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27 choses!

Voilà, on y est, comme chaque année, le drame du vieillissement frappe. Moi et des centaines de milliers d’innocents à qui je souhaite aussi beaucoup de courage.

Comme je ne me laisse pas abattre aussi facilement, j’ai décidé de faire un décompte de petites choses de la vie ici qui me plaisent et que je souhaite partager avec d’autres, à l’instar d’une autre blogueuse qui se reconnaîtra et que les plus futés reconnaîtront aussi…Je dis ça, je ne dis rien :)

Catégorie nourriture et naschen et bibine, en vrac (parce que manger EST important, et puis la bière aussi):

- vive les Biergarten plus ou moins cachés dans la ville où vous avez la possibilité légale de commander bière sur bière pour ne plus finir par ressembler à rien. Seront cités ici le grand, le célèbre, l’incontournable Prater, mais aussi des endroits un peu moins chics mais tout aussi sympathiques comme le Oranke Orange ou le Biergarten qui se cache derrière les barrières de la Moritzplatz. Mes QG pour l’été.

- un grand hommage au concept du Osterhase, fidèle décorateur domestique de toute Berlinoise qui se respecte. Voir la photo ci-dessous, c’est vous dire son importance dans ma vie. Ceux qui me connaissent admireront toutefois le fait que ce lapin soit encore parmi nous aujourd’hui. Mais pour combien de temps encore?

N.B: méfiez-vous, le Osterhase est connu en Allemagne pour avoir un côté pervers…il cache vos affaires. C’est bizarre d’ailleurs, depuis quelques temps je ne trouve plus mon Quark à régime…allez donc comprendre!

- le Max und Moritz dont Nat a déjà parlé ici, le Kartoffelnlaube du Nikolaisviertel, temples de la bonne nourriture allemande (si si ça existe). Bon ok, en hiver, ça passe mieux, j’avoue. Mais vous pouvez au moins y prendre une bière!

- avec le retour de la belle saison, on pense aux glaces de façon monomaniaque. Et ça tombe bien, ça court les rues les bons glaciers ici. J’en avais déjà touché deux mots avec mon top 3 2010 ici.

- pour savourer un café tout en jouant aux expats intellos, il y a des opportunités magnifiques. Par exemple à Kreuzköln, au Roderich.

- pour savourer des Warenikis, le restaurant russe de la Mohrenstr. reste décidément parmi mes favoris. Lire d’autres opinions par là.

- dans la série de luxe, le Umspannwerk Ost est ein Muss. La preuve? Ils font des crèmes brûlées comme par chez nous, et je m’y connais;). C’est aussi un bon plan pour aller voir du flamenco ou se cultiver, mine de rien.

Catégorie « cultivons nous sauvagement »:

- merci au Kino Babylon pour le simple fait d’exister. Voir d’ailleurs ce qu’en dit Jean-Michel ici, je ne suis pas la seule à y voir une oasis cinématographique après avoir été confrontée au choix draconien entre le dernier Til Schweiger et le dernier Christian Ulmen. Terrible dilemne, soit dit en passant.

- VHS, on vous aime. Pour tous ceux qui ont un niveau d’allemand potable, c’est l’endroit rêvé pour apprendre tout ce que vous ne savez pas encore, un peu dans tous les domaines. Ca va du tricot au coréen, en passant par la dactylographie. Le tout toujours pour des prix raisonnables et d’après expériences à répétition, toujours fiable. Il vous suffit de bien vous informer et conseiller, et le tour est joué.

- perdu dans la froide grandeur de la Potsdamerplatz, jetez un oeil au musée du cinéma derrière le Kinomax. Les expos là-bas valent nettement le coup, et pas que d’après moi.

- dans un autre genre, et avec un peu de courage, il faut absolument aller voir les musées de la terreur répandus un peu partout dans la ville. Topographie der Terror, exposition gratuite sur l’avènement et la chute de la Gestapo, tout près du Martin-Gropius-Bau. La prison de la Stasi, avec visite guidée. Le musée juif, votre appareil photo à la main, pour saisir sur le vif le travail de l’architecte qui a fait un excellent travail pour rendre l »atmosphère de la Shoah. Le bâtiment a un côté mystique, à l’intérieur comme à l’extérieur. Jeux de lumières, rendu de la peur et de l’horreur, on comprend bien les choses en y allant. Voir mes photos ci-dessous:

Musée juif- Vue depuis l'extérieur

Musée juif- puits de lumière

- pour saisir l’ambiance de la ville au-delà du point de vue touriste, prendre le bus M29 et se payer une bonne heure de trajet. Regarder les gens monter et descendre, en faire une philosophie urbaine. Cette ligne traverse tout Berlin, des quartiers turcs à Tegel. Voir notamment ce qu’en dit Blogonade par .

- toujours pour saisir l’ambiance de la ville, et carrément éventuellement faire des emplettes, aller au marché turc aux bords du Landswehrkanal. Pour moi, c’est similaire à Wazemmes à Lille.

Catégorie mode, attention mesdames :

- sur la Wismarplatz, au Nikolaisviertel et sans doute parfois ailleurs aussi, Bellanatur. On y met un peu le prix, mais la qualité est super et vous êtes à peu près sûres en sortant de porter des vêtements que tout le monde vous enviera- des inconnues vous ont-elles déjà demandé où vous achetiez vos affaires :)?  Je témoigne à trois reprises. Et en plus ils sont sympas, que demande le peuple.

- sur l’Oranienstr. , Südosten. J’y jette un oeil de façon très régulière, ne serait-ce que pour prendre des idées.

- petite mention spéciale pour Orsay, équivalent plus ou moins réussi de Camaieu. La base pour toute nouvelle arrivée, à mon avis, se trouve là-bas.

- on ne peut pas s’habiller à Berlin sans inclure un côté résolument vintage. Pour le faire sans trop se ruiner, préférez les marchés aux puces. Celui de Mauerpark bien trop cher dès qu’on ne parle pas suffisamment allemand pour pouvoir faire illusion, celui de la Boxhagenerplatz pour le plaisir des yeux, ou encore celui de la Ostbahnhof. Et pas que pour les nippes, d’ailleurs.

Last but not least, hors catégorie: un grill au Görli!!

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De l’art de faire une revue de la blogo berlinoise

Une fois tous les 400 ans (au moins), je suis prise d’une idée saugrenue: faire une veille, systématique et organisée, de la blogosphère allemande, et plus particulièrement berlinoise. Il y a des blogs que je suis quasiment au quotidien (béni soit par exemple celui de l’ami David pour tous ses filons sur Friedrichshain), ceux que je surveille quand ça me chante (par exemple, quand j’ai faim et la nostalgie d’un certain temps jadis, celui-ci, le résultat est que je vais faire un casse aux magasins asiatiques dans l’heure qui suit), et puis ceux que j’ignore la plupart du temps parce-que-je-suis-fatiguée-j’ai-parlé-allemand-toute-la-journée-déjà. Soit une écrasante majorité de blogs intéressants, surtout pour une ville dans laquelle on vit…Ahem.

Donc, aujourd’hui est un grand jour: j’ai cherché à consulter un peu de cette masse d’information officieuse sur la vie dans Berlin. Ce qu’il y a bien, avec les blogs, français, allemands, ou encore lunaires, c’est qu’il y a à boire et à manger. On peut apprendre que certaines personnes pourtant très bien sous tous rapports ont parfois des difficultés à communiquer (Selbst ist die Pauline), que la Gentrification touche profondément la Neustadt de Dresde (seule 15% de la population y vivant dans les années 80 y serait encore, voir notamment la vidéo ici) ou que décidément, Westerwelle ne sait pas parler anglais. Tout est donc une question de savoir filtrer l’information, celle qui vous touche personnellement et vous semble crédible, importante, cruciale- vous remarquerez d’ailleurs que par un curieux tour du sort, aucun des exemples précédents n’a de rapport direct avec Berlin, mais passons, c’est comme ça.

Et là, c’est le drame: j’apprends, aujourd’hui, 29 janvier 2011, que j’ai raté un événement crucial lors de ma première année sur le sol berlinois, 2009, alors que j’étais encore dans la fleur de l’âge et susceptible d’un enthousiasme sans pareil. Je pensais pourtant avoir fait le tour de la question avec les 20 ans de la chute du Mur.

Mais non:  faute d’un manque flagrant de curiosité intellectuelle, j’ai raté les 60 ans de l’invention de la Curry Wurst. Je vous assure, je ne savais pas.

Je m’en veux. Je viens d’ailleurs de trouver une ode éloquente à la Curry Wurst en images et en musique (quelle belle voix), que je ne saurais ne pas partager avec vous:

ça me fait rêver, pas vous?

Comment ai-je pris conscience du problème? Eh bien, par le chemin suivant:

1- On consulte ses favoris, section « blogs en allemands », et on pense au passage « mais quand ai-je créé cette catégorie? »

2- On arrive après quelques articles banals sur la Gentrification, Merkel, et les événements berlinois à venir comme le Semi Marathon sur le sacro-saint Blogonade, lequel est effectivement un blog que j’aime suivre, sans même passer par mes favoris poussiéreux, quand j’en ai la force.

3- On est interpellé par le titre de son tout dernier post, qui nous annonce que désormais, le Curry Wurst est aussi disponible en mode pizza. Oui, vous avez bien lu, en pizza. J’en salive déjà.

4- On lit. Lidl vend donc des pizzas au Curry Wurst pour 99 centimes. Laquelle serait, en prime, relativement mangeable. On n’arrête pas le progrès!

5- En état de choc face à cette information, on renonce à écrire un billet sur la Kuchenmanufaktur découverte la veille aux confins de Neuköln et Kreuzberg, et on fait  illico une recherche sur Google avec les mots clés « blog, Curry Wurst, Berlin »

6- On tombe avec ébahissement sur la Vérité, à savoir que le Curry Wurst a eu 60 ans en 2009, et par la même occasion, un musée dédié dans la Schützenstr., juste derrière Checkpoint Charlie, ce qui permet aux touristes de faire d’une pierre deux coups.  Pour le musée du Curry Wurst, j’avoue: je savais, mais j’ignorais totalement sa portée symbolique, et du coup je n’y ai jamais mis les pieds. Une honte. Pour tous les ignorants qui ne tiennent plus, je vous évite la recherche via Google, longue et ardue: allez voir par si vous ne me croyez pas.

Avec 70 millions de Curry Wurst consommées à l’année sur Berlin, des variantes de luxe (vous voyez que j’ai continué la recherche…), je crois bien qu’il est temps de rendre hommage à Herta Heuwer (maintenant je sais comment elle s’appelle) et de bomber le torse: maintenant, je sais. Amis lecteurs, si vous aimez, et que comme moi vous étiez dans l’ignorance, je ne puis vous dire qu’une chose: tous au musée.

Bon, ceci dit…vous lisez la blogo allemande vous…?

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Une autre façon de voir l’art…?

Après un week-end passé avec des étudiants allemands en art, je me suis surprise à NE PAS me demander pourquoi je n’étais plus perturbée par la vision germanique de l’art. Il semblerait que j’ai intégré une partie de leur conception des choses…à ma grande surprise. Je crois qu’on appelle ça de l’intégration :)

Pour revenir rapidement sur les faits: il y a 3 ans et quelques mois, je rencontre à Paris une Allemande en année Erasmus qui deviendra l’une de mes meilleures amies. Elle est étudiante pour devenir professeur d’histoire et d’art, court les expositions et dessine, dessine et dessine encore et toujours. Et là, c’est le drame dans ma tête, au fil de nos conversations je note les informations suivantes:

- les étudiants allemands en art n’ont pas de cours d’histoire de l’art, du moins pas quand ils doivent être profs

- ils accumulent à la place les cours de pédagogie

- ils privilégient nettement l’inventivité à la précision technique- peu de cours de reproduction exacte d’une toile ou d’un objet, mais beaucoup d’examens portant sur la créativité

- ils ne cherchent pas forcément midi à 14 heures, pour ce qui est de trouver un sens à l’oeuvre d’art qu’ils ont sous les yeux, cherchent par contre à identifier les modes de création utilisées

- ils ne se spécialisent pas dans un domaine (dessin, sculpture…), mais font un peu de tout: photographie, peinture, sculpture, marionnettes, collage…

Premier choc culturel, ou premier choc paulinien, j’avais, comment dire, la  bouche ouverte. Le peu que je pensais savoir des études aux beaux arts, à l’époque, allait dans le sens inverse, me montrant un art un peu élitiste, souvent inintelligible (voire voulu comme tel), réservé aux musées et non pas à faire naître au quotidien…Peut-être un préjugé, mais tout de même une idée que l’on m’avait transmise. Pour caricaturer mon idée de l’artiste, quand j’étais de bonne humeur, c’était l’inaccessible  (et géniale) Fabienne Verdier, et quand j’étais de mauvaise humeur, ça donnait ça (ah cet humour gras des années 90):


Les Inconnus – Arrêt culture
Hochgeladen von droogirico. – Sieh mehr Komedie Videos.

Et là encore, l’Allemagne m’a appris qu’il fallait parfois descendre les choses de leur piédestal, ne pas imaginer les artistes comme des gens forcément surdoués et inaccessibles, y croire et oser un peu plus: l’art est bien à portée de chacun d’entre nous (tiens, on dirait une phrase de Mickey), non seulement à regarder (musées & co) mais aussi à créer. Un peu d’inspiration, un peu d’envie, un peu de sérieux, et hop! on peut faire naître quelque chose de nos 10 doigts, quelle que soit notre aptitude de base. Pas seulement en disant qu’on est doué de ses mains, mais en disant que nous aussi, on fait des choses qui peuvent être « ad-mirables. » C’est pas beau de voir les choses comme ça?

Bref,  die Kunst, en Allemagne, c’est plus proche des arts plastiques ou des arts appliqués que de l’art au sens auquel nous l’entendons, nous, semblerait-il…Non pas que les Allemands ne connaissent pas les artistes dits classiques (loin de là!!) mais qu’ils lui donnent un sens plus pratique, pragmatique que nous le faisons. Et il se trouve que ça me plaît bien. Enfin bon, après, je ne suis absolument pas spécialiste des études d’art en France et je ne cherche pas non plus à m’affirmer sur ce terrain que je connais mal.

Pour tous ceux que cela peut intéresser, un lien vers une expo allemande qui me tient à coeur: das Besonderes im Alltag, à Dresde, du 28.01.11 au 06.02.11. Ou comment voir le quotidien autrement. Pour avoir mis (un peu) le nez dedans, je recommande chaleureusement cette exposition à toute personne de passage sur Dresde. Et je précise au passage que cette ville est géniale, il y a plein d’autres choses à faire là-bas dans la série « culture et plus si affinités »: la Frauenkirche, le  Zwinger, la Neustadt...(avis totalement neutre, bien entendu :))

Et une question pour la route, une: et vous, vous avez remarqué des différences majeures dans l’enseignement entre la France et l’Allemagne?  Que ça concerne l’art ou autre chose…On remarque quand même deux-trois choses au passage en parlant de l’Abitur…En ce qui me concerne, ça me perturbe encore un peu, cette importance de la pédagogie ici!

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Abrégé de Kreuzberg

Une fois n’est pas coutume sur un blog censé parler de Berlin, je vais vous parler de…Berlin. Ahem, ça arrive à des gens très bien vous savez :)

Plus sérieusement: entre deux urgences de ma vie trépidante (sentiment de perdition face à l’immensité depuis quelques temps, seul le Quark pourrait me consoler, à la limite), je tente de lire en allemand. Qui plus est des choses intelligentes. Ce qui n’est pas gagné. Bref.

Donc: j’ai mis la main sur un bouquin édité par la Berlin Story Verlag. Du sérieux quoi. Vous pouvez voir à quoi ça ressemble plus en détails ici. Pour être honnête je vais sans doute prendre des mois pour aller jusqu’au bout- non pas que le propos ne soit pas intéressant (au contraire!!) mais que je suis trop (pré-)occupée par d’autres choses pour pouvoir me concentrer longtemps sur ce type de lecture…hélas. En tous cas je ne peux que vous le recommander si ce type de bouquin vous intéresse, il est vraiment très bien fait!

En croisant ce que j’ai appris de ce bouquin jusqu’ici, ce que m’ont expliqué mes amis allemands et ce que j’ai grapillé ici et là, j’ai acquis deux-trois infos qui me plaisent et je voulais les partager à ma manière:

- Sur le plan sociologique, Kreuzberg est depuis ses origines un vrai phénomène. C’est un quartier d’immigration et d’émigration. Ce que je veux dire par là? C’est un endroit où quasiment personne ne naît ET ne meurt. C’est l’endroit où arrivent (jusqu’ici…) les étrangers qui y restent, 5, 6 ans, avant de s’installer ailleurs dans la ville, s’ils y restent. Et si vous y réfléchissez bien, les noms des stations de métro parlent d’eux-mêmes: Kottbusser Tor, Schlesischer Tor (entraînez-vous à le dire très  très vite et plusieurs fois à la suite :))…des portes. Les anciennes portes de la ville qui marquaient la limite entre la Ville et le « reste du monde ».

- Kreuzberg a des origines françaises. Eh oui,  c’est bon à savoir quand on vous titille parce que vous êtes Français. Les premiers habitants du lieu sont des huguenots français, d’ailleurs souvent jardiniers (je ne comprends pas le rapport de cause à effet, mais il semble y en avoir un. Mystère sociologique de l’histoire, du moins pour moi…) qui fuient la loi de Louis XIV. Ils s’installent sur des terrains proches de Heinrich-Platz et perçent des rues autour desquelles ils installent des potagers. Exemple: Oranienstrasse. Personne ne sait d’où vient le nom qui a dû être déformé plusieurs fois depuis- une des théories est que la ville d’Orange en soit à l’origine. Soit dit en passant, ces huguenots apportent  aussi leur savoir-faire sous forme de variétés de fruits et légumes inconnus dans la région à l’époque (les asperges, par exemple, et dire que je me demandais au début pourquoi diable on en mange à toutes les sauces ici) . Ils sont également pour grosse partie à l’origine de la tradition berlinoise des grands parcs, semble-t-il.

- Le « vrai » Kreuzberg, c’est à Viktoria Park qu’il faut aller le chercher. Plus précisément sur la colline de sable affublée d’un monument, puisque c’est à ça que le quartier doit son nom. Il y a une triste histoire napoléonienne derrière, le monument servant à commémorer l’une des victoires allemandes -plus précisément prussiennes, je crois- contre Bonaparte. Faute de moyen, l’église envisagée a fini par cette simple croix. Pour info pour ceux qui n’y sont jamais allés, ça vaut le détour, rien que pour la vue sur la ville qui est l’une des plus dégagées que je connaisse. La colline de sable est naturelle, elle a simplement été un peu rehaussée lors du réaménagement du parc au début du siècle,  notamment pour que cette croix soit plus visible du bas du parc.

- Kreuzberg a seulement deux grands parcs, dont l’un est issu des conséquences de la seconde guerre et n’a été réintégré qu’en 1989. Il y a le Viktoria Park et il y a Görlitzer Park (le Görli, quoi). Le Görlitzer Park est une ancienne gare, quasiment entièrement détruite par les bombardements.  Prenez en compte le tracé pour vous en rendre compte, une fois qu’on vous l’a dit, ça fait sens…Situé à l’Ouest pendant la partition de Berlin, le terrain était cependant impossible à toucher, et pour cause: les voies ferrées appartenaient à la RDA. Ca fait donc à peine 20 ans que cet espace a été libéré et mis à disposition des habitants. Et Dieu sait qu’on en profite :)

- Administrativement, Kreuzberg est né au début du siècle seulement pour être rattaché à Friedrichshain lors de la grande refonte de 2002.  Ce qui n’a pas été pris avec gaieté de coeur, semblerait-il. Les deux quartiers sont reliés par Oberbaumsbrücke, sur lequel a lieu une Wasserschlacht annuelle que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir de mes propres yeux…hélas. Il semblerait que Kreuzberg et Friedrichshain s’affrontent sur le pont par légumes périmés interposés, avec une sombre histoire d’équipes et de Kreuzberg ayant perdu sur l’ensemble de ces batailles…Je n’ai pas tout compris pour le coup ..Il va falloir que j’éclaircisse la question!!

- »Kreuzberg », pour un non-Berlinois, ça veut dire « Turc ». Attendez-vous à ce que de bons Allemands associent le quartier rien que par son nom à une immigration qu’ils estiment ratée (voir le discours sur le Multikulti, je ne vous refais pas la totale). Rares seront ceux qui savent vraiment ce que ça veut dire: forte présence turque aux alentours de Kottbusser Tor en particulier, marché turc, certes…mais rien de ce qu’on pourra vous raconter sur le « danger » de Kreuzberg ne se réalisera- du moins en ce qui me concerne, je n’en ai pas fait l’expérience! Ou alors il faut retourner au premier point (Kreuzberg quartier traditionnel d’immigration), tenter de comprendre la logique et analyser le rapport des Allemands avec le concept.

Des choses à dire sur Kreuzberg et son ambiance, il y en aurait des centaines…Je pourrais vous parler du canal, de la Oranienstrasse, des musées, du 1er mai, du Karnaval der KulturenVous pouvez aussi allez voir au musée municipal (qui malheureusement fait avec les moyens du bord, donc uniquement en allemand) pour apprendre des petites choses qui valent leur pesant de cacahuètes. Et je me réserve le droit de compléter ce post théorique par une petite série sur mes bars et restos préférés de l’arrondissement :)

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