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Back to basics: les Spätzle

Après un tour dans le Baden-Württemberg, je suis revenue à cette idée de base: la bonne nourriture en Allemagne, ça existe, mais en particulier au Sud. Ah les Auflauf bavarois et les Spätzle et Maultaschen souabes, qu’est-ce que c’est bon.

Je vous concède certes que c’est mieux en hiver. Mais quand même. Alors aujourd’hui, billet à thème: les Spätzle.

Qu’est-ce que c’est:

Des pâtes avec plein, plein d’oeufs dedans, que vous mangez normalement frites dans une poële avec du fromage. Je vous avais prévenu que c’était diététique. Si vous ne savez pas à quoi ça peut ressembler, je vous invite à jeter un coup d’oeil chez Caroline.

En Souabe, impossible de faire l’impasse là-dessus. Toutes les superettes de base en vendent avec des variations à vous en donner le vertige. Il y a une marque que j’ai essayée, Bürger. Et bien, c’est drôlement bon.

Eierspätzle de chez Bürger

Vous me direz: mais encore? Où trouve-t-on ça à Berlin?

Bürger, je n’ai pas vu. N’empêche que Neukauf, alias Edeka, probablement sous la pression conjointe de l’hiver et d’une minorité souabe de plus en plus remarquable, commence à en vendre. Il y a moins de choix qu’à Stuttgart, mais c’est déjà un bon début. Ouvrez l’oeil…

Ensuite, il y a deux trois restaurants qui en font leur fond de commerce. Notamment un dans la Wühlischstr. et surtout un dans la Wienerstr. à Kreuzberg. Et là bas, c’est drôlement, drôlement bon et à un prix tout à fait acceptable (la vente de mes diamants attendra encore un peu pour financer mes sorties gastronomiques). Si vous voyez ça près du Görlitzer Park, foncez:

Spätzle Express, Wiener Str. 14a: la bonne adresse à cuisine souabe

J’ai posé deux-trois questions, l’idée du restaurant est de faire de la cuisine créative autour des spätzle. Vous pouvez en avoir avec des variantes peu recommandées par la tradition souabe, mais très, très bonnes. Les prix sont à mon avis un peu au-dessus de la moyenne berlinoise, mais il me semble que ça vaut quand même le coup. David, qui en plus est souabe, en parle en bien  ici.

Voilà ce qu’on peut espérer y manger:

Assiette de spätzle

Ensuite, pour les fous de cuisine, il y a plein de solutions. A la base, vous avez besoin de farine, d’oeufs, de patience et d’appétit. Enfin, pour la patience, c’est moins sûr: avec certains outils de cuisine dernier cri, ça prend en tout et pour tout 5 minutes grand max. On l’appelle: le Spätzle shaker. Dire ça très très vite plusieurs fois de suite.

Plus d’infos là-dessus chez Flo.

Bref, qui dit mieux pour une spécialité régionale de référence…?

J’ai posé deux-trois questions, l’idée du restaurant est de faire de la cuisine créative autour des spätzle. Vous pouvez en avoir avec des variantes peu recommandées par la tradition souabe, mais très, très bonnes. Les prix sont à mon avis un peu au-dessus de la moyenne berlinoise, mais il me semble que ça vaut quand même le coup. David, qui en plus est souabe, en parle en bien  ici.

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Crêpes et galettes à Kreuzberg

Premier post d’une nouvelle catégorie sur les bonnes adresses de Berlin…

Il y a dans la Reichenbergerstr. une très bonne crêperie française. Enfin, plus précisément, bretonne, ça va jusqu’à ce niveau de précision. Le local est situé quasiment à Kottbusser Tor, c’est un restaurant assez large qui rend bien l’ambiance propres aux crêperies bretonnes que l’on connaît. Je suis allée tester avec une amie allemande, histoire de voir comment les Allemands, qui ne connaissent très souvent que le côté le plus chic de la cuisine française, réagissent face à l’idée de manger des crêpes salées, et qui plus est au sarrasin. Sur un échantillon d’une seule personne (…), ça donne donc ça:

A: Buchweizenmehl?! Daraus kann man crêpes machen?

B: Na ja, eigentlich ist es hier eher die Rede von Galettes. Dann wird es eben nicht süss.

A: Ok, dann galettes. Aber wie gross ist das? Und wie isst man das überhaupt?

B: Es wird meistens mit Eier und Schinken gegessen, und in einem Teller zusammengefoltert. Err, gefaltert meine ich.

A: Aso…

B:…

A: ….Bestelle für mich bitte. Das Menu ist für mich etwas zu verwirrend.

Pour elle, ça a donc été ça:

Galette norvégienne

Pendant que moi je prenais ça:

Galette complète tomates

Le tout bien entendu arrosé du traditionnel cidre, mon Dieu comme ça fait du bien de voir un pichet (pardon, une carafe…) sur sa table:

Pichet de cidre. Rien que le concept, c’est formidable.

Si vous n’aimez pas les crêpes, vous ne pouvez pas comprendre à quel point c’était bon. Le restaurant prête à se sentir bien, les crêpes sentent bon, on a l’impression de se retrouver téléporté dans la rue du Montparnasse tout en pouvant parler allemand. Un vrai miracle.

Alors après il y a eu le dessert. Une crêpe caramel. MIAM:

Comment tuer quelqu’un: manger une crêpe caramel fumante aussi bonne que celle-ci, devant lui, et par moins vingt

Bref, point de vue nourriture, je ne peux que vous recommander. C’est situé au Reichenbergerstr.30, ouvert tous les jours de semaine sauf le lundi pour le midi et pour le soir. Samedi et dimanche, c’est ouvert en soirée. Plus d’infos par là.

Comme j’ai eu la chance de pouvoir poser des questions et que ça m’intéresse, je partage les quelques infos que j’ai pu obtenir, en accord avec le gérant, Ahmed Moutaoukil. Il y aura un autre billet à ce sujet, aujourd’hui je choisis de me concentrer sur quelques constats interculturels…

Concrètement, les Allemands ne s’imaginent pas vraiment pouvoir faire un repas de crêpes. Soit ils imaginent ça comme trop lourd ou trop sucré (es ist im Endeffekt nicht so mächtig, disait mon amie), soit ils imaginent ne pas manger à leur faim. Dans un cas comme dans l’autre, le problème est de savoir si ça vaut le coup. L’importance de cette idée se voit en regardant la clientèle du restaurant: principalement des femmes, qui s’attendent à du sucré et espèrent du (relativement) léger. Alors qu’il est tout à fait possible de rajouter de la viande à l’ensemble…

Le problème, c’est de savoir faire avec la culture culinaire locale, qui est à des années lumières de la nôtre. Ca se remarque dans la vie de tous les jours, de la simple remarque du temps accordé à la pause déjeuner en entreprise (une maigre demi-heure, qu’on dispose d’une cantine ou non) au culte du gesund essen- manger pour vivre, une finalité en soi, à ne pas perturber. Manger chez soi? Ca va du terrible plat italien pour les grands soirs au Brötchen mit Eiersalat quotidien. On met les petits plats dans les grands, où on ne les met pas du tout, et on veille simplement au gesund . La télé est de sortie, le téléphone aussi, et vraiment manger en famille est assez souvent réservé au week-end. Sortir? On regarde le prix, et puis on juge selon ses moyens, Kebab ou resto pour marquer le coup. Dans un cas comme dans l’autre, il y a relativement peu d’attention portée à ce qui peut être un bon entre-deux, dans la mesure où l’on projette de faire autre chose après avoir mangé- à moins que l’on mange pour marquer une occasion. Manger est en fait une finalité, un impératif sur lequel on peut en toute logique rogner du temps et de l’argent.

Pendant ce temps, la culture culinaire française consiste à passer du temps à table, quelque soit la circonstance, et à investir du social dans la nourriture- on ne mange pas que pour manger. Non seulement nous aimons sortir au restaurant, mais en plus nous aimons nous y attarder. Cf ce qu’en disent des plus savants que moi:

D’est en ouest et du nord au sud, la France consacre un temps infini aux plaisirs de la table. Et pas seulement pour le rituel du repas de la mi-journée. Le soir, les petits, les bons, les grands restaurants et autres brasseries sont plein à ras bord, et ça se prolonge pendant des heures. On ne constate le même phénomène, du moins à ce niveau, dans aucun autre pays européen ou occidental.

Louis-Bernard Robitaille, Ces impossibles français, éditions Denoël, 2010.

Je serais prête à parier que l’une des principales raisons pour laquelle nous pouvons envisager de passer autant de temps à manger est notre façon d’envisager le temps. Pendant que nos amis allemands concentrent toute leur attention sur l’accomplissement d’une seule tâche, nous sommes prêts à tout envisager en même temps. Manger aussi est une chose à faire, après tout. Ce serait simplement que nous voyons les choses différemment… Et même en connaissant cette différence, il reste très difficile de s’adapter, de comprendre spontanément ce qui se cache derrière un menu.

On a donc affaire à une clientèle qui vient chercher dans les restaurants français une haute cuisine qu’elle estime sehr köstlich, tout en étant preiswert et idéale pour un soir où l’on va chercher à s’offrir une vraie occasion de se faire plaisir. A côté de ça, il y a les crêpes, plus simples, peu connues du public allemand,  qu’on découvre comme étant une cuisine en soi au détour d’une promenade aux alentours du Kotti. Elles étonnent le nouveau consommateur, un peu comme un produit dont on ne connaît pas encore le succès. Quand le client comprend l’idée, c’est le rapport avec le prix qui le choque. Quand il reconnaît ça comme de la  »vraie » cuisine, le problème peut venir de l’ambiance: une crêperie peut-elle être considérée comme une Stube? Ou bien est-ce mieux pour un déjeuner d’affaire, un déjeuner rapide…? Etc. Etc. Autant de raisons d’interrogations qui font qu’Ahmed voit la clientèle étudier la carte dehors, s’en approcher, repartir, chercher une autre possibilité, revenir, demander plus de renseignements, faire la moue, puis se laisser convaincre. Ils ne savent pas à quoi ils ont affaire.

Février, c’est le mois de la Chandeleur. Ce qui serait bien, ça serait de montrer à quelques allemands de quoi il retourne quand on s’y met sérieusement. Par exemple en allant chez Ahmed, il y a des menus à 12 euros et c’est drôlement agréable comme endroit!

Bref, point de vue nourriture, je ne peux que vous recommander. C’est situé au Reichenbergerstr.30, ouvert tous les jours de semaine sauf le lundi pour le midi et pour le soir. Samedi et dimanche, c’est ouvert en soirée. Plus d’infos par là.

Comme j’ai eu la chance de pouvoir poser des questions et que ça m’intéresse, je partage les quelques infos que j’ai pu obtenir, en accord avec le gérant, Ahmed Moutaoukil.

La crêperie est l’un des multiples projets d’ouverture de restaurants qui ont vu le jour dans Berlin ces dernières années. Une idée, un talent, une envie…tout ce qu’il faut pour faire fleurir bars et établissements divers à Berlin. Pour la plupart, vouloir ne suffit pas. La crêperie bretonne est un des établissements qui a montré que son modèle marchait, malgré un fait qui ne joue pas en sa faveur: concrètement, les Allemands ne s’imaginent pas pouvoir faire un repas de crêpes. Soit ils imaginent ça comme trop lourd ou trop sucré (es ist im Endeffekt nicht so mächtig, me disait mon amie), soit ils imaginent ne pas manger à leur faim. L’importance de cette idée se voit en regardant la clientèle: principalement des femmes, qui s’attendent à du sucré et espèrent du léger. Alors qu’il est tout à fait possible de rajouter de la viande à l’ensemble…

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Pensée du jour…

C’est fou comme le marché turc peut vous revigorer. Fruits et légumes pour une semaine pour 5 euros à tout casser. Qu’en plus on vous propose un café tous les vendredis, pas forcément toujours au même étal, ça en devient impayable.

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Repas de fête

Ceci est une assiette de bouillon avec des pâtes spéciales pour bouillon. Ca fait peur, je sais bien.

Le temps passe et vous ne vous ressemblez pas. Mon premier hiver à Berlin, légendaire pour son froid semblable à à peu près celui de tous les hivers locaux, a été rythmé par les bols de bouillon ou de soupe chez tous les Allemands que je connaissais.  En y repensant je réalise qu’ils étaient tous au régime. Ca me plaisait bien le bouillon, j’avais plus ou moins associé ça au froid, à l’hiver, à l’éclairage à la bougie, à l’accent chantant (heit, ach, rrr, tout ça). Je devais être complètement marteau. J’avais -je crois- même l’illusion l’impression d’avoir mangé à ma faim après deux assiettes. Maintenant que je tente de revivre ça dans un élan de pure nostalgie, même en sachant que je ne peux pas tirer de conclusions hâtives suite à une tentative de faire du bouillon moi-même, même en prenant trois assiettes et des brötchens,  j’arrive aux conclusions suivantes:

1- rien, mais alors rien, d’allemand là-dedans. Sais pas pourquoi je l’avais rangé dans la catégorie « classique-hiver-Berlin ».

2- une fois qu’on a mangé, c’est pareil qu’avant: on a faim. Vraiment faim.

3- c’est vraiment censé être accueillant d’offrir ça à ses invités?!

4- demain, je mange tous les kartoffelnpuffer qui sont sur mon chemin. Et il y en aura. Non négociable.

On ne m’y reprendra plus. Le Champignon, si tu me lis, sache que j’ai maintenant une pensée religieuse envers tes principes alimentaires.

Sinon, quelqu’un saurait me dire ce qui est à la fois gesund et mangeable parmi les spécialités hivernales? Parce que bon, le Kartoffelnpuffer à profusion, ça va un jour. Et je commence à manquer d’inspiration.

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27 choses!

Voilà, on y est, comme chaque année, le drame du vieillissement frappe. Moi et des centaines de milliers d’innocents à qui je souhaite aussi beaucoup de courage.

Comme je ne me laisse pas abattre aussi facilement, j’ai décidé de faire un décompte de petites choses de la vie ici qui me plaisent et que je souhaite partager avec d’autres, à l’instar d’une autre blogueuse qui se reconnaîtra et que les plus futés reconnaîtront aussi…Je dis ça, je ne dis rien :)

Catégorie nourriture et naschen et bibine, en vrac (parce que manger EST important, et puis la bière aussi):

- vive les Biergarten plus ou moins cachés dans la ville où vous avez la possibilité légale de commander bière sur bière pour ne plus finir par ressembler à rien. Seront cités ici le grand, le célèbre, l’incontournable Prater, mais aussi des endroits un peu moins chics mais tout aussi sympathiques comme le Oranke Orange ou le Biergarten qui se cache derrière les barrières de la Moritzplatz. Mes QG pour l’été.

- un grand hommage au concept du Osterhase, fidèle décorateur domestique de toute Berlinoise qui se respecte. Voir la photo ci-dessous, c’est vous dire son importance dans ma vie. Ceux qui me connaissent admireront toutefois le fait que ce lapin soit encore parmi nous aujourd’hui. Mais pour combien de temps encore?

N.B: méfiez-vous, le Osterhase est connu en Allemagne pour avoir un côté pervers…il cache vos affaires. C’est bizarre d’ailleurs, depuis quelques temps je ne trouve plus mon Quark à régime…allez donc comprendre!

- le Max und Moritz dont Nat a déjà parlé ici, le Kartoffelnlaube du Nikolaisviertel, temples de la bonne nourriture allemande (si si ça existe). Bon ok, en hiver, ça passe mieux, j’avoue. Mais vous pouvez au moins y prendre une bière!

- avec le retour de la belle saison, on pense aux glaces de façon monomaniaque. Et ça tombe bien, ça court les rues les bons glaciers ici. J’en avais déjà touché deux mots avec mon top 3 2010 ici.

- pour savourer un café tout en jouant aux expats intellos, il y a des opportunités magnifiques. Par exemple à Kreuzköln, au Roderich.

- pour savourer des Warenikis, le restaurant russe de la Mohrenstr. reste décidément parmi mes favoris. Lire d’autres opinions par là.

- dans la série de luxe, le Umspannwerk Ost est ein Muss. La preuve? Ils font des crèmes brûlées comme par chez nous, et je m’y connais;). C’est aussi un bon plan pour aller voir du flamenco ou se cultiver, mine de rien.

Catégorie « cultivons nous sauvagement »:

- merci au Kino Babylon pour le simple fait d’exister. Voir d’ailleurs ce qu’en dit Jean-Michel ici, je ne suis pas la seule à y voir une oasis cinématographique après avoir été confrontée au choix draconien entre le dernier Til Schweiger et le dernier Christian Ulmen. Terrible dilemne, soit dit en passant.

- VHS, on vous aime. Pour tous ceux qui ont un niveau d’allemand potable, c’est l’endroit rêvé pour apprendre tout ce que vous ne savez pas encore, un peu dans tous les domaines. Ca va du tricot au coréen, en passant par la dactylographie. Le tout toujours pour des prix raisonnables et d’après expériences à répétition, toujours fiable. Il vous suffit de bien vous informer et conseiller, et le tour est joué.

- perdu dans la froide grandeur de la Potsdamerplatz, jetez un oeil au musée du cinéma derrière le Kinomax. Les expos là-bas valent nettement le coup, et pas que d’après moi.

- dans un autre genre, et avec un peu de courage, il faut absolument aller voir les musées de la terreur répandus un peu partout dans la ville. Topographie der Terror, exposition gratuite sur l’avènement et la chute de la Gestapo, tout près du Martin-Gropius-Bau. La prison de la Stasi, avec visite guidée. Le musée juif, votre appareil photo à la main, pour saisir sur le vif le travail de l’architecte qui a fait un excellent travail pour rendre l »atmosphère de la Shoah. Le bâtiment a un côté mystique, à l’intérieur comme à l’extérieur. Jeux de lumières, rendu de la peur et de l’horreur, on comprend bien les choses en y allant. Voir mes photos ci-dessous:

Musée juif- Vue depuis l'extérieur

Musée juif- puits de lumière

- pour saisir l’ambiance de la ville au-delà du point de vue touriste, prendre le bus M29 et se payer une bonne heure de trajet. Regarder les gens monter et descendre, en faire une philosophie urbaine. Cette ligne traverse tout Berlin, des quartiers turcs à Tegel. Voir notamment ce qu’en dit Blogonade par .

- toujours pour saisir l’ambiance de la ville, et carrément éventuellement faire des emplettes, aller au marché turc aux bords du Landswehrkanal. Pour moi, c’est similaire à Wazemmes à Lille.

Catégorie mode, attention mesdames :

- sur la Wismarplatz, au Nikolaisviertel et sans doute parfois ailleurs aussi, Bellanatur. On y met un peu le prix, mais la qualité est super et vous êtes à peu près sûres en sortant de porter des vêtements que tout le monde vous enviera- des inconnues vous ont-elles déjà demandé où vous achetiez vos affaires :)?  Je témoigne à trois reprises. Et en plus ils sont sympas, que demande le peuple.

- sur l’Oranienstr. , Südosten. J’y jette un oeil de façon très régulière, ne serait-ce que pour prendre des idées.

- petite mention spéciale pour Orsay, équivalent plus ou moins réussi de Camaieu. La base pour toute nouvelle arrivée, à mon avis, se trouve là-bas.

- on ne peut pas s’habiller à Berlin sans inclure un côté résolument vintage. Pour le faire sans trop se ruiner, préférez les marchés aux puces. Celui de Mauerpark bien trop cher dès qu’on ne parle pas suffisamment allemand pour pouvoir faire illusion, celui de la Boxhagenerplatz pour le plaisir des yeux, ou encore celui de la Ostbahnhof. Et pas que pour les nippes, d’ailleurs.

Last but not least, hors catégorie: un grill au Görli!!

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De l’art de faire une revue de la blogo berlinoise

Une fois tous les 400 ans (au moins), je suis prise d’une idée saugrenue: faire une veille, systématique et organisée, de la blogosphère allemande, et plus particulièrement berlinoise. Il y a des blogs que je suis quasiment au quotidien (béni soit par exemple celui de l’ami David pour tous ses filons sur Friedrichshain), ceux que je surveille quand ça me chante (par exemple, quand j’ai faim et la nostalgie d’un certain temps jadis, celui-ci, le résultat est que je vais faire un casse aux magasins asiatiques dans l’heure qui suit), et puis ceux que j’ignore la plupart du temps parce-que-je-suis-fatiguée-j’ai-parlé-allemand-toute-la-journée-déjà. Soit une écrasante majorité de blogs intéressants, surtout pour une ville dans laquelle on vit…Ahem.

Donc, aujourd’hui est un grand jour: j’ai cherché à consulter un peu de cette masse d’information officieuse sur la vie dans Berlin. Ce qu’il y a bien, avec les blogs, français, allemands, ou encore lunaires, c’est qu’il y a à boire et à manger. On peut apprendre que certaines personnes pourtant très bien sous tous rapports ont parfois des difficultés à communiquer (Selbst ist die Pauline), que la Gentrification touche profondément la Neustadt de Dresde (seule 15% de la population y vivant dans les années 80 y serait encore, voir notamment la vidéo ici) ou que décidément, Westerwelle ne sait pas parler anglais. Tout est donc une question de savoir filtrer l’information, celle qui vous touche personnellement et vous semble crédible, importante, cruciale- vous remarquerez d’ailleurs que par un curieux tour du sort, aucun des exemples précédents n’a de rapport direct avec Berlin, mais passons, c’est comme ça.

Et là, c’est le drame: j’apprends, aujourd’hui, 29 janvier 2011, que j’ai raté un événement crucial lors de ma première année sur le sol berlinois, 2009, alors que j’étais encore dans la fleur de l’âge et susceptible d’un enthousiasme sans pareil. Je pensais pourtant avoir fait le tour de la question avec les 20 ans de la chute du Mur.

Mais non:  faute d’un manque flagrant de curiosité intellectuelle, j’ai raté les 60 ans de l’invention de la Curry Wurst. Je vous assure, je ne savais pas.

Je m’en veux. Je viens d’ailleurs de trouver une ode éloquente à la Curry Wurst en images et en musique (quelle belle voix), que je ne saurais ne pas partager avec vous:

ça me fait rêver, pas vous?

Comment ai-je pris conscience du problème? Eh bien, par le chemin suivant:

1- On consulte ses favoris, section « blogs en allemands », et on pense au passage « mais quand ai-je créé cette catégorie? »

2- On arrive après quelques articles banals sur la Gentrification, Merkel, et les événements berlinois à venir comme le Semi Marathon sur le sacro-saint Blogonade, lequel est effectivement un blog que j’aime suivre, sans même passer par mes favoris poussiéreux, quand j’en ai la force.

3- On est interpellé par le titre de son tout dernier post, qui nous annonce que désormais, le Curry Wurst est aussi disponible en mode pizza. Oui, vous avez bien lu, en pizza. J’en salive déjà.

4- On lit. Lidl vend donc des pizzas au Curry Wurst pour 99 centimes. Laquelle serait, en prime, relativement mangeable. On n’arrête pas le progrès!

5- En état de choc face à cette information, on renonce à écrire un billet sur la Kuchenmanufaktur découverte la veille aux confins de Neuköln et Kreuzberg, et on fait  illico une recherche sur Google avec les mots clés « blog, Curry Wurst, Berlin »

6- On tombe avec ébahissement sur la Vérité, à savoir que le Curry Wurst a eu 60 ans en 2009, et par la même occasion, un musée dédié dans la Schützenstr., juste derrière Checkpoint Charlie, ce qui permet aux touristes de faire d’une pierre deux coups.  Pour le musée du Curry Wurst, j’avoue: je savais, mais j’ignorais totalement sa portée symbolique, et du coup je n’y ai jamais mis les pieds. Une honte. Pour tous les ignorants qui ne tiennent plus, je vous évite la recherche via Google, longue et ardue: allez voir par si vous ne me croyez pas.

Avec 70 millions de Curry Wurst consommées à l’année sur Berlin, des variantes de luxe (vous voyez que j’ai continué la recherche…), je crois bien qu’il est temps de rendre hommage à Herta Heuwer (maintenant je sais comment elle s’appelle) et de bomber le torse: maintenant, je sais. Amis lecteurs, si vous aimez, et que comme moi vous étiez dans l’ignorance, je ne puis vous dire qu’une chose: tous au musée.

Bon, ceci dit…vous lisez la blogo allemande vous…?

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Toute la vérité sur le Nutella

J’ai ENFIN compris pourquoi j’ai totalement renoncé au Nutella depuis mon arrivée ici. Voyez plutôt:

Je veux mon Nutella francais!! Et après, on nous dit que la mondialisation, ca lisse toutes les différences de facon dramatique. Je dis non. Preuve à l’appui ;)

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La magie du Noël allemand

Ou quelques raisons d’aimer la période hivernale…

Il y a un certain nombre de « petites » choses qui contribuent à faire de la période de l’Avent quelque chose de magique ici, au moins à mes yeux. Peut-être que la tradition me saute plus aux yeux parce qu’elle prend des formes qui me surprennent, peut-être aussi que je suis séduite par le côté « exotique » des festivités…Toujours est-il que je ne me lasse pas de cette période de fin d’année, malgré le froid, et malgré le manque de lumière (me demande si la dépression saisonnière ne cherche pas à m’ajouter à son tableau de chasse en me volant toute forme de dynamisme…manque de bol pour elle, la mauvaise herbe a la dent dure et un allié naturel: le pain d’épice :)).

Donc, qu’y a-t-il de si merveilleux ici?

  • Des marchés de Noël bourrés de monde, avec des vins chauds trooooooooooop bons, des Quarkbällchen hors de prix, et des stands bien sympathiques tous les deux mètres. Soit on décide d’ignorer fièrement l’offre et ses avances diaboliques, et on finit légèrement pompette en bavardant l’air de rien avec ses amis. Soit on observe attentivement l’offre toujours aussi diabolique et on craint sérieusement pour son porte-monnaie en faisant la (re)découverte d’objets fascinants. En ce qui me concerne, ça a donné ça: Vu vendredi soir avec l’amie Catherine, j’ai fait une fixette tout le week-end sur l’objet en question, vendu 10 euros. Dommage que je n’ai pas de tapis à taper, ça m’aurait bien tenté de l’acheter le bidule, une fois son utilité comprise…


  • Des sucreries partout et une exagération alimentaire tolérée par tout le monde (sauf peut-être votre mère), au motif que quand-il-fait-froid-le-corps-doit-avoir-des-réserves-graisseuses-en-plus. Donc ça donne: Lebkuchen (qu’est-ce que c’est bon, même vendu en sachet chez Edeka…), Baumkuchen (qu’est-ce que c’est bon tout court), Stollen (il faut absolument que je trouve un vrai faiseur qui les fait à l’ancienne: sous format de 2 kg mi-ni-mum), Plätzchen (je compte bien m’incruster chez les bonnes cuisinières parmi mes amies…). A tous ceux qui ne savent pas ce que c’est les Plätzchen, je dis: pauvres de vous. D’abord vous pouvez aller voir par si vous comprenez le germanique avancé. Ensuite vous pouvez ouvrir les yeux dans les susdits marchés de Noël et voir le nombre de minis-moules à gâteaux vendus de façon industrielle et avec des formes surprenantes, en tirer vos propres conclusions (mon prochain investissement est clair…). Dernière mesure: griller le nombre de pâtisseries qui proposent aux enfants de venir apprendre à les faire sur place, notamment le troisième dimanche de l’Avent. Ou vous faire inviter dans une famille allemande pour comprendre la magie de la chose (et dire adieu à toute forme de régime).
  • Respirer l’ambiance contes de Noël, neige, cadeaux et fête aux lampions. Les rues et les fenêtres se couvrent de décorations (normal me direz-vous, on a ça aussi en France et ailleurs. Je sais. Mais ici ça prend la forme de Lichtbogen et autres décorations à base de bois et de bougies ou similis bougies). La neige crisse sous les pieds, au lieu de se transformer en souplette qui vous fait attraper froid sans vous avoir mis de bon poil auparavant. On vous parle de Frau Holle, et vous dites « Mais c’est qui celle-là? ». Géniale occasion de découvrir un conte d’Europe centrale/ des frères Grimm (vous choisissez ce qui vous paraît le plus socialement politiquement correct). Si vous connaissez déjà, il reste la possibilité de blaguer sur son compte, notamment sur sa très probable découverte récente d’Ikea avec les conséquences que nous connaissons tous (avec un ou deux vins chauds dans le nez, je vous assure que cette théorie offre des possibilités de conversation très, mais alors très larges).

Bon, on parlait de Lebkuchen, c’est bien ça ;)?

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Chronique d’une addiction

Suite à mes tergiversations alimentaires de la semaine dernière, j’ai tenté de réfléchir à ce qui me plaisait vraiment dans la nourriture ici,et de ne pas rester sur un tableau noir de la nourriture germanique. Et il faut bien avouer que j’ai trouvé quelques petites choses à mettre sur ma liste des grands favoris. Le Schorle. Les brötchen. Les pâtisseries turques près de chez moi. Le marzipan. La bière. Et j’en passe.

Mais bon, tout ça n’est rien face à ma passion subite et inénarrable pour un produit découvert sur le sol germanique….Je ne peux pas le cacher plus longtemps, il s’agit de ma grande obsession du moment:

Le Quark

N.B: prononcez quffwaooiiiirk pour comprendre le pouvoir de fascination qui surgit en moi rien qu’à entendre ce mot.

Ceux qui me connaissent savent la relation que j’entretiens quotidiennement avec cet aliment. Mélangé avec des fruits frais j’en mange matin, midi, soir, sans me lasser, depuis le début de l’été. J’adore la consistance (comme un fromage blanc très épais), le fait que ça nourrisse bien, et vous empêche de grignoter du Studentenfutter par la suite, les variantes de goût…Ca devient une légende urbaine. Je vais devoir envisager de prendre une action chez les fabricants à ce rythme.

Néanmoins, en voyant mes ridicules courses de la semaine ratatinées sous 4 pots de fier et louable Quark Weihenstephan, je me suis dit qu’il était grand temps de faire des recherches sur la chose ou de mettre la hola et revenir à une alimentation plus variée.

Du coup, quelques recherches (rapides) se sont imposées pour mettre fin à mon ignorance crasse sur le chapitre. D’après Wikipedia dans sa version française, le quark est une sorte de caillé- voilà encore un truc que je découvre au passage. Le Wikipedia allemand apprend quant à lui plus de choses sur le processus de fabrication et l’aliment en lui-même. Retenons:

1. Il s’agit d’une sorte de fromage très particulier, traditionnel puisqu’il existait déjà au XIVème siècle. Il aurait des origines slaves, et reste notamment consommé aujourd’hui en République tchèque, par exemple. L’Allemagne, la Suisse et l’Autriche passent pour les producteurs et consommateurs les plus fervents de ce produit.

2. Il existe de multiples variantes à partir de la recette de base. Celle dont je suis fan est le quarkspeise, autrement dit du quark sucré, « abusivement » nommé quark selon certains (je proteste contre cette forme de mépris!!)

3. Le quark est bon pour la santé en général. Y compris pour les coups de soleil, semble-t-il, mais ça ça ne nous menace pas trop dans l’immédiat… Surtout, dans la sagesse populaire, c’est un allié incommensurable dans les régimes. Le quark, c’est bon. Et surtout, ça cale. Un vrai coupe-faim. Je témoigne, et mes courses aussi.

En tous les cas, on ne peut pas y couper ici. Il est présent partout. Pas dérangeant au demeurant si on ne le connaît pas, il s’insinue peu à peu dans nos vies jusqu’à devenir une vraie référence: méfiez-vous, ca progresse comme le malin dans vos habitudes…

Au resto, servi insidieusement en apéritif avec du pain noir ou du pain de seigle. Au supermarché, où les Français comprennent assez vite qu’ils sont les seuls détenteurs de l’idée géniale de vendre les yahourts en pack de 12 portions individuelles- et cherchent donc un remplacement acceptable. Chez vos amis, puisqu’il y a toujours quelqu’un autour de vous pour clamer haut et fort qu’il faut qu’il fasse régime et vous brandir LE pot de Weihenstephan au Straciatella- bien entendu, sur le coup, vous adhérez. A la pâtisserie souabe, sous forme de Käsekuchen scandaleusement aiguicheuse qu’il vaut mieux fuir comme la peste sous peine de l’acheter en entier (N.B: les tartes ici, c’est autrement plus conséquent qu’en France. Se méfier de la notion « 1 tranche »). Dans les recettes allemandes, au moment les plus inattendus. Au marché, où vous voulez vous payer à manger une de ces choses au pain traditionnel fumant qui ont l’air si bonnes…Et ainsi de suite.

Si c’est pas du harcèlement moral tout ça?! J’ai tenu un an sans y toucher consciemment,  et un jour j’ai réalisé que ces grosses boîtes au rayon yahourt étaient la même chose que ce délicieux fromage blanc mangé chez les amis…je m’y suis mise et je n’arrête plus- il semble que ce soit un virus assez fréquent, mais tout de même particulièrement  développé chez moi.

Et vous, vous avez un aliment fétiche?

Je précise que ce post n’est pas un post à la gloire du quark…(soupir)…enfin bref…

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