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Crêpes et galettes à Kreuzberg

Premier post d’une nouvelle catégorie sur les bonnes adresses de Berlin…

Il y a dans la Reichenbergerstr. une très bonne crêperie française. Enfin, plus précisément, bretonne, ça va jusqu’à ce niveau de précision. Le local est situé quasiment à Kottbusser Tor, c’est un restaurant assez large qui rend bien l’ambiance propres aux crêperies bretonnes que l’on connaît. Je suis allée tester avec une amie allemande, histoire de voir comment les Allemands, qui ne connaissent très souvent que le côté le plus chic de la cuisine française, réagissent face à l’idée de manger des crêpes salées, et qui plus est au sarrasin. Sur un échantillon d’une seule personne (…), ça donne donc ça:

A: Buchweizenmehl?! Daraus kann man crêpes machen?

B: Na ja, eigentlich ist es hier eher die Rede von Galettes. Dann wird es eben nicht süss.

A: Ok, dann galettes. Aber wie gross ist das? Und wie isst man das überhaupt?

B: Es wird meistens mit Eier und Schinken gegessen, und in einem Teller zusammengefoltert. Err, gefaltert meine ich.

A: Aso…

B:…

A: ….Bestelle für mich bitte. Das Menu ist für mich etwas zu verwirrend.

Pour elle, ça a donc été ça:

Galette norvégienne

Pendant que moi je prenais ça:

Galette complète tomates

Le tout bien entendu arrosé du traditionnel cidre, mon Dieu comme ça fait du bien de voir un pichet (pardon, une carafe…) sur sa table:

Pichet de cidre. Rien que le concept, c’est formidable.

Si vous n’aimez pas les crêpes, vous ne pouvez pas comprendre à quel point c’était bon. Le restaurant prête à se sentir bien, les crêpes sentent bon, on a l’impression de se retrouver téléporté dans la rue du Montparnasse tout en pouvant parler allemand. Un vrai miracle.

Alors après il y a eu le dessert. Une crêpe caramel. MIAM:

Comment tuer quelqu’un: manger une crêpe caramel fumante aussi bonne que celle-ci, devant lui, et par moins vingt

Bref, point de vue nourriture, je ne peux que vous recommander. C’est situé au Reichenbergerstr.30, ouvert tous les jours de semaine sauf le lundi pour le midi et pour le soir. Samedi et dimanche, c’est ouvert en soirée. Plus d’infos par là.

Comme j’ai eu la chance de pouvoir poser des questions et que ça m’intéresse, je partage les quelques infos que j’ai pu obtenir, en accord avec le gérant, Ahmed Moutaoukil. Il y aura un autre billet à ce sujet, aujourd’hui je choisis de me concentrer sur quelques constats interculturels…

Concrètement, les Allemands ne s’imaginent pas vraiment pouvoir faire un repas de crêpes. Soit ils imaginent ça comme trop lourd ou trop sucré (es ist im Endeffekt nicht so mächtig, disait mon amie), soit ils imaginent ne pas manger à leur faim. Dans un cas comme dans l’autre, le problème est de savoir si ça vaut le coup. L’importance de cette idée se voit en regardant la clientèle du restaurant: principalement des femmes, qui s’attendent à du sucré et espèrent du (relativement) léger. Alors qu’il est tout à fait possible de rajouter de la viande à l’ensemble…

Le problème, c’est de savoir faire avec la culture culinaire locale, qui est à des années lumières de la nôtre. Ca se remarque dans la vie de tous les jours, de la simple remarque du temps accordé à la pause déjeuner en entreprise (une maigre demi-heure, qu’on dispose d’une cantine ou non) au culte du gesund essen- manger pour vivre, une finalité en soi, à ne pas perturber. Manger chez soi? Ca va du terrible plat italien pour les grands soirs au Brötchen mit Eiersalat quotidien. On met les petits plats dans les grands, où on ne les met pas du tout, et on veille simplement au gesund . La télé est de sortie, le téléphone aussi, et vraiment manger en famille est assez souvent réservé au week-end. Sortir? On regarde le prix, et puis on juge selon ses moyens, Kebab ou resto pour marquer le coup. Dans un cas comme dans l’autre, il y a relativement peu d’attention portée à ce qui peut être un bon entre-deux, dans la mesure où l’on projette de faire autre chose après avoir mangé- à moins que l’on mange pour marquer une occasion. Manger est en fait une finalité, un impératif sur lequel on peut en toute logique rogner du temps et de l’argent.

Pendant ce temps, la culture culinaire française consiste à passer du temps à table, quelque soit la circonstance, et à investir du social dans la nourriture- on ne mange pas que pour manger. Non seulement nous aimons sortir au restaurant, mais en plus nous aimons nous y attarder. Cf ce qu’en disent des plus savants que moi:

D’est en ouest et du nord au sud, la France consacre un temps infini aux plaisirs de la table. Et pas seulement pour le rituel du repas de la mi-journée. Le soir, les petits, les bons, les grands restaurants et autres brasseries sont plein à ras bord, et ça se prolonge pendant des heures. On ne constate le même phénomène, du moins à ce niveau, dans aucun autre pays européen ou occidental.

Louis-Bernard Robitaille, Ces impossibles français, éditions Denoël, 2010.

Je serais prête à parier que l’une des principales raisons pour laquelle nous pouvons envisager de passer autant de temps à manger est notre façon d’envisager le temps. Pendant que nos amis allemands concentrent toute leur attention sur l’accomplissement d’une seule tâche, nous sommes prêts à tout envisager en même temps. Manger aussi est une chose à faire, après tout. Ce serait simplement que nous voyons les choses différemment… Et même en connaissant cette différence, il reste très difficile de s’adapter, de comprendre spontanément ce qui se cache derrière un menu.

On a donc affaire à une clientèle qui vient chercher dans les restaurants français une haute cuisine qu’elle estime sehr köstlich, tout en étant preiswert et idéale pour un soir où l’on va chercher à s’offrir une vraie occasion de se faire plaisir. A côté de ça, il y a les crêpes, plus simples, peu connues du public allemand,  qu’on découvre comme étant une cuisine en soi au détour d’une promenade aux alentours du Kotti. Elles étonnent le nouveau consommateur, un peu comme un produit dont on ne connaît pas encore le succès. Quand le client comprend l’idée, c’est le rapport avec le prix qui le choque. Quand il reconnaît ça comme de la  »vraie » cuisine, le problème peut venir de l’ambiance: une crêperie peut-elle être considérée comme une Stube? Ou bien est-ce mieux pour un déjeuner d’affaire, un déjeuner rapide…? Etc. Etc. Autant de raisons d’interrogations qui font qu’Ahmed voit la clientèle étudier la carte dehors, s’en approcher, repartir, chercher une autre possibilité, revenir, demander plus de renseignements, faire la moue, puis se laisser convaincre. Ils ne savent pas à quoi ils ont affaire.

Février, c’est le mois de la Chandeleur. Ce qui serait bien, ça serait de montrer à quelques allemands de quoi il retourne quand on s’y met sérieusement. Par exemple en allant chez Ahmed, il y a des menus à 12 euros et c’est drôlement agréable comme endroit!

Bref, point de vue nourriture, je ne peux que vous recommander. C’est situé au Reichenbergerstr.30, ouvert tous les jours de semaine sauf le lundi pour le midi et pour le soir. Samedi et dimanche, c’est ouvert en soirée. Plus d’infos par là.

Comme j’ai eu la chance de pouvoir poser des questions et que ça m’intéresse, je partage les quelques infos que j’ai pu obtenir, en accord avec le gérant, Ahmed Moutaoukil.

La crêperie est l’un des multiples projets d’ouverture de restaurants qui ont vu le jour dans Berlin ces dernières années. Une idée, un talent, une envie…tout ce qu’il faut pour faire fleurir bars et établissements divers à Berlin. Pour la plupart, vouloir ne suffit pas. La crêperie bretonne est un des établissements qui a montré que son modèle marchait, malgré un fait qui ne joue pas en sa faveur: concrètement, les Allemands ne s’imaginent pas pouvoir faire un repas de crêpes. Soit ils imaginent ça comme trop lourd ou trop sucré (es ist im Endeffekt nicht so mächtig, me disait mon amie), soit ils imaginent ne pas manger à leur faim. L’importance de cette idée se voit en regardant la clientèle: principalement des femmes, qui s’attendent à du sucré et espèrent du léger. Alors qu’il est tout à fait possible de rajouter de la viande à l’ensemble…

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Repas de fête

Ceci est une assiette de bouillon avec des pâtes spéciales pour bouillon. Ca fait peur, je sais bien.

Le temps passe et vous ne vous ressemblez pas. Mon premier hiver à Berlin, légendaire pour son froid semblable à à peu près celui de tous les hivers locaux, a été rythmé par les bols de bouillon ou de soupe chez tous les Allemands que je connaissais.  En y repensant je réalise qu’ils étaient tous au régime. Ca me plaisait bien le bouillon, j’avais plus ou moins associé ça au froid, à l’hiver, à l’éclairage à la bougie, à l’accent chantant (heit, ach, rrr, tout ça). Je devais être complètement marteau. J’avais -je crois- même l’illusion l’impression d’avoir mangé à ma faim après deux assiettes. Maintenant que je tente de revivre ça dans un élan de pure nostalgie, même en sachant que je ne peux pas tirer de conclusions hâtives suite à une tentative de faire du bouillon moi-même, même en prenant trois assiettes et des brötchens,  j’arrive aux conclusions suivantes:

1- rien, mais alors rien, d’allemand là-dedans. Sais pas pourquoi je l’avais rangé dans la catégorie « classique-hiver-Berlin ».

2- une fois qu’on a mangé, c’est pareil qu’avant: on a faim. Vraiment faim.

3- c’est vraiment censé être accueillant d’offrir ça à ses invités?!

4- demain, je mange tous les kartoffelnpuffer qui sont sur mon chemin. Et il y en aura. Non négociable.

On ne m’y reprendra plus. Le Champignon, si tu me lis, sache que j’ai maintenant une pensée religieuse envers tes principes alimentaires.

Sinon, quelqu’un saurait me dire ce qui est à la fois gesund et mangeable parmi les spécialités hivernales? Parce que bon, le Kartoffelnpuffer à profusion, ça va un jour. Et je commence à manquer d’inspiration.

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De l’art de faire une revue de la blogo berlinoise

Une fois tous les 400 ans (au moins), je suis prise d’une idée saugrenue: faire une veille, systématique et organisée, de la blogosphère allemande, et plus particulièrement berlinoise. Il y a des blogs que je suis quasiment au quotidien (béni soit par exemple celui de l’ami David pour tous ses filons sur Friedrichshain), ceux que je surveille quand ça me chante (par exemple, quand j’ai faim et la nostalgie d’un certain temps jadis, celui-ci, le résultat est que je vais faire un casse aux magasins asiatiques dans l’heure qui suit), et puis ceux que j’ignore la plupart du temps parce-que-je-suis-fatiguée-j’ai-parlé-allemand-toute-la-journée-déjà. Soit une écrasante majorité de blogs intéressants, surtout pour une ville dans laquelle on vit…Ahem.

Donc, aujourd’hui est un grand jour: j’ai cherché à consulter un peu de cette masse d’information officieuse sur la vie dans Berlin. Ce qu’il y a bien, avec les blogs, français, allemands, ou encore lunaires, c’est qu’il y a à boire et à manger. On peut apprendre que certaines personnes pourtant très bien sous tous rapports ont parfois des difficultés à communiquer (Selbst ist die Pauline), que la Gentrification touche profondément la Neustadt de Dresde (seule 15% de la population y vivant dans les années 80 y serait encore, voir notamment la vidéo ici) ou que décidément, Westerwelle ne sait pas parler anglais. Tout est donc une question de savoir filtrer l’information, celle qui vous touche personnellement et vous semble crédible, importante, cruciale- vous remarquerez d’ailleurs que par un curieux tour du sort, aucun des exemples précédents n’a de rapport direct avec Berlin, mais passons, c’est comme ça.

Et là, c’est le drame: j’apprends, aujourd’hui, 29 janvier 2011, que j’ai raté un événement crucial lors de ma première année sur le sol berlinois, 2009, alors que j’étais encore dans la fleur de l’âge et susceptible d’un enthousiasme sans pareil. Je pensais pourtant avoir fait le tour de la question avec les 20 ans de la chute du Mur.

Mais non:  faute d’un manque flagrant de curiosité intellectuelle, j’ai raté les 60 ans de l’invention de la Curry Wurst. Je vous assure, je ne savais pas.

Je m’en veux. Je viens d’ailleurs de trouver une ode éloquente à la Curry Wurst en images et en musique (quelle belle voix), que je ne saurais ne pas partager avec vous:

ça me fait rêver, pas vous?

Comment ai-je pris conscience du problème? Eh bien, par le chemin suivant:

1- On consulte ses favoris, section « blogs en allemands », et on pense au passage « mais quand ai-je créé cette catégorie? »

2- On arrive après quelques articles banals sur la Gentrification, Merkel, et les événements berlinois à venir comme le Semi Marathon sur le sacro-saint Blogonade, lequel est effectivement un blog que j’aime suivre, sans même passer par mes favoris poussiéreux, quand j’en ai la force.

3- On est interpellé par le titre de son tout dernier post, qui nous annonce que désormais, le Curry Wurst est aussi disponible en mode pizza. Oui, vous avez bien lu, en pizza. J’en salive déjà.

4- On lit. Lidl vend donc des pizzas au Curry Wurst pour 99 centimes. Laquelle serait, en prime, relativement mangeable. On n’arrête pas le progrès!

5- En état de choc face à cette information, on renonce à écrire un billet sur la Kuchenmanufaktur découverte la veille aux confins de Neuköln et Kreuzberg, et on fait  illico une recherche sur Google avec les mots clés « blog, Curry Wurst, Berlin »

6- On tombe avec ébahissement sur la Vérité, à savoir que le Curry Wurst a eu 60 ans en 2009, et par la même occasion, un musée dédié dans la Schützenstr., juste derrière Checkpoint Charlie, ce qui permet aux touristes de faire d’une pierre deux coups.  Pour le musée du Curry Wurst, j’avoue: je savais, mais j’ignorais totalement sa portée symbolique, et du coup je n’y ai jamais mis les pieds. Une honte. Pour tous les ignorants qui ne tiennent plus, je vous évite la recherche via Google, longue et ardue: allez voir par si vous ne me croyez pas.

Avec 70 millions de Curry Wurst consommées à l’année sur Berlin, des variantes de luxe (vous voyez que j’ai continué la recherche…), je crois bien qu’il est temps de rendre hommage à Herta Heuwer (maintenant je sais comment elle s’appelle) et de bomber le torse: maintenant, je sais. Amis lecteurs, si vous aimez, et que comme moi vous étiez dans l’ignorance, je ne puis vous dire qu’une chose: tous au musée.

Bon, ceci dit…vous lisez la blogo allemande vous…?

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Le Bavarois en trois leçons

Amis berlinois, bonsoir! Surtout si comme moi vous êtes venus à Berlin en espérant fuir tout ce que l’on associe de façon beaucoup trop rapide aux bobos en Allemagne et que vous êtes maintenant en pleine phase de doute existentiel…

J’ai nommé entre les lignes: le Bavarois. Dans tous les sens du terme.

Je résume ce que cela peut signifier dans votre vie quotidienne:

- Un accent auquel vous comprenez que couic. Enfin, en réalité, un dialecte horrible (à vous de vous faire une opinion) qui peut devenir appréciable pour peu qu’on fasse l’effort. Pour les subtilités, je vous laisse aller voir les indications de mon ami Wikipedia.

- Un gâteau bien, bien sucré (mon Dieu, lectrices, n’essayez surtout pas. Lecteurs: surtout, si vous avez faim, faites-le, mais pas devant les lectrices). Je l’ai pas encore remarqué ici ceci dit, serait-ce encore une particularité française affublée d’un nom germanique??

En images (pour saliver…ahem):

- Des gens. Si vous parlez avec des Allemands francophones cependant, dressez l’oreille pour arriver à reconnaître son apparition au coin d’une conversation. On vous parlera souvent des Bavariens qui font ceci ou cela à Berlin. Il faut traduire :)

Toujours est-il que le Bavarois, ici, c’est un peu comme le Quark: il est partout. Dans l’entreprise. Dans la rue. Chez vos amis. Au téléphone, parce que votre mère vous en parle, elle vient d’en manger et, conséquence apparemment logique d’un raisonnement qui vous échappe, elle vous appelle. Dans vos pensées quand vous ne captez rien à ce qu’on vous dit et que vous cherchez à rapprocher les sonorités d’un dialecte que vous associez inéluctablement à l’incompréhensible.

Il m’arrive parfois de penser qu’il y a en Allemagne un mouvement de migration inversé, les Bavarois venant à Berlin dépenser moins et les Berlinois allant en Bavière gagner plus (cochez la solution qui vous paraît la plus sensée). Et ma conclusion reste la même: mais où suis-je donc? Si seulement on pouvait me donner du vrai dialecte berlinois à tous les coins de rue…Quoique…

Et vous vous avez remarqué la présence d’une communauté, d’un groupe germanique assez marquée ici?

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Chronique d’une addiction

Suite à mes tergiversations alimentaires de la semaine dernière, j’ai tenté de réfléchir à ce qui me plaisait vraiment dans la nourriture ici,et de ne pas rester sur un tableau noir de la nourriture germanique. Et il faut bien avouer que j’ai trouvé quelques petites choses à mettre sur ma liste des grands favoris. Le Schorle. Les brötchen. Les pâtisseries turques près de chez moi. Le marzipan. La bière. Et j’en passe.

Mais bon, tout ça n’est rien face à ma passion subite et inénarrable pour un produit découvert sur le sol germanique….Je ne peux pas le cacher plus longtemps, il s’agit de ma grande obsession du moment:

Le Quark

N.B: prononcez quffwaooiiiirk pour comprendre le pouvoir de fascination qui surgit en moi rien qu’à entendre ce mot.

Ceux qui me connaissent savent la relation que j’entretiens quotidiennement avec cet aliment. Mélangé avec des fruits frais j’en mange matin, midi, soir, sans me lasser, depuis le début de l’été. J’adore la consistance (comme un fromage blanc très épais), le fait que ça nourrisse bien, et vous empêche de grignoter du Studentenfutter par la suite, les variantes de goût…Ca devient une légende urbaine. Je vais devoir envisager de prendre une action chez les fabricants à ce rythme.

Néanmoins, en voyant mes ridicules courses de la semaine ratatinées sous 4 pots de fier et louable Quark Weihenstephan, je me suis dit qu’il était grand temps de faire des recherches sur la chose ou de mettre la hola et revenir à une alimentation plus variée.

Du coup, quelques recherches (rapides) se sont imposées pour mettre fin à mon ignorance crasse sur le chapitre. D’après Wikipedia dans sa version française, le quark est une sorte de caillé- voilà encore un truc que je découvre au passage. Le Wikipedia allemand apprend quant à lui plus de choses sur le processus de fabrication et l’aliment en lui-même. Retenons:

1. Il s’agit d’une sorte de fromage très particulier, traditionnel puisqu’il existait déjà au XIVème siècle. Il aurait des origines slaves, et reste notamment consommé aujourd’hui en République tchèque, par exemple. L’Allemagne, la Suisse et l’Autriche passent pour les producteurs et consommateurs les plus fervents de ce produit.

2. Il existe de multiples variantes à partir de la recette de base. Celle dont je suis fan est le quarkspeise, autrement dit du quark sucré, « abusivement » nommé quark selon certains (je proteste contre cette forme de mépris!!)

3. Le quark est bon pour la santé en général. Y compris pour les coups de soleil, semble-t-il, mais ça ça ne nous menace pas trop dans l’immédiat… Surtout, dans la sagesse populaire, c’est un allié incommensurable dans les régimes. Le quark, c’est bon. Et surtout, ça cale. Un vrai coupe-faim. Je témoigne, et mes courses aussi.

En tous les cas, on ne peut pas y couper ici. Il est présent partout. Pas dérangeant au demeurant si on ne le connaît pas, il s’insinue peu à peu dans nos vies jusqu’à devenir une vraie référence: méfiez-vous, ca progresse comme le malin dans vos habitudes…

Au resto, servi insidieusement en apéritif avec du pain noir ou du pain de seigle. Au supermarché, où les Français comprennent assez vite qu’ils sont les seuls détenteurs de l’idée géniale de vendre les yahourts en pack de 12 portions individuelles- et cherchent donc un remplacement acceptable. Chez vos amis, puisqu’il y a toujours quelqu’un autour de vous pour clamer haut et fort qu’il faut qu’il fasse régime et vous brandir LE pot de Weihenstephan au Straciatella- bien entendu, sur le coup, vous adhérez. A la pâtisserie souabe, sous forme de Käsekuchen scandaleusement aiguicheuse qu’il vaut mieux fuir comme la peste sous peine de l’acheter en entier (N.B: les tartes ici, c’est autrement plus conséquent qu’en France. Se méfier de la notion « 1 tranche »). Dans les recettes allemandes, au moment les plus inattendus. Au marché, où vous voulez vous payer à manger une de ces choses au pain traditionnel fumant qui ont l’air si bonnes…Et ainsi de suite.

Si c’est pas du harcèlement moral tout ça?! J’ai tenu un an sans y toucher consciemment,  et un jour j’ai réalisé que ces grosses boîtes au rayon yahourt étaient la même chose que ce délicieux fromage blanc mangé chez les amis…je m’y suis mise et je n’arrête plus- il semble que ce soit un virus assez fréquent, mais tout de même particulièrement  développé chez moi.

Et vous, vous avez un aliment fétiche?

Je précise que ce post n’est pas un post à la gloire du quark…(soupir)…enfin bref…

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Questions d’alimentation: aurait-on des attentes différentes?

Qu’est-ce qu’il y a dans notre assiette? Est-ce qu’il y a des bons et des mauvais aliments? Est-ce que c’est si grave d’être en surpoids? En confrontant la façon dont je mange depuis mon installation ici et la façon dont je mangeais avant, je n’arrive pas vraiment à savoir lequel des deux points de vue est le meilleur- en fait, je pense que nous n’attendons pas les mêmes choses du débat sur la nourriture…

En emménageant ici, du jour au lendemain, les choses ont commencé à m’interroger sur ce plan:  j’ai vu plus de personnes en surpoids dans la rue (il semblerait que 47% des hommes en France soient en surpoids -à un degré ou un autre, s’entend- contre…74% ici!), la nourriture n’est bien entendu pas la même, les façons de cuisiner sont différentes. Impossible de trouver des produits qui me permettent de cuisiner exactement comme en France- je cherche toujours le bon beurre pour cuisiner. Et les cuisines allemandes et françaises avec leurs ustensiles respectifs, c’est un peu le jour et la nuit…Les peurs alimentaires aussi sont différentes- non pas qu’il n’y ait pas d’anorexie ou de boulimie ici (loin de là…) mais que les préoccupations sont divergentes.

Les habitudes alimentaires prises dès l’enfance sont pour le moins différentes. L’école en Allemagne commence très tôt (rare que les cours n’aient pas commencé avant même 8 heures…) et finit très tôt, vers 15h au pire. Il n’y a pas de système de cantine scolaire largement répandu, au lieu de ça, les écoliers prennent un belegtes brot de pain noir ou un brötchen préparé à la maison. Et complètent le tout par un jus de fruit et un ou plusieurs snacks, selon. Le repas du soir a lieu tôt (vers 18 heures, normalement) et est rarement pris en commun: il y a toute la soirée à occuper après, chacun est donc plus ou moins libre de prendre son repas tout prêt dans le frigidaire et d’aller le manger en face de la télévision, dans sa chambre, ou bien ailleurs (eh oui, ici, le must est que chaque enfant ait une télévision à soi. Pas toujours possible, mais toujours envisagé d’après mon expérience…). En fait, le seul repas familial auquel on ne renonce pas semble être le petit déjeuner. Soit en ce qui me concerne l’inverse de ce que j’ai connu…Un bon repas partagé le midi ou le soir en famille, sans télé, sans perturbation extérieure, comme preuve d’une vie saine et bien établie, voilà ma vision très française des choses…qui ici en prend beaucoup pour son grade!

Du point de vue des repas, le plus répandu ici est le repas froid, donc majoritairement constitué  de pain, de légumes et de Streichkäse, qui fait normalement office de repas du soir (une faute courante pour un Français est de dire non pas « ‘Abendbrot » pour le repas du soir mais… »Armenbrot ». Ce qui se passe de commentaires, non?). Ces aliments de base se trouvent facilement dans des supermarchés, mais rarement dans les commerces de proximité, ceux-ci ayant quasiment été exterminés par les premiers- ne cherchez pas d’épicerie à Berlin, vous n’en trouverez pas. Il vous reste donc le choix entre supérettes, supermarchés, marchés (par exemple le marché Turc dont je reparlerai), et magasins d’alimentation bio.

Globalement, les produits disponibles dans les supermarchés sont de bonne qualité (j’exclue les discounts de la liste), il y a d’ailleurs plus de variété au rayon fruits et légumes qu’en France (j’ai découvert quelques légumes ici…). Mais le revers de la médaille est que tout est standardisé, classé, trié: impossible dans ces supermarchés de tomber sur une poire avec une forme déconcertante comme je les aime tant, impossible de tomber sur des choses qui sentent encore un peu la terre. Et je fais partie de ces gens qui n’ont pas assez de temps pour aller régulièrement au marché.

Peut-être que cette nostalgie de ma part pour les produits frais et plus ou moins authentiques est une exception- après tout, j’ai eu la chance de grandir dans une famille qui y attachait de l’importance et qui m’a montré comment les choses étaient faites et d’où elles venaient… Mais je crois que la passion allemande pour le bio et le végétarien (voire vegan, qui est relativement répandu ici aussi) vient en partie de cette différence. Ici, tout le monde veut du bio et du bon produit (il n’est pas rare de voir des débats enflammés sur ce qui est bon et mauvais dans une assiette, avec des chiffres à l’appui dont personne ne sait trop qui les comptabilisés et selon quels critères…). Certains supermarchés discounts tentent donc de jouer sur cette sensibilité et de démocratiser les produits bio. Evidemment, si les commerces de proximité n’existent pas, si la vie en ville ne permet pas ce contact avec les produits frais et naturels, je comprends mieux…

Globalement, j’ai l’impression qu’on se pose ici moins de questions sur l’apparence et donc moins de questions sur la prise de poids- là encore, je ne dis pas que tout le monde obéit à cette règle. Il m’arrive d’ailleurs de me dire que certaines personnes seraient bien malheureuses si elles devaient évoluer dans un milieu aussi critique qu’une rue française, où les remarques, en bien et en mal, fusent sur le corps des passants…Je pense qu’ici la pression sociale sur l’apparence est bien moins importante. En revanche, celle qui porte sur le « bien-manger » l’est beaucoup plus- dans sa portée éthique, s’entend. Il y a donc une vraie différence sur un peu tous les plans, (valeur sociabilisante de la nourriture, regards sur ce qu’est un repas sain, inquiétudes sur la manière dont sont produites les choses…) dont je n’ai certainement pas encore pris toute la mesure. En tous cas ce qui est sûr, c’est que c’est l’une des choses pour lesquelles il est le plus difficile de s »adapter! Mais bon, j’y travaille, j’y travaille :)

Et vous vous en pensez quoi?

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Les meilleurs glaciers

Une chose qui peut choquer en Allemagne, particulièrement ici, c’est le goût des Allemands pour les glaces. En toute saison, dès qu’il y a un peu de soleil, hop! les glaces surgissent de partout. La preuve: l’hiver cette année (enfin plutôt l’année dernière) a été particulièrement rude, je me souviens pourtant nettement d’avoir vu des gens dans la rue savourer un cornet en novembre et en mars. Epoque où il devait avoisiner les 5 degrés par les jours de clémence divine. De vrai! D’ailleurs je suis presque surprise de ne pas avoir vu des gens le faire depuis que la température est retombée…on parie quand :)?

Bon, attaquons les choses à leurs sources: pourquoi les Allemands aiment-ils tant les glaces?

Mon instinct me dit:

1/ parce qu’ils résistent mieux au froid? y a-t-il un gêne allemand de résistance farouche au froid?

2/ parce que les manger leur fait croire qu’il fait plus chaud (là je vais chercher loin, mais ca reste plausible…)

3/ parce qu’ils ont toujours fait comme ca et que les habitudes, ca se discute pas

4/ parce que leurs glaces sont SUPER bonnes

Sur le dernier point, je donne mon top pour Berlin:

- le glacier Malibu, à la Wasserturm de Prenzlauerberg

- Isabel, à Admiralsbrücke (Kreuzberg).

- Le glacier de la Falckensteinstr. (Kreuzberg)

Reste que l’été semble être fini, je ne pourrai donc probablement pas modifier ce top avant l’année prochaine, à moins de muter en allemande…pas pour tout de suite!

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