, la bêtise des sentiments, la lâcheté et l’absurdité. En ce sens, on peut le rapprocher de Voyage au bout de la nuit. A ceci près que la leçon sur l’humain n’y est pas aussi présente. Chez Céline, si on a bien compris la portée du livre, on le referme et on se dit que l’humanisme est souhaitable, mais ne sert à rien. Chez Döblin, on a simplement lu une histoire.

Dans Berlin Alexanderplatz, tout a lieu dans la maîtrise de la langue. Je me demande d’ailleurs si le fait que le roman ait été retraduit seulement récemment n’est pas l’une des raisons pour laquelle le livre est si peu connu en France. On se sent happé par le style. Dans la nouvelle traduction,  l’influence du Berlinois est nettement présente, ainsi que celle du langage populaire, voire celle de la folie de ces années 20. Le dialogue est déconstruit, rebelle et extrêmement vif. Plus vous progressez dans la lecture, plus vous êtes pris dans le jeu: quelle scène l’auteur cherche-t-il à faire revivre ou détourner? Franz a-t-il un coeur? Qu’attendent les personnages de la vie? Et ainsi de suite…

Au-delà de ces considérations intellectuelles sur le style choisi (et le brio du traducteur), je me suis surprise à y trouver des clés sur le Berlin d’aujourd’hui, un peu à tous les niveaux. Il y a par exemple la description magistrale des anciens abattoirs de Berlin, dont j’ai par la suite trouvé trace via le blog de David par cet article et qui valent le coup d’oeil. Ou alors ces allusions à l’Alexanderplatz elle-même, les travaux qui l’agitent à l’époque et qui ressemblent singulièrement à ceux d’aujourd’hui. Des scènes prises sur le vif dans le Zeitungsviertel où se situent tant d’entreprises aujourd’hui, vers la Zimmerstr. et le Spittelmarkt de facon plus générale. Sur un plan plus difficile à analyser ou expliquer, les personnages vous semblent familiers dans leurs expressions ou leurs attitudes…un peu comme si le langage berlinois portait une ambiance qui n’avait pas changé dans la ville depuis 1929. Il y a aussi toutes ces allusions historiques, tous cette attention portée mine de rien vers l’agitation politique et le bouillonnement absurde des idées…en lisant ce livre, on a également l’impression que l’histoire de Berlin sur les dix années à venir est là, concentrée et comme en attente.

Un autre avis ici.

En résumé: un roman fataliste, pas forcément recommandable pour ceux qui lisent peu habituellement, de par son côté pavé…mais un très bon livre pour quiconque aime Berlin et cherche à comprendre son passé, voire son présent. Et à mon avis un chef d’oeuvre qu’on peut lire plusieurs fois de suite!

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A propos des manuels scolaires…devinette

Amis des vieux bouquins, bonjour…Vous allez être servis aujourd’hui, sous forme de devinette avec lot à l’appui.

J’ai entrepris des fouilles dans notre bibliothèque familiale, du reste déjà bien connue. J’ai fouiné dans les manuels scolaires et cahiers d’écolier sdu temps jadis, en me délectant de la qualité de la langue écrite au début du siècle… Et je suis tombée sur une perle en la matière. Cette langue un peu niaise, un peu improbable, à la façon comtesse de Ségur, le tout dans un petit livre sehr charmant…j’adore.

J’en reviens à mon propos: quel livre ai-je bien pu ressortir aujourd’hui des  armoires de Mère-Grand, sachant que:

- il date de 1877 et a été utilisé comme livre de lecture courante pour enfants jusque 1950 environ

- c’est un pilier de l’éducation façon IIIème République, tiré à 6 millions d’exemplaires

- il y a bien entendu un rapport, dans le sens historique, avec le propos de mon blog, à savoir le franco-allemand. Je ne vous cacherai donc rien: c’est un livre qui dit très clairement que la France, c’est bien, et qui laisse comprendre assez clairement aussi que l’Allemagne, c’est mal. Ah bah tiens.

- il raconte l’histoire d’enfants sillonnant la France et découvrant des choses de la vie (comment on fait le beurre, la vertu de l’hygiène, les merveilles de la France qui incontestablement n’a pas son pareil * ironie consommée par rapport à certains passages, on a parfois l’impression que seule la France a des fleuves, vaches etc.*)

Pour la petite histoire, j’ai découvert ce livre ou plutôt son titre au hasard de la préparation d’un examen de culture gé- donc il y a au moins 500 ans. Et peu de monde semblant connaître ce monument de passéisme, j’ai été aux nouvelles chez les archives de mes grands-parents, qui m’ont fourni deux exemplaires, certes en morceaux, mais délectables. J’adore pour le côté bonhomme, pour les clichés si naïfs (plus naïfs, on meurt, même Mickey Mouse n’y est jamais allé aussi fort. Etre gentil, c’est bien, vous étiez au courant :)? ), pour les clefs historiques que ça donne.

Je crois que les livres et les films influencent les gens parce qu’ils donnent une interprétation au réel. Je crois que les faits, juste les faits, c’est une donnée sèche qui n’explique rien.  Je doute sérieusement qu’un Bordelais, en 1869, aurait crié au scandale s’il avait su qu’on allait perdre l’Alsace-Lorraine 10 mois plus tard (il aurait franchement rigolé, en fait: Napoléon III, perdre? Et concrètement, où serait le problème?). Par contre son fils en 1890, il y a des chances que ça lui importe un peu plus, au point de vouloir tâter du Prussien sur champ de bataille…Alors pourquoi? Réponse, méthode: rien de mieux pour fouiner dans le passé que de tomber sur un best-seller oublié et de se laisser guider par le chant d’une sirène poussiéreuse…

Quand on lit ce livre en particulier, on comprend un peu du racisme et ultra-patriotisme assumé de nos grands-parents ou arrières grands-parents et pourquoi il était si difficile à combattre.  Quand on naît dedans, que personne ne vient à l’idée que ce ne soit pas évident, comment en arriver à comprendre les choses d’un autre point de vue? Il faut un sacré culot , une sacrée clairvoyance pour penser à contre-courant de l’ensemble de sa société…

On comprend aussi d’où est venu ce départ populaire « la fleur au fusil » pour la première guerre mondiale et pourquoi personne n’a vraiment tenté de stopper l’engrenage du début de la guerre. Et la comparaison des différentes versions donne un bel aperçu de l’art de diffuser une idéologie politique via l’éducation…Etre catholique, ne pas être catholique. Avoir l’Alsace-Lorraine ou ne pas l’avoir.  Parler de la guerre ou ne pas en parler.  Penser « en bon Français » ou en « mauvais Français »…avec ce que ça implique.

Je suis d’ailleurs en train de me demander quelle dose de pré-pensés imprègne nos manuels et nos idées, actuellement. Comment réagiront nos arrières petits enfants en lisant nos livres, en découvrant le fond de nos valeurs? Nous n’avons plus de livres voulus idéologiquement que celui-ci, on est tous d’accord. Mais quelles sont nos idées communément acceptées qui dans 100 ans seront désuetes ou absurdes? La donne, aujourd’hui, c’est en gros (je dis bien « en gros ») d’être pro-Européen, ouvert au monde et aux découvertes culturelles. Et si demain c’était autre chose?

J’aimerais découvrir l’équivalent de ce titre en Allemagne, il y a forcément quelque chose…Quoiqu’il en soit, histoire de ré-enfoncer quelques portes ouvertes: c’est fou ce qu’on a comme chance de vivre aujourd’hui et de pouvoir critiquer les croyances populaires de nos grands-parents et aïeux (amis des portes ouvertes, je vous avais prévenus).

Pour en revenir à nos moutons, j’ai cherché une édition en poche (et moderne s’il vous plaît!), que j’offre à la première personne qui trouve la bonne réponse via les commentaires: de quel livre s’agit-il? Et si personne ne trouve, ça va barder, j’ai déjà quelques idées de mesures punitives :)

Je vous prépare un pot pourri des citations les plus éloquentes et mon avis sur le total, pourquoi j’aime, pourquoi j’aime pas. En attendant: à vos méninges et mères-grands au besoin!

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Lecture: Tour de Franz

Depuis quelques années, c’est la fête aux livres qui donnent les impressions des étrangers installés dans un nouveau pays. Il y a bien sûr A year in the merde de Stephen Clerk, mais il y a aussi tous ces livres qui prennent le temps de faire une vraie comparaison culturelle. Ou alors tous ceux qui prennent le chose sur le plan de l’humour. En Allemagne, les versions romancées de la vie de certains Ausländer ont un franc succès. Si vous ne connaissez pas encore, foncez vers Maria, ihm schmeckt’s nicht de Jan Weiler. Et non, le livre n’a rien à voir avec le film en termes de qualité. Il s’agit des aventures d’un Italien installé en Allemagne- ça vous paraîtra sans doute souvent exagéré, voire inimaginable (en France, je ne pense pas qu’on aurait choisi le même ton). En tous cas c’est vraiment…köstklich! Je me réserve le droit de revenir sur ce livre, d’ailleurs :)

Mais aujourd’hui, je voulais parler d’une autre de mes découvertes:

De quoi ça parle?

Cécile Calla est journaliste, correspondante du Monde à Berlin. Elle s’y est installée il y a quelques années et explique en courtes chroniques les différences culturelles les plus perturbantes pour les nouveaux arrivants telles qu’elle les a vécues. On parle donc de choses qui arrivent aux expat’ à Berlin: étonnement devant la culture du grill, incompréhension devant la fascination très allemande pour l’Italie, difficulté à comprendre l’humour allemand, sentiment de perdition dans les relations amoureuses…un peu de tout, un peu dans tous les sens, avec beaucoup de légèreté et des scènes qui parlent d’elles-mêmes.

J’ai beaucoup aimé le franc-parler de l’auteur et ses petits exemples toujours bien trouvés. Je ne suis pas forcément d’accord sur tout, mais je m’y retrouve assez dans ces étonnements perpétuels. Et le livre me permet aussi de comprendre deux-trois petites choses qui m’ont échappées jusqu’ici.

En bonus: enfin un livre en allemand d’un niveau assez simple. Je ne sais pas trop à quoi ça tient, mais cette fois-ci je n’ai pas eu à me faire violence pour avancer dans la lecture. A bon entendeur…!

Vous trouvez ça en poche chez Ullstein, par .

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L’hiver arrive: réjouissons-nous

Non, non, ce titre ne se veut pas du tout provocateur…Par le froid qui traîne déjà, j’ai attrapé un grippe assez solide, je cherche donc à me redonner au moins le moral en vue de cet hiver qui s’annonce comme le précédent: froid. Gris. Mais surtout: long.

J’aime les défis et j’ai envie de lutter face à cette adversité: on va donc tenter de trouver 10 bonnes raisons de se réjouir de l’arrivée de la nouvelle saison en lieu et place de l’automne berlinois (quoique ça s’est un peu réchauffé pendant que je cédais du terrain face au virus). Prêts…?

1. L’hiver allemand est synonyme de marché de Noël. Qui dit marché de Noël dit ambiance festive, vin chaud, gauffres et quarktaschen (oui, le nom semble barbare, pourtant Dieu que c’est bon quand on aime le quark…). ça dit aussi enfants à profusion. Les enfants, c’est une chose rare dans les rues ou les parcs en Allemagne, Paris me manque entre autres pour cela: ses hordes d’enfants joyeux. Donc, vivement les marchés de Noël.

2. Le froid est un excellent prétexte pour sortir ses accessoires en laine. Bonnets, pulls, écharpes colorés, ornés de motifs qui nous rappellent les vacances en montagne ou les classes de neige où on habillait les bonhommes de neige entre deux séances de luge…ici les offres sont plus sympathiques et il y a de la marge de manoeuvre- même les cafés s’y mettent (il y a  même des bars spécialisés, apparemment: les strickcafés). J’adore!

3. On voit arriver Noël et les vacances à grands pas. Rien de mieux pour tenir face à l’adversité et au climat que de se dire qu’on va pouvoir faire des stocks de bonne humeur et remmener un bout de France dans sa valise (ou d’ailleurs, hein, je parle de moi mais bon, pas de discrimination ici). Une heure d’avion et des patates pour un vrai plaisir à l’arrivée, dans les deux sens: on (moi) fonce à la boulangerie se payer une vraie baguette ou alors et puis on (je) s’offre un Stollen! Que demande le peuple?!

4. En hiver, mange ce qu’il te plaît. Bon, je sais il y a des limites suite au point précédent (ah ça suffit comme ça!) mais pouvoir se cuisiner quelque chose de bon sans complexe, je crois bien qu’il n’y a que l’hiver qu’on peut faire ça. Tartiflette, fondue, tourte, gratin, soupe, spätzle, brühe…selon les goûts et les origines ça varie, mais l’idée de base reste la même.

5. Hiver= neige. Ici, à tous les coups. Peut-être très peu si on a pas de chance, mais quand même. D’ailleurs vous avez déjà remarqué cet étrange pouvoir de la neige? Avant qu’elle ne tombe, l’atmosphère est facilement électrique, mais une fois qu’elle tombe…tout est magique. Un VRAI bonheur à regarder. Je ne suis jamais aussi calme que lors des premières chutes de neige, on dirait qu’elle pose un voile de pureté et d’apaisement sur la ville. J’étais heureuse comme une gamine l’année dernière, je le serai aussi cette année, si, si!

6. En hiver, on dort bien (à moins d’avoir un problème de chauffage, mais ça c’est une autre histoire). On se réapprovisionne en couettes, couvertures, draps, coussins ou on les redécouvre avec un plaisir de gamin. Et on peut à nouveau établir une théorie sur lequel des deux, lit à la française avec draps ou lit à l’allemande avec sa séparation centrale et couettes, est le plus adapté pour tenir l’hiver. Oh bonheur.

7. On peut redécouvrir les contes et les traditions de chaque pays. Au programme pour moi cette année: en savoir plus sur les contes spécifiquement berlinois. Il y a bien sûr Max und Moritz dont je compte vous parler (billet en cours) mais tant d’autres que j’ignore…Sous forme de livre ou de films. A noter d’ailleurs que le régime communiste a laissé un héritage plutôt riche en versions filmées des contes germaniques…semble-t-il de bonne qualité, puisqu’ils arrivent à être commercialisés jusqu’à aujourd’hui. Trois noisettes pour Cendrillon est un de ces films et il est absolument in-ra-table pour tous les fans de contes de fées (ou plutôt devrais-je dire toutes les fans?)

8. Qui dit hiver dit fêtes. Dans tous les sens du terme. Fêtes religieuses pour les croyants, fêtes traditionnelles pour tous et  fêtes « normales » pour tous ceux qui le souhaitent- en gros la majorité ;). Si on va prendre un verre quelque part, il faut aussi avoir le courage de ressortir. A moins d’avoir une vraie obligation derrière, je reste. Toujours. C’est un principe. Moralité: les pots hivernaux chez les amis se finissent en général par une soirée improvisée jusqu’à ce que l’horloge nous sonne à l’oreille. Et ça, ça me plaît.

9. Hiver= ski. J’ai beau ne pas être allée au ski depuis l’an 916, l’idée ne me sort pas de la tête à l’approche du grand froid Peut-être que cette année je vais me laisser tenter. République tchèque, Autriche, Suisse…que des nouvelles pistes à découvrir en tous les cas. A voir!

10. Last but not least: c’est en hiver que les jours recommencent à rallonger! Si, je vous promets!  Sérieusement, s’il y a un plaisir pendant cette saison, c’est bien celui-ci: quand on sait que la fin est proche et qu’on commence à le ressentir…Les quelques minutes de soleil en plus qu’on remarque progressivement, les oiseaux qui recommencent à chanter et dont je m’amuse à repérer les caches avant tout le monde…J’ai adoré l’année dernière et je vais adorer cette année. A tous les coups.

Alors, convaincus…? Et vous c’est quoi vos secrets pour résister à l’hiver?

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Les auteurs français en Allemagne

La francophilie, vous y croyez encore…? Si ce n’est plus le cas, venez à Berlin et faites une petite enquête: nous avons encore quelques fans…

Première preuve: l’intérêt pour la langue, dont j’ai déjà parlé un peu ici. Beaucoup parlent un peu (voire très bien!) le Français, beaucoup veulent l’apprendre…

Deuxième preuve: l’étalage des librairies. On trouve énormément d’auteurs français classiques et modernes traduits ici- vous avez certainement vu un peu partout des éditions Reclam de nos auteurs classiques ou remarqué le succès (assez surprenant d’ailleurs) d’Astérix. J’ai travaillé pour une maison d’édition berlinoise il y a un an et j’ai eu l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le sujet.

Alors, pourquoi un tel intérêt?

Eh bien, en partie en raison du passé communiste de la RDA. Imaginez ce que c’était à l’Est pour avoir l’autorisation de publier un livre politiquement correct…et cherchez quel pays occidental, des années 50 à la fin des années 80, a pu avoir pléthore d’écrivains d’obédience communiste. Sartre, Camus, Merle, Marc Bernard…Certains sont complètement oubliés chez nous et pourtant très connus ici…Ca n’a rien d’un hasard: ils passaient la censure, tout simplement.Pour les auteurs classiques, beaucoup d’entre eux sont passés pour des précurseurs inconnus (y compris d’eux-mêmes, d’ailleurs) de l’idéologie marxiste. Hugo et Zola en sont les deux exemples les plus frappants. Mon Hausmeister me parle aussi sans se lasser des oeuvres de Balzac, il les connaît mieux que moi alors que j’ai fait des études de littérature: le monde à l’envers …:)

Une des caractéristiques de la RDA est d’avoir été un Etat très avancé sur le plan culturel…je ne peux bien évidemment pas le vérifier, mais c’est effectivement l’impression que j’en ai. Tout le monde lisait, tout le monde se cultivait, me disent des gens qui sont de la génération de mes parents…les livres français passaient pour l’une des rares littératures autorisées de qualité.

Si on prend le cas de Robert Merle, la chose est particulièrement frappante. Un peu (hélas…) oubliée en France ces dernières années, son oeuvre a peu de lecteurs en Allemagne de l’Ouest. En revanche, à Berlin l’année dernière, la venue de Pierre Merle, son fils, a été très suivie- je me demande si on a vu autant de monde ici à une lecture publique depuis cette fois-là?!

La littérature française ayant tendance ces derniers temps à devenir de plus en plus « personnelle » (centrée sur le « moi » et les crises existentielles), les choses commencent à bouger un peu. En effet, une des caractéristiques du lectorat germanique, contrairement au lectorat français, est de chercher l’action, le suspens. Par conséquent, les auteurs français qui rencontrent un franc succès ici sont de plus en plus des auteurs de polars ou de thrillers. Fred Vargas au premier rang d’entre eux, avec les très beaux succès éditoriaux d’Aufbau pour ses derniers romans, comme Der Verbotene Ort (Un lien incertain).

Je suis bien curieuse de voir comment les choses vont évoluer…notre littérature dans son ensemble va-t-elle réussir à rester à la hauteur des attentes allemandes?

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